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Un Satoshi Kon plein de saveurs

A l’occasion de la sortie prochaine de PaprikaFantasy.fr a rencontré Satoshi Kon pour en savoir plus sur ce personnage de génie. Derrière ce nom se cache en fait le réalisateur de films cultes tels que Perfect Blue, Millenium Actress, Tokyo Godfathers. Il est également le maître d’œuvre de la série TV Paranoïa Agent. Paprika,  qui a fait partie de sélection officielle de la 63ème Mostra de Venise, sortira en exclusivité en France le 6 décembre prochain.
Par La Fantasy Team | 'Un Satoshi Kon plein de saveurs
25 octobre 2006 | Mis à jour 25 octobre 2006
Un Satoshi Kon plein de saveurs
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Un Satoshi Kon plein de saveurs

Etait-ce une volonté de votre part de faire de Paprika un film visuellement destructuré mêlant habilement le rêve et la réalité ?

Lorsque j’ai écrit le scénario il n’était pas vraiment détaillé. Evidemment j’ai essayé de l’étoffer au maximum mais ce n’était que des mots. Je voulais que Paprika soit un film qui se déroule comme dans un rêve, je ne voulais pas écouter la logique ou la raison. J’ai privilégié l’enchaînement des images pour le rendu final, je le voulais plus comme cela. Quand j’ai dessiné le story-board, j’ai de ce fait beaucoup modifié le scénario pour intégrer une part d’improvisation.

On retrouve dans ce film la rythmique de Millenium Actress, la féerie de Tokyo Godfathers et la dureté de Perfect Blue, vos précédents films. Est-ce que Paprika marque l’heure du bilan ?

Oui exactement. C’est un peu la finalité de tous mes films mais pas seulement. Je veux aussi dire que c’est un point de départ vers quelque chose de différent. Avant Paprika les histoires étaient très surréalistes mais le dessin était quant à lui très réaliste comme le démontre la description de la vie des personnages (Perfect Blue). Avec Paprika j’ai agrandi mon champ de vision et ma faculté d’imagination grâce au traitement de la notion du rêve fait sur ce film, chose assez souple en soi. C’est pourquoi j’ai envie aujourd’hui de me tourner vers de nouveaux défis d’un ordre plus fantastique au niveau visuel.

Paprika fonctionne sur différents niveaux de réalité : le rêve, le réel et la virtualité. Est-ce que ces notions vous fascinent ou au contraire vous fait peur ?

En effet cet univers me passionne, m’attire mais me fait également extrêmement peur. Je pense que la réalité n’est pas une fin en soi, je veux dire, en ce moment nous sommes en train de faire cette interview ici à Paris, mais quand je vous regarde je me dis que vous ressemblez à l'un de mes amis au Japon. Ce qui en ressort c’est qu’il existe différents temps et espaces qui cohabitent dans nos têtes. C’est un peu comme quand vous posez une question et que lorsque je réponds, je pense à autre chose de totalement différent. C’est ça qui est pour ma part, vraiment vivre la réalité et c’est ce que je m’efforce de faire transparaître dans mes films.

Il paraît que votre séquence préférée est celle où le personnage de Millenium Actress, Chyoko, traverse les grandes étapes de sa vie d’actrice en quelques minutes. Est-ce que Paprika était le moyen d’étendre la rythmique de cette séquence à tout un film ?

Effectivement c’est une bonne analyse et c’est ce que j’ai voulu montrer dans ce film. Je m’intéresse beaucoup à tout ce qui évolue. Je travaille régulièrement au Japon pour la chaîne publique NHK sur une émission qui s’appelle Stade Digital. Le principe de cette émission est de permettre aux amateurs du cinéma d’animation de montrer leurs œuvres devant un jury de professionnel dont je fais bien entendu partie. Ce qui est surprenant quand je vois leurs films, c’est la place qu’occupe la métamorphose. Il y en a énormément ! Je pense que le cinéma d’animation est un très bon symbole de tout ce qui évolue dans la vie. On le retrouve dans mon film, Paprika, avec l’héroïne qui passe d’une apparence à l’autre entre deux plans avec une grande facilité. C’est un peu comme dans un vidéo-clip avec cette osmose de la musique et des images.

Comment choisissez-vous le type d’adaptation (film, série TV, manga) pour vos projets ?

J’ai été dessinateur de manga dans le temps et j’ai toujours joui d’une grande liberté mais aujourd’hui je suis réalisateur d’animation. Pour ce qui est du choix du médium je ne me suis en fait jamais posé la question.

