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Le don de Fiona McIntosh

Fiona McIntosh est née à Brighton en Angleterre. Elle vit aujourd’hui en Australie après avoir écumé une bonne partie de la planète et avoir passé une année à Paris pour son travail. Elle a délaissé le magazine de tourisme dont elle s’occupait pour se consacrer pleinement à l’écriture.

Le Don, premier tome de la trilogie du Dernier Souffle, sorti ce mois-ci chez Bragelonne, est le premier roman de Fiona McIntosh traduit en français.
Par La Fantasy Team | 'Le don de Fiona McIntosh
23 novembre 2006 | Mis à jour 23 novembre 2006
Le don de Fiona McIntosh
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Le don de Fiona McIntosh
Le don de Fiona McIntosh

Fiona McIntosh, qu’est ce qui vous donné envie d’écrire ?

Je pense plutôt que c’est l’écriture qui m’a choisie. Je n’ai pas cherché, ni même su que je voulais être écrivain… c’est arrivé c’est tout. Je pense que j’étais en pleine crise de la quarantaine, vous savez, 39 ans et la peur des 40. J’avais atteint mes objectifs professionnels et j’avais eu la chance de voyager beaucoup pour mon travail.  J’étais heureuse en ménage avec 2 magnifiques enfants. J’aurais pu me contenter de cette vie mais il me manquait quelque chose. J’avais besoin d’un nouveau challenge, de laisser ma marque si vous voulez … A cette époque je lisais un formidable roman, qui m’apportait énormément de plaisir et me faisait réaliser que je n’étais jamais retourné dans cette armoire à travers laquelle me faisait passer CS Lewis quand j’étais enfant, et j’ai ainsi découvert un tout nouveau genre pour adultes de récits de l’imaginaire, qui m’a définitivement déculpabilisé de dévorer toujours plus d’histoires de Fantasy. Et tandis que mon insatisfaction au travail s’intensifiait, et que j’avais commencé à dépouiller les stocks d’auteurs contemporains de Fantasy, je pensais de plus en plus au fait que j’aurais voulu écrire un livre que j’avais envie de lire.

J’étais terrifiée par cette notion. C’était bien trop présomptueux. J’avais tendance à penser que les écrivains naissaient… avec des histoires toutes prêtes à sortir dès qu’ils pouvaient tenir un crayon. Je réalise aujourd’hui que ce n’est pas vrai. J’ai également découvert deux autres aspects. J’ai écrit toute ma vie sans le voir, de mon premier job au département des relations publiques de London W.1, jusqu’au moment où je me suis aperçue que j’avais envie d’écrire. Les mots sont devenus mes armes. L’autre aspect que j’ai réalisé lors de cette 40ème année, fut que j’étais déjà une conteuse, une de ces personnes qui lorsqu’elle raconte une histoire, ont la faculté de rendre un évènement insignifiant en quelque chose de plus triste, plus fort, plus drôle ou plus poignant. Et comme j’avais toute la vie devant moi, je me suis dis que pour ne pas avoir de regrets j’allais me lancer dans l’écriture d’un livre. J’ai donc fait ce que je craignais de plus… Mes premiers chapitres et mon insatisfaction m’ont donc conduite à prendre une semaine intensive d’écriture qui m’a d’ailleurs galvanisée et m’a fait croire que je pouvais écrire ce roman. Je suis revenue de cette expérience en février 2000, j’avais écris Betrayal en 12 semaines, et quelques mois plus tard j’ai eu mon premier contrat pour une trilogie avec HarperCollins Australia. Revenge et Destiny ont suivi et la saga Trinity était achevée. J’ai alors su que je ne voulais plus rien faire d’autre qu’écrire des livres et j’ai crée Le Don quelques temps après. J’ai à ce jour trois séries de Fantasy publiées à travers le monde, une nouvelle tétralogie pour la jeunesse qui sera lancée l’an prochain, si tout va bien un nouveau roman pour ados en 2007, et je viens de finir mon premier polar. Je ne peux plus m’arrêter !

Pourquoi la Fantasy plus qu’un autre genre ?

