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Tobe Hooper sort du cimetière : le retour

Tobe Hooper a commencé sa carrière en réalisant son meilleur film : Massacre à la tronçonneuse. Il a ensuite dirigé des longs-métrages plus ou moins réussis : Le crocodile de la mort, Combustion spontanée, Poltergeist, The Mangler... Il a également participé à la série Masters of horror, pour laquelle il signe Dance of the dead.

Alors que Massacre à la tronçonneuse : le commencement sort dans quelques semaines et que Mortuary, son premier film à avoir connu une sortie en salle en France depuis 20 ans, est disponible en DVD. A cette occasion, Fantasy.fr met en ligne la seconde partie du MasterClass organisé par la FNAC Digitale.
Par Emmanuel Beiramar | 'Tobe Hooper sort du cimetière : le retour
10 janvier 2007 | Mis à jour 10 janvier 2007
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Tobe Hooper sort du cimetière : le retour

Avant la réalisation de Massacre à la tronçonneuse, vous avez tourné un petit film intitulé Egg shells, pourriez-vous nous en parler ?

Egg shells traitait d’une communauté de hippies à la fin de la guerre du Vietnam. Il y avait une présence surnaturelle dans la maison où vivaient ces personnes. Le film parlait de la contre-culture qui retournait vers une forme plus normale de la société… Mais pas si normale que ça en fait. (Rires)

Massacre à la tronçonneuse, en dehors d’être un film d’horreur, est aussi un regard critique sur la société et la politique au lendemain de la guerre du Vietnam. Cela semble être quelque chose de très présent dans votre carrière.

J’ai fait partie de ce qu’on appelait les hippies. J’ai participé à des manifestations contre la guerre du Vietnam. J’étais à Memphis, peu après l'assassinat de Martin Luther King, quand la police a attaqué les étudiants en leur tirant dessus avec les gaz lacrymogènes, j’étais parmi eux. Je m’en sens encore proche aujourd’hui.

Massacre à la tronçonneuse peut être vu comme un brûlot social et politique. Est-ce la vocation de tous les films d’horreur ?

Oui. Je pense que le genre de l’horreur est propice aux métaphores et aux allégories de choses dont on souhaite parler. Cela va au-delà de l’histoire. C’est une forme de rébellion envers tout ce qui ne va pas sur la planète. On trouve cette horreur dans notre société, dans le monde. Elle me sert de toile de fond pour mes propres films. Il y a peu de restrictions dans le genre parce qu' Hollywood ne comprend pas de quoi il retourne en réalité. C’est parfait pour pouvoir dire certaines choses que l’on ne peut pas exprimer directement.

A t-il été difficile de monter ce projet à l’époque ?

J’aimerais que tous mes films soient aussi faciles à financer que cela l’a été pour Massacre à la tronçonneuse. Il m’a fallu trois ou quatre semaines pour réunir l’argent. Détail amusant : ce sont des politiciens texans qui ont investi de l’argent dans ce film.

Dans le Crocodile de la mort et Massacre à la tronçonneuse, vous avez tendance à humaniser les tueurs. Est-ce un moyen pour impliquer encore plus émotionnellement le public dans les scènes de terreur suivantes ?

Le public doit croire que le personnage est réel, authentique. Prenons LeatherFace par exemple. Il ne s’agit pas que d’un monstre armé d’une tronçonneuse tuant des gens. Il y a une scène spécifique où l’on voit que c’est un jeune homme perturbé. Durant son passé, son grand frère l’a sûrement obligé à porter des bouts de peau humaine. Il est vraiment apeuré, angoissé de s’attirer des ennuis. Après les trois premiers meurtres, il panique, il est totalement terrifié. Il a beau être un tueur, il demeure un être humain. Il se précipite vers la fenêtre et regarde dehors, aux alentours en se demandant d’où peuvent venir tous ces gens et pourquoi ils viennent chez lui. Il a un problème et il est préoccupé par cela. Il s’assoie par terre, se gratte la tête et pour la première fois vous pouvez voir ses yeux. Par ce biais on peut comprendre que le personnage se soucie de se qui va se passer quand reviendra son frère. Il a un problème. Il ne s’agit pas tant d’humaniser les monstres, vous savez. Les êtres humains peuvent devenir mauvais.

Quoique différent, le tueur de Massacre dans un train fantôme a également de sérieux problèmes.

J’ai trouvé intéressant de le doter d’une déformation physique de naissance. Je me demande encore à quoi pouvait ressembler sa mère. Il a une difformité qu’il cache derrière un masque et quand il l’enlève, son apparence est plus terrifiante que le masque de Frankenstein qu’il porte.
Son père en a probablement fait un animal, une pauvre créature qui aimerait se fondre dans la normalité mais qui ne peut pas car il n’y a pas de place pour lui. C’est un personnage tragique. Probablement plus que ses victimes.

