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Tim Kring et Jeph Leob, les nouveaux Heroes de la TV

Le premier est connu pour avoir créé la série Crossing Jordan (Preuve à l’appui, chez nous) et le second pour être un monument du comic-book moderne (en travaillant notamment sur Daredevil : Yellow, Hulk Grey, Soulfire Batman : Hush) avant de rejoindre le staff de Smallville et Lost.

De leur union créatrice est née Heroes, le show le plus apprécié de cette saison, celui qui a été capable de détrôner Jack Bauer pour devenir le dernier phénomène télévisuel. Un phénomène qui a déjà touché la France, bien que la diffusion ne soit prévue que pour la rentrée prochaine sur TF1.

Fantasy.fr vous propose la retranscription complète de l’interview donnée par les deux têtes pensantes de la série lors de leur passage à Paris à l’occasion de la 15ème édition du Festival Jules Verne Aventures. Dans cette première partie, Kring et Loeb énumèrent les thèmes importants de la série et reviennent sur l’influence des comics ainsi que sur le paysage audiovisuel américain. Bien entendu, des confessions sont à l’ordre du jour…

Par César Bastos | 'Tim Kring et Jeph Leob, les nouveaux Heroes de la TV
28 mai 2007 | Mis à jour 28 mai 2007
Tim Kring et Jeph Leob, les nouveaux Heroes de la TV
Tim Kring et Jeph Leob, les nouveaux Heroes de la TV
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Tim Kring et Jeph Leob, les nouveaux Heroes de la TV
Tim Kring et Jeph Leob, les nouveaux Heroes de la TV

Tim Kring, Jeph Loeb, merci infiniment pour votre visite. Vous voilà aux côtés d’une des toiles originales utilisées pour les besoins de la série…

Kring : Santiago Cabrera, qui joue l’auteur de ces peintures, Isaac Mendez, est un acteur formidable… mais il ne sait absolument pas peindre. C’est à Tim Sale que l’on doit toutes les œuvres que vous pouvez voir dans la série. Tim étant daltonien, il travaille exclusivement en noir et blanc. Dave Stewart s’est chargé de colorisé toutes ses planches avant de les transmettre au staff qui ajuste le tout.

Comment est né le concept de la série ?

Kring : Difficile à dire d’où vient l’idée précise de base. Avant même d’en avoir une, je voulais un drama avec beaucoup de personnages joués par des acteurs du monde entier. Les problèmes qui touchent les protagonistes de la série, qu’ils soient personnels ou communautaires, sont universels, il fallait donc montrer qu’ils touchent le monde entier. De nos jours, les séries médicales ou policières manquent cruellement d’universalité alors que se sont les plus populaires… il me semble que c’est en songeant à ça que l’idée des superpouvoirs m’est venue. Je voulais surtout montrer les réactions de ses personnes d’apparence tout à fait normale face à la découverte de leurs capacités. Certaines d’entre d’elles auraient pu être de votre entourage ; des amis ou des voisins… mais les pouvoirs sont secondaires dans le show, c’est la personnalité individuelle des protagonistes qui est le plus intéressant.

Jeph, vous qui êtes un habitué des super-héros, comment avez-vous réagis à cette idée de série ?

Loeb : Ce qui me paraissait le plus intéressant, c’était le traitement réaliste que l’on pouvait donner aux différentes réactions des personnages lorsqu’ils découvrent leurs aptitudes paranormales. Dans le milieu du comic-book, on n’est plus du tout surpris de voir Superman s’envoler. Mais à la télévision, c’est un peu comme le vélo, on ne sait pas si on peut le faire jusqu’à ce qu’on essaie, un peu comme Nathan dans le pilote, visiblement perturbé par cette expérience. Cette scène illustre d’ailleurs très bien le message du show : qu’on peut avancer si l’on est accompagné. Dans ce cas en particulier, c’est son frère qui l’aide malgré lui. Pour anecdote, le personnage de Peter Petrelli n’a fait son apparition qu’à la troisième version du script. Nous avions tellement de protagonistes qui réagissaient très mal à l’apparition de leur don que je voulais quelqu’un de plus positif. Peu après, mon épouse m’a fait remarqué que tout le monde était dépressif dans le scénario, nous avons alors créé Hiro… et je crois que c’est réellement là que la série a prit forme dans nos esprits.

Justement, parlez-nous de lui.

