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Anne Rice : La nostalgie des anges ?

Anne Rice (Chroniques des Vampires...) a discuté avec ses fans et Fantasy.fr durant un chat organisé par MetroFrance.com à l'occasion de la sortie du roman L'Heure de l'Ange. Découvrez ici une traduction d'une partie de l'échange entre l'auteur et ses lecteurs.

Par Emmanuel Beiramar | Grégory Bouet / MetroFrance
23 février 2010 | Mis à jour 23 février 2010
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Anne Rice : La nostalgie des anges ?
Anne Rice : La nostalgie des anges ?

Vous souvenez-vous de votre première expérience en fantastique ?

Anne Rice : Des films. De mémoire, le premier fut le Hamlet avec Lawrence Olivier. Je me souviens encore de la scène avec le fantôme (NdT : le spectre d’Hamlet, le roi). Ma mère dû me l’expliquer et j’ai adoré. Il y a eu aussi La Fille de Dracula, bien sûr. Un délice ! Les Contes d’Hoffman ont énormément compté pour moi également. On y trouve tant de symbolisme, de beauté et de fantastique. En fait, j’ai rencontré bien plus de fantastique dans les films que dans les livres, mais je me suis mise très tôt à lire de la mythologie grecque. Son aspect humaniste m’a beaucoup attirée. En revanche, je n’aimais pas la magie des mythes nordiques.


Avez-vous prévu d’écrire d’autres romans se déroulant dans l’univers de vos Chroniques vampiriques ou avez-vous définitivement abandonné ce monde ?

Anne Rice : J’ai achevé Les Chroniques des vampires en 2003 avec Cantique Sanglant. Je n’ai plus rien à raconter au sujet de Lestat et de ses amis. Avec ces douze livres, je pense avoir épuisé toutes les métaphores et le sens profond de la nature vampirique. Certaines personnes ne comprennent pas pourquoi j’ai arrêté, mais je n’ai plus rien à raconter au sujet des vampires. L’univers dans lequel ils évoluent reste limité. Il était source d’excellente tension créative, mais j’ai fini par en atteindre les limites. Je n’ai plus trouvé de nouveaux éléments à ajouter dans ce monde. Il m’a fallu arrêter pour continuer à avancer dans ma carrière, pour élargir le spectre de mes histoires. Avec Toby O’Dare, mon nouveau personnage, je découvre tout un univers de possibilités et de souffrance que je peux explorer de manière créative et innovante. C’est un besoin. Je ne peux plus revenir à Lestat.

 

D’où vient votre inspiration ?

Anne Rice : Nul ne sait vraiment où un auteur trouve l’inspiration. On peut disserter sur ce thème, mais nous n’en saurons pas plus. Je me réveille avec des histoires florissant dans ma tête, c’est tout. Mais ça m’arrive aussi quand je lis le New York Times et elles sont souvent liées à ce que je lis. Je réfléchis en intrigues. Je suis très sensible aux messages véhiculés par l’art. Pourquoi ? Qui peut expliquer ? C’est une forme d’alchimie cérébrale personnelle : je ne peux pas m’arrêter d’imaginer des histoires. Je suis très distraite et  je me perds constamment dans mes pensées. Je parle toute seule et je suis toujours plongée dans les récits qui défilent dans ma tête.


Ecoutez-vous de la musique pendant que vous écrivez ? Si oui, quel genre ?

Anne Rice : Je ne peux pas écrire écoutant de la musique, car je dois ressentir le rythme de mes phrases et de mes paragraphes. Je murmure ce que j’écris, et la musique des mots possède un côté sensuel qui me touche. En revanche, la musique m’inspire avant et après l’écriture. Epuisée ou avec l’envie de rêver, je choisirai de nombreux styles différents. J’adore le violon par exemple et surtout son traitement par Beethoven, Brahms et Bartok. Mais j’aime aussi l’opéra, plus particulièrement ceux de Puccini, Verdi ou Bizet. Carmen est l’un de mes favoris. En fait, cette musique me régénère. Quand je suis plongé dans un livre, il m’arrive de faire une pause et de regarder Amadeus pour m’immerger dans tout ce qui touche à Mozart. Mais jamais quand j’écris. Il me faut du silence.


