Toute l'actu de
l'imaginaire
En ce moment sur Fantasy.fr

Lovegrove, critique et anticipation

A l'occasion de la sortie en poche de Days aux éditions J'ai lu, l'auteur engagé James Lovegrove a accepté de répondre aux questions de Fantasy.fr. Il revient notamment sur son ouvrage, sur la situation politique et économique d'alors, celle d'aujourd'hui... et celle de demain. 
Par César Bastos | 'Lovegrove, critique et anticipation
29 mars 2007 | Mis à jour 29 mars 2007
Lovegrove, critique et anticipation
Lovegrove, critique et anticipation
Lovegrove, critique et anticipation
Lovegrove, critique et anticipation
Lovegrove, critique et anticipation

Depuis l’écriture et la parution de Days (en 1997), votre point de vue sur la société de consommation a-t-il évolué ?

Au contraire. Je crois que les choses ont empiré, si cela est possible. On dirait que la race humaine fait la course, une course dont le prix serait l’épuisement de toutes nos ressources, de tout ce que nous avons, pour que rien ne puisse subsister. Nous assistons à une sorte de vente globale et limitée dans le temps où nous serions pressés de saisir tout ce qui pourrait nous passer sous le nez pour la seule et unique raison que cela ne durera pas. Notre planète non plus, dans ce cas. Qu’est-ce que la guerre en Irak ? Il est certain que ce n’est pas pour déloger Saddam ou libérer le peuple irakien qu’elle a eu lieu, mais pour s’emparer des dernières réserves de pétrole qu’il y a là-bas et non pas les acheter. Dans ma vie quotidienne, dans les rues, tout autour de moi en fait, je vois tout le temps les gens faire du shopping. Je ne sais même pas s’ils ont un emploi, car comment pourraient-ils faire leurs courses en pleine journée, sinon ? Mais d’une façon ou d’une autre, ils trouvent toujours l’argent pour s’offrir n’importe quoi ; j’entends souvent les expressions « thérapie du détail » et ils ne plaisantent même pas. Des gens peuvent vraiment penser que le shopping est une thérapie, mais ce n’en est pas une, c’est une nécessité occasionnelle. Ainsi, je suis sûr que la satire présente dans Days n’est pas juste de la fiction : cela commence à devenir réalité.

Évitez-vous la saison des soldes comme la peste ?

Aussi vite que possible ! J’ai horreur de faire du shopping, particulièrement en période de soldes. Toutes ces personnes se bousculent et chargent leur caddies de produits, non pas parce qu’ils en ont besoin, mais parce que sont des promotions… C’est plus que je ne peux en supporter. Les seules boutiques où je suis heureux de dépenser mon argent et passer mon temps sont, bien sûr, les librairies. Mais vous ne trouverez jamais une librairie prise d’assaut de cette façon.

Des systèmes économiques se sont éteints, d’autres arrivent à leurs limites ou se confondent. Que pensez-vous que l’avenir nous réserve ?

Honnêtement, je ne sais vraiment pas, mais j’ai peur que, à l’avenir, il ne soit pas question d’argent, mais seulement de dettes. Rien qu’au Royaume-Uni, la population doit environ trois mille milliards de Livres à leurs banques et à leurs sociétés de prêt immobilier. C’est plus d’argent que le produit national brut annuel du pays. Comment pouvons-nous croire pouvoir payer tout ça ? Je me demande si les générations futures seront dès la naissance élevées avec l’idée qu’elles devront participer au remboursement de cette immense dette et ce jusqu’à la retraite. Cela pourrait se produire puisque l’État providence est en train de s’effondrer. Les choses que nous avons l’habitude d’obtenir gratuitement, tel que les traitements médicaux et l’éducation, nous commençons à les payer. Tout l’argent de l’économie sembler parvenir dans les mains d’un nombre restreint d’individus, les ultra-riches comme le russe Robber Barons, qui a dépouillé son pays après la chute du mur de Berlin. Tandis que les plus nécessiteux sont contraints d’emprunter pour survivre, ces gens-là rient et s’empiffrent. Le capitalisme de marché libre ne pourra pas se maintenir de cette façon très longtemps et je pense que la solution passe par plus de contrôle de l’état vis-à-vis des dépenses et des affaires, comme chez vous en France. Mais aucun politicien dans tout le Royaume-Uni n’aurait le courage de faire une telle proposition.

Et quelle serait votre utopie personnelle ?

Juste assez d’argent pour continuer à vivre, acheter des romans et des BD, nourrir et habiller correctement ma famille et vivre dans une jolie maison avec du David Bowie en fond sonore. Oh ! Et si c’était possible, j’aimerais que Salma Hayek puisse me faire un massage quotidiennement. Mais ne dites pas à ma femme que j’ai dit ça !

Qu’est-ce qui vous inspire, vous nourrit ?

