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L’âme de Bordage se trouve au Diable : 1ère partie

Pierre Bordage collectionne les Prix Littéraires comme d’autres les livres (dernier en date : Imaginales 2007 pour 1794, le tome 3 de l’Enjomineur paru à L’Atalante). Pour ses personnages, il allie une capacité peu commune à créer des univers grandioses, tant intérieurs qu’extérieurs, à une puissance évocatrice si forte que la fiction devient réalité.
Avec Porteurs d’Âmes, son nouveau livre paru Au Diable Vauvert, il propose une nouvelle forme de voyages dans un univers cruel, violent, à l’image de notre société.
Rencontre avec l’auteur pour aborder quelques aspects d’un livre qui réunit, entre autres, des moments de forte émotion et une intrigue qui génère un suspense auquel on ne résiste pas.
Compte tenu de sa taille importante, l’entretien sera publié en deux parties, à une semaine d’intervalle.
Par Serge Perraud | 'L’âme de Bordage se trouve au Diable : 1ère partie
25 mai 2007 | Mis à jour 25 mai 2007
L’âme de Bordage se trouve au Diable : 1ère partie
L’âme de Bordage se trouve au Diable : 1ère partie
L’âme de Bordage se trouve au Diable : 1ère partie
L’âme de Bordage se trouve au Diable : 1ère partie
L’âme de Bordage se trouve au Diable : 1ère partie

Pourquoi avez-vous retenu ce titre de Porteurs d’Âmes ? Chaque être humain n’en est-il pas un ?

Ce titre m’est venu après une longue réflexion, car le titre de travail, corps et Âmes, était déjà pris. Je le trouve finalement très beau, et révélateur du roman. Tout le monde porte une âme, effectivement, mais je l’ai écrit au pluriel car nous suivons plusieurs personnages, et, dans le roman, un porteur peut également renfermer plusieurs âmes.

Jouez-vous sur les sens que l’on peut donner à porteur ?

Il y a plusieurs manières de porter : celle du sherpa, portant une lourde charge, celle du vaisseau, transportant des passagers, celle de l’homme qui se croît détenteur d’une identité, et dont le conditionnement peut se fissurer à tout moment, celle de l’individu chargé de délivrer les colis, les nouvelles, les messages… Le mot porteur illustre à sa façon la complexité humaine.

Dans votre livre vous évoquez l’âme, mais aussi la conscience, l’essence, le moi. Quelle définition donnez-vous de l’âme ?

La définition qu’en donnent en général la religion et le sens commun. C’est la part immortelle, indestructible de l’être humain. Son essence pure, qui n’est à nulle autre pareille. Son moi profond, et non le moi superficiel délimité par l’espace temps. Sa singularité qui échappe à tout conditionnement, au jugement, aux aléas de l’existence, qui saute d’expérience en expérience sans jamais s’en trouver affectée. Dans le roman, elle est indissociable de la conscience et de l’intellect. Disons que, dans le roman, le principe âme est ce qui permet de passer dans un autre corps, et qu’avec elle, le voyageur emporte quelques uns de ses bagages, ses souvenirs, ses angoisses  et ses espoirs.

Vous écrivez qu’une âme pèse vingt et un grammes. Comment ce poids a-t-il été déterminé ?

J’ai trouvé amusant de donner un poids à ce qui, en principe, en est dépourvu. Je l’ai vu quelque part, peut-être dans un film, et, sans prendre le temps de vérifier (mais cette information est-elle vérifiable ?), je l’ai inséré dans le roman [NDRL : Dans 21 grammes, d' Alejandro González Inárritu].

Vous animez trois personnages principaux sur des parcours qui, à un moment, vont être concordants. Ce mode narratif vous semble-t-il correspondre avec l’existence humaine, qui est faite de rencontres ?

J’ai coutume de dire que nous sommes des fils dans une trame, que ces fils se rencontrent parfois, et que, surtout, chaque mouvement d’un seul fil fait bouger l’ensemble de la trame. Il est donc illusoire et stupide de négliger ou de rejeter certains fils. Les trois personnages sont trois fils dont les trajectoires finissent par se croiser alors qu’au départ, rien ne les disposait à se rencontrer. Vous avez raison : l’existence humaine est faite de rencontres. Quand on jette un coup d’œil en arrière, on s’aperçoit que la plupart des  virages, des évolutions sont dus à des rencontres, à des croisements de fils dans la trame.

Pourquoi, dans ces trois personnages, avoir retenu un policier déprimé, désabusé, sans futur ? Est-ce un standard, un reflet de la réalité ?

J’ai souhaité un personnage qui se promène dans l’envers du décor, un homme confronté à la fois à la dureté de la société et à l’absurdité de sa propre vie. Un homme désabusé qui, par la grâce de l’amour, va se remettre à vivre, à brûler. Je ne sais pas si c’est un standard, mais le personnage du flic a ceci d’intéressant qu’il erre en permanence dans les bas-fonds et qu’il se heurte sans cesse à ses propres jugements. Une des façons de s’en sortir est le renoncement, le cynisme, une autre est l’abandon du jugement, la compassion. Edmé va passer de l’un à l’autre simplement parce qu’une femme, une équipière, rallume son feu intérieur.

La situation de Léonie, une jeune africaine vendue dès son plus jeune âge et prostituée en Europe n’est-elle pas trop fréquente ?

Si. Un seul cas de ce genre serait déjà insupportable, alors que dire des filières organisées, qu’elles viennent  d’Afrique, d’Asie, d’Europe ou d’Amérique ! L’appât du gain, ou le désespoir, ce qui revient au même, conduit les êtres humains à renoncer à leur intégrité et à commettre les pires  atrocités.

Léonie affuble chaque personne qu’elle rencontre d’un nom d’animal représentant la personnalité qu’elle perçoit : la hyène, le paon, le hibou, le vautour, le faucon… Pourquoi fait-elle cette assimilation ? Y a-t-il un rapport avec le chamanisme ?

Ça m’est venu naturellement. Léonie était enfant quand elle est arrivée en France, alors j’ai pensé que, dans son imaginaire d’enfant d’Afrique, elle affublait les hommes et les femmes de noms d’animaux, une manière pour elle de se créer un univers familier et de supporter sa claustration. D’autant que les gens autour d’elle se comportent comme des animaux, livrés à leurs instincts. En même temps, cela permet de donner un rythme au roman, une autre couleur à certains passages. L’idée de l’animal totem était probablement en filigrane dans ce procédé.

Votre livre n’est-il pas un hymne à l’altérité ? Une défense de la différence et de son acceptation par les autres ?

Que oui ! L’acceptation de l’autre et de sa différence. Chaque être humain est une planète inconnue pour l’autre. Et nous n’avons que rarement le temps de l’explorer, même celui ou celle qui nous est proche. Nous sommes plus loin les uns des autres que des mondes à l’autre bout de la galaxie. Nous voyons l’univers de notre point de vue et ne comprenons pas le point de vue des autres.  Voilà, je pense, la source majeure des conflits de l’humanité : l’incapacité à se mettre à la place de l’autre, à découvrir le monde par ses sens, par son intelligence, par ses blessures, par ses désirs.
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