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Balaguero sort du noir

Après une carrière de journaliste, Jaume Balaguero se lance dans le cinéma en réalisant deux courts métrages, Alicia (1994) et Dias sin luz (1995). En 2000, il tourne La Secte sans nom qui  remporte le prix spécial du jury, le prix international de la critique et le prix du public au festival de Gérardmer. Deux ans plus tard il réalise Darkness, un film fantastique qui a du mal à trouver son public en France. En 2006, il revient à Gérardmer pour présenter Fragile, son dernier film, qui remporte le prix du jury, le prix du jury jeune, le prix du public et le prix 13ème Rue.

Fantasy.fr a rencontré Jaume Balaguero à cette occasion, en compagnie d’autres journalistes.
Par Emmanuel Beiramar | 'Balaguero sort du noir
13 juin 2006 | Mis à jour 13 juin 2006
Balaguero sort du noir
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Balaguero sort du noir

C’est votre troisième long métrage. On a l’impression que vous avez acquis une certaine maturité qui vous a permis d’être plus intimiste. De faire un film plus personnel que Darkness ou la secte sans nom.

Pour moi c’est mon film le plus personnel. C’est une histoire qui parle de sentiments, de vrais gens, de la difficulté de comprendre la mort des personnes que l’on aime et je crois que c’est quelque chose qui est très connecté avec tout le monde. Alors c’est un film plus personnel pour tout le monde. On peut tous avoir sa Maggie ou sa personne qui meurt. Je voulais faire une histoire comme ça, une histoire qui parle des émotions, des sentiments. Tout le monde dit que je dois être quelqu’un de sinistre à cause des films que je fais. C’est une façon d’être vraiment tel que je suis. Tout le monde a plusieurs facettes. On est tous sentimental, sinistre et romantique, bon, méchant. Il s’agit juste pour moi d’une façon plus intense d’être moi même.

Est-ce pour cela que vous avez souhaité faire une fin plus optimiste que celle de Darkness par exemple ?

Oui. Il s’agit d’une fin où il y a de l’espoir. Mais la petite fille est morte. En fait, j’ai voulu faire un film qui se finisse comme un conte de fée. Toute l’histoire nous mène à cette fin à la fois un peu optimiste et un peu pessimiste.

En quoi les contes de fées vous intéressent-ils dans les thématiques des films fantastiques ?

C’est curieux mais quand on a développé le film, alors qu'on avait que la moitié de l’histoire on a commencé à penser à la belle au bois dormant et on a commencé à modifier le scénario vers cette nouvelle idée.

Pourquoi avoir choisi ce conte de fée précis ?

A cause du baiser. Quelqu’un est apparemment mort et ensuite il revit. C’était très intéressant pour l’histoire. J’aimais beaucoup l’idée de la petite fille qui fait le baiser à la femme. Il y avait quelque chose de polémique. Sûrement par pour moi, ni pour vous. Mais quand les distributeurs américains ont fait les screnning test aux Etats-Unis. Il y a eu beaucoup de gens choqués par cette séquence. J’avais cherché un peu à les choquer par quelque chose d’aussi absurde.

Cherchez-vous à atteindre les publics de tous les pays à travers vos films ?

Il y a différentes choses : pourquoi je fais mes films et pourquoi les producteurs les produisent. Les producteurs produisent mes films pour le vendre au maximum de distributeurs possibles. Quand on a commencé à faire le film, il était déjà vendu à plusieurs pays européens. Mais je comptais toucher le maximum de personnes possibles. C’est pour ça qu’on raconte les histoires : pour émouvoir les gens.

Est-ce pour cela que vous avez choisi Calista Lockheart ?

Avec Ali McBeal, elle est devenue célèbre, mais avant Ali, Calista était une comédienne dramatique au théatre. Après la série elle en a fait un peu. Calista a lu le script et l’a beaucoup aimé ; elle y a montré beaucoup d’intérêt. C’est l’une des actrices que j’avais en tête. De part son apparence fragile, mais aussi par son côté fort, intense. C’est quelqu’un qui a un caractère brutal. Il y a une contradiction entre son apparence et ce qu’il y a en elle. Calista était parfaite pour le rôle.

Vous mettez en avant souvent des personnages principaux féminins. On rejoint un peu le cinéma de Nakata avec des femmes qui prennent le dessus alors qu’il s’agit souvent dans les autres films d’hommes.

