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Libre comme Manon Fargetton

Manon Fargetton vient de publier son premier roman, Aussi libres qu'un rêve, dans l'excellente collection Autres mondes de Mango.

Ecrivaine dans l'âme et scientifique de par son cursus, elle se destine à une carrière d'éclairagiste.

Fantasy.fr vous propose de faire la lumière sur cette jeune écrivaine aussi libre que ses rêves.
Par La Fantasy Team | 'Libre comme Manon Fargetton
17 juillet 2006 | Mis à jour 17 juillet 2006
Libre comme Manon Fargetton
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Dans chaque article, dossier, présentation, jusqu’au bandeau de ton livre, on met en avant ton âge. On a presque l’impression que ton âge et plus important que ton roman. N’en as-tu pas assez ?

Bien sûr, j'aurais aimé que ce soit un peu moins mis en avant, être jugée uniquement sur ce que j'ai écrit et non sur mon âge. Cette « publicité » me met en général plutôt mal à l'aise ! En même temps, c'est vrai, j'ai dix-huit ans, et je ne peux pas en vouloir à Mango de jouer là-dessus pour vendre mon livre, étant une auteur totalement inconnue. J'imagine que mon âge sur le bandeau en bas de couverture attire l'oeil dans les rayons... C'est de bonne guerre !

Finalement, ce qui est intéressant, ce n'est pas que j'ai publié à dix-huit ans, c'est que j'ai écrit ce roman entre 16 et 18 ans pour des ados d'à peu près mon âge, j'ai écrit avec mon âge, pour un public de mon âge, à une époque où on se transforme beaucoup, ce qui a marqué mon écriture.

Quel a été le cheminement de la création de la société que tu décris dans « Aussi libre qu’un rêve » ?

J'ai commencé à écrire mon roman à la fin de ma classe de première, juste au moment où on se dit : « Le bac, c'est bien joli, mais après ? ». J'étais dans mes questionnements sur mon orientation, donc tout naturellement, j'ai créé un monde où ces problèmes sont résolus d'avance, puisque ce sont les parents qui décident à la naissance du futur métier de leurs enfants !
La fameuse hypothèse de départ : « Et si notre métier était prédéterminé en fonction de notre mois de naissance ? » est venue toute seule me titiller les neurones, et toute la société s'est bâtie autour de cette hypothèse pour la rendre cohérente. Les personnages des deux jumelles, l'une née le 31 décembre et l'autre le 1er janvier à quelques minutes d'intervalle s'est imposée facilement, pour le romanesque de la situation, et la géméllité m'a toujours fascinée.
La société que j'ai créée est ultra-régionalisée, peut-être parce que je ne me sentais pas de taille à envisager un monde tout entier, et aussi parce que j'ai l'impression que malgré l'ouverture et l'agrandissement de l'Europe, chacun se replie de plus en plus chez soi. Elle est aussi totalitaire, parce que c'est quand même beaucoup plus drôle pour mettre en scène une révolution et parce qu'en bonne adolescente, j'avais un petit différent avec l'autorité !
Mettre en scène des ados « starisés » n'était pas un hasard : c'était le début du phénomène star'ac et autres popstars, phénomènes que je désapprouvais tout en étant attirée.

Y a t-il d’autres aspects de ce monde que tu n’as pas eu le temps de développer dans ton livre, ou que tu n’as pas utilisés ? As-tu dressé un calendrier complet des métiers par exemple ?

Non, je n'ai pas dressé un tel calendrier, mais il m'est arrivé de me demander dans quel mois je placerais tel ou tel métier, ce qui a abouti sur de grands thèmes pour chaque mois. Par exemple, Mars est le mois de l'écrit (bien que je sois née en septembre !).
Il y a en particulier un aspect de mon monde que je n'ai pas assez traité à mon goût : que seraient les rapports au sein d'une fratrie mélangeant Janviers et Décembres ? Ou dans une famille dont les parents sont des Janviers et les enfants des Décembres ? Des rapports de jalousie, de déceptions, les uns prendraient-ils les autres de haut ? C'est une question assez complexe que je n'ai traité qu'à moitié puisque mes héros sont des « cas particuliers » : les jumelles ont été élevées de la même façon malgré leur différence de mois de naissance, Kléano et Nériss sont fils uniques... je ne peux pas trop en dire plus sur leurs cas !
Sinon, j'aurais aimé développer plus certains personnages secondaires comme Chan Wallow, le président de la région : montrer son parcours et comment il en est arrivé à devenir dictateur, montrer comment les choix qu'il a fait l'ont profondément transformé, aigri. Je ne peux pas vraiment en dire plus là non plus, mais j'aimerais, c'est un personnage que je trouve beaucoup trop manichéen alors que dans le fond, je ne pense pas qu'il le soit : personne ne l'est.

Tu sembles avoir délaissé la piste des sons subliminaux qui était pourtant bien lancée. As-tu changé d’optique en cours de route faute de place ? Pour une autre raison ?

Pour moi, cette piste est arrivée à son terme, elle me permettait de faire découvrir des traits de caractère de mes personnages, de les faire entrer en scène, et de donner un exemple de la façon dont les dirigeants de la société manipulaient les gens. C'est une petite intrigue parmi d'autres à l'intérieur du roman, qui se résolvent au fur et à mesure et permettent de faire avancer à la fois les personnages et l'intrigue principale (tout en donnant du contenu à l'univers dictatorial).

L’éducation telle qu’elle est décrite dans ton roman ne laisse aucune place à l’imagination, au choix et ne prend pas en compte les goûts et les compétences des individus, le but étant d’éliminer le chômage. Y a-t-il un parallèle à voir avec le système éducatif actuel ?

