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Scott Westerfeld : Léviathan de l'écriture

Fantasy.fr a interviewé Scott Westerfeld, auteur des séries Uglies, Succession, Midnighters et Leviathan, à l'occasion de son passage aux Utopiales de Nantes en novembre 2010.

Par Emmanuel Beiramar
26 août 2011 | Mis à jour 19 novembre 2011
Scott Westerfeld : Léviathan de l'écriture
Scott Westerfeld : Léviathan de l'écriture

Fantasy.fr : Vous souvenez-vous de votre premier contact avec l'imaginaire ?

Scott Westerfeld : D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours lu de la science-fiction, tout ce qui avait trait aux extra-terrestres et aux fusées. Après, en grandissant, j’ai cherché à lire d’autres choses, des polars notamment, mais sinon, vraiment, même enfin, je lisais déjà de la SF. On m’a même offert un abonnement à la revue de science-fiction d’Isaac Asimov. Dès le premier numéro à la fin des années 1970 ! J’ai lu tous les numéros et je crois que ça m’a beaucoup influencé dans mon style de vie.
 

Fantasy.fr : Quelle est ou quelles sont les histoires qui vous ont le plus influencé en tant qu’écrivain ?

Scott Westerfeld : Aussi drôle que ça puisse paraître, la première histoire qui a changé ma façon de voir les livres fut Le Petit monde de Charlotte de E.B. White. C’est une superbe métaphore de l’écriture, qui illustre comment les bons mots au bon moment peut faire toute la différence, même s’il s’agit d’une phrase comme « Ce cochon est extraordinaire », même dans une nouvelles fantastiques pour enfants. Cette image… c’est la nature de Charlie, c’est une auteur. Elle écrit une toile qui fait office de texte sur le sol et cette toile de mots attire les gens, comme l’écriture et la lecture et on comprend à quel point la narration est importante.
 

Fantasy.fr : Écrit-on différemment pour les adultes et les adolescents ?

Scott Westerfeld : D’une certaine manière, c’est plus intéressant d’écrire pour les ados, car ils sont plus actifs linguistiquement parlant en quelque sorte. Ils écrivent plus de poésie que les adultes, plus de chansons, ils mémorisent plus de paroles, ils apprennent plus facilement les langues étrangères, inventent plus d’argots et de néologismes que les adultes. Je crois donc qu’on peut aller plus loin au niveau du langage avec les adolescents, car ils sont encore au stade de leur construction et de l’exploration du langage, bien plus que certains adultes. Je pense aussi que les adolescents lisent souvent plus de science-fiction, car ils désirent découvrir de nouveaux mots, de nouveaux mondes,  de nouvelles réalités. Ils sont plus tolérants au niveau des altérations du monde, car ils ne sont pas encore figés dans leur vision de la vie.

Je pense que je fais à peu près la même chose. J’ai parfois tendance à être plus malicieux linguistiquement parlant quand j’écris pour des adolescents, mais quand on écrit pour eux, il faut aussi aller plus rapidement au fait, on peut moins prendre son temps avec une histoire, mais sinon, c’est la même méthode d’écriture.
 

Fantasy.fr : Vous avez écrit pas mal de livres en peu de temps, vous organisez-vous d’une manière particulière quand vous travaillez ?

Scott Westerfeld : L’une de mes grandes stratégies est d’écrire tous les jours à la même heure. On raconte une anecdote à propos de Raymond Chandler, l’écrivain de polar américain, qui se faisait enfermer dans une pièce pendant quatre heures tous les jours. Il était obligé d’écrire ses romans. Il ne pouvait pas lire, pas écrire des lettres. Il n’avait d’autre choix que d’écrire ses romans ou ne rien faire. Tôt ou tard, le cerveau refuse l’oisiveté et on se retrouve à travailler. Je fais la même chose, sans m’enfermer quand même. Mais j’écris tous les jours au même moment, juste après le petit-déjeuner, quand le café court toujours dans mes veines, assis dans la même chaise et toujours avant de faire quoi que ce soit dans la journée, comme lire les journaux ou regarder mes e-mails, pour éviter d’occuper mon esprit avec autre chose. C’est un peu comme faire de l’exercice. Quand on le pratique tous les jours, c’est facile. Quand on s’y cantonne une fois par semaine, c’est difficile. Tout cela forme un rituel que mon cerveau interprète comme une préparation au travail.... sauf si je suis victime d'un décalage horaire.
 