Loeb : Hiro Nakamura est un geek absolu. Il connaît Star Trek par cœur et possède une culture BD énorme. En fait, il apprécierait grandement les films que défend le Festival Jules Verne ! C’est principalement cette passion des comics qui le fait entreprendre sa quête avec une telle humilité, de la même façon que ces héros favoris sur papier. C’est presque Shakespearien : en se posant tant de questions sur lui-même et sa façon de faire, il devient son propre guide.

Comment se passe votre collaboration ?

Kring : En nous comptant, Jeph et moi disposons d’une équipe de 10 personnes pour écrire l’histoire. Celle-ci est tellement complexe qu’il faut plusieurs cerveaux pour la développer. Jeph est issu du monde du comic-book et il est toujours très inspiré par cette atmosphère ; de mon côté je me concentre plus sur les personnages et leur évolution. Notre ‘mariage’ est très intéressant, d’autant que j’ai remarqué que l’on a une façon de penser très similaire.

La structure de l’histoire de Heroes fait penser à un roman d’Agatha Christie, avec beaucoup d’acteurs dès le début de l’intrigue. Saviez-vous à l’avance comment serait résolu le crime et par qui ?

Loeb : Comme dans chaque série, nous nous réunissons avec tous les scénaristes de Heroes dans une pièce afin de développer les différentes intrigues. Tout comme dans la construction d’un polar, tel personnage est tout d’abord victime, puis impliqué, puis coupable ou innocenté au fur et a mesure de la discussion. La plupart du temps, dans ce milieu, un seul et unique scénariste s’occupe de retranscrire toutes les idées sur papier pour un épisode en entier. Tim a eu l’idée de faire participer plusieurs personnes pour à la rédaction d’un épisode : vu que le monde entier était concerné par la série, il devait en être de même pour nous. Avec ajout du sucre d’un côté, de la farine de l’autre et du chocolat en dernier, on a au final un joli gâteau !

Kring : C’était très intéressant pour ma part de voir évoluer ce principe. Moi qui n’avais que les idées générales, les voir prendre forme entre les mains d’autres étais très gratifiant. Une saison entière fait environ 20 heures, ce qui fait beaucoup de choses à raconter. Il faut agir sans précipitation, petit à petit. Quand j’entends des scénaristes dire qu’ils avaient tout en tête au moment de créer une série très ambitieuse, je me dis que soit ils mentent, soient ils sont dingues ! Il faut être énormément à l’écoute de son entourage, de ses collaborateurs et du public puis interagir.

Loeb : C’est d’ailleurs la meilleure partie de ce travail. Et Tim a parfaitement su tenir son rôle de timonier.

Imaginons que le show n’ait pas fonctionné et que vous auriez été contraint de stopper la production de Heroes au bout de quelques épisodes. Comment auriez-vous fait pour résoudre une telle intrigue ?

Kring : Avec le succès de beaucoup de séries telles que Lost ou 24, on a vu beaucoup d’autres essayer de copier ce qui avait déjà été fait… et échouer. Mais pour le public qui a pu être séduit, un arrêt aussi brutal (parfois avant même la diffusion d’une dizaine d’épisodes) est très frustrant, surtout s’il n’y a pas de réelle fin à la clé. Les networks sont de plus en plus prudentes face à ce phénomène et elles demandent aux studios de trouver des versions courtes avec une fin potable dans le cas ou l’audience ne suivrait pas. C’est ce qu’on nous a demandé de faire.

Et quelle est cette fin en question ?

Kring : Eh bien, à vrai dire, bien que nous ayons accepté… Nous ne l’avons jamais faite !

Comment expliquez-vous le succès de Heroes ?

Kring : Beaucoup de facteurs entrent en jeu, mais le premier c’est le message d’espoir que véhicule la série. Nous avons voulu montrer que partout dans le monde, des gens ont des buts dans la vie, des rêves.

Loeb : Dans une mesure moins philosophique, le show a du succès grâce aux fans ; grâce à vous, tout simplement !

Depuis quelques années, on constate que la créativité se manifeste plus à la télévision qu’au cinéma. Comment expliquez-vous que, malgré les conditions de tournages bien plus difficiles, la qualité est bien plus présente sur le petit écran ?

Kring : D’abord, parce que Hollywood est devenu un système à Blockbusters. Tous les studios essaient de signer des contrats qui seront rentabilisés et oublient la condition humaine et l’émotion. Ensuite, les chaînes câblées comme HBO ont joué un rôle essentiel en proposant des programmes de très grande qualité, ce qui a obligé les autres à faire aussi bien, sinon mieux.

