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David B. Coe Chronicles

Cadet de quatre enfants, David B. Coe grandit près de New-York. Son père agent de change et sa mère institutrice, éduquent les quatre enfants dans un environnement littéraire.
David suit ses études à la Brown University puis à la Stanford University d´où il sort diplômé en histoire en 1993. Quatre ans plus tard, il publie Children of Amarid, premier volume de la série The Lontobyn Chronicle pour laquelle il reçoit en 1999 le William L. Crawford Memorial Fantasy Award. Rules of Ascension, premier tome de Winds of the Forelands (La couronne des 7 royaumes) arrive en librairie en 2003.
 
Fantasy.fr l'a interviewé à l'occasion de la sortie chez J'ai Lu du tome 3 de La couronne des 7 royaumes.
Par Emmanuel Beiramar | 'David B. Coe Chronicles
25 septembre 2006 | Mis à jour 25 septembre 2006
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Comment vous est venu l’idée de la série La couronne des 7 royaumes ?

Les idées sont des choses amusantes : elles peuvent provenir de n’importe où. Dans le cas de La couronne des 7 royaumes, la série a commencé avec une seule scène. Je travaillais encore sur ma première série, The Longtobyn Chronicle et je me suis retrouvé en train de penser à ce que pourraient faire des gens qui seraient capable d’entrevoir l'avenir et qui utiliseraient cette connaissance des événements futurs pour manipuler les personnes et changer le cours des choses. Je me suis retrouvé à visualiser la scène qui a lieu dans le premier livre de la série, quand Tavis rencontre Grinsa et qu’il se voit dans la pierre comme un prisonnier dans le Château Kentigern. Le reste de l’histoire a grandi à partir de cela. 
 Je devrais aussi ajouter que j’ai conçu la série en 1998, commencé à l’écrire en 1999 et que les derniers tomes ont fortement été influencés par les évènements du 11 septembre 2001. Je n'ai pas certainement eu l'intention d'écrire une allégorie du monde après les attaques terroristes sur New York et Washington et comme je l’ai dit, j'étais déjà bien avancé dans la série quand les attaques sont arrivées. Mais j'ai constaté que le conflit que j'avais créé entre Qirsi et Eandi se prêtait à l’étude de ces questions.
Les tensions raciales présentes sur les Terres du Levant sont à plusieurs niveaux des reflets des conflits entre l’Occidet et l’Islam. La méfiance que développent les Eandis envers tous les Qirsis, y compris ceux qui n’ont rien fait de mal, est similaire à la montée des préjugés aux Etats-Unis envers les musulmans même s’ils n’ont rien à voir avec les intégristes islamistes. Les membres de la conspiration Qirsi s’en prennent aux cours de la même façon que les terroristes actuels, par des assassinats, des attaques subreptices et ce genre de choses. La série a ainsi plus de résonance avec le monde actuel que je ne l’avais voulu à l’origine.

Lisez-vous de la fantasy ? Si oui, quels sont vos auteurs préférés, ceux qui ont pu vous influencer ?

Je lis beaucoup de fantasy depuis mon enfance. J'ai bien sûr commencé avec J. R. R. Tolkien et à vrai dire, à l’âge 12 ans, j'ai joué Bilbo Baggins dans une adaptation théâtrale de Bilbo le Hobbit alors que j'étais en colonies de vacances. Le Seigneur des anneaux m’a donné envie de lire autant de fantasy que je pourrais en trouver. Quelques années plus tard, j’ai lu Les chroniques de Thomas l’incrédule de Stephen R. Donaldson, et cette série m’a donné envie d’écrire de la fantasy. Jeune, j’ai également lu Terremer d' Ursula LeGuin et j’en suis aussi tombé amoureux. J’ai beaucoup d’auteurs fétiches et je me méfie d’en citer de peur d’en offenser par un oubli malencontreux. Mais parmi mes auteurs favoris, il y a Guy Gavriel Kay, Neil Gaiman et Tim Powers. Kay a eu une influence particulièrement énorme sur mon travail. Les mondes qu'il crée sont si réels - vous pouvez les goûter, les sentir, les ressentir. Quand vous lisez ses livres, vous êtes vraiment transportés à un autre endroit. C’est l’une des choses que j’aime en fantasy et il le fait de la meilleure façon qui soit. Je m’efforce, dans la création de mon univers, à conjurer le même type de sensations pour que mes lecteurs puissent avoir l’impression de voyager dans les Terres du Levant à la lecture de mes romans.

