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Robert V.S. Redick : Navigateur sur les mers de l'écriture

Robert V.S. Redick est l'auteur de La Conspiration du Loup Rouge, le premier tome de la série Le Voyage du Chathrand. A quelques semaines de la sortie aux éditions Fleuve Noir du second volume, Tempêtes, Fantasy.fr vous propose une interview de l'auteur réalisée à Nantes durant le festival Les Utopiales.

Par Emmanuel Tollé | Traduction : Grégory Bouet
3 juin 2010 | Mis à jour 3 juin 2010
Robert V.S. Redick : Navigateur sur les mers de l'écriture
Robert V.S. Redick : Navigateur sur les mers de l'écriture

Fantasy.fr : Le « VS » de Robert V.S. Redick signifie « von Stein », un nom allemand. Avez-vous des racines allemandes ?

Robert V.S. Redick : Effectivement, mais elles sont plutôt lointaines, et ma famille a élevé l’habitude de les oublier au rang d’art. De fait, je n’en sais guère plus, à part que notre famille s’est installée en Angleterre pendant quatre générations avant de migrer aux Etats-Unis. Von Stein est mon vrai nom, il est dans la famille depuis quatre générations, mais c’est aussi un nom inventé, car mes ancêtres comptent des juifs allemands dont le nom était simplement « Stein ». Comme tous ceux qui ont migré aux Etats-Unis, ils ont eu l’occasion de changer de nom, sans avoir à fournir de documents officiels, et ils ont décidé de cacher leur judaïté. Ils sont ainsi devenus « von Stein » au bureau d’immigration. C’est une source inépuisable de confusion depuis lors. On peut interpréter cette démarche comme un acte un peu prétentieux de la part de mes aïeuls.

Fantasy.fr : En ce moment, vous travaillez sur un cycle de Fantasy. Pourquoi avez-vous choisi cette optique pour vos aventures maritimes plutôt qu’un contexte plus historique.

Robert V.S. Redick : En fait, mon premier roman se déroulait en Argentine, pendant les « Guerres Sales »  à la fin des années 1970 [NdT : vagues de répression sanglante en Amérique latine des années 1960 à la fin des années 1980] . Ce fut une expérience aussi exaltante que difficile. C’était une période sombre, une véritable tragédie nationale pour ce pays selon les porte-paroles de la république actuelle. J’ai parlé avec des survivants de cette époque mouvementée pour écrire ce roman, et une fois fini, j’ai préféré me lancer dans quelque chose de radicalement différent. J’ai toujours voulu écrire de l’heroic-fantasy, mais j’ai choisi d’attendre mon troisième livre. Et puis, finalement, non. Une fois Conquistadores achevé, mon premier roman donc, je me suis dit : c’est le bon moment. Les grands navires à voile m’ont toujours fasciné, et je me demandais s’il était possible d’en faire le lieu principal où situer l’action d’un livre. Je relevai le défi avec enthousiasme, et vous connaissez la suite.

Fantasy.fr : Donc, pour résumer, ce cycle tourne autour de la Fantasy et des océans. Avez-vous, vous-même, l’expérience de la mer ou avez-vous dû effectuer de nombreuses recherches ?

