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Sergi sort du labyrinthe

A l'occasion de la sortie du nouveau film de Guillermo del Toro (Hellboy, Blade II),  Le Labyrinthe de Pan, Fantasy.fr est allé interviewer Sergi Lopez.

Sergi Lopez (Harry, un ami qui vous veut du bienRencontre avec le dragon, WesternDirty pretty things) y incarne le personnage de Vidal, capitaine de l'armée franquiste et beau-père de la jeune héroïne Ofélia.
Par La Fantasy Team | 'Sergi sort du labyrinthe
2 novembre 2006 | Mis à jour 2 novembre 2006
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Sergi sort du labyrinthe

Dans « Harry, un ami qui vous veut du bien », ton personnage est très proche de celui que tu interprètes aujourd’hui dans le nouveau film de Guillermo del Toro : « Le Labyrinthe de Pan ». Comment t’es tu retrouvé sur ce projet ?

C’est vrai qu’Harry avait aussi sa façon de résoudre les problèmes et de manière plutôt efficace (rires). Le personnage n’avait aucune compassion et tuait de sang froid les personnages.
Pour Vidal c’est différent car c’est un personnage qui ne sourit pas. Il est le symbole du franquisme, l’incarnation du Mal. On peut l’assimiler à l’ogre d’un conte de fée bizarre, sombre, malsain et dérangeant, né de l’imagination de Guillermo del Toro. Ce fut un superbe cadeau que d’avoir pu interpréter un tel rôle. Jouer les méchants c’est toujours plus amusant pour ma part, et celui-là est quand même une véritable ordure. En revanche je dois dire que ce n’est pas le personnage qui m’a convaincu de jouer dans Le Labyrinthe de Pan. Si cela avait été possible j’aurais bien joué la gamine mais avec mon physique, trop gros et trop poilu, cela n’aurait pas été représentatif (rires). Il faut comprendre que Guillermo del Toro, c’est une bombe. En fait il m’a contacté pour me proposer un rôle et s’est déplacé à Barcelone, pour m’en parler. On s’est fait un restau et pendant plus de 2h il m’a dépeint le film exactement comme celui que vous pouvez voir dans les salles. Tu vois, le mec. Il vient pour te présenter un film et te montre les enchaînements des scènes, te fais les dialogues avec une précision qui fait peur. Je lui ai demandé s’il avait déjà écrit le scénario et il m’a répondu qu'il n’avait pas encore écrit une ligne ! Bref à la fin, il m’a demandé : « Alors, tu le fais ce film ? ». J’étais tellement soufflé que j’ai répondu « oui, je fais le film » (rires).

Est-ce que tu connaissais déjà sa filmographie ?

Non pas du tout. Je veux dire, j’avais vu L’échine du Diable, mais je n’ai vu Hellboy et Mimic qu’après. Je me suis surtout rendu compte de la chance que j’avais de pouvoir rencontrer et travailler avec des réalisateurs de cette trempe. Ils sont à des kilomètres de ma façon de vivre le cinéma et la vie, mais ils possèdent un univers si riche et sont capables d’en partager la vision avec toi. Guillermo del Toro est quelqu’un de très très contagieux. Il possède un charisme fou et il sait te raconter une histoire comme personne. La première fois que tu le vois, tu te dis qu’il est cool, un peu gros , qu’il a de l’humour, et dès que tu le connais mieux, tu te rends compte que c’est quelqu’un de super instruit. Il est capable de te parler de peinture, de cinéma, de BD, de littérature, de trucs sur l’Espagne, comme la guerre civile de mon pays et le pire c’est qu’il connaît tout ça mieux que moi. C’est un mec vraiment génial et c’est un rêve de me retrouver dans un film que je n’aurais pour ma part jamais imaginé tourner. Si tu veux, jamais je ne me serais dit « Tiens, ça serait bien de jouer un militaire franquiste dans un truc avec des fées » (rires).

Comment fait-on pour travailler un rôle pareil ?