On compare souvent votre œuvre à celle de George Martin, qu’en pensez-vous ?

Je suis flatté par la comparaison, comme le serait n’importe quel auteur. Ses livres sont superbement conçus, complexes dans leur construction et incroyablement plaisant à lire. Je suppose que la comparaison vient du fait que j’ai aussi tendance à créer des intrigues complexes. J’en tisse plusieurs en même temps et j’ai tendance à raconter mes histoires selon le point de vue de plusieurs personnages. J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’y parvenir aussi bien que lui, mais encore une fois, je suis honoré de voir mes livres comparés aux siens. J’ai rencontré George de nombreuses fois et j’ai trouvé qu’il était gentil, amusant et généreux  en conseils envers les auteurs moins expérimentés comme moi. J’espère également suivre cet exemple.

Outre le côté aventures de vos livres, il y a des thèmes sérieux abordés tels que les problèmes raciaux, pouvez-vous nous en dire plus ? Est-ce important pour vous de développer ces thèmes, de faire plus qu’un simple récit de fantasy ?

L’une des raisons pour lesquelles j’aime autant la fantasy et la science-fiction est qu’elles nous permettent de regarder notre monde d’une autre façon. J’écris de la fantasy, et comme je l’ai précisé plus tôt, j’aime transporter mes lecteurs dans un autre endroit, un lieu de ma propre création.
Mais je pense que les endroits que l’on visite quand on lit de l’imaginaire sont plus intéressants quand ils offrent de nouvelles idées sur notre propre monde "réel". Ecrire sur le racisme, comme je le fais dans La couronne des sept royaumes, peut être difficile. Un auteur risque d’offenser ses lecteurs ou d’aborder des sujets très sensibles. Mais quand nous plaçons l’histoire sur un autre monde, quand nous écartons nos propres politiques et cultures, nous gagnons une certaine liberté, nous nous donnons la possibilité de voir le monde à travers un prisme. D’une certaine façon, écrire de la fantasy nous permet d’utiliser l’ "autre" pour nous rapprocher de la réalité, de prendre du recul par rapport à nos émotions. J’espère voir les choses d’une nouvelle façon. C’est quelque chose que j’essaie de faire avec mes livres. Ma série Lontobyn Chronicle traite de questions environnementales. La couronne des sept royaumes parle de races.  Je travaille actuellement sur deux nouvelles séries, l’une d’elle, un spin-off de La couronne, parle encore une fois de racisme et d’identité nationale, l’autre s’intéresse à la dépenses aux drogues. Je veux que mes livres divertissent mais je veux aussi qu’ils disent quelque chose et qu’ils aient un sens.

Votre formation d’historien vous aide-t-elle dans l’écriture des romans, dans la conception de vos univers ?

Mon doctorat d’histoire m’a clairement aidé lors de la construction de mon univers.  J’ai étudié l’histoire politique, mais je me suis intéressé à la politique environnementale et à la façon dont la nature détermine l’activité humaine. Evidemment, de telles études m’aident énormément quand je crée les cartes d’un monde, quand j’imagine les paysages, les religions, les systèmes économiques et politiques, les processus sociaux et lorsque j’explore les questions dont nous avons déjà discuté.
L'étude de l'Histoire est en essence l'étude d'histoires en compétition les unes avec les autres. Il est difficile de ne pas chercher la vérité car, quand il est question d'Histoire, je crois que toute vérité est subjective. Il s'agit plutôt de décider laquelle des histoires en compétition, ou quelle combinaison d'histoire est le plus à même d'expliquer les événements.
Il n’y a donc pas tant de différences entre étudier l’Histoire d’autres personnes et écrire mes propres histoires.

Même s’il y a de la magie, elle reste assez discrète, limitée. Etait-ce pour garder un côté réaliste à votre histoire ?