Robert V.S. Redick : Plutôt la deuxième réponse. En fait, je n’y connais quasiment rien. En plus, j’ai grandi dans le coin des Etats-Unis le plus éloigné de la mer que l’on puisse trouver. Nager dans des océans de blé était tout ce qui me rapprochait de la Grande Bleue. C’est peut-être cet éloignement de l’océan qui lui a conféré tant d’intérêt et de mystères à mes yeux. Cette immensité. L’antithèse absolue de ma vie quotidienne. Quand on y pense, c’est quand même étrange d’assembler des planches de bois et d’envoyer des gens au milieu des mers en espérant qu’ils survivent. Même maintenant, ça me paraît toujours aussi hallucinant, alors imaginez pendant l’Antiquité. Chaque bateau réclamait une attention sans faille. Les 500 000 pièces qui les composaient devaient parfaitement s’accorder entre elles pour éviter aux marins une mort certaine. Bref, oui, j’ai dû faire d’énormes recherches. Des manuels techniques maritimes remplissent mes étagères et j’ai aussi dû m’immerger complètement dans l’univers de ces vieux navires. Heureusement pour moi, on peut encore trouver dans certains musées des bateaux datant du 17e siècle et certains mouillent même dans des ports. J’en ai visité quelques uns ainsi que sur certains voiliers d’entraînement modernes conservés par certaines marines pour tester leur personnel d’élite. J’ai passé un certain temps en mer et je me suis essayé à certaines tâches effrayantes comme de monter au sommet du grand mât par exemple. Il suffit d’un petit creux de vague pour que la vigie bouge de un mètre à presque deux mètres pendant une tempête.  J’ai fait avec les voiliers, ce que Stephen Baxter a accompli lors de sa visite passionnante à la NASA, quand il est entré dans le vieux module Apollo ou une capsule Soyouz. On ne peut se passer de l’expérience directe.

Fantasy.fr : En parlant de Stephen Baxter, il m’a confié que  le premier tome du Voyage du Chathrand était d’abord sorti au Royaume Uni, chez Gollancz, puis aux Etats-Unis. Pourquoi cet ordre de parution ?

Robert V.S. Redick : Il s’agit d’un simple accident en ce qui me concerne. Je venais de finir Conquistadores, qui n’est pas encore publié, et j’avais écris le premier jet de ce livre pour l’envoyer à un agent aux Etats-Unis. Sans eux, il est virtuellement impossible d’être publié aux Etats-Unis. Le premier que j’ai contacté à New York a refusé, en me répondant que personne n’avait eu le temps de le lire. Puis, j’ai écris sur le net à John Gérald, un agent londonien. Il a adoré le livre et dix semaines plus tard, j’avais un contrat chez Gollancz. Après toutes ces années de vache enragée, ça s’est fait d’un coup. D’ailleurs, j’ai déclaré que je donnerai le nom de John Gérald à mon premier enfant, tant il a joué un rôle déterminant dans ma vie.

Fantasy.fr : Vous avez notamment habité en Amérique du Sud. Pensez-vous que d’avoir vécu à l’étranger a influencé votre style d’écriture ?

Robert V.S. Redick : Oui. Indubitablement. C’est aussi un privilège d’avoir vécu ainsi, et peu de personnes peuvent s’en vanter. Aussi, je ne dirai rien de grandiloquent comme « tout le monde devrait vivre ainsi », car ce n’est pas possible. A la rigueur, si on fait bien attention, un voisin peut se révéler aussi étrange qu’un indien. Moi j’ai eu l’immense chance de beaucoup voyager et de me marier… avec une indienne en l’occurrence. C’est très particulier et enrichissant de côtoyer des gens qui ont grandi dans un contexte sociale, religieux et géographique radicalement différent. J’espère que les victimes de l’hubris endémique aux Etats-Unis vont essayer de réfléchir un peu plus à présent. Au passage, vous avez parlé du problème des ouvrages non traduits. Je suis passé à Scylla, la libraire parisienne, et j’ai été abasourdi par le magnifique rayon de science-fiction et de Fantasy française. A chaque fois que je sortais un livre et demandais s’il était traduit en anglais, on me répondait par la négative. Heureusement, j’en ai trouvé quelques uns existant en version anglaise mais ça reste triste. On devrait lire de la science-fiction française, russe, espagnole, italienne, colombienne ou coréenne traduite en anglais ! Mais ce n’est pas le cas, et peut-être que ça nous rend plus égoïstes, myopes voire aveugles. C’est déjà l’un des défauts des Etats-Unis, et j’essaie de me battre contre l’ethnocentrisme en général. Et j’en parle dans mes livres.