Pouvez-vous nous parler de la rumeur qui dit que Steven Spielberg ne se serait pas contenté de co-écrire et produire Poltergeist, mais qu’il l’aurait aussi co-réalisé ?

Steven et moi sommes amis depuis l'âge de 20 ans. Steven, George Lucas et moi discutions du fait que les films devaient être comme les parcs d’attractions, comme Disneyland et malheureusement, c’est ce qui est arrivé au cinéma et c’est ce qui ne va pas avec les films hollywoodiens. Ils sont devenus commerciaux.

Steven était sur le point de tourner E.T. et il m’a apporté le scénario. Il passait de temps en temps sur le plateau, regardait et repartait récrire une scène. Il était le producteur et le scénariste mais sûrement pas le co-réalisateur.  La rumeur est probablement née d’une erreur de compréhension. Quelqu’un m’a peut-être entendu plaisanter avec Steven. Je ne sais pas, c’était peut-être la façon dont nous discutions ensemble, comme les amis que nous étions, que nous sommes toujours d’ailleurs. Un gars du Los Angeles Times a visité le plateau et ne savait pas qui dirigeait le film. Poltergeist était tourné dans la maison et autour avant que l’on aille aux studios MGM pour des séquences additionnelles. Durant les derniers jours du tournage principal, j’étais occupé à filmer dans le jardin Oliver Robins dans un arbre. Il fallait aussi tourner devant l’entrée la scène d’ouverture du film avec le vélo. J’avais besoin d’une seconde équipe pour filmer ce passage depuis un camion en montrant une voiture télécommandée accompagnant le vélo. J’ai demandé à Steven si cela l’embêtait de s’en occuper. Ça a été probablement le meilleur réalisateur de seconde équipe qu’il y ait eu à travers le monde ! (rires)  J’étais à l’arrière de la maison en train de filmer et lui tournait devant. Et le gars du LA Times a écrit quec'était Spielberg qui filmait. Une fois que quelque chose est écrit, elle l’est pour toujours, malgré ce que l’on peut dire. J’ai beau affirmer que Massacre à la tronçonneuse n’est pas tiré d’une véritable histoire, cela reste ancré dans l’inconscient collectif parce qu’au début du film j’ai indiqué que c’était le cas. Je peux dire à quelqu’un que ce n’est pas issu du véritable histoire, la personne me soutiendra le contraire : Si ! C’est tiré d’une histoire vraie ! Non, ça ne l’est pas. Si, ça l’est ! (rires)
Voilà toute l’histoire : ce qui est inscrit l’est pour toujours.

Nous avons le droit à une grosse vague de remakes en ce moment, qu’en pensez-vous ?

Il y a depuis longtemps des remakes de toutes choses. Le premier Massacre à la tronçonneuse a engendré un grand nombre de tueurs masqués comme Jason, Mickael Myers. Mais son remake a provoqué une certaine psychose du remake permanent où tout est sujet à une refonte. La plupart des films classiques sont constamment refaits et c’était peut-être le bon moment de faire un remake de mon film. Et maintenant, on s’attaque à la préquelle.

Vous avez une façon particulière d’engendrer la peur, à grands renforts de détails, de gros plans sur les yeux des personnages, d’effets sonores et de fins hystériques ou apocalyptiques. Quelle est votre formule pour faire peur ?

Je vais tout d’abord répondre à la dernière partie de la question. Il y a un son réellement particulier à la peur. Ce sont des sons harmoniques, stridents… Pour rendre un film vraiment terrifiant, vous devez travailler avec les acteurs sur leurs personnages, les pensées, leurs douleurs et c’est parfois difficile pour un acteur d’aller aussi loin sans un peu d’aide pour devenir terrifié. Si un acteur ressent vraiment la peur, cela traverse l’écran. La peur elle-même est contagieuse. Si j’arrive à rendre l’acteur totalement hystérique cela déclenche quelque chose chez le spectateur. En associant à ces émotions, des sons, des musiques, on arrive à inculquer la peur à chacun d’entre vous.



Le peur est contagieuse tout comme l’est le rire. Coppola, durant le tournage d’ Apocalypse Now, a enregistré une cassette sur laquelle il y avait le son d’un cochon que l’on égorge, avec ce cri si spécifique. Une fois mixé de façon subliminale avec la musique, cela donne le son de la mort. Cela pénètre votre corps et vous fait réagir. C’est un son harmonique de La peur. J’utilise ce genre de cris primaires pour faire peur.

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