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Mick Garris : Maître de l'horreur

Mick Garris naît le 4 décembre 1951, en Californie. Il commence à écrire de la fiction à l’âge de 12 ans. Il fait ses premiers pas dans l’industrie du cinéma et de la télévision avec George Lucas puis Steven Spielberg qui l’engage comme monteur sur la série télé Amazing Stories. Son premier film en tant que réalisateur est une suite de série B : Critters 2. Il se spécialise ensuite dans les adaptations de Stephen King (La nuit déchirée, Le fléau, Shining, Riding the bullet…). On le retrouve également comme scénariste (Miracle sur la 8ème rue, Les médiums) et même comme acteur (Mort ou vif, Stupids). Il est le créateur et le producteur exécutif de la série Masters of Horror.
 
Cette interview s'est déroulée à l'occasion du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). Elle a été réalisée en compagnie d'un journaliste de Khimaira et d'un autre de DVDRama.
Par La Fantasy Team | 'Mick Garris : Maître de l'horreur
10 avril 2006 | Mis à jour 10 avril 2006
Mick Garris : Maître de l'horreur
Mick Garris : Maître de l'horreur
Mick Garris : Maître de l'horreur
Mick Garris : Maître de l'horreur

Avez-vous souhaité faire vos propres Amazing Stories avec Masters of Horror ?

Bonnes recherches ! Amazing Stories est probablement la chose la plus proche de Masters of Horror, elles ont toutes deux été dirigées par des réalisateurs. 
Sur Amazing Stories, il y a avait une équipe de scénariste qui écrivait les histoires, chacune était attribuée à un réalisateur qui était engagé pour la mettre en images et c’est tout. Sur Masters of Horror, tout repose sur le fait de donner le contrôle total de l’épisode aux réalisateurs. Ils ont pu écrire leur scénario, le faire faire par leur scénariste ou encore en choisir un parmi ceux que nous avions déjà. Il s’agissait donc de quelque chose de totalement différent, et nous avons essayé de l’être à chaque fois, chaque semaine. Vous avez ainsi un épisode de John Carpenter qui ressemble à un excellent film de John Carpenter ou un Tobe Hooper qui ressemble à un très bon Tobe Hooper.
Amazing Stories a été mes premiers pas dans le domaine du ciné et de la télévision mais Masters of Horror est résolument tournée vers les adultes. Il ne s’agit pas d’une série genre Spielberg. C’est quelque chose de différent tout en ayant les mêmes racines. Nous avons voulu présenter des réalisateurs dans ce qu’ils font de mieux.

Vous êtes habitué à adapter les romans de Stephen King pour la télévision ou le cinéma, mais quels autres auteurs auriez-vous aimé adapter ?

J’ai également beaucoup travaillé avec Clive Barker. Notamment pour Masters of Horror : l’an dernier, avec Haeckel's Tale, basé sur ses écrits et réalisé par John McNaughton. Cette année, Clive a écrit une histoire originale intitulée Valery on the stairs que je vais adapter et réaliser. Cela va être sympa.
Il y a tellement d’autres auteurs d’horreur que j’aime, mais Richard Matheson est l’un de mes dieux. On va d’ailleurs faire une seconde histoire avec lui. Il y en a d’autres mais qui ne font pas forcément partis de l’horreur. J’ai fait quelques épisodes d’une série qui s’appelait The Juge et je suis un grand fan de John Grisham. C’est l’un de mes péchés mignons, réaliser un thriller dans le style de Grisham.
Ray Bradbury a été l’une de ma première inspiration, lorsque je souhaitais devenir écrivain et que j’avais douze ans. Quand j’étais au lycée, j’ai pu l’interviewer pour le journal de mon école, j’ai assisté à plusieurs de ses lectures après cela. J’aurais adoré adapter un livre de Ray Bradbury.

Pourquoi ne pas l’avoir fait ?

Il n’y avait rien de disponible. Il y a une série Spin-off de Masters of Horror qui s’appelle Masters of Science-Fiction. Je ne suis pas vraiment impliqué dedans mais je sais qu’ils vont adapter l’une de ses histoires. Mais il reste du temps, nous espérons encore l’impliquer dans une histoire d’horreur.

Quels réalisateurs y aura t-il pour la saison deux de Masters of Horror ?