Fantasy.fr : Dans votre vie, vous avez eu des emplois très différents. Vous avez même été boulanger et plombier. Quand avez-vous commencé à écrire ?

Robert V.S. Redick : A vrai dire, j’ai toujours écrit. Mais vous savez, cela ne me faisait pas gagner d’argent [rires]. La plupart de ces emplois, bien que j’aie essayé de trouver des choses intéressantes, étaient surtout des jobs de survie, et habituellement j’en faisais le moins possible pour avoir le temps d’écrire à côté. Mais j’ai toujours voulu écrire. Je savais que je n’aurais peut-être jamais la chance de vivre de mon écriture. Avec ces livres, c’est les premiers cents que j’obtiens en écrivant de la fiction, alors que j’écris depuis quatorze ans, tous les jours, et que le reste n’était là que pour me permettre de manger. Mais oui, la plupart de ces jobs étaient alimentaires, mais je me disais, quand j’écrivais ces livres, que si je n’arrivais pas à les faire publier, je devrais trouver une autre passion dans la vie, ou alors je deviendrais très malheureux. Parce que c’est une chose de faire un boulot juste pour manger, mais c’est autre chose d’y prendre plaisir et de s’y épanouir. Je ne m’épanouissais que dans l’écriture et je pensais que j’aurais à trouver autre chose si je n’arrivais pas à vivre de mes romans.

Fantasy.fr : Avez-vous trouvé autre chose ? Une autre passion ?

Robert V.S. Redick : Non [rires]. Mais c’est juste à ce moment que j’ai eu ce contrat. Donc pour quelques années, je me consacre à l’écriture, et vu que c’est une tétralogie, ils veulent les livres rapidement. Après ça, je verrai. Cela dépend du nom de ventes que je ferai, je suppose.

Fantasy.fr : J’ai entendu dire que votre femme était spécialisée en économie et relations internationales.

Robert V.S. Redick : Oui, en sciences politiques.

Fantasy.fr : Dans votre cycle, il y a des guerres, les personnages vont vivre dans un autre pays car l’empire est en guerre avec différentes îles. On sent qu’il y a beaucoup de travail dans la création de ce monde. Votre femme vous a-t-elle influencé ?

Robert V.S. Redick : Bien sûr. Sans doute pas intentionnellement et consciemment, mais oui, ma femme est d’une grande influence sur moi. C’est une des personnes les plus intelligentes que j’ai jamais connues. Sa vision du monde est unique, étant donné qu’elle a quitté le monde qui l’a enfantée. Elle a vécu en Inde jusqu’à ses 22 ans. Nous avons été ensemble très longtemps, pas loin de 18 ans. Et je pense que nous avons évolué ensemble, nous avons appris, dans une certaine mesure, à voir à travers les yeux de l’autre. Elle voit un monde différent de celui que je vois, et vice-versa. Donc cela force à toujours remettre en cause ce que vous pensez être la vérité. Et c’est un merveilleux cadeau qu’elle m’a fait, le fait d’au moins essayer de faire ça.

Fantasy.fr : Pensez-vous déjà à l’avenir, à ce que vous allez faire après cette tétralogie ? Ecrire des nouvelles ?

Robert V.S. Redick : J’adorerais écrire des nouvelles, mais à chaque fois que j’essaie, elles ont tendance à se transformer en romans. C’est un petit problème. Mais oui, je pense à ce que je ferai après cette tétralogie. Il y a beaucoup à écrire, parce que les livres sont longs. Mais c’est une sacrée décision. Je vais peut-être continuer à écrire des romans dans le même univers, ou, si vous me suivez, une version « modifiée » de cet univers. Sinon j’ai une idée qui germe depuis longtemps à propos d’une nouvelle sur Edgar Allan Poe et Thomas Jefferson. Durant l’année 1826, ils ont tous les deux vécu à Charlottesville, ma ville natale. A vrai dire, Edgar Allan Poe a fréquenté pendant un court moment l’université où je suis moi-même allé, l’Université de Virginie, et j’ai une vision limpide du roman que je veux écrire à ce sujet. Mais je n’ai pas encore décidé de quel roman j’écrirais en premier.