Ma tactique c’est de travailler le moins possible. Je suis quelqu’un de très fainéant (rires). Non, en fait ma vision du travail est liée au sacrifice personnel et je préfère combiner mon travail avec le plaisir. J’essaie de me protéger, d’être disponible pour jouer, m’amuser et c’est vrai qu’avec del Toro tout devient simple et limpide. Lui, c’est vraiment un mec qui bosse ! Je pense que c’est plus fort que lui, il ne peut pas s’en empêcher et il t’emporte avec lui par son imagination et ses idées.
Pour ce qui est du rôle de Vidal j’ai suivi des cours d’équitation, des cours de discipline militaire pour mieux cerner l’époque ainsi que des cours de diction pour gommer mon accent catalan et parler comme un castillan. A l’époque je me rappelle lui avoir demandé, quand il m’avait présenté mon personnage, un franquiste comme on n’en a encore jamais vu dans le cinéma espagnol, pourquoi il ne prenait pas un acteur de Salamanque ou de Madrid. Il m’avait alors dit de ne pas m’inquiéter et qu’il me trouverait quelqu’un pour résoudre tout ça. Je n’étais pas vraiment sûr du résultat mais il m’a convaincu et finalement il a eu raison. Tout s’est déroulé en gros comme il m’avait dit. J’ai beaucoup travaillé avec un professeur sur l’intonation, sur la fin des phrases, la prononciation des consonnes, des voyelles, et, au final, on dit ici et là que Guillermo del Toro a finalement réussi à supprimer l’accent de merde de Sergi Lopez (rires). En fait tu n’as même pas le temps de t’en rendre compte et tu te retrouves du jour au lendemain avec une autre voix, une autre façon de parler, avec un uniforme, des accessoires, un scénario béton, des dialogues superbes et tout un monde autour de toi qui joue. Tu sais, on dit « qu’on ne reconnaît pas un roi à ce qu’il fait mais à ce que le monde fait autour de lui » et bien quand le monde autour de toi n’attend qu’un regard pour frémir ... tu ne te sens pas seul et tout devient plus facile.

C’était important pour toi, qui es catalan, de te confronter à une période noire de ton pays ?

Je n’ai pas fait ce film pour des raisons politiques et en même temps je me rends compte que tous les films que j’ai fait, je les ai fait pour des raisons politiques. Pour moi, la politique ce n’est pas seulement les politiciens, les élections ou le maire de Poitiers par exemple, la politique c’est un tout. La politique c’est le monde où on vit. Alors évidement je n’ai pas fait Le Labyrinthe de Pan parce que ça traitait du franquisme mais parce qu’en tant que catalan, ça me touchait. Tu sais, je vis dans un drôle de pays que l’on appelle Espagne. Un pays qui est passé du franquisme à la démocratie tout en douceur sans que les partisans de Franco se sentent obligés de partir en Thaïlande ou au Brésil à la retraite. Ils sont restés et comme c’est la démocratie, ils ont eu l’idée de fonder un parti. Mais c’est un parti qui, il n’y a pas si longtemps, gouvernait l’Espagne depuis 8 ans. Je veux dire ils sont ici et là, ils sont au parlement. Ce sont les même mecs qui avant la mort de Franco participaient corps et âmes au fonctionnement du parti et écrivaient des articles contre la démocratie. Ils sont devenus aujourd’hui nos plus fervents démocrates. C’est quand même hallucinant ! Il y a quand même un truc surréaliste en Espagne : la démocratie monarchique. On a un Roi, qui n’a pas été élu mais désigné par Franco. On a beau nous dire que le Roi est sympa, qu’il n’est pas dangereux,  c’est quand même le chef des armées, le chef d’un état constitué de différentes régions qui essaient de se faire entendre. Franchement, c’est quoi cette démocratie que l’on nous présente comme une entité indivisible. C’est un pays dans lequel l’idéologie franquiste est encore présente et où le Pays Basque et la Catalogne ne sont pas reconnus.

En ce moment elle bouge plutôt pas mal la Catalogne, non ?

Mais La Catalogne, elle est train de changer depuis des siècles (rires). On voudrait bien exister et forcément on se retrouve confrontés à l’incompréhension et à des barrières politiques.

Est-ce que ta participation au « Labyrinthe de Pan » a changé ta façon de voir sur le cinéma de genre ?