On commence le tournage la semaine prochaine. Il y aura John Carpenter, Tobe Hooper, Dario Argento, Joe Dante, Stuart Gordon, moi et quelques nouveaux venus. Parmi ceux qui sont sûrs, il y aura Brad Anderson qui a fait deux films que j’ai beaucoup aimé : Session 9 et The Machinist. Ernest Dickerson qui a fait Demon knight et Bones. Il tourne actuellement un scénario que j’ai écrit. D’autres auxquels nous avons pensé mais qui ont déjà des projets sur lesquels ils travaillent. Nous en avons discuté avec Guillermo Del Toro qui meurt d’envie d’en faire un mais il n’arrête pas d’avoir des films énormes qui lui tombent dessus. J’ai discuté avec Wes Craven, nous essayons de trouver la bonne histoire et voir si nous pouvons faire rentrer ça dans son planning, Rob Zombie, qui est en tournée, adorerait en faire un.

Jaume Balaguero, le réalisateur espagnol de Darkness et Fragile a également dit être intéressé.

Oh, vraiment ? Il faut que je me penche dessus parce que nous aimerions beaucoup avoir une dimension internationale. Nous avons Dario Argento, nous en avons tourné un l’année dernière au Japon, nous en tournerons un autre en Asie. Il faut juste que les réalisateurs soient suffisamment connus pour la chaîne et la compagnie de DVD. Il faut que ce soit des maîtres puisque nous vendons la chose en les présentant comme ce qui se fait de mieux dans le genre.

Et à propos de Clive Barker ?

J’ai adapté une de ses histoires l’an passé et il en a écrit une nouvelle que je vais réaliser pour la seconde saison de Masters of Horror. Il n’a pas le temps de le faire lui même. Mais il m’a dit, mais je ne sais pas à quel point il était sérieux, que s’il y avait une saison trois, il serait là ! J’adore Clive, c’est quelqu’un de merveilleux et un très bon artiste et écrivain. Quicksilver Highway est un téléfilm que j’ai réalisé à partir de deux nouvelles, une de lui et l’autre de Stephen King. C’était vraiment chouette mais presque personne ne l’a vu.

Vous avez joué un petit rôle dans Mort ou vif de Sam Raimi. Lui avez-vous proposé un épisode de Masters of Horror ?

Oui je lui en ai parlé et il adorerait en faire un mais son contrat l’empêche de faire quoique ce soit tant que Spider-Man 3 n’est pas fini. Je ne sais pas si vous êtes au courant mais nous avions fait un marché : J’étais dans Mort ou vif, il se fait assassiner dans Le fléau et dans Shining il joue le gars qui conduit le tracteur pour sauver l’enfant.

L’une des particularités de Masters of Horror est de laisser carte blanche aux réalisateurs. N’avez-vous eu aucune concession à faire ?

La série a été construite d’une façon vraiment unique. Elle est créée de façon totalement indépendante. Showtime est la chaîne sur laquelle est diffusée Masters of Horror. Ils n’ont pas financé l’émission, en tant que chaîne payante leurs exigences sont plus souples que pour une chaîne classique. La seule façon d’avoir pu avoir autant de réalisateurs a été de leur donner cette liberté d’action. Vous le faites à votre façon. Le film représentera ce que vous faites. Ce n’était pas possible sur une chaîne traditionnelle. Même Showtime, ou tout autre chaîne payante, a tendance à être intrusif. Mais cette émission est financée à 100% par la compagnie de DVD, Anchor Bay, il n’y a donc pas de studio, de chaîne, il n’y a personne au-dessus ; Je suis tout en haut de la chaîne alimentaire de la série, aussi dément que cela puisse paraître. Je n’ai pas à donner de conseil à quiconque sur la manière de réaliser son film. La seule chose que je peux faire était de donner des conseils en tant que producteur exécutif. Ils font des concessions, ils doivent faire de véritables petits films avec peu de temps et peu d’argent mais la contrepartie est qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Joe Dante est arrivé avec l’histoire sur laquelle Homecoming est basée en nous disant que c’était ce qu’il voulait faire. Nous lui avons dit : fantastique, fais-le. Joe est vraiment quelqu’un de polémique et il n’a jamais eu la chance de le montrer dans ses films. A chaque fois les studios modifiaient ses visions, comme la plupart des gars. Aussi quand on lui a dit qu’il n’y avait pas de chaîne, de standard dernière tout cela, qu’il avait les mains libres…
Mais en ce qui concerne, Takhesi Miike, (rires) nous savions que son film allait être intense, quoiqu’il en soit nous voulions un Miike. Mais cela l’a été un peu trop pour Showtime. Je pense qu’il le sera aussi pour de nombreux fans d’horreur. A leur décharge je dois dire qu’ils ont dit que cela ne servait à rien de le couper car il resterait toujours aussi intense. L’avantage d’une série financée par une compagnie de DVD est que grâce à Showtime on va vendre deux fois plus de DVD de l’épisode qu'ils n’ont pas pu montrer. (Rires).
C’est un niveau de contrôle que les réalisateurs n’ont pas eu depuis l’époque où le cinéma indépendant produisait des films à petits budgets tels que Halloween, Massacre à la tronçonneuse. Ces films représentent les visions de leur réalisateur. Comme il ne s’agissait pas de budgets très élevés, il n’y avait pas quelqu’un au dessus de leur tête pour leur dire quoi ou comment faire. Plus un film coûte cher et plus il y a d’intrusion des studios dans le processus de création. Des studios ou des acteurs réputés qui modifient le script. Il y a des acteurs connus parce qu’ils connaissent le réalisateur ou qu’ils aiment les films d’horreur et qu’ils faire partie de quelque chose d’unique et différent. Nous les avons pour pas cher (rires).
Mon boulot est de les protéger. Je suis l’un d’entre eux. Je suis un réalisateur et je souhaite avoir cette expérience d’avoir la possibilité de faire ce que je veux de la manière que je veux du moment que je peux le faire dans les temps avec le budget alloué.

