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Andy Serkis ou l'art de créer des personnages imaginaires réalistes

Andy Serkis était à Paris il y a quelques semaines pour présenter plusieurs extraits de La Planète des Singes : Les origines. Après avoir donné quelques explications sur les différentes scènes projetées, l'acteur a répondu à quelques questions du public. En voici la retranscription.

Par Emmanuel Beiramar
10 août 2011 | Mis à jour 10 août 2011
Andy Serkis ou l'art de créer des personnages imaginaires réalistes
Andy Serkis ou l'art de créer des personnages imaginaires réalistes

Vous avez interprété un singe dans King Kong. Comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle ?

Andy Serkis : En premier lieu, il fallu étudier ces singes que sont les primates. Mais pour moi, il y avait surtout deux défis à relever. Le premier, apprendre comment les chimpanzés se déplacent, mais aussi l’autre, César, qui est très spécial. Il fallait rendre cette spécificité et réussir à communiquer ses émotions, rendre tout cela crédible. Je m’en suis sorti en observant un vrai chimpanzé à l’apparence étrangement humaine appelé Oliver. On pensait qu’il était le fruit d’une union entre un homme et une guenon. Il était extraordinaire. Il était totalement bipède, il s’asseyait comme un homme, buvait comme un homme, bref il était extrêmement humain, avec un excellent relationnel avec les hommes. Voir les images d’Oliver fut une révélation. Il a été une grande inspiration pour le personnage de César. On peut trouver des documents à son sujet sur Youtube. Il y a aussi un autre film sur la cohabitation entre singes et humains où, à force de mimétisme, des singes qui partagent les mêmes comportements et réactions que des êtres humains, comme la colère par exemple. Les expressions du visage aussi. C’est un fait avéré de nos jours.


Vous avez interprété des personnages comme Gollum et maintenant César. Qu’attendez-vous comme nouveaux défis à jouer ? Gollum parle peu, et César pas du tout.

Andy Serkis : D’abord, je ne suis pas d’accord, car Gollum est bavard. Il n’arrête pas de jacasser. Il se parle à lui-même, il se ment. Il était beaucoup plus facile à jouer parce qu’on comprenait sa psychologie, on comprenait qu’il était schizophrène et manipulateur, on comprenait très bien ce qu’il était. César, en revanche, est très complexe. Vous parlez de différences entre les personnages, mais vous savez que j’ai aussi joué des personnages très conventionnels. Mais moi, je n’aborde pas ces personnages, la façon de les jouer, en créant une distinction. Pour moi, le jeu d’acteur, qu’il soit un jeu en temps réel ou en Capture de mouvements, c'est une même approche. Il faut trouver le langage corporel du personnage, ce qu’il est en lui, et je crois qu’aujourd’hui j’ai réussi à ce que la technologie ne soit plus qu’une interface transparente en fait. Alors pourquoi jouer César alors que j’ai déjà fait Kong par exemple ? Hé bien, pour moi, Kong n’avait rien à voir. C’est un solitaire déjà sur le déclin, sa race, son espèce est en voie d’extinction, il va mourir et soudain, il a cette rencontre inattendue avec l’humain. Mais César, au contraire, lui m’a permis d’explorer tout l’arc émotionnel de ce personnage, de la jeunesse jusqu’au grand âge en quelque sorte. J’ai accepté, car j’ai toujours été intéressé par un jeu qui serait vraiment sans paroles. Je trouve qu’il est toujours intéressant pour un acteur de découvrir un mode d’expression extraordinaire sans dialogues. Alors même si César communique par le langage des signes, l’important chez lui, ce sont ses yeux. C’est en cela que la capture de mouvement est extraordinaire. Elle permet, comme son nom l’indique, de capturer le mouvement, mais elle permet aussi de capter le regard, de transcrire son intensité, le drame, l’importance du jeu, et l’interaction avec les autres acteurs et ce qui se passe sur le plateau. En ce qui concerne de futurs personnages, je l’ignore. Tout dépendra du scénario qu’on me proposera. Celui de La Planète des Singes : Les origines est vraiment d’une beauté rare. C’est un peu un avertissement pour nous tous en forme de fable.


Existe-t-il une filiation directe avec le premier film de 1968 avec Charlton Heston ?

Andy Serkis : Absolument ! Il y a une filiation directe surtout au niveau de la sensibilité et la logique. Nous sommes très très proche de l’univers du film de 1968. Mais il s’agit d’une première étape. Il s’agit d’une fable, d’un avertissement par rapport à nous même et c’est vrai que la prochaine étape sera l’organisation par les singes de leur propre société. Et je crois que le film suivant sera tout simplement extraordinaire. Il nous montrera les éléments de l’humanité que retiennent les singes. Les espèces qu’ils gardent et celles qui rejettent. C’est extrêmement intéressant. César par exemple, nous voyons qu’il aime certains traits de l’humain, il n’est pas du tout pour tout rejeter de l’humain. Mais sera-t-il suivi par les autres singes ? Nous l’ignorons. Tout ce que nous savons, c’est que dans la société du film de 1968, il y a une hiérarchie très claire. Les orangs-outans incarnent la loi, les gorilles, la police et l’armée, et les chimpanzés, les artistes et les intellectuels. Je crois donc que ce film est un tremplin formidable pour découvrir plus tard l’organisation de cette société. Car finalement, quelle que soit l’espèce triomphante, on sait toujours qu’elle fait des choix.


Tintin sort à la fin de l’année. Quelle expérience avez-vous tirée d' un film entièrement réalisé ) l'aide de capture de mouvements ?

Andy Serkis : Haa, Milles sabords ! (en français). Je ne vais pas trop parler de Tintin, car je suis ici pour représenter l’espèce des singes. Ce que je peux dire en tout cas, c'est que je trouve très intéressant de voir que deux films qui utilisent effectivement la capture de mouvements sortent la même année. Le premier est considéré comme un film en prises de vues réelles et le second comme un film d'animation.Je trouve qu’il est intéressant de voir la même technologie permettre de réaliser des films aux univers si différents. Pour Tintin, tout dépendra bien sûr de l’apparence des personnages, de la peau, des cheveux, du style. Je veux juste dire qu’on sera très proche du style d’Hergé, mais c’est tout. En tout cas pour conclure, ce qui est fascinant pour moi, c’est de voir une technologie devenir un outil extraordinaire d’exploration pour découvrir différents mondes et permettre en même temps aux acteurs, qui utilisent cette technologie avec des capteurs, d’être en permanence et en promiscuité directe avec le réalisateur. Cela permet d'obtenir une émotion, une réalité et une situation de jeu qui est celle que tout acteur recherche au cinéma.



Fantasy.fr
tient à remercier CloneWeb.net pour avoir fourni un flacon du virus Gen-Sys. Si les propos d'Andy Serkis vous ont intéressé, sachez qu'une interview vidéo de l'acteur est également disponible sur le site en question.

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