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La rentrée des séries #4 : Jericho

Quand « Science » et « Fiction » se font la gueule…
Par César Bastos
17 octobre 2006 | Mis à jour 17 octobre 2006
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La rentrée des séries #4 : Jericho
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La rentrée des séries #4 : Jericho
JERICHO

- Saison : 1
- Épisodes : 22 * 42 minutes
- Producteurs : Carol Barbee et Jon Turtletaub
- Scénaristes : Jon Turtletaub et Stephen Chbosky
- Avec : Skeet Ulrich (Jake Green), Gerald McRaney (Maire Johnston Green), Ashley Scott (Emily Sullivan), Lennie James (Robert Hawkins) et Kenneth Mitchell (Eric Green)
- Diffusion américaine : depuis le 20 septembre sur CBS
- Diffusion française : le plus tard possible, merci, sur M6

Dès l’annonce du lancement de sa production, Jericho a été une série qui a très vite fait parlé d’elle au sein du paysage audiovisuel ‘ricain. Primo, parce que son pitch de base, sans être révolutionnaire, est assez intéressant. Deuxio, parce que c’est CBS qui finance le projet, un network relativement à l’aise en matière d’audience grâce à son bagage de shows policiers : Les Experts, NCIS, FBI : Portés Disparus, Cold Case, Esprits Criminels… En somme, des valeurs sûres, mais rien de bien original non plus. Alors imaginez un peu la tête des critiques lorsqu’on leur a annoncé la venue prochaine d’une série post-apocalyptique ! Cela dit, c’est un cheminement logique lorsqu’on sait que la chaîne essaie depuis deux ans de tenter de nouvelles choses. Ghost Whisperer en est un bon exemple, on vous en reparlera d’ailleurs dans la prochaine chronique.

Mais revenons à cette petite ville du Kansas – autant dire le trou du « là où le dos perd son nom » des Etats-Unis – qui se voit soudainement sous les projecteurs. La vie est paisible à Jéricho. Le maire est un type génial, ses deux fils sont des types géniaux, ses assistants aussi… même sa femme est un type génial. En fait, tous les habitants sont géniaux. Tous se connaissent, s’apprécient et vivent dans l’harmonie rurale la plus… géniale. Autant dire que tout ce bonheur est à gerber. Si une bombe nucléaire n’avait pas choisi de détruire la ville de Denver (à quelques dizaines de Miles de là), j’aurais personnellement choisi Jéricho comme cible. Ou Montargis, j’hésite encore… Anyway.

Face à cette terrible réalité, les habitants paniquent logiquement. Environ cinq minutes. Juste le temps de se poser LA question : est-ce une attaque terroriste ? On la voyait pas venir, celle-là, tiens… Mais peu importe, dit le Maire Green, bien décidé à prendre les choses en mains. Avant de se prendre la tête avec ce genre de questions, faut d’abord rassurer les administrés à l’aide d’un petit speech qui fleure bon le patriotisme. Mais encore une fois, la panique née de l’évènement est plutôt soft : le courant coupé suite à la désintégration probable de la centrale électrique de Denver est rétabli grâce à l’activation de groupes électrogènes, et la superette du coin est vidée de ses trois pilleurs maniaco-dépressifs. C’est à peu près tout.

Tout ce passe plutôt bien, jusqu’au moment ou le petit voisin du Maire sonne à la porte pour faire écouter un message laissé sur le répondeur familial. La mère du petiot annonce qu’elle restera quelques jours de plus, qu’il ne faut pas s’inquiéter… puis un cri, exactement le type de cri qu’un personne pousserait si elle apercevait au loin un champignon atomique dont le diamètre grossirait. L’assemblée compatit évidemment jusqu’au moment où le gamin annonce que sa mère n’était pas à Denver… mais à Atlanta. Nom d’un Beirla en chausson Cthulhu, Denver n’est pas la seule « cible » ! Y’en a-t-il beaucoup d’autres ? Est-ce que Jericho est la dernière ville encore existante sur le territoire américain ? Les nord-coréens sont-ils fautifs ? Y a-t-il quelqu’un de normal dans cette ville qui pétera réellement les plombs ? Pourquoi les retombées radioactives n’affectent-elles pas les habitants ?

