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Alex de la Iglesia ou la ballade d'un clown pas triste

Fantasy.fr a interviewé Alex de la Iglesia (Action mutante, Le Jour de la bête, Le Crime farpait, Crimes à Oxford..) à l'occasion de son passage au BIFFF en avril 2011. Il y défendait son dernier film en date, Balada triste, disponible depuis peu en DVD et Blu-ray.

Par Emmanuel Beiramar
1 décembre 2011 | Mis à jour 2 décembre 2011
Alex de la Iglesia ou la ballade d'un clown pas triste
Alex de la Iglesia ou la ballade d'un clown pas triste

Fantasy.fr : Pourriez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Alex de la Iglesia : Bonjour, je m’appelle Alex de la Iglesia, je suis un réalisateur espagnol qui tourne des films stupides qui, apparemment, n’ont aucune chance de sortir, mais qui par miracle finissent quand même au cinéma. Je parviens toujours à trouver quelqu’un pour investir dans mon prochain film, alors je continue à tourner, et j’en suis très heureux. J’aime réaliser des films d’horreur, des films fantastiques avec des monstres, et j’adore les comédies. Pour moi, l’humour est la langue des dieux.
 

Fantasy.fr : Vous rappelez-vous de votre première rencontre avec le Fantastique ?

Alex de la Iglesia [qui ne comprend pas la question] : J’ai commencé par travailler dans les comics en Espagne. J’ai travaillé pour un journal, et j’adore l’univers du dessin. C’est une manière de partager du travail et des blagues. J’ai travaillé pour le cinéma et pour la télévision il y a longtemps de ça. Mais toute cette expérience me sert à travailler sur des films à présent, sur les storyboards. J’ai plus de facilité pour dessiner le résultat que je veux obtenir lors d’une prise.
 

Fantasy.fr : Un film vous a marqué durant votre enfance ?

Alex de la Iglesia : Bien entendu. Comme beaucoup d’enfants, je me souviens de films et de bandes dessinées qui ont marqué mon enfance, qui m’ont influencé, comme Tintin par exemple. Tintin qui est assez bien connu ici, mais pas en Espagne. Enfin, il est célèbre en Espagne, mais pas autant qu’en Belgique. Tintin fait partie du paysage en Belgique ; les Belges en sont fiers, et ils font bien de l'être. Hergé est l’une des personnes les plus importantes dans ma vie. J’adore Tintin... Mais en fait, je préfère Haddock.
 

Fantasy.fr : D’où vous est venue l’idée de votre film, Balada triste ?

Alex de la Iglesia : Ho, l’idée a germé il y a bien 15 ans de cela, quand je voulais tourner un film de tueur en série. Je tenais absolument à tourner un film sur un clown tueur. Mais après, j’ai abandonné l’idée devant l’explosion des films sur les tueurs en série. Mais c’était vraiment mon idée de base : un clown tueur, un clown triste qui assassine les gens parce qu’il déteste les enfants. Donc, il tente de tuer des gamins. Ça c’est la base. Après, j’ai réfléchi à la raison derrière cette haine des enfants, cette haine de la vraie vie. Puis j’ai compris que le passé jouait un rôle important, surtout la période de la guerre civile. J’ai changé d’optique, et le scénario est devenu plus sérieux.
 

Fantasy.fr : Mais pourquoi un clown ?

Alex de la Iglesia : Parce que je hais les clowns. Le clown est un symbole étrange de l’humanité. Tout le monde doit se déguiser. Tout le monde doit cacher ses sentiments, et tout le monde essaie aussi de faire rire, de passer du bon temps avec les autres, mais c’est faux. C’est une sorte de protection, une sorte d’excuse pour survivre. Mais en fait, on déteste tout le monde, et on essaie de dissimuler toute cette colère, ce ressentiment, nous avons enfoui dans notre âme. Les clowns sont donc des menteurs. Ils font semblant d’être heureux, mais c’est faux. Ce sont des simulateurs qui m’inquiètent. Je pense qu’ils sont malsains. Peut-être que certains enfants pensent que les clowns sont gentils, mais c’est faux !
 

Fantasy.fr : Vous dites aimer tourner des comédies. Ça ressemble beaucoup au travail d’un clown, ça...

Alex de la Iglesia : Malheureusement oui. Je suis un clown. Je suis un clown stupide et je me situe hors contexte... Complètement. Je me sens comme un clown, car un clown est totalement hors du présent, il est complètement désuet. Je suis comme ça. J’ai une sorte de lien avec les clowns, et j’adore avoir un nez et des cheveux rouges.
 

Fantasy.fr : Explorer cette période de l’histoire vous tenait à cœur ?

Alex de la Iglesia : Oui, car ce furent les pires moments de ma vie, mais aussi les plus stimulants et les plus marquants. Quand je repense à cette période, j’ai l’impression de revivre un cauchemar. 1973 était un bordel complet, une folie totale pour l’Espagne, avec en plus la fuite de son gouvernement, ce fut comme une bombe. Une bombe énorme et une croix qui est projeté de l’autre côté d’un bâtiment. On ne savait pas quoi faire. La moitié des gens était choquée, et l’autre moitié était heureuse et sabrait le champagne. Moi, enfant, je me demandais ce qui se passait. On ne peut pas se réjouir quand quelqu’un meurt, si ? Mais là, je parle d’une place entière pleine de gens qui dansent et qui crient.
 