Fantasy.fr : Vous avez commencé par de la science-fiction très adulte, puis vous avez écrit pour les adolescents, une sorte de Science-Fantasy, et à présent, vous vous lancez dans une série Steampunk. Reviendrez-vous un jour à vos premières amours ?

Scott Westerfeld : La science-fiction, c’est sûr. Pour le public adulte, c’est beaucoup moins sûr. Je m’amuse sûrement plus en écrivant des romans pour jeunes adultes, et j’ai d’ailleurs plus de succès ça. Je reçois énormément de mails de fans, des mails très très enthousiastes d’ailleurs. Bref, c’est beaucoup plus distrayant d’écrire pour les adolescents. Mais il y a aussi deux ou trois trucs très agréables dans l’écriture pour adultes. Peut-être que je me lancerai dans un dernier Succession, mais ce n’est vraiment pas sûr.
 

Fantasy.fr : Vous avez parlé de ce courrier de fans que vous recevez. Vous avez blog, où vous êtes très actifs, qui fourmille de commentaires. Est-ce que cet échange avec vos lecteurs influence votre façon d’écrire ?

Scott Westerfeld : Hmmm, le volume de retour des lecteurs est hallucinant de nos jours. Quand j’avais 14 ans, j’ignorais si un livre datait de dix ans, vingt ans ou du mois dernier. Je ne savais même pas si l’auteur était toujours vivant. À présent, quand le deuxième tome sort, on voit un compte à rebours sur les blogs, et on éprouve une étrange tension avant la sortie. De même, quand on écrit quelque chose qui plait ou déplait aux lecteurs, ils le disent tout de suite. En ce moment, sur mon blog, on a un débat à propos d’un personnage de Léviathan qui se fait passer pour un garçon et sur le temps que mettra un autre personnage pour s’apercevoir de la supercherie. Je suis extraordinairement surpris d’observer tous ces raisonnements et de voir le nombre de personnes qui ont deviné juste. Bon, d’un autre côté, il y a du avoir un million d’hypothèses, donc tôt ou tard, l’une d’entre elle devait se vérifier.

Sinon, je ne sais pas à quel point tout cela affecte ma manière d’écrire, mais ça me permet de mieux comprendre comment les adolescents ingèrent ce que j’écris. Je peux voir des millions d’exemples de ce qu’ils jugent important, bien ou mal, mais je ne sais pas vraiment dans quel mesure cela m’affecte.
 

Fantasy.fr : Vous avez aussi travaillé en tant que nègre. Nous ne vous demanderons pas pour qui vous avez écrit, mais cela représente-t-il un travail différent de ce que vous faites en votre nom ?

Scott Westerfeld :Je pense que c’est un bon entraînement, un peu comme conduire la voiture d’un autre. On se fiche de savoir si on va la bousiller. Mais je crois que chaque écrivain débute en écrivant des fanfictions. Par exemple, je suis un grand fan de Raymond Chandler, et j’ai commencé à le lire quand j’avais quatorze ans. À cette époque, j’ai écrit des tas d’histoires à la façon de Raymond Chandler. Je pense qu’écrire dans le style d’autres auteurs vous aide à déterminer votre propre style. Donc c’est quelque chose d’éducatif de travailler en tant que nègre. Je ne le fais plus depuis un moment, mais ça m’a beaucoup apporté et c’était plutôt marrant d’avoir la permission de copier quelqu’un. Comme je le disais, c’était un bon entraînement. Mais à part ça, il n’y a rien de vraiment spécial, sauf qu’on essaie de suivre un ensemble de règles déjà définies et qu’on tente de deviner ce qui fait le style de quelqu’un, ce qui fait qu’un texte sonne comme eux. Je crois que c’est un exercice utile pour n’importe quel type d’artiste – un musicien, un danseur, etc. – de démanteler le style de quelqu’un et apprendre comment rendre quelque chose qui lui ressemble.
 