L’écrivain qui m’a fait la plus grande impression est Ray Bradbury. Il m’a inspiré très tôt et m’a montré la science-fiction comme un vrai genre littéraire, ce qu’elle est évidemment. Sa prose m’a également frappée, l’épanouissement poétique qui s’en dégage m’a ouvert les yeux sur les possibilités offertes par les mots et les langages d’une page. Plus généralement, je suis influencé par tout ce qui m’entoure. L’endroit où je vis, les personnes avec qui je discute, les films que je visionne, la musique que j’écoute, les livres, les informations à la télévision, les quelques mots que mon fils de trois ans peut dire, les étranges choses qui me viennent à l’esprit quand je me lève à quatre heures du matin, même mon chat… tout ça nourrit mon imagination, me laisse pensif et créatif.

On retrouve un côté épique, qui ne peut que plaire aux fans de Fantasy, dans les affrontements décrits dans Days. Quelles images vous venaient à l’esprit lors de l’écriture de ces scènes ?

J’aimais juste l’idée d’une lutte entre deux départements d’une boutique, prenant les proportions d’une petite guerre civile. Voir le même secteur affronter le même autre durant tout le long du livre, j’ai réellement trouvé ça très drôle. J’aime la tension née du fait que la bataille a eu lieu pour conquérir un espace qui, au final s’avère être très ordinaire. Je pense pouvoir mieux gérer des thèmes épiques comme les combats s’il y a un élément d’ironie et de plaisanterie derrière, autrement le tout devient trop sérieux et pesant pour moi.

La société de consommation avec Days, l’écologie avec Worldstorm, l’isolement de la Grande-Bretagne dans Untied Kingdom… chacune de vos œuvres sont empruntes de thématiques fortes. Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir envie d’écrire une histoire simple, sans message à faire passer ?

J’ai bien essayé, mais ça ne fonctionne vraiment pas. Pour moi, un roman ou une histoire doit avoir un message, un fond, un sujet. Il faut que ce soit un peu plus qu’une simple histoire, sinon ce n’est pas la peine de l’écrire (ou de la lire). L’astuce consiste à équilibrer le message avec une intrigue prenante, de sorte que le lecteur ne puisse réaliser mon prêche. Les gens lisent des romans d’abord pour l’histoire, les personnages et peut-être pour le concept. S’ils obtiennent autre chose de leur lecture, s’ils apprennent quelque chose ou sont influencés par le message, c’est pour moi la cerise sur le gâteau.

Que pouvez-vous nous dire sur Kuczynski Verfications, votre dernier projet en date ?

Ah. Il s’agit d’un roman que je ne suis pas parvenu à achever. Il était prévu que ce soit la suite de Provender Gleed, mon roman le plus récent, mais j’ai réalisé il y a très peu de temps, en pleine écriture, que l’histoire n’indiquait rien sur le livre précédent. Alors j’ai abandonné cet ouvrage après un mois de travail et commencé autre chose. The Kuczynski Verifications n’aurait certainement jamais été terminé. Certains projets arrivent à terme, d’autres pas. Ca fait partie du processus d’écriture. Ce que j’écris actuellement – et cela doit bien faire trois ans maintenant – est une série de Fantasy pour adolescents. Le premier volume a été publié l’an passé en Grande-Bretagne où il a reçu un excellent accueil et il sera bientôt disponible dans d’autres pays mais pas encore en France, j’en ai bien peur ! J’utilise un pseudonyme pour ces livres afin de les distinguer des romans signés James Lovegrove, mais je ne suis pas autorisé par mon éditeur à vous dire ce pseudonyme !
publicité
Bandes-annonces
Looper
Looper

Joseph Gordon-Levitt et Bruce Willis réunis comme on ne s'y attendait pas.

Frankenweenie
Frankenweenie

Le nouveau film d'animation de Tim Burton.

Dredd
Dredd

Le Juge Dredd est de retour !

publicité
Accès rapide
Cinéma Télévision Littérature Jeux
Bilbo le Hobbit Game of Thrones Le Trône de Fer Dragon Age
(Le prélude du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien) (Le Trône de Fer) (La saga de George R.R. Martin) (Le jeu de BioWare)
Les Vengeurs The Walking Dead La Roue du Temps Diablo 3
(Captain America, Thor, Iron Man, Hulk...) (D'après la série de comics de Robert Kirkman) (L'épopée de Robert Jordan) (Il n'y a pas que World of Warcraft chez Blizzard)
The Amazing Siper-Man Torchood Le Disque-Monde Assassin's Creed
(L'Homme-Araignée, nouvelle version) (Le spin-off de Doctor Who) (La série de Terry Pratchett) (Tout sur la franchise d'Ubisoft)
The Dark Knight Rises Camelot
(Le 3e Batman de Christopher Nolan) (Oubliez la série Merlin)
Conan le Barbare Spartacus : Blood and Sand
(D'après Robert E. Howard) (Sexe et sang chez les gladiateurs)
Harry Potter et les Reliques de la Mort
(D'après Joanne K. Rowling)
Twilight : Révélation
(D'après Stephenie Meyer)
Pirates des Caraïbes 4
(Jack Sparrow est de retour)