Fantasy.fr : On retrouve ce paradoxe dans vos films. Ce mélange de joie et de drame...

Alex de la Iglesia : Je pense que mon pays est divisé en deux camps, mais ils ne sont pas coupables de cette fracture. Ils ont quelque chose dans la tête qui leur vient du passé. Peut-être que ça vient des parents, peut-être que ça vient de la situation d’après-guerre, peut-être un mélange de tout. Mais nous devons assumer que le passé ne nous appartient pas, que ce n’est pas notre faute. Nous devons nous réconcilier avec notre passé. La seule façon d’y arriver est de s’asseoir autour d’une table et d’en discuter, comme pour un exorcisme. D’ailleurs, le film est une sorte d’exorcisme avec des clowns stupides se battant pour leur croix.
 

Fantasy.fr : Vous avez commencé par des films de science-fiction, de fantastique, puis vous avez tourné quelques polars...

Alex de la Iglesia : J’essaie de faire de tout. Je suis persuadé que si je prends plaisir à tourner un film, le public prendra du plaisir à le regarder. C’est pour ça que j’essaie toujours des choses différentes. D’ailleurs, peut-être que je n’y arrive pas. A chaque fois, j’ai l’impression d’avoir fait le même film, mais je vous jure que ce n’est pas le but.
 

Fantasy.fr : Vous trouvez que Crimes à Oxford et Balada triste sont identiques ?

Alex de la Iglesia : En fait, oui. Plus ou moins. C’est l’histoire d’un mec qui fouille le passé. Il s’agit d’un mec qui tente de résoudre un crime par le biais des mathématiques, en sachant qu’il est à l’origine du crime. Alors, en fait, c’est la même trame.
 

Fantasy.fr : Où en êtes-vous de l’adaptation de La Marque Jaune ?

Alex de la Iglesia : On travaille sur ce projet depuis cinq ou six ans. Mais le problème est d'ordre économique. Le budget est très important pour un film espagnol. C'est une coproduction avec la France. Nous avons peut-être besoin de 57 millions et nous n’en avons que 22. C’est assez simple : il faut trouver de l’argent. Ce film est très cher, car je veux tourner d’une manière bien précise. Je veux filmer en plateau et je veux reproduire Picadilly Circus sur un plateau. Voilà où nous en sommes.
 

Fantasy.fr :Vous souhaitez le tourner en prises de vues réelles ?

Alex de la Iglesia : Oui. Ce n’est pas Tintin. Pas ce genre de choses... Non, non, c'est un film. Un film tiré d’une bande dessinée, mais ce n’est pas une bande dessinée. Je pense que c’est une erreur sinon. On doit tourner un film, pas copier une bande dessinée. La bande dessinée existe déjà et elle est bonne. Inutile d’essayer de la copier.
 

Fantasy.fr : Avez-vous des acteurs en vue ?

Alex de la Iglesia : Oui, je pensais à Kiefer Sutherland pour jouer Mortimer et à Evan McGregor pour Blake. Et pour Olrik, j’aimerais avoir Mark Strong. Kiefer Sutherland a accepté. Je n'en ai pas encore discuté avec Evan McGregor et je n’arrive pas à joindre Mark Strong. Nous avons une seconde chance. Peut-être pas maintenant, peut-être demain…
 

Fantasy.fr : La Marque Jaune ne sera donc pas votre prochain film…

Alex de la Iglesia : Oui, en effet, ce n’est peut-être pas mon prochain film. En fait, je viens d’en finir un qui s’appelle Spark of Life. Il s’agit d’une tragédie se déroulant dans un théâtre romain dans le sud de l’Espagne. Après, nous pourrons peut-être enfin reprendre ce projet et acheter les droits. J’adorerais vraiment tourner La Marque jaune car j'adore Jacobs. J'adore vraiment Jacobs.
 

Fantasy.fr :  Vous l’aimez plus qu’Hergé ?

Alex de la Iglesia : Plus qu’Hergé ? C’est une bonne question. Eh bien peut-être pas, car j’ai lu Tintin quand j’étais enfant. Je n’ai lu Jacobs que plus tard, vers 18 ans peut-être. Mais le côté lyrique de Jacobs est tellement bon et distrayant. Je me sens plus proche de lui. On pourrait dire que si Howard Hawks est Hergé, alors Jacobs est John Carpenter. Et peut-être que je préfère Carpenter… ou qu'il est plus proche de moi que Hawks.
 

Fantasy.fr : Pourquoi avoir choisi La Marque Jaune parmi tous les titres de la série ?

Alex de la Iglesia : Pourquoi La Marque Jaune ? Mais parce que c’est le meilleur Blake & Mortimer, tout simplement. J’en adore d’autres, mais La Marque Jaune est un chef d’œuvre, il y a tout, du savant fou, du super-héros, du super-vilain, tout est tellement bien. On dirait un film de la Hammer, un film de Quatermas. Je l'adore !

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