Fantasy.fr : Cela fait environ un an que le marché des livres électroniques est en pleine expansion, en tout cas aux États-Unis. Comment réagissez-vous face à cette nouvelle réalité, et au fait que certains livres n’existent plus sur papier ?

Scott Westerfeld : Je pense que dans un certain sens, cela va nous permettre de toucher plus de lecteurs, car il y a certaines personnes qui, pour une raison ou pour une autre, ne vont jamais en librairie. Les librairies ne font pas partie de leur vie ; les bibliothèques ne font pas partie de leur vie, contrairement aux machines. Et donc, la capacité d’obtenir quelque chose instantanément, de lire la critique et d’acheter le livre sans perte de temps va nous apporter davantage de lecteurs. Malheureusement, cela veut aussi dire que certains lecteurs ne se rendront plus dans les librairies conventionnelles, ce qui va créer d’autres problèmes, et sans doute à terme provoquer la fermeture de ces librairies. Manifestement, c’est un gros problème pour eux et pour moi. Je crois qu’il nous faut développer un monde où les livres physiques et électroniques coexistent, ainsi que d’autres moyens d’accéder aux informations. Tout va se jouer dans les dix prochaines années. Au final, je ne pense pas que les livres physiques vont disparaître, parce que c’est une très bonne technologie qui existe depuis environ cinq siècles. Elle fonctionne très bien, contrairement aux vinyles par exemple. Les vinyles n’étaient vraiment pas pratiques : ils étaient trop lourds et s’abîmaient trop facilement. Je comprends pourquoi ils ont disparu. Mais ce n’est pas pareil pour les livres physiques. En plus, je trouve intéressant que 10% des livres pour adultes soit actuellement publiés de manière électronique, alors que ce n’est le cas que de 2% des livres pour adolescents ou pour enfants. Et je pense que la transition va être plus lente pour les enfants, parce qu’un gadget de 200 dollars pour lire des livres va sans doute avoir du mal à attirer les jeunes.

 

Fantasy.fr : Quels sont vos projets à l’heure actuelle ?

Scott Westerfeld : Je travaille surtout sur la trilogie Leviathan, qui compte donc trois romans, mais un quatrième va sortir, ce sera un livre d’illustrations, où figureront notamment les couvertures des romans, mais aussi des informations sur le contexte, des schémas techniques des véhicules et d’autres machines. Nous travaillons en noir en blanc et que nous nous sommes retrouvés avec des illustrations en couleur que nous n'avons pas pu pas mettre dans les autres livres. Ce sera un très grand format. Bref, je travaille là-dessus tout en finissant le troisième tome de la série. Ensuite, j’aimerais bien sortir un roman graphique ou quelque chose dans le genre. Pour l’instant, je n’en suis qu’aux ébauches d’un projet, je ne sais pas encore trop avec quels dessinateurs je vais me lancer dans cette aventure.


Fantasy.fr : Pourriez-vous nous parler des deux prochains livres de la série Leviathan, à savoir Behemoth et Goliath ?

Scott Westerfeld : Dans ce deuxième livre, les héros se rendent dans l’Empire Adamant. Et l’Empire Adamant, tout comme lors du vrai 1914, ne sait pas encore s’il va rejoindre les Anglais ou les Allemands. Ça crée donc un équilibre entre les deux puissances, c’est très intéressant. La clef est de créer un style différent pour les machines adamantes et les machines allemandes. Elles semblent plus… je suppose que le mot est « orientales ». Elles sont bien plus décorées, d’aspect organique et plus complexes. D’ailleurs, elles ressemblent un peu aux machines que l'on peut voir à Nantes. Sinon, les héros sont plongés dans une nouvelle culture, qui diffère de celles qu’on a pu voir jusqu’à présent. Istanbul, par exemple, était très sympa à écrire. D’ailleurs, j’y suis allé pour mes recherches sur la ville. Évidemment, l’Istanbul de 1914 est bien plus cosmopolite que l’actuelle. On y trouvait bien plus de peuples que maintenant : des Kurdes, des Juifs, des Grecs. C’était une ville bien plus diversifiée. C’est marrant de créer une cité multiculturelle où se côtoient différents types de mechas : des mechas kurdes, des mechas grecs et des mechas juifs. À cela, il faut aussi rajouter les véhicules volants. Chaque culture a développé sa propre culture de machines.

