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Les vérités de Scott Lynch

Scott Lynch est né aux États-Unis en avril 1978. Après avoir effectué divers boulots parfois ingrats, il se met à l’écriture. Les mensonges de Locke Lamora, son premier roman,  est un coup de maître : il reçoit à la fois les faveurs de la presse et du public, est traduit dans une quinzaine de langues et à même été optionné par la Warner pour en faire un film.
Fantasy.fr a interviewé Scott Lynch à l’occasion de la sortie des Mensonges de Locke Lamora, premier volume des Salauds Gentilshommes, aux éditions Bragelonne.
Promis, il ne nous a pas raconté de bobards.
Par La Fantasy Team | 'Les vérités de Scott Lynch
16 février 2007 | Mis à jour 16 février 2007
Les vérités de Scott Lynch
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Les vérités de Scott Lynch

Pouvez-vous nous parler de la genèse des Mensonges de Locke Lamora ?

C'est plus ou moins né du désir de prendre un stéréotype de personnage assez peu utilisé (à savoir l’escroc), de le jeter dans un univers de Fantasy et de voir ce qui se passe. On en est bien loin maintenant, mais c’est ainsi que cela a commencé.

D'où vous est venue l'idée du titre du premier roman et du titre de la série ?

Bonne question. Avec le titre du premier volume, je voulais simplement quelque chose de lyric et atypique, quelque chose sans “L’épée de…”, “Le Roi de…” ou ce genre de trucs n’apparaisse dans le titre. Pour celui de la série, c’était plus un défi pour moi du type : Mon dieu, je me demande s’ils me laisseront mettre ça sur la couverture des livres. Et paf ! Ils l’ont fait.

Comment définiriez-vous Les Mensonges de Locke Lamora ?

C’est essentiellement un aperçu de la vie d’un gang qui est plus ou moins le premier de sa ville à vouloir transformer l’art de la duperie en une véritable science criminelle, à une époque où la société est devenue suffisamment complexe pour supporter ce genre de délits.
C’est aussi une histoire de vengeance assez sanglante ainsi que l’exploration d’une grande et mystérieuse ville de Fantasy.

A la lecture des Mensonges de Locke Lamora, on pense facilement au Cycle des épées, de Fritz Leiber, Oliver Twist, Robin des Bois ou encore la commedia dell'arte. Quelles ont été vos autres influences ?

Vous avez cité certaines d’entre elles. Leiber était un génie, Dickens, au sommet de son art, était passé maître grâce à son sens du mélodrame et aux atmosphères si particulières qui se dégagent de ses romans. Dumas a été extrêmement important. J’ai commencé à le lire de façon intensive pour la première fois durant la rédaction des Mensonges de Locke Lamora. Mais la personne dont j’ai étudié le travail en profondeur et que j’ai pris comme modèle pour la plupart des détails de mon oeuvre est très certainement Matthew Woodring Stover. Il me faut aussi citer Raymond Feist et Janny Wurts ; Feist parce qu’il a été mon premier auteur de Fantasy et Wurts parce qu’elle est co-auteur de ce que je considère comme sa meilleure production.

A l’instar de Lankhmar et Ankh morpork , Camorr est un personnage à part entière, mais pourquoi avoir choisi une ville semblable à Venise ?

A l’origine, je n’ai jamais eu l’intention de faire de Camorr une copie de Venise, mais comme il s’agit d’une ville de type méditerranéenne à l’époque de la Renaissance, la comparaison était naturelle. Dans la conception originale de l’histoire, elle ressemblait plus à une ville moyenâgeuse du nord de l’Europe, mais cela m’a rapidement lassé parce que cela a été fait tellement de fois et que ce type de décors ne correspondait pas à la société que je voulais montrer.

Les droits de votre roman ont été optionnés par le cinéma, à ce propos, avez-vous eu de nouveaux échos à propos du projet ? Avez-vous lu le scénario ? Gardez-vous encore un espoir de le voir se concrétiser un jour ?

Je n’ai pas de nouvelles informations pour le moment. J’avais discuté avec les deux personnes chargées d’écrire le script ; ils avaient l’air sérieux et je suis curieux de voir ce qu’ils vont bien pouvoir inventer. Je dois encore voir le scénario. Quant à savoir si le projet en arrivera au tournage, eh bien je présume que les studios ont des centaines de projets comme le mien en cours, et qu’il n’y a qu’une petite chance que celui-ci voit finalement le jour. Beaucoup d’appelés, très peu d’élus. Je croise les doigts. En tout cas, je n’ai pas encore acheté de maison à crédit.

Richard Morgan, Sarah Ash, George R.R. Martin, Lisa Tuttle et bien d'autres écrivains reconnus disent le plus grand bien de Locke Lamora. Qu'éprouvez-vous à la lecture de ce genre de compliments ?

