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Goro parle de Terremer

A l'occasion de la sortie prochaine des Contes de Terremer, le réalisateur Goro Miyazaki, fils du célèbre Hayao Miyazaki (Le voyage de Chihiro), est venu à Paris participer à l'avant-première du film et au master class qui a suivi. Bien évidemment, Fantasy.fr y était.
Par La Fantasy Team | 'Goro parle de Terremer
22 mars 2007 | Mis à jour 22 mars 2007
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Vous avez aujourd'hui quarante ans et vous n'avez pas du tout un parcours de futur réalisateur. Pourquoi avoir tant tardé avant de vous tourner vers l'animation ?

C'est vrai que je n'avais aucune expérience dans l'animation mais Toshio Suzuki, le producteur du Studio Ghibli, a vu comment je travaillais lorsque j'ai créé le design général du Musée Ghibli. Il a vu trois de mes dessins, très simples, et à partir de là, j'ai réussi à créer quelque chose.

Passer à la réalisation, c'était un désir que vous portiez en vous depuis longtemps, ou est-ce cette proposition de M. Suzuki qui vous a fait saisir l'opportunité ?

J'ai toujours voulu créer quelque chose de concret à partir d'une image. Mais je n'ai jamais su si je serais capable ou non de réaliser un film. J'ai été très surpris que M. Suzuki me donne cette chance.

Quand M. Suzuki a décidé de vous confier le film, votre père était réticent. Quand a-t-il pris conscience que vous étiez capable de diriger un film ? Comment avez-vous réussi à le convaincre que vous étiez la bonne personne pour réaliser Les contes de Terremer, un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps ?

Je trouve cela très naturel que mon père ait été réticent à l'idée que je prenne la direction d'un film d'animation. En tant que professionnel, il ne voyait pas comment un débutant comme moi pouvait passer à la réalisation tout d'un coup.

M. Suzuki disait qu'il avait assisté à plusieurs joutes entre votre père et vous pendant la conception du musée, et que souvent, vous arriviez à prendre le dessus, à vous imposer face à lui. Quelle est la nature de votre relation professionnelle avec votre père ?

En ce qui concerne le travail, je ne parle vraiment jamais avec mon père. Quand il a été décidé que j'allais être le réalisateur des Contes de Terremer, mon père est venu me voir pour me demander si j'étais vraiment sûr de ce que je faisais. Ce à quoi j'ai répondu "oui" et c'était tout, sinon la conversation aurait tourné à la dispute.

Votre père semble satisfait du résultat, vous devez être heureux ?

Effectivement, mais ses ambitions sont maintenant encore plus grandes et il a envie de faire encore plus de films.

Dès le début du film, Arren, le personnage central, tue son père. Ce n'est peut-être qu'une coïncidence mais elle est assez frappante.

Ce que je peux vous dire, c'est que je n'ai jamais eu l'intention de tuer mon père. Il a déjà un certain âge donc (Rires)...

Est-ce que Arren, personnage qui a besoin de vivre par lui-même et qui accepte mal les carcans imposés par ses parents, symbolise pour vous le jeune japonais d'aujourd'hui ?

Exactement, Arren est un personnage très symbolique pour moi. Il représente cette tension qu'on retrouve chez la jeunesse japonaise actuelle.

Votre film est assez grave. Il évoque de nombreux problèmes. Toute cette noirceur était-elle nécessaire pour revenir à des choses plus lumineuses ?

Cette noirceur était indispensable, car dans chaque individu, les deux facettes sont très importantes. Je tenais absolument à représenter ces deux côtés.

A quelle occasion avez-vous trouvée votre part d’ombre ?

Au fur et à mesure, en travaillant ce "style".

Dans le fond comme dans la forme, vous avez choisi d'aller vers l'épure. Pourquoi ce parti pris ?

J'ai utilisé ce style épuré parce que je pense que les films d'animations d'aujourd'hui essaient de mettre trop d'informations dans une image. Et quand une image est trop détaillée, on perd de vue ce qui est essentiel.

Pourquoi avez-vous conseillé aux animateurs de regarder le travail des peintres européens ?

Lorsque j'ai lu Les contes de Terremer, je me suis aperçu que le monde décrit était très occidental. C'est pour cela que je me suis tourné vers ces peintures, elles étaient le point de départ pour les décors.

On sent l'influence de Bruegel ou le Lorrain, des classiques de la peinture européenne…

Effectivement, les œuvres de Bruegel, le Lorrain ou Johann Heinrich Füssli ont été nos sources d'inspiration.

Qu'est-ce qui a forgé votre culture, et comment avez-vous forgé votre propre identité ?

Les gens de ma génération sont des grands lecteurs de manga, ces derniers m'ont donc énormément influencé. J'ai également beaucoup étudié la nature.

Quand on réalise un film pour le Studio Ghibli, est-ce qu'il y a un cahier des charges avec des figures imposées ?

Non, j'ai été totalement libre de m'exprimer.

D’où vient votre maîtrise de la technique employée dans le film ?

Dès mon enfance, je lisais Animage, un magazine créé par Toshio Suzuki, producteur de Ghibli : cela a constitué la base de mes connaissances. Pour les détails techniques, je les ai appris en travaillant.

Vous avez du apprendre très vite, sachant que le film a été réalisé en huit mois et demi, un temps record… Est-ce que cela était stimulant, ou au contraire, une pression supplémentaire à gérer ?

Je crois que c'était plutôt stimulant. Cela m'a aidé à me concentrer, à être plus efficace.

Le personnage d’Aracnéide, sous ses atours féminins est un homme, pourquoi avoir choisi un personnage aussi ambigu ?

Il faut pour chaque être humain un certain équilibre entre le corps et l’esprit. Mais ce personnage ne pense qu’à la connaissance et à la culture, aux choses de l’esprit… c’est ce déséquilibre que je voulais illustrer.
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