Le troisième roman se rapproche du livre qui m’a inspiré cette série : Doctor Eckener’s Dream Machine, qui parle du tour du monde du Grand Zeppelin en 1929. Je voulais que le Léviathan fasse pareil, et donc dans le troisième volume les personnes se rendent en Sibérie, au Japon et aux États-Unis. Ils font même escale au Mexique. Ça nous permet donc de voir comment les Clankers et les Darwinistes se sont développés dans ces pays. Le livre fait très journal de bord, d’ailleurs. [Rires.] Et il y a aussi beaucoup de personnages historiques dans ce volume, ce qui est assez inattendu. Mais il y en a bien plus que dans les deux premiers.
 

Fantasy.fr : Qu’est-ce qui vous a intéressé dans cette période particulière ? Pourquoi la Première Guerre mondiale ?

Scott Westerfeld : Eh bien, la Première Guerre mondiale représente sans doute l’époque du plus grand changement technologique. Sur le champ de bataille, ça a été radical. On est passés des cavaliers armés de lance et des pigeons voyageurs aux tanks et à la radio. En plus, les machines de cette période ont vraiment une apparence étrange, parce qu’ils essaient encore de deviner à quoi ressembleront leurs engins. Est-ce qu’un avion devrait avoir une aile ? Trois ? Huit ? Doit-on mettre le moteur à l’avant ou à l’arrière ? Tout avait vraiment une apparence étrange. Et puis j’ai fait des recherches sur les tanks lors de la Première Guerre mondiale, et j’ai découvert que tout le monde croyait que c’était des monstres. Il faut dire qu’ils étaient énormes, qu’ils faisaient un vacarme épouvantable, qu’ils pouvaient abattre un arbre en un rien de temps et qu’ils crachaient du feu. Rien ne semblait pouvoir les arrêter. Ils avaient vraiment l’air monstrueux à l’époque, alors que maintenant, on a plutôt envie de rire en les voyant. C’est ce que j’ai voulu recréer, et on a travaillé là-dessus avec Keith pour donner à mes machines une apparence à la fois monstrueuse et comique. Je pense que cette évolution technologique et la manière dont cette guerre s’est déroulée a changé pour chacun la notion de technologie et de machinerie. Avant, tout le monde croyait que le futur serait un lieu merveilleux et parfait, puis la Première Guerre mondiale leur a permis de se rendre compte que les machines pouvaient se révéler maléfiques et horribles. Et je crois que ce mélange de technologies de guerre était parfait pour le genre d’histoire que je voulais raconter. D’une certaine façon – et c’est Keith qui m’en a parlé, Keith Thompson, mon illustrateur –, cette sorte d’optimisme pour le Steampunk est mort avec la Première Guerre mondiale. C’est à ce moment que le Steampunk a cessé d’être pertinent, et que les gens ont adopté une vision plus sombre de la technologie.
 

Fantasy.fr : Justement, comment s’est passée votre collaboration avec Keith ? Est-ce qu’il vous a donné des idées ou est-ce qu’il s’est contenté de reproduire tout ce que vous lui avez dit ?
 