Oui et non. Le système éducatif actuel n'enferme pas au point de celui que je décris dans Aussi libres qu'un rêve, mais la séparation entre la filière Scientifique et Littéraire en France ne me plait pas du tout. J'ai fait un bac S et j'écris. J'ai toujours été aussi littéraire que scientifique. J'aurais aimé avoir plus de philo et des cours de littérature tout en continuant la bio, les maths et la physique, et je ne suis pas la seule dans ce cas. En se sens, oui, le système actuel nous enferme, parce qu'il veut absolument nous mettre des étiquettes, mais personne ne peut réellement s'épanouir en étant enfermé dans une case !
Je crois qu'ensuite, pour ce qui est des études supérieures, le système tient davantage compte des goûts de chacun, même si certains dirigeants actuels aimeraient bien limiter l'accès à quelques sections universitaires comme « art du spectacle » ou « psycho » parce qu'elles ne débouchent pas sur un métier ensuite. Mais que fait on alors de la curiosité intellectuelle, artistique, de l'envie d'étudier des choses pour sa culture personnelle, pour s'ouvrir un peu l'esprit et enlever les oeillères que certains aimeraient tant nous obliger à porter, afin que l'on rentre bien dans nos petites cases étroites mais étiquetables ? Like a brick in the wall (Pink Floyds !).

Dans l’un des passages finaux, on a l’impression de revoir les images de la révolte des étudiants de Tienanmen en juin 1989 (celles où l’on voit un jeune homme arrêter une colonne de chars en se mettant simplement sur leur route). Etait-ce voulu ? Si oui, que représente pour toi cet événement ?

C'était tout à fait voulu, avant même de commencer à écrire j'ai fait des recherches sur les événements de Tienanmen. J'avais cette image dans la tête du début à la fin, pour moi c'était l'emblème de la révolution étudiante, d'un peuple qui se soulève contre l'autorité, qui veut exister, prendre en main son avenir.
Ce livre à été écrit avant les événements du CPE et j'ai souvent pensé, au cours des manifs, aux dérives possibles. C'était assez drôle d'avoir cet exemple de soulèvement étudiant juste après avoir mis le point final au manuscrit ! Même si ça n'a pas été aussi loin et que ce n'était pas le même enjeu, je me suis dit que finalement, je ne m'étais pas planté tant que ça dans le déroulement des opérations ! Bien sûr, après avoir vécu quelques semaines au sein de ce mouvement, si je réécrivais mon roman maintenant, je changerais des détails... mais globalement je suis contente, c'est assez crédible !

Ecrire pour toi ça n’est visiblement pas seulement raconter une histoire c’est aussi un moyen de faire passer des messages. Si il ne devait en rester qu’un lequel choisirais-tu ?

Il faut être fidèle à ce qu'on ressent au fond de soi, à ses aspirations, à ce qu'on est.

Comment décrirais-tu ton livre en quelques mots ?

C'est l'histoire de la montée d'une révolte et de son explosion, révolte à l'échelle de toute une région, mais aussi à l'échelle de chacun des personnages, qui s'en trouvera profondément marqué.

Au fait, pourquoi avoir choisi Chrone comme juron ?

C'est une référence à Danielle Martinigol dont les romans m'ont fait découvrire la SF quand j'avais 10-12 ans et qui est maintenant une amie. Une sorte de clin d'oeil. Elle m'a dit par la suite qu'elle avait elle-même emprunté ce juron à Joelle Wintreberg !

Un écrivain met souvent beaucoup de sa personne dans un premier roman. Pourtant tu écris dans ta présentation : « Maintenant que je commence à me trouver, j’ai envie d’écrire à la première personne ». Que réserves-tu as tes lecteurs ?

J'ai mis beaucoup de moi-même dans ce roman, mais ton « pourtant » est assez juste : c'est en quelque sorte un livre où j'ai appris à écrire, à construire un roman. C'était trop tôt pour parler vraiment de moi de manière plus explicite, intime ; je n'avais pas assez de recul et de confiance en moi. C'est le roman de mon adolescence, ma petite révolution personnelle.
Pour l'instant, le projet sur lequel je travaille n'est ni de la science fiction, ni destiné à la jeunesse. Ça se dessine doucement mais ce n'est pas encore très clair, il est trop tôt pour en parler... Ce qui est sûr c'est que je continue à écrire, « à m'écrire », en me cherchant.
A plus long terme, c'est la fantasy qui m'attire... Je commence à me sentir de taille à créer tout un monde, voire plusieurs ! Wait and see...

Nombreux sont ceux qui cherchent à se retrouver sous les projecteurs, tu as choisi de travailler derrière. Pourquoi ?

Parce que je n'avais aucune envie d'être devant ! Non, plus sérieusement, j'aime l'univers du théâtre, mais je n'ai tout simplement pas le talent pour monter moi-même sur les planches, alors je laisse ça à ceux qui l'ont. Et puis les comédiens doivent être frustrés de ne pas pouvoir assister au spectacle, alors qu'en régie non seulement on y participe  mais en plus on a du recul pour voir ce que l'ont fait ! Eclairer un spectacle, c'est en révéler une partie du sens, une manière d'être sur scène sans y être physiquement.

A propos, éclairagiste, c’est un métier de quel mois ?

Septembre j'imagine, puisque ça va être le mien ! Mais heureusement que mes parents n'ont pas dû choisir à ma naissance, parce qu'ils n'auraient jamais eu cette idée là !
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