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Sergueï Loukianenko

Sergueï Loukianenko (ou Sergei Lukyanenko), auteur de Nochnoy dozor (Night Watch), est né le 11 avril 1968 à Dzhambul au Kazakhstan.

Loukianenko

a obtenu un diplôme de psychiatre à l’Institut médical d’Alma-Ata. Ses premiers livres sont publiés à la fin des années 80. La plupart deviennent de véritables best-sellers dont Labyrinth of Reflections, Stars as Cold Toys, Star Shadow
Depuis, il a obtenu tous les prix russes existants récompensant des œuvres de fantastique.
Knights Of The Forty Islands lui a par exemple permis en 1999 de devenir le plus jeune écrivain récompensé du Prix Aelita, l’un des plus vieux prix dédié au fantastique. En 2001 il est récompensé par le Prix du Meilleur Romancier de Fantastique Russe et en 2003, son roman Spectrum gagne le Prix Golden Roscon.

Il a lui-même adapté Night Watch pour le cinéma. Le premier roman de la tétralogie vient de paraître en France sous le titre Les sentinelles de la nuit chez Albin Michel.

Fantasy.fr a interviewé l'homme à l'occasion de sa venue en France pour le Festival des Utopiales de Nantes.

Par Emmanuel Beiramar
6 décembre 2006 | Mis à jour 19 mars 2009
Sergueï Loukianenko
Sergueï Loukianenko
Sergueï Loukianenko

Parlez-nous de votre parcours en tant qu'écrivain.

J'adore lire du fantastique. Je lis depuis l'âge de cinq ans et j'ai commencé par ce genre. J'étais un grand fan mais jusqu'à l'âge de 18 ans, je n'ai jamais pensé que je pourrais en écrire moi-même.
J'étais à l'époque étudiant en médecine et un soir, dans le petit appartement que je louais, j'ai eu envie de lire un livre. Comme je ne trouvais aucune histoire intéressante à lire, je me suis dit : "Tiens, pourquoi ne pas écrire une nouvelle ?"
Je savais comment fonctionnait un roman, une histoire, à force d'en lire. J'ai donc pris un cahier et en une soirée j'ai écrit trois nouvelles. L'une des ses nouvelles a d'ailleurs été publiée dans un recueil.
J'étais tellement naïf et insolent que je me suis mis à écrire comme ça. J'ai continué, j'ai fait lire ces histoires à mes amis qui les trouvaient toutes très bien. Je ne me suis jamais demandé si je devais ou non écrire, cela s'est fait tout seul.

Un de mes amis a montré sans me prévenir mes nouvelles à une revue et ils en ont publié une. Je me suis mis à envoyer systématiquement toutes mes histoires à toutes les revues de l'URSS.
Habitant au Kazakhstan, je n'avais aucun lien avec les grandes maisons d'édition centrales. Mais malgré cela, certains magazines se sont mis à publier mes nouvelles et c'étaient principalement des revues consacrées au fantastique.
J'ai commencé à fréquenter les festivals de fantastique. Cela fait maintenant 20 ans que je le fais : j'ai commencé en 1987, à l'époque de Gorbatchev.

J'ai ensuite acheté des cahiers encore plus gros et je me suis mis à écrire des romans... dont quatre ou cinq que je garde dans mes cahiers et que je ne montrerai jamais à personne. C'est assez drôle : les nouvelles que j'écrivais à l'époque sont encore publiables aujourd'hui, mais les romans étaient épouvantables.
Si aujourd'hui un jeune écrivain venait me voir avec l'un de ses romans, je lui dirais de choisir un autre métier. En fait, il s'agissait plutôt de novellas.
 Un jour j'ai écrit Le rat atomique, un long récit, et j'ai constaté à ce moment que quelque chose avant changé. Il s'agit d'une histoire se déroulant dans un monde post-atomique qui ressemble à Fallout selon ceux qui ont pu jouer au jeu vidéo. Mais mon récit a été écrit 5 ans avant que ne sorte le jeu.
J'ai poursuivi mes études de médecine et une fois mon diplôme en poche, j'ai senti que finalement j'allais devenir écrivain. J'avais déjà deux livres publiés et je commençais à gagner ma vie comme ça. A l'époque, le pays avait déjà changé et il y avait des maisons d'édition indépendantes.  J'écrivais et j'étais publié. J'ai commencé à recevoir de nombreux prix et aujourd'hui, j'ai reçu au moins une fois tous les prix récompensant le fantastique existants en URSS. J'en ai une armoire pleine chez moi. En 1996 j'avais environ 20 romans publiés et chacun se tirait à près de 500 000 exemplaires par an. Même en Russie c'est beaucoup.
Il y a trois ans est sorti le film Night watch inspiré de l'un de mes livres. Je ne dirai pas que c'est le meilleur mais c'est un titre très populaire... qui l'est devenu encore plus ensuite.

Que pensez-vous de l'adaptation ?