Autant de questions dont j’aurais aimé connaître les réponses si j’avais continué à regarder la série. Car Jericho a deux gros problèmes très gavant. Le premier, c’est qu’une fois le pilote passé, on y croit plus. Dans le premier épisode, on se dit que c’est l’état de choc qui empêche les citoyens de raisonner et de PANIQUER comme ils devraient logiquement le faire, mais ces derniers sont tellement emmitouflés dans leur routine campagnarde qu’ils ont l’air, non pas de s’en foutre, mais de faire comme si rien n’était. Il y a bien un ou deux personnages pour faire comprendre aux bouseux que la situation est grave, que les Etats-Unis sont peut-être victimes d’une attaque d’envergure, mais la majorité préfère jouer au billard et boire de la bière au seul bar du coin. C’est peut-être ce qu’il y a de mieux à faire, remarquez, mais si c’était le seul élément boiteux du scénario... Mon préféré, c’est l’absence totale de retombées radioactives.
J’avoue avoir une connaissance limitée en matière de physique nucléaire mais en histoire je me débrouille. Aussi, je crois savoir que le sol de notre beau pays est encore aujourd’hui affecté par un petit boom qui a eu lieu il y a pile vingt ans, à l’est. Alors y’a de quoi se marrer lorsqu’on voit les plus brillants esprits de la ville annoncer fièrement que les nuages radioactifs se dissiperont après une bonne pluie. Si.

Le second souci est plus ennuyeux encore. (Le fait que les scénaristes prennent le spectateur moyen pour un imbécile passe encore, on est habitué.) C’est celui de voir l’intrigue principale noyée sous les intrigues secondaires et tertiaires. La ligne directrice est la seule chose qui dispose d’un réel intérêt et évidemment, elle avance à pas de tortue unijambiste. On ne relève qu’un ou deux détails sur le potentiel « comment » de cette attaque qui a visiblement frappé au moins une dizaine de villes américaines. L’idée de base n’est pas nouvelle mais on se laisse facilement emporter par le jeu des suppositions en tout genre, comme dans n’importe quelle série qui dispose d’un réel pilier scénaristique. Mais dans Jericho, ce pilier est entouré par une multitude de colonnes érodées par le temps : en plus de nous fournir des protagonistes stéréotypés (le fils prodigue de retour à la maison, le patriarche respecté, la mère aimante, la blonde un peu gourde façon Kim Bauer, le seul black de service forcément un peu louche…), les relations qui les lient entre eux sont toutes d’un ennui mortel. C’est tout simplement du soap familial tout ce qu’il y a de plus irritant, du genre qui forge des sagas de l’été et des feuilletons du dimanche, ou peut s’en faut. Si encore c’était anecdotique, ça passerait certainement, mais au final c’est l’intrigue générale qui alimente les autres en fournissant des prétextes idéaux pour donner aux héros leurs moments de gloire plus ou moins intelligents. (Moins, surtout.) Mais ce n’est pas grave, car tout ce petit monde se réunit le soir venu pour un barbecue géant. Si.

Dommage, vraiment dommage même. Car bien que l’on ait été trompé sur la marchandise, vendue comme de la vraie SF d’antan, la série détient ses qualités : une réalisation correcte, des acteurs pas trop mauvais, une ambiance musicale pop/rock très appréciable qui colle... Il semblerait que ça suffise au téléspectateur américain moyen dont je parlais plus haut, puisque dix millions de ses semblables suivent assidûment la série depuis ses débuts. Du coup, CBS à commander une saison complète de 22 épisodes. Ô Joie.

Dans le prochain numéro, comme annoncé plus haut : Ghost Whisperer. Un show qui montre qu’on peut encore efficacement faire du neuf avec du vieux.
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