Quand est-ce que sera disponible l’épisode de Takhesi Miike en DVD ?

Ce sera le dernier ! Mais peut-être pas ici. Il sera peut-être disponible plus tôt ici. Les calendriers sont différents selon les pays. Aux Etats-Unis, ils sont distribués un par un avec deux heures de bonus. Ici ils seront peut-être disponibles à la location sans suppléments. Aux Etats-Unis, ils sont disponibles sur Netflix, vous connaissez ? C’est une compagnie de location via la poste, vraiment gigantesque, elle compte des millions d’abonnés. Les épisodes de Masters of Horror sont louables deux par deux mais sans aucun bonus.
Aux Etats-Unis Il y en a deux par mois. Il y aura peut-être un coffret pour noël qui sait, mais je ne suis pas dans la confidence, après tout je ne suis que le créateur. (rires)

Concernant "Chocolate", votre contribution à "Masters of Horror", rappelle "Les yeux de Laura Mars" qui a été écrit par John Carpenter qui participe lui aussi à "Masters of Horror", une coïncidence amusante, non ?

Pas tant que ça quand on sait que Chocolate est une histoire que j’ai écrite dans les années 80. C’était avant même Les Yeux de Laura Mars. En fait  c’est une coïncidence que nous soyons tous les deux dans Masters of Horror. Personne n’en avait parlé jusqu’à maintenant et vous êtes la deuxième personne (ND : il parle à notre confrère de Khimaira) à en parler aujourd’hui (rires). C’est beaucoup plus intime que ça, il s’agit d’une histoire vraiment différente. Une histoire d’amour très sombre, une impossible histoire d’amour avec un tueur en série qui regarde au travers des yeux… J’ai été contrarié à l’époque j’ai vu le film, mais je n’y ai plus pensé après … C’était un film que j’essayai de faire depuis des années. Ridding the bullet et Chocolate sont deux choses très personnelles. Dans le cas de Chocolate, cela provient d’un rêve. Je ne me souviens jamais de mes rêves. Quand j’en fais, ils s’en vont très rapidement, mais celui-ci est resté car il était très puissant. J’ai rêvé que je savais ce que l’on ressentait en ayant commis un meurtre violent vraiment horrible. Je n’ai pas commis le crime dans mon rêve mais j’ai senti ce que ça faisait de poignarder, j’ai senti le sang qui coulait le long de mes bras. Et, merci mon Dieu, j’étais vraiment dégoûté. Il y avait ça et le fait est que j’étais depuis peu avec ma femme, avec qui je suis marié depuis 35 ans. Nous avons développé une relation très profonde et elle m’a fait découvrir beaucoup de chose cachées en moi et sur les être humains. Je n’étais pas aussi ouvert, attentif auparavant. La combinaison de ce rêve et de ces sentiments m’ont poussé à écrire l’histoire de Chocolate, à propos d’un type qui devient plus profond en expérimentant une femme et parfois la profondeur est, hum, physique par opposition à spirituelle. Cela provient donc d’une expérience personnelle très organique et non d’une inspiration de Laura Mars.
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