Fantasy.fr : Et pensez-vous revenir à des histoires situées dans un univers plus contemporain comme Conquistadores ?

Robert V.S. Redick : Peut-être un jour. Je ne pense pas que j’essaierai d’écrire un autre roman comme Conquistadores. Vous savez, bon nombre d’écrivains pensent que leur premier roman doit révolutionner le monde. Et j’ai mis huit ans de ma vie dans ce livre, ainsi que tout mon cœur. Il y avait aussi une histoire concernant une de mes anciennes amours. Aujourd’hui, quand je le relis, je pense toujours que c’est un très bon livre. Mais j’y ai trop mis de moi, donc je ne pense pas que cela soit possible d’écrire un autre roman du même acabit. Cependant, je pourrais de nouveau écrire sur l’Amérique du Sud, ou bien écrire hors du genre dans lequel je suis actuellement, mais j’aime vraiment la Fantasy donc je pense que je vais m’y cantonner. La Fantasy peut être tant de choses différentes, vous savez ? Quand on voit certains romans de littérature d’Amérique Latine du XXe siècle, ils ne sont pas vendus en tant que livres de Fantasy, mais quand on voit que García Márquez a des petites fleurs qui tombent du ciel et des trains de marchandises qui disparaissent dans la nuit dans ses romans, c’est de la Fantasy. Julio Cortéz écrit des romans où les hommes se transforment en poissons, c’est de la Fantasy. Donc… je pense que la Fantasy peut être tout ce qu’on lui demande d’être. Alors je vais sans doute continuer à en écrire.

Fantasy.fr : J’ai lu que vous parliez quelques langues, et que votre femme était une sorte de prodige dans le domaine. Est-ce que cela vous a influencé, car il y a beaucoup de langues dans votre roman ?

Robert V.S. Redick : Cela m’a influencé, sans aucun doute. Je ne suis pas très doué pour les langues. Je vous jure, j’ai dû énormément me forcer, étant donné que j’ai été élevé dans une seule langue. Mais en allant étudier la civilisation américaine, j’ai soudain dû me plonger dans l’espagnol. J’avais étudié le français avant l’espagnol, mais je n’avais jamais été très sérieux. De plus, je ne pense pas que l’enseignement que j’ai reçu ait été très bon, et je n’ai jamais appris comment apprendre, si vous voyez ce que je veux dire. Je n’avais pas connu de gens parlant plusieurs langues dans l’Iowa, donc je n’avais pas de stratégie pour apprendre les langues correctement, et je ne comprenais pas pourquoi je pouvais en avoir besoin. Par la suite, pour l’espagnol, je suis simplement allé vivre au Guatemala. J’ai étudié dans une toute petite école, et je m’asseyais six heures par jour avec mon prof, tout cela pendant environ quatre semaines, à la suite desquelles je parlais plutôt bien espagnol. Mais pour répondre plus directement à votre question, il y a beaucoup de langues dans Le Voyage du Chathrand. C’est un monde qui est extrêmement multiculturel et multilingue, et j’ai essayé de faire ressortir comme tension dramatique du roman la difficulté qu’il y a à transcender les barrières culturelles et linguistiques, en plus de la bonne volonté qu’il faut y mettre. Mais il y a aussi beaucoup de formes de vie intelligentes non-humaines dans le livre – des espèces, des races si vous voulez –j’ai donc essayé de retranscrire sérieusement le fait que le langage serait aussi différent et conceptuellement ambitieux que les formes physiques que ces extraterrestres prendraient. Dans le deuxième volume, les héros rencontrent une créature énorme et menaçante qui communique des paragraphes entiers en mots uniques et complexes, avec des suffixes à rallonge. Et mon héros, Pazel Pathkendle, un jeune servant, est affligé d’un don/malédiction qui lui permet de comprendre n’importe quel langage en entendant ne serait-ce qu’un mot de celui-ci. Mais cela tourne parfois mal et lui provoque des crises où il ne comprend plus personne et n’arrive pas à parler ou se faire comprendre. Donc quand il rencontre cette autre espèce, c’est un effort mental terrible pour lui de forcer son esprit humain à comprendre cet esprit surnaturel ou monstrueux comme celui que je décrivais. Donc, encore une fois, c’est à la fois un don et une malédiction, parce que cela améliore sa compréhension de l’univers, mais cela a aussi des contreparties douloureuses.