En fait, je ne suis pas assez cultivé pour répondre. J’ai du mal à parler du cinéma français, du cinéma espagnol ou du cinéma catalan, même s’il n’y en pas beaucoup. Je ne me sens pas capable de parler du cinéma de genre car je ne connais pas assez le milieu pour en parler. Quand j’ai rencontré Guillermo, il m’a dit « le cinéma, s’il n’y pas de monstres, des poupées ou des effets spéciaux ça m’ennuie », et je lui ai répondu que pour ma part c’était le contraire. Moi, les poupées, les monstres, les effets spéciaux, ça ne me parlait pas. Ce qui compte pour moi, ce sont les émotions, les acteurs, les personnages. Tout ça pour dire que du coup, je me retrouve à faire un film fantastique qui est à priori un genre très éloigné de mon univers, un film qui n’a rien à voir avec ce que j’ai pu faire avant, que ce soit dans le style ou dans la façon de travailler. En même temps, ça me conforte dans l’idée que je me fous du genre d’un film. Ce ne sont que des étiquettes et finalement la seule chose qui compte, c’est le rendu du film. Je veux dire que quand le film est dirigé par un cinéaste passionné, capable de nous faire partager ses univers, ses visions fantastiques, tout en restant ludique, généreux ; qu’il s’appelle Guillermo del Toro, qu’il soit mexicain, qu’il n’ait pas de complexe et qu’il se permette de parler de la guerre civile espagnole et de mettre des fées, des faunes et d’aller jusqu’ au bout de ses idées. Putain... c’est génial, c’est courageux et quand tu vois le résultat tu te dis qu’il a raison.

Y a-t-il un film ou un moment de cinéma qui a déclenché chez toi, l’envie de devenir acteur ?

Non. Beaucoup de films m’ont marqué, à commencer par ceux de Fellini, mais aucun n’a déclenché chez moi l’envie de faire ce métier.

Dans ce film, le grotesque ou le monstrueux n'est pas forcement celui qu'on pense. On ne peut s'empêcher de penser à Buñuel, est ce que tu as toi aussi ressenti cela ?

Non, pas au début quand il m’a décrit le scénario. C’est après, quand j’ai vu le film monté que j’ai dit un truc dans ce style là vis à vis de certains aspects grotesques extrêmement poussés ou des trucs de Fellini poussés sur le plan histrionique, où c’est faux mais en même temps tu es dedans, tu en redemandes.

Est-ce que « Le Labyrinthe de Pan » a changé ta perception des contes de fées, des monstres dont tu n’étais pas visiblement féru avant cette expérience ?

Je ne sais pas. En même temps, je suis sûr qu’il y a plein de films de monstres, de poupées et de princesses que je n’ai pas vu et que, si je les voyais, je me dirais que c’est super bien. Mais, ces univers ne me sont pas familiers, qu’ils soient cinématographiques ou littéraires. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre et c’est aussi pour ça que j’étais si impressionné quand del Toro m’a raconté ce scénario. Il n’a pas fait simplement un film avec des poupées, il y a une véritable réflexion nourrie par une culture riche dans ce domaine.

Vidal, c’est un rôle taillé pour toi ? Guillermo del Toro savait-il déjà que c’était toi qu’il voulait ?

Effectivement, il était assez obsédé par cette idée. En fait il m’avait déjà proposé un rôle sur L’échine du Diable mais on ne s’était pas vu à l’époque. On n’a pas réussi à se rencontrer. Alors quand il m’a appelé pour Le Labyrinthe de Pan, je me suis rappelé qu’il m’avait déjà fait une offre et quand il s’est rendu à Barcelone, il m’a dit, « j’ai un rôle à te proposer qui serait super pour toi. J’ai vu tes films et tu vas être très bien dans le celui-ci, c’est un rôle pour toi, c’est un méchant... ».

Qu’en est-t-il de tes projets futurs ?

Actuellement, je tourne dans un film d’Emmanuel Poirier, un réalisateur avec lequel j’ai fait mes premiers pas, c’est en fait le 9ème film que l’on fait ensemble. Ce n’est pas du tout la même chose, c’est même l’inverse. Lui, il ne sait même pas comment le plan va se dérouler. Il ne sait pas comment les acteurs vont jouer et il n’aime pas que tout soit préparé. Il aime bien décadrer les choses, provoquer l’accident. Bref c’est un tournage qui se passe dans le calme, le film s’appelle La maison. Pour la suite, je suis en train de préparer une pièce de théâtre que j’ai joué en Catalogne il y a quelques mois. C’est un one-man show, écrit avec un copain, et on est en train de préparer la version française que je vais venir jouer à Paris au mois de février au théâtre du Rond Point. C’est un peu un retour aux sources, c’est une comédie, mais c’est à la fois un peu étrange et un peu excentrique.
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