Que pouvez-vous nous dire concernant votre collaboration avec Hirasawa Susumu, votre compositeur presque attitré aujourd’hui ?

Je vous remercie beaucoup pour avoir posé cette question, je ne comprends pas le français mais quand j’ai entendu le nom de Hirasawa Susumu j’ai été très heureux. [rires] Notre collaboration est le résultat d’une admiration de sa musique que j’éprouve depuis 20 ans maintenant. Il faut savoir que normalement ce sont les musiciens qui composent la musique pour les films et non les réalisateurs qui font des films en fonction des compositeurs. Dans mon cas, c’est l’exception qui confirme la règle. Sa musique est vraiment ma source de créativité et c’est pour cela que nos deux univers, musical et visuel, concordent si bien. J’ai une anecdote sur nous concernant Paprika. Lors de la fête organisée au Japon pour la fin du film, l’auteur du livre original, Yasutaka Tsutsui, était présent. Hirasawa Susumu était également présent et étant tous deux très grands fans du travail de cet auteur nous avions un trac fou avant d’aller lui parler. Finalement nous avons franchi le cap et tout ça pour vous dire que si aujourd’hui l’univers musical de Hirasawa est si bizarre et riche à la fois c’est grâce aux livres de Tsutsui qu’il dévorait quand il était jeune. Cela a été un immense honneur de le rencontrer et le triangle que nous formions reflétait bien le côté déjanté de nos univers.

Comment expliquez-vous l’utilisation extrêmement présente de la répétition dans vos films ?

Si on peut parler franchement, le fait d’utiliser plusieurs fois les mêmes images ou séquences pendant un film, sur le plan économique c’est très intéressant [rires], mais en dehors de ça il y a aussi d’autres intérêts. Je pense que quand on utilise les mêmes images, mais dans des contextes différents, le sens change complètement. Par exemple dans Paprika il y a une scène dans lequel le policier, Konakawa, tente désespérément de marcher dans un couloir mais sans y arriver car ce couloir se met à bouger. Cette scène est répétée au cours du film mais à chaque fois c’est légèrement différent, parfois le couloir ne bouge pas. C’est comme ça qu’en modifiant les détails de la même scène, on peut expliquer un aspect inracontable autrement. J’ai déjà utilisé ce procédé dans Perfect Blue et Millenium Actress et je pense que cette répétition se veut le reflet de nos souvenirs.

Est-ce que Tokyo Godfathers, par son côté plus réel, possède aujourd’hui une place à part dans votre filmographie ?

Plusieurs personnes ont fait cette remarque mais je ne suis pas d’accord avec le fait que ce film soit un peu à part par rapport aux autres. Il est vrai que les autres traitent plus facilement de la relation entre la réalité et le monde imaginaire mais dans Tokyo Godfathers c’est la même chose ! C’est en fait montré différemment mais on retrouve les mêmes ingrédients avec des personnages aussi bien dans le monde réel que dans le monde du rêve. Ce qui est important pour moi c’est d’arriver à faire cohabiter plusieurs univers avec différents personnages. C’est sans doute pour ça que ce « fil rouge » se retrouve tout au long de ma filmographie.

Y a-t-il des éléments dont vous ne seriez pas satisfait, que ce soit dans Paprika ou dans vos autres films ?

Il y a tellement de choses que je voudrais changer, corriger que je ne peux pas toutes vous les citer. Ce que je sais en revanche c’est qu’à chaque fois, je me suis donné à fond dans ce que j’entreprenais même si avec du recul, je me suis dit que j’aurais aimé changer deux-trois choses. Ce que je me dis alors c’est que ce n’est pas grave et je préfère de ce fait mettre mon énergie dans un autre film qui sera encore meilleur plutôt que de sans cesse corriger le passé.

A l'instar de Konakawa dans Paprika, aller au cinéma est-il pour vous une façon de rêver en sécurité ?

Le dernier dialogue du film est en fait celui du policier, Konakawa, qui demande une place plein tarif pour un film. Cela veut dire que contrairement à l’enfant, être adulte c’est la faculté de ne pas être envahi par le rêve. Il va de lui-même au cinéma, décide de rêver, et ce qu’il faut retenir c’est que finalement Konakawa, après toutes ces péripéties, en est ressorti grandi. Je lui ai donc déroulé le tapis rouge, quoi de plus normal !
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