Je trouve plus intéressant d’avoir une femme qu’un homme comme personnage principal dans un film. Je crois que la femme est plus complexe, plus compliquée et donc plus intéressante. Ce n’est pas forcément quelque chose de conscient mais à chaque fois que j’écris le rôle principal d’un de mes films, je pense à une femme. C’est quelque chose de plus mystérieux pour moi… parce que je suis un homme, parce que j’aime les femmes.
Je suis en train d’écrire un nouveau projet dont le rôle principal est tenu par un homme.

Quand vous écrivez un film, vous pensez avant tout à un personnage féminin, en quoi cela en fait-il un film personnel ?

Ce qui est personnel dans un film n’est pas nécessairement ce qui arrive au personnage principal du film mais plutôt ses grands thèmes. Le film est perso parce qu’il parle de la mort, de la vie, de l’amour indépendamment du sexe du rôle principal. Mais il est possible que si je faisais un film avec un rôle masculin, je ferai des choses plus personnelles, mais aussi plus différentes.

Aviez-vous un réalisateur en tête ou quelque chose à quoi vous référez ?

C’est une histoire de fantômes classique. Henri James et les films comme Les innocents, L'enfant du diable avec George C. Scott. Ensuite c’est l’histoire qui doit faire oublier toutes ses références.

A ce propos, que pensez-vous de ces nouveaux films qui ont tendance à être de plus en plus gore alors que les vôtres se rapprochent vraiment du cinéma classique de fantômes ?

Je suis content qu’il y ait ces directions différentes. J’aime beaucoup les films extrêmes tout comme j’aime les films classiques, ceux qui suggèrent, les romantiques. En tant que spectateur, j’aime voir des films comme Hostel, Reeker. J’aime beaucoup la différence, la variété. C’est bénéfique.

Doit-on croire aux fantômes pour faire un film de fantômes ?

Non, parce que je ne crois pas aux fantômes. Je ne suis pas superstitieux.

Vous n’avez donc aucun rite durant un tournage ?

En fait si. Pendant tout le tournage de Fragile, j’avais une petite miniature que ma nièce m'a donné pour me porter chance. Je l’avais donc toujours avec moi. Mais je ne crois pas aux fantômes car je suis quelqu’un de très réaliste, très pragmatique. Il n’est pas nécessaire de croire aux fantômes mais plutôt de croire aux gens, de les connaître et les comprendre parce que pour moi, l’explication des fantômes se trouve dans les gens. Les fantômes sont liés aux personnes. Il y a une explication rationnelle et scientifique du fantôme. Quand quelqu’un que l’on aime meurt, on a tendance à la voir durant les deux semaines suivantes. C’est une réaction de l’amour contre la douleur d’avoir cette projection mentale. On arrive à croire que l’on voit cette personne. Cela dure deux semaines. Un psychiatre peut très bien expliquer cela. J’ai vécu pendant un temps avec ma grand-mère après le décès de mon grand-père. Elle l’a vu et c’est parfaitement normal, cette réaction face à la mort pour lutter contre la douleur. Les fantômes existent parce que les hommes existent, avec leurs sentiments, leurs pensées. Je peux faire une histoire de fantômes sans y croire tout simplement parce que je crois aux gens.

On constate que vous utilisez moins la peur du noir dans Fragile : Les couloirs sont à moitié illuminés. Il y a toujours de la lumière. Avez-vous commencé à exorciser cette peur ou est-ce parce que vous avez craignez que le spectateur se lasse de cet effet ?

Nous avons en fait tenté de montrer l’obscurité d’une façon différente basée sur les comportements de l’œil humain qui s’accoutume à l’obscurité. Toutes les séquences qui se passent au deuxième étage, dans le noir ont été faites de façon à simuler cette accoutumance. On peut voir certaines choses mais pas très bien, on les distingue.

Quel sera le style de votre prochain film ?

Ça sera un film un peu spécial. Il est tiré d’un roman intitulé La dama numero 13 (La treizième femme). Ce n’est pas vraiment un roman d’horreur mais c’est surnaturel. Cela parle des muses. L’idée est que ces muses qui inspirent les poètes ne sont pas des mythes. Elles sont réelles, sont au nombre de treize et elles ne sont pas vraiment bonnes.
Le roman est très compliqué. Il est profondément lié à la poésie, à la littérature. Il y a beaucoup de références aux poètes anglais, américains, français, italiens. C’est un roman vraiment complexe mais il y a une histoire patiente, terrifiante et très intéressante. Je suis très excité par cette histoire.
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