Je ne suis pas certain d’avoir voulu être réaliste. Je pense plutôt que je ne suis pas intéressé par les histoires qui comportent trop de magie. Je m’attache plus aux peuples, aux personnages, à la façon dont nous interagissons, à la manière dont nous aimons, nous combattons, suivons notre ambition, cherchons la vengeance ou luttons pour la rédemption. L’utilisation de la magie est amusante, c’est pour cela que j’écris de la fantasy. Mais enfin de compte je veux écrire des livres sur les personnes. Je suppose donc qu’on en revient à votre question. Je pense vraiment que pour qu’un système de magie soit crédible, il faut que celle-ci soit limitée. Si la magie est trop puissante, si ceux qui l'utilisent sont capables de faire n'importe quoi, alors tout autre élément extérieur à la magie devient superflu, et je ne veux pas cela.

Que pouvez-vous nous dévoiler sur l’avenir de la série ?

Hmmmm.  Vous voulez être aguichés, hein?  Je ne vous en dirai pas trop mais je peux vous révéler quelques petites choses et faire allusion à deux, trois autres trucs. Le quatrième livre [NDRL : En France, les livres sont divisés en deux tomes, il parle donc des tomes sept et huit à paraître chez Pygmalion puis chez J’ai Lu] tournera autour de deux sièges alors que le cinquième et dernier tome, qui est entre les mains de mon éditeur, s’intéressera à la résolution du conflit entre Grinsa et le Tisserand. Ces deux personnes se rencontreront à plusieurs occasions, chacun tentant de trouver les faiblesses de l’autre. En même temps, les tentatives du Tisserand pour assassiner Cresenne se feront de plus en plus pressantes.
Il y aura de nombreux personnages, certains très appréciés, qui ne vivront pas jusqu’à la fin de la série.  Il y aura également des histoires d’amour y compris durant les périodes les plus sombres du récit, et quelques traitres envers la juste cause pourront se racheter.

Avez-vous d’autres projets en cours ou en prévision ?

L’un des deux projets sur lesquels je travaille s’intitule Blood Of The Southlands. Cette trilogie sera la suite de La couronne des sept royaumes. Cela se passe dans le même univers mais dans un autre pays. On y retrouvera un couple de personnages ayant survécu à la fin de La couronne… Comme je l’ai mentionné précédemment, je travaille aussi sur une série qui explorera les abus de drogue. Il s’agira d’un nouveau départ pour moi. L’intrigue se situera dans le monde réel avec des éléments de science-fiction et de mystère. En fait, chaque livre est indépendant avec un meurtre mystérieux, des personnages récurrents et un thème général. Le premier livre est écrit et j’espère le voir publié très prochainement.

Pourriez-vous nous parler de vos habitudes d’écriture ? Avez-vous des rituels ?

Je ne dirai pas que j’ai quelque rituel que ce soit. Je considère mon écriture comme un travail. J’aide ma femme et mes filles à se préparer pour aller au travail ou à l’école tous les matins. J’en conduis au moins une à l’école et ensuite, après avoir fait un peu de sport, je rentre à la maison pour écrire. Je fais une pause pour déjeuner et je me remets au travail jusqu’à la fin de la journée, quand ma femme et mes enfants rentrent. Après cela je suis plus père et mari qu’écrivain. J’essaie de ne pas trop travailler le soir et les week-ends.  Mais il est clair que j’écris tous les jours. J’essaie de me fixer des objectifs réalistes pour chaque jour : un certain nombre de pages ou de mots, ou des tâches comme "finis ce chapitre," ou "décris les dix prochains chapitres." Les gens me demandent souvent si ce n’est pas difficile d’écrire un livre. Je pense que la réponse est que si vous commencez à penser "Je dois écrire un livre !" alors, oui, cela pourra sembler difficile. Mais si à la place vous pensez, "aujourd'hui je dois écrire six pages, et  demain je dois faire la même chose," ou  "cette semaine je dois écrire un chapitre," alors le processus sera moins intimidant. Et vous aurez un livre au final. La chose la plus importante pour moi est d’écrire au moins un peu chaque jour.  Pour moi (tous les auteurs sont différents et cela peut ne pas être vrai pour les autres), écrire est une question d’élan. Si j’écris chaque jour, je reste productif. Si je manque un jour ou deux, je ralentis ma cadence et je ne suis alors plus aussi efficace.
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