Oh c’est très simple! C’est à cause de Tigane de Guy Gavriel Kay, qui m’a touchée à tel point que je ne sais pas si je relirais un jour quelque chose qui a eu un tel effet sur moi. Je ne peux pas vraiment expliquer ce qu’est ce livre mais il a été écrit pour moi, j’en suis sûre. Tout ce qui s’y trouve est parfait. J’adore les personnages et d’une certaine façon, Kay m’a fait aimer le méchant, celui que je suis censé détester, mais je ne peux pas. Il est tellement charismatique, je défie quiconque de ne pas éprouver une certaine empathie pour lui. Dans ce livre, Kay m’a fait rire, pleurer, a brisé mon cœur au final et m’a laissée dans un tel état, émotionnellement parlant, que j’ai eu du mal à avoir envie de lire un autre auteur. Et puis merci mon Dieu, Robin Hobb est apparue dans ma vie !
J’adore le fait que dans Tigane, ainsi que toute l’œuvre de Kay, se focalise sur les luttes de personnages. La magie est toujours au second plan est n’est utilisée que subtilement. Je relis Tigane tous les ans et il me faut un peu de temps pour lire autre chose ensuite. J’ai toujours besoin d’un break parce que je ne suis pas prête à laisser ce monde ou ces personnages. Kay m’a touchée avec tous ses livres, mais Tigane est vraiment, vraiment spécial.

Comment vous est venue l’idée géniale sur laquelle repose l’intrigue du Don ?

Je dois avouer que je ne pensais pas trouver un procédé magique aussi intéressant pour une histoire, bien que le concept puisse difficilement être qualifié d'innovant. Je suis en revanche convaincue de l’avoir utilisé de manière suffisamment fascinante d'un bout à l'autre (je mettrais tout au long) du Dernier Souffle pour porter cet énorme conte. Il existe de nombreux phénomène que la science ne peut expliquer. La possession est l’un d’entre eux et cela m’a toujours effrayée. Lorsque j’ai lu l’exorciste adolescente, je dois admettre que c’est le seul livre que j’ai brûlé, je l’ai jeté un jour au milieu des flammes alors que mon père faisait flamber quelques déchets dans le jardin. J’ai aussi vu le film et je ne le reverrai jamais. Cette notion de possession a hanté toute ma vie et c’est aujourd’hui que je réalise qu’elle transparaît à travers tous mes romans. Je l’ai utilisé dans Trinity, elle joue une part très subtile dans Percheron (une histoire qui vient de sortir en Australie et qui devrait arriver aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne en 2007). C’est vraiment un thème que je ne peux pas laisser seul et qui peut être utilisé de tellement de façons différentes.
Mais dans la trilogie du Dernier Souffle c’est au centre du récit et cela intervient comme un coup de théâtre. Je n’avais pas de plan précis et mes éditeurs ont été très frustrés de ne pas avoir de synopsis détaillé, mais cela m’a donné une grande liberté pour accompagner mes personnages. Lorsque j’ai commencé je n’avais qu’une vague idée de ce que serait le don de Myrren et de quelle manière il se manifesterait, et j’ai moi aussi été surprise de la manière dont cela arrive. J’ai une amie, Diane Rogers, que je dois remercier pour m’avoir inspirée, lorsqu’elle m’a raconté son expérience lors d’une visite chez une voyante. En l’écoutant, j’ai su que je tenais les premiers éléments d’une formidable histoire de Fantasy !

Quels sont les auteurs qui vous ont inspirée?

J’ai probablement déjà répondu à cette question mais Guy Gavriel Kay, avec son écriture fabuleuse et son sens de la narration, est une source constante d’inspiration, tout comme le travail des personnages et les superbes magies de Robin Hobb. J’adore son travail et je crois que Fitz est l'un de mes personnages préférés, tout comme le sont Aslan, Aragorn et Valentin de Tigane. J’aime beaucoup la rudesse de l’écriture de George R.R. Martin et le sens épique de ses histoires. Ils sont sans doute mes trois préférés et la raison pour laquelle je cherche toujours à améliorer mon style.

Est-ce que vos nombreux voyages, ainsi que votre enfance passée au Ghana, ont été pour vous une source d’inspiration ?