Fantasy.fr : Dans votre univers, vous décrivez aussi quelques animaux qui s’éveillent, commencent à parler et à développer un esprit et une conscience. Où avez-vous déniché cette idée ?

Robert V.S. Redick : C’est assez étrange parce que je n’avais pas planifié ça quand j’ai imaginé le cycle. Mais en écrivant une scène où mon capitaine brutal, celui qu’on peut voir sur la couverture de l’édition française, le Capitaine Rose, sa conseillère-sorcière Lady Augusk et un vétérinaire voyagent en calèche et qu’ils traversent la capitale, dans un silence tendu où personne n’ose parler et où la sorcière a un gros chat rouge en familier, je me suis rendu compte que quelqu’un devait rompre le silence. Je ne savais pas qui allait le faire, mais je me suis retrouvé à faire parler le vétérinaire, qui demandait « Est-ce que votre chat est un animal éveillé ? » Je ne savais pas ce que ça voulait dire. Mais cela m’a fait réfléchir et à ma grande surprise c’est devenu une part absolument fondamentale de l’histoire, cette sorte de maladie lâchée dans la nature qui éveille la conscience de certains animaux, et la plupart d’entre eux deviennent fous à cause du choc. Imaginez qu’ils passent soudain d’une intelligence animale à quelque chose ressemblant à l’intelligence humaine, tout en restant des animaux. C’est devenu un thème essentiel de l’histoire. Mais c’était juste un coup de chance, cette découverte.

Fantasy.fr : Vous racontez aussi l’histoire d’un rat qui lutte vraiment contre sa conscience.

Robert V.S. Redick : Oui, c’est l’un des personnages que je préfère écrire !

Fantasy.fr : Avez-vous été influencé par les auteurs qui ont écrit avant vous ?

Robert V.S. Redick : Absolument. Il y en a tellement que je ne sais par où commencer. Tout d’abord, dans ma jeunesse, il y a eu Tolkien. Ma mère m’a fait lire Tolkien quand j’étais en CM1. Je n’avais jamais entendu parler de lui, et ça a révolutionné ma vision du monde, de la meilleure des façons. A la même période, j’ai commencé à lire les livres d’une auteur anglaise de Fantasy pour jeunes adultes nommée Susan Cooper. Elle a écrit le cycle de L’Enfant contre la nuit (The Dark is Rising), des livres merveilleusement écrits que j’ai lus et relus et encore relus. Ils m’ont aussi grandement influencé par cette vision généreuse, bienveillante et mystérieuse de la vie que l’auteur possède. Et, bizarrement, je l’ai rencontrée il y a deux ans. Je ne pense pas avoir eu le trac avant ça. Vous savez, j’ai rencontré quelques-uns des grands noms du genre et j’étais plutôt calme. Mais quand j’ai rencontré Susan Cooper, l’héroïne de ma jeunesse, je me suis senti comme un petit garçon, j’ai bégayé et tout ce que j’ai pu lui dire, c’était « Je vous apprécie tellement. »
Voila pour ma jeunesse. Ensuite on va faire livre par livre. García Márquez a été une grande découverte, Dostoïevski aussi. Ursula K. Le Guin a aussi été une de mes héroïnes. Ensuite, il y a bien sûr la science-fiction russe avec Arcadi et Boris Strougatski, qui fut un autre moment exceptionnel. Mais vous savez, ça continue encore aujourd’hui, toutes ces belles découvertes. J’ai l’impression d’avoir ces tendres conversations avec tous les auteurs que j’ai eu la chance de lire.