Loeb : Tim et moi avons tous les deux travaillé pour l’industrie du cinéma et nous avons remarqué que le scénaristes est souvent le premier engagé… et le premier viré ! Beaucoup films se font régulièrement sans les personnes qui en sont à l’origine. Mais à la télévision, on remarque que les séries qui fonctionnent le mieux sont toujours celles qui ont gardé un gérant du début à la fin. Ce genre de types est le gardien du ‘grand tout’ qu’il a en tête depuis des années.

Kring : À Hollywood, le réalisateur est roi. Pour une série télévisée, c’est le scénariste principal, le ‘showrunner’, qui est coiffé de la couronne. La raison ? Tout simplement parce qu’une entreprise à grande échelle telle qu’une série est un monstre qui ne veut être approché et nourri que par une seule et même personne.

Jeph, comment avez-vous pu vous adapter et travailler sur trois séries consécutives (Smallville, Lost et Heroes) ?

Loeb : J’ai eu beaucoup de chance. Je ne cherche qu’à raconter des histoires ! Je suppose que je ne sais faire que ça, d’ailleurs, je n’ai pas vraiment eu d’autre job que celui-là. Si on a des enfants, travailler pour la télévision ou la BD vous oblige à imaginer des histoires à leur raconter pour qu’ils aillent se coucher ! Oui, j’avoue, j’essaie de vous endormir !

Mais ce n’est pas tout : on ressent une part indéniable de votre âme dans vos travaux.

Loeb : C’est assez particulier, car nous ne sommes pas beaucoup à Hollywood à en posséder une ! J’ai eu de la chance de travailler avec Tim car il sait trouver ces âmes. Vous le sentiriez si vous aviez l’occasion de visiter nos locaux, nous sommes une vraie famille. D’ailleurs, vous êtes tous invités !

Kring : Pour être scénariste à Hollywood, il faut s’endurcir car même – et surtout – si vous avez une longue carrière, certains de vos projets auront moins de succès que d’autres. A chaque chute, il faut pouvoir se relever et tout donner. C’est l’âme qui est capable de cela. Jeph a raison de dire que nous sommes une famille formidable. Je pense que la joie que nous ressentons à faire la série, vous la percevez aussi un peu, de votre côté de l’écran.

Heroes est une série visionnaire pour la simple et bonne raison que c’est la première fois qu’une série est aussi pluriculturelle et multiraciale.

Kring : C’était très important pour moi car la série parle d’évolution. Pour les pontes d’Hollywood, se contenter de grands blonds californiens est amplement suffisant, mais le monde n’est pas comme ça. Le monde n’est plus aussi vaste qu’avant et nous sommes tous connectés de mille façons différentes. Les élections présidentielles françaises nous importent, tout comme les élections américaines vous concernent. Le pilote montre bien que le monde entier peut vivre une expérience unique s’il est uni.

En parlant de politique – et j’espère que vous penserez tous à aller voter – il s’avère que c’est un élément important de la série. Le personnage de Nathan Petrelli, qui se présente au congrès, n’est pas l’archétype d’un personnage d’un tel programme.

Kring : Créer un politicien n’était pas mon idée première. Nathan devait avoir une particularité qu’il devait être le seul à avoir, celle d’être un personnage médiatisé. Il fallait absolument que l’on donne des pouvoirs à un personnage public. Un politicien avec des superpouvoirs, c’est cool !

Leob : Ceux qui ont vu tous les épisodes diffusés jusqu’ici – et je me demande encore comment vous avez fait ! – ont certainement une idée du destin de Nathan, maintenant que les élections sont sur le point de se terminer.

Nous allons accueillir Zachary Quinto dans un instant. Mais avant cela, pouvez-vous nous parler de Sylar ?

Kring : Ce personnage a été construit petit à petit. Dans le pilote, on apprend uniquement son nom, sans savoir ce qu’il signifie. Il était vital de garder le secret le plus longtemps possible. Il fallait qu’il soit un personnage banal, quelqu’un espérant juste être spécial, une obsession qui l’amène à devenir puissant… et méchant.

Loeb : Au début, Tim appelait Sylar ‘le requin’ : une machine à exterminer tout notre casting ! Et comme dans Les Dents de la Mer, on ne voit pas le requin avant un bon moment. Mais en voyant enfin la bête, beaucoup d’entre-nous constatent qu’il s’agit d’un jouet avec une mauvaise dentition émergeant d’une piscine. Il fallait éviter ça en choisissant quelqu’un de particulier pour ce rôle. Nous avons vu énormément d’acteurs différents et nous commencions à désespérer… jusqu’à ce que nous rencontrions Zachary Quinto

A suivre…

 
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