Oui bien sûr. Je ne suis pas le genre à prendre des notes. Même en temps qu’écrivain de voyage, je me base énormément sur mes sens et sur ce qui me touche. Ces éléments restent avec moi et je trouve plus facile de les retranscrire après sur le papier pour un article. Bien sûr quand j’étais rédactrice pour un magazine de consommateurs, je me focalisais sur les détails plus pratiques comme les modalités de transports, les lieux à visiter, les prix ou encore l’hébergement. Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’utiliser cela pour écrire autre chose mais cela donne de très bonnes bases et une quantité importantes d’images nécessaires aux histoires que j’écris maintenant. Je voyage depuis que j’ai trois ans et mon expérience au Ghana a donné naissance à un personnage, Adongo, dans la saga Trinity. C’était quelqu’un que j’ai connu, qui m’a beaucoup marquée en tant qu’enfant. Le décor du Dernier souffle est clairement façonné par mes voyages en Europe et pour ce qui est de Percheron, ma dernière série, de l’est méditerranéen et du Golfe Persique. J’ai vraiment de la chance d’avoir pu voyager aux quatre coins du monde. Le voyage le plus étonnant que j’aie pu faire est sans doute celui que j’ai effectué à Easter Island, Santiago, puis en Patagonie avec le Glacier San Rafael. C’était incroyable et nul doute que je mettrai tout cela dans un prochain livre. Je voyage depuis maintenant 25 ans en tant qu’adulte et je réalise tout juste que j’ai absorbé quantité de vues, d’odeurs, de sons, de goûts si exotiques. Je vais désormais mettre à plat tout cela dans mon écriture, que ce soit des balades dans les souks de Tunis, des instruments de tortures médiévaux à Regensburg en passant par les cercles de pierre d’Irlande.

Que voudriez-vous dire à vos lecteurs français ?

La France a été à mes côtés durant tous les moments importants de ma vie. Notre famille avait l’habitude de visiter la France régulièrement quand j’étais enfant, parce qu’il était très simple de traverser la Manche en ferry, de Brighton à Dieppe. C’est donc un de mes premiers souvenirs en tant qu’enfant. Paris avait l’habitude d’être si exotique à l’époque, si différente de l’Angleterre et mon français scolaire de petite fille nous était bien utile lors de promenades. Les femmes françaises m’ont frappée en étant plus belles que n’importe qui en Angleterre et parler anglais avec l’accent français me fait penser à de la musique. Le café sentait si bon et ce n’était rien à côté du pain et des pâtisseries. C’était un paradis. Lorsque j’ai commencé à voyager toute seule, c’est à Paris que j’ai testé mon indépendance, et quand je me suis mariée en Australie, c’est à Paris et en Champagne que nous avons passé notre lune de miel. Depuis, dès que nous voyageons en Europe, nous choisissons toujours de passer par Paris. C’est vraiment la ville des romantiques, et dernièrement nous avons pu apprécier le Sud de la France. Je pense ne pas avoir perdu le peu de français que je connaissais à l’époque et j’espère avoir un jour l’opportunité de continuer à apprendre en vivant en France pour un certain temps, quand nos fils auront terminé leurs études supérieures et qu’ils pourront être autonomes. Mon monument européen préféré est Notre-Dame. Nous y faisons un pèlerinage à chaque fois que nous nous rendons à Paris. La dernière fois nous avons même eu la chance d’entendre des chœurs chanter, ce qui m’a fait dresser les cheveux sur la tête. C’était à couper le souffle d’entendre ces voix en direction des cieux. Ce qui suit n’est pas un mensonge : j’ai cherché le chocolat chaud parfait à travers le monde pendant plus de 25 ans. J’en ai tellement parlé dans mon magazine que les lecteurs doivent l’avoir remarqué. Rome était en tête pendant quelques années jusqu’au jour où j’ai eu la chance de passer une nuit au George V à Paris. J’y ai goûté le plus extraordinaire des chocolats chauds, le tout accompagné d’un superbe petit-déjeuner. Paris est donc actuellement le tenant du titre !
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