Incroyablement ravi. Surtout que j’ai lu toutes les œuvres des auteurs que vous venez de citer. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça donne la pêche de recevoir un blurb d’une personne que vous lisez (dans certains cas) depuis des années.

En parlant de compliments, y a-t-il des auteurs dont vous ne tarissez pas d'éloges ?

Je crois que j’ai lu à peu près tous les auteurs sur lesquels j’ai pu mettre la main en SF et Fantasy ; les auteurs que je ne me lasse pas de relire sont, par exemple, Matthew Woodring Stover, Kage Baker, Fritz Leiber, Tim Powers, Dan Simmons, G.R.R.Martin,  et Sean Stewart ; sans parler de Raymond Feist, Janny Wurts, Glen Cook, Melanie Rawn… il y a tellement de bons bouquins disponibles, et la plupart du temps assez méconnus. Bah, je suis sûr que j’ai oublié au moins neuf cents personnes.

La série des Salauds Gentilshommes comptera 7 romans dont vous avez pour la plupart les titres définitifs. Vous semblez savoir exactement où vous allez ? Le chiffre 7 représente t-il quelque chose de particulier pour vous ?

Oui, j’ai vraiment un plan très détaillé avec lequel je travaille, et le numéro sept a un sens très spécial pour moi… En fait, l’arc narratif principal est que Locke ne peut pas échapper à la vie qu’il mène, malgré tous ses efforts. Je sais déjà quelles seront la dernière scène et la dernière phrase du roman ; c’est la manière d’y arriver qui, d’une certaine manière, doit encore être travaillée. Hé !

L'écriture des romans vous réserve-t-elle cependant des surprises ?

Absolument ; vos personnages ne sont jamais entièrement accomplis tant qu’ils n’ont pas essayé au moins une fois d’échapper à l’histoire que vous leur mijotiez. Plus on avance dans un roman, et plus on devient conscient des chemins alternatifs qu’on peut suivre,  des interactions possibles entre les personnages et les éléments de l’histoire. J’ai également constaté que le mélange « stress » et « désespoir » est un cocktail qui produit des effets très intéressants à la dernière minute… pas comme à l’école, lors des rédactions.

Vous sentez-vous proche de Lamora par certains aspects ?

Bonne question. Oui et non. D’une certaine façon, c’est franchement moi ; mais d’une autre façon, ce type me révulse. Avant la fin du premier roman, il se révèle capable de faire deux choses, en particulier, que je trouve réellement répréhensibles, même pour un criminel de carrière. Et même si sa vie est plus ou moins guidée par son besoin de suivre le code d’honneur des voleurs, il fait parfois des choses vraiment ignobles. Locke est un affranchi, qui a grandi dans la mafia d’un monde de fantasy. Il ne peut pas y échapper ; il est le produit d’une époque et d’un lieu bien plus violent que tout ce qu’on pourra trouver dans notre 21e siècle.

Question un peu particulière : Avez-vous déjà volé (promis nos milliers de lecteurs ne le répèteront pas) ?

Oh, mon dieu. Bon… eh bien, j’avoue que lorsque j’avais quinze ans, j’ai eu ma petite période délinquant juvénile – je trouvais ça très cool à ce moment là. Je suis sûr que tous les enfants se mettent dans des situations pas possibles à un moment ou un autre. Moi, j’aimais surtout faire des blagues téléphoniques, où je me faisais passer pour un agent de police ; sinon, j’aimais aussi m’introduire dans des endroits interdits au public, la nuit, comme les écoles ou les châteaux d’eaux, parce que je trouvais ça excitant. De la bêtise de cet âge vient sans doute une bonne partie de la jubilation qu’éprouve Locke dans son travail. Locke est resté kleptomane, et il continue d’aller là où il ne devrait pas, bien après l’âge où j’avais moi mis un terme à tout ça. Et depuis lors, le pire que j’ai dû faire, c’est me payer une contravention pour stationnement dépassé. Je ne suis pas vraiment un génie du crime à la tête d’une organisation internationale…

En guise de conclusion, pourriez-vous adresser quelques mots aux lecteurs français ?

Premièrement, j’espère que ce que je vous ai raconté ne vous a pas fait dormir. Deuxièmement, si vous êtes toujours réveillé, j’espère que vous aimerez ce que Bragelonne a fait de mon livre. Parce que si j’aime franchement toutes les couvertures que j’ai pu avoir jusqu’au aujourd’hui, celle de Bragelonne est de loin la meilleure ; je pense qu’ils ont très bien compris l’esthétique du livre et son ton. Au bout du compte, j’espère que mon roman est à la hauteur de ce qu’ils ont fait pour lui !
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