Scott Westerfeld :  À cause du nombre d’illustrations – il y en a environ 50 dans le premier volume, et 65 dans le deuxième – on a dû adapter notre façon de travailler. Normalement, quand on fait un livre illustré, on fait l’ensemble du texte puis ensuite, toutes les illustrations. Évidemment, on n’avait pas le temps de travailler de cette manière. Donc j’ai envoyé à Keith quelques chapitres, il me renvoyait quelques croquis, et parfois je lui disais : « Non, ça ne va pas, ça devrait être plus comme ça. » Mais quand je me suis un peu habitué à travailler avec lui, j’ai commencé à me rendre compte qu’il avait raison sur un certain nombre de choses, et j’ai réécrit certains passages en fonction de ça. Puis, quand j’ai été meilleur dans le domaine du récit graphique, j’ai appris quelques trucs. Je répondais plus sur la façon dont les images fonctionnaient ou non. Par exemple, à un moment, il y avait cinq scènes de suite qui se déroulaient de nuit, et j’ai tout de suite dit : « Je ne sais pas, Keith. Ça me semble vraiment sombre. » Et il m’a répondu : « C’est des scènes nocturnes ! » [Rires.] Et donc… Dans un roman, un roman conventionnel je veux dire, ce genre de choses importe peu. Mais dans un roman illustré, on ne peut pas faire cinq scènes nocturnes de suite parce que tout devient trop sombre. Donc j’ai en quelque sorte changé l’histoire pour mettre un peu de blanc. Et puis il y avait une autre scène où il y avait cinq personnages, mais quand Keith m’a renvoyé le croquis, il n’y en avait plus que trois. Quand je lui ai demandé où étaient passés les deux autres, il m’a répondu : « Je ne sais pas, il y avait trop de monde. » Et donc il s’est débarrassé de deux personnages. Mais, bizarrement, j’ai tout de suite compris qu’il avait raison en voyant les dessins finaux. Ça marchait vraiment mieux avec trois personnages. Donc, parfois, l’histoire se plie aux nécessités de l’illustration. Et même un détail comme un plan rapproché sur deux personnages, si on trouve ça deux fois de suite dans un chapitre, ça peut poser des problèmes. Donc il vaut mieux alterner avec un plan large qui contient un gros mecha ou une grosse bestiole, ou bien un paysage urbain, avant de revenir sur un zoom de visage, juste pour équilibrer la manière dont l’histoire ressort visuellement. Et puis certaines fois, Keith était en avance sur moi, et donc il venait me voir pour que je lui donne des indications, et je lui disais : « Dessine quelque chose qui a l’air rapide » ou bien « Il va y avoir un sous-marin japonais dans l’histoire, commence à bosser dessus. » Et quand il me renvoyait les croquis, ça collait parfaitement. C’était vraiment une manière intéressante de travailler, un peu comme un groupe de relecture. Je pense que ma façon d’écrire change sa façon de dessiner, et vice-versa.

 

Fantasy.fr : Avez-vous d’autres projets à part l’écriture, comme l’adaptation de vos œuvres à la télévision ou au cinéma ?

Scott Westerfeld :Oui, en effet. Il y a une option sur Uglies depuis environ cinq ans, mais je pense que l’idéologie de la saga et celle d’Hollywood sont assez différentes. [Rires.] Chaque fois qu’ils vont voir le mec qui peut faire le chèque de plusieurs centaines de millions de dollars nécessaires pour faire un film, la réaction est la même : « Quoi ? Vous voulez faire un film sur les moches ? » Donc c’est intéressant de voir ce qui va se passer. Est-ce que le projet va aboutir dans le futur proche, par exemple dans les cinq prochaines années ? Ou est-ce que le film sortira quand quelqu’un qui aura lu Uglies à 12 ans sera devenu un producteur de films à 27 ans ? Cette deuxième alternative donnerait sans doute un meilleur film. Je crois d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle les très bonnes adaptations cinématographiques de livres ont été faites par des gens qui ont grandi avec les romans, comme Peter Jackson. Il n’a pas lu Le Seigneur des Anneaux à 35 ans dans un couloir d’aéroport. Il l’a lu quand il était enfant. Il était entouré de personnes qui l’avaient lu, qui ont dessiné sur le sujet, qui ont joué à des jeux de rôle tirés de l’univers et qui se sont déguisés en leurs personnages préférés. Et je crois que la manière dont les films reflètent les livres a beaucoup à faire avec l’investissement à long terme de bons nombres de personnes qui pensaient à l’esprit des livres. Alors ça serait peut-être mieux si Uglies était adapté par quelqu’un qui l’a lu à dix ans. Mais bon, je veux bien de l’argent tout de suite, s’ils décident de l’adapter ! [Rires.] On verra bien. J’ai d’autres livres que les studios ont optionnés, comme So Yesterday et V-Virus (Peeps en anglais). Enfin, en général, ces options courent quelques années, puis elles arrivent à terme et rien ne se passe. Donc on verra bien. Sinon, il y aura peut-être une série télévisée issue des Midnighters, si le projet aboutit. En tout cas, j’essaie de ne pas trop prêter attention à ce genre de choses, parce que c’est Hollywood et qu’on finit toujours le cœur brisé.

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