Fantasy.fr : Est-ce que vous avez encore le temps de lire des livres de Fantasy ou de science-fiction ?

Robert V.S. Redick : C’est devenu très compliqué, en raison du rythme d’écriture auquel je suis tenu. Je ne savais pas que ça allait m’arriver, mais oui, j’ai dû réduire mon rythme de lecture de manière conséquente. En grande partie parce que je n’ai pas le temps, mais aussi parce que mon cerveau n’est pas capable de faire les deux à la fois. J’adore écrire, mais ce qui est formidable, c’est qu’une fois que j’aurai fini, j’aurai plus de temps pour lire.

Fantasy.fr : Quel est le dernier « grand » livre que vous avez aimé ?

Robert V.S. Redick : Je viens juste de finir ce livre merveilleux par Adam Roberts intitulé Yellow Blue Tibia. Le concept est fantastique : un groupe d’auteurs soviétiques de science-fiction est rassemblé par Joseph Staline au milieu des années 1940. Il leur dit : « Nous savons que les Etats-Unis sont sur le point de s’écrouler, et nous avons besoin d’un nouvel ennemi. Si nous n’en trouvons pas, nous avons peur que l’Union Soviétique perde sa cohésion. Je vous envoie donc dans une cabine au fond des bois et vous allez m’inventer une menace extraterrestre réaliste. » Et ils vont dans les bois, ils se mettent au travail, trouvent cette idée farfelue puis un officier du KGB arrive et leur dit : « Oubliez ça. On a annulé le projet. N’en parlez à personne ou on vous tuera. » Puis on fait un bon dans le temps et on se retrouve au milieu des années 1980. La plupart de ces auteurs sont morts pendant les purges de Staline, mais quelques-uns ont survécu. Le héros fait partie de ces vieillards et rencontre un autre des survivants qui lui dit : « L’histoire qu’on a inventée et dont on ne devait pas parler. Elle va être découverte. » Et voilà comment débute l’histoire, et c’est fantastique, très drôle et très russe dans un certain sens. Je ne crois pas qu’Adam Roberts soit russe, mais il pourrait l’être. Il a vraiment capturé leur essence.

Fantasy.fr : Dernière question, plus humoristique celle-là. Votre nom est composé de 4 initiales, dont 2 sont des « r », tout comme J.R.R. Tolkien et George R.R. Martin. Pensez-vous que cela apporte une sorte de pouvoir à un auteur de Fantasy ?

Robert V.S. Redick : Oui, tout à fait. Il suffit d’avoir 2 « r » dans votre nom et le tour est joué [rires]. Plus sérieusement, je ne sais pas. J’ai pensé à diverses variantes, car, quand vous avez 4 noms, vous pouvez les combiner de manières différentes. Quand j’ai essayé de publier Conquistadores, j’ai utilisé mon nom complet, Robert von Stein Redick, et un éditeur m’a dit un jour : « C’est très prétentieux, non ? » Donc j’ai pensé à juste laisser Robert Redick, mais tout le monde se trompe sur l’orthographe, alors j’ai choisi Robert V.S. Redick, et voilà.

Fantasy.fr : Monsieur Redick, merci beaucoup de nous avoir accordé cette interview.

Robert V.S. Redick : Merci à vous. Merci de vous être intéressés à moi. C’est un privilège d’être ici et aussi d’avoir pu parler avec tous ces gens formidables. Je serais ravi de revenir.

Fantasy.fr : Et nous serions ravis de vous accueillir à nouveau.

 

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