Le film est très différent du livre parce qu'au départ, on voulait en faire une série télévisée qui devait comporter six épisodes. En cours de tournage les producteurs ont changé d'avis. Ils ont dû réduire de deux tiers l'histoire pour en faire un film. Le sujet en a été beaucoup modifié : on s'est rendus compte que si on gardait l'histoire telle que dans le livre, le spectateur n'y comprendrait rien. Certains passages ont été supprimés, d'autres modifiés.  Il est arrivé un moment où le film était fini mais quelque chose ne collait pas. En regardant les séquences tournées, j'ai eu une idée : Et si on prenait Egor, l'enfant du film (qui deviendra un mage sombre) pour en faire le fils d'Anton (qui est un mage clair). Je leur ai dit : "Oui, je sais c'est un peu banal, ça va rappeler Darth Vader et Luke Skywalker", mais cela a rendu les choses beaucoup plus compréhensibles tout d'un coup. C'est donc volontairement que j'ai massacré mon propre roman.
Le sujet du deuxième film s'en est trouvé encore plus modifié car Anton se devait alors de sauver son fils devenu un Mage noir.
Dans les livres je me moque un peu des films, car dans le dernier titre, Anton rencontre Egor après de longues années de séparation et ce dernier lui dit : "Tiens, j'ai fait un rêve bizarre, j'ai rêvé que j'étais ton fils." Cela a beaucoup amusé les fans des livres.

Le film est donc beaucoup plus simple que le livre. Mais en revanche, c'est un très beau spectacle visuel qui a prouvé que l'on pouvait en faire aussi.
Il est sorti à une période où les films russes fonctionnaient tous moins bien que les films américains et heureusement cela a changer un peu.

Quels sont ces autres grands films fantastiques russes ?

Hormis Night Watch et Day Watch, il y a un autre film tiré d'un mes livres mais à destination des enfants. Cela se passe en Égypte avec des extraterrestres. Trois autres films adaptés de mes romans sont en cours de tournage et il y a également quelques films tirés de récits d'autres auteurs. Le 1er janvier il y aura la première du film Volkodav (Le Molosse) d'après le roman de Maria Semyonova. C'est de la fantasy avec un budget de 15 millions de dollars. Pour comparer, Night Watch a été tourné avec 7 millions de dollars. D'ailleurs à Hollywood, ils étaient furieux de voir ce que d'autres pouvaient faire avec un aussi petit budget !

Revenons à vous et parlez-nous de vos influences si vous le voulez bien.

Si l'on prend les influences littéraires, je dirais Victor Hugo. Et je ne dis pas cela parce que l'on est en France. Saint-Exupery dont j'ai lu tous les livres. Dans l'un de mes romans, qui se passe dans une réalité parallèle, j'en ai fait un de mes personnages.
Pour ce qui est du fantastique, les frères Strougatsky en Russie, Harry Harrison, Robert Heinlein, Stephen King, Robert Sheckley.

Pour les films, il y a Alien, Terminator, Star Wars bien sûr, L'histoire sans fin. J'aime beaucoup Michael Ende d'ailleurs. Ce sont tous des films grand public.
Il y a eu de bons films fantastiques russes. Kin-dza-dza par exemple est très populaire, très drôle. Mais c'est plutôt un film fantastique contenant une satire aiguë de la société et de l'être humain.

Votre oeuvre est-elle satirique ?

Oui, bien sûr. Un écrivain plus âgé que moi m'a dit il y a quelques années que j'écrivais de manière trop sérieuse. "Tu es jeune, tu as le sens de l'humour, essaie de rire sur ce qui se passe car dans la vie on fait autre chose que d'accomplir des exploits." Mais étant jeune et naïf, je me disais que la littérature devait être belle et héroïque. Mais j'ai en fait suivi son conseil.
Il y a beaucoup de satire dans mes livres.

Vous parliez de Stephen King et Robert Heinlein. Deux auteurs auxquels on a tendance à vous comparer...

C'est vrai que leurs écrits me touchent. Il y en a beaucoup qui m'ont énormément plu. Même si  Le dernier tome de La tour sombre m'a profondément indigné. Je me suis même promis de lui dire en face tout ce que je pense sur la façon dont il a terminé son histoire si je le rencontre un jour. C'était une série qu'il ne fallait pas terminer.
J'ai inventé un terme il y a quelques années : "Le fantastique du voyage". Ce qui importe dans ce genre, ce n'est pas l'arrivée mais ce qui se passe durant le voyage. Donc quelque soit la fin que King aurait pu écrire, cela aurait été forcément moins bien que ce qui a été écrit avant. King a dû le comprendre je pense en bouclant la boucle et en renvoyant son héros voyager.

Quels sont vos projets ?

Je travaille sur deux livres. Le premier un roman qui s'intitule La mise au propre, qui fait suite à Les brouillons. Le héros principal est quelqu'un de très ordinaire et tout un coup, il se retrouve au service d'une organisation mystérieuse et il se retrouve doté de pouvoirs extraordinaires tout en étant très limité dans ses actions. Cela ne lui plaît pas trop d'être privé ainsi de liberté. Il découvre que notre monde et bien d'autres mondes parallèles ne sont en fait que des expériences d'extraterrestres cherchant à créer une société idéale.
Le premier tome va d'ailleurs être adapté au cinéma.

Le second est de la fantasy très libre. J'ai un style peu habituel pour moi sur ce livre. Il se passe beaucoup de choses, des trahisons, des monstres, mais c'est raconté de façon humoristique, C'est une sorte de conte et l'on sait que le héros va s'en sortir. Le personnage principal est l'héritier d'un royaume dont le Roi et la Reine ont été assassinés, Le trône a été usurpé et le jeune homme cherchera à le reconquérir.

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