Avez-vous des manies particulières quand vous écrivez ?

Anne Rice : Ce qui se passe dans ma vie quotidienne influence grandement ma manière de travailler. J’écrivais la nuit et dormais le jour pour les romans de la série Christ the Lord (NdT : non traduit en français). Ça me permettait d’éviter toute distraction. Le développement d’autres livres a pris plus longtemps, et j’ai dû écrire durant la matinée et/ou dans la soirée. Je reste très souple à ce niveau. En général, je préfère largement des années de préparation en accumulant les notes d’archive, les brouillons et en réfléchissant murement à mon projet. Puis, une fois lancée dans l’écriture, je finis le travail en deux mois environ. Mais il y a des exceptions. Je change constamment de méthode. Soit je prépare, soit je découvre le roman au fur et à mesure que je l’écris. On commence doucement, puis on travaille jusqu’à atteindre une vitesse de croisière. Il n’y a pas vraiment de règle en fait. J’ai même découvert qu’écrire son roman comme il vient est aussi efficace que d’y réfléchir avant d’écrire.

Que pensez vous de l’explosion des histoires de vampires ?

Anne Rice : Ça ne m’étonne pas du tout. Le concept du vampire regorge de potentiel : imaginez un humain immortel, un monstre capable d’aimer ses victimes, un personnage susceptible de basculer dans le tragique à tout moment et dont la survie dépend de la vie des autres, une vie dont il est lui-même coupé. On retrouve tout cela dans le concept original d’ailleurs. Pas étonnant que nombre d’auteurs développent cette idée de départ avec de nouvelles histoires. Nous n’avons pas fini de voir de nouvelles histoires de vampires, et je ne serais pas surprise de voir ces immortels s’illustrer dans des opéras.  Tout tourne autour de l’aspect tragique du vampire : il est à la fois humain et inhumain, l’un de nous mais aussi exclus. Le vampire est une métaphore du marginal en chacun de nous.


Qu’avez-vous pensé de Twilight ?

Anne Rice : J’ai regardé les deux films. Je les ai aimés, mais pour moi ce sont des vampires pour enfants. Ces films s’inspirent d’ailleurs beaucoup de la vieille formule romantique utilisée par les sœurs Brontë dans leurs romans : une jeune fille s’éprend d’un personnage plus âgé et mystérieux, qui la protège mais aussi la menace. Elle conquiert ce personnage grâce à son amour. Bref, un usage ingénieux des bonnes vieilles ficelles de la romance.

Que préférez-vous? Les anges ou les vampires ?

Anne Rice : A l’heure actuelle je préfère les anges à un point incommensurable. J’adore les anges. Aucun livre ou film à leur sujet ne m’a jamais satisfaite et je veux donner ma propre version des anges. Ces deux créatures ont d’ailleurs de nombreux points communs. Ce sont des êtres surnaturels à l’apparence humaine. Cependant, les vampires demeurent très limités comparés aux mystères illimités entourant les créatures angéliques. Dans mon roman L’Heure de l’Ange, je me suis mise au défi de créer des anges intéressants. Un nouvel ange apparaîtra aux côtés de Malachia dans la suite de ce livre, et je veux réussir à rendre l’aspect pleinement divin de ces êtres sans qu’ils en deviennent incompréhensibles pour les lecteurs.

 

Vos livres ont rendu les vampires célèbres dans le monde entier. Pensez-vous réussir la même chose avec les anges ?

Anne Rice :  J’espère que mes anges vont créer leur petit effet, oui. J’aspire aussi à les développer à travers mes livres et à aborder les questions complexes qui les concernent. En tout cas, je les aime autant que j’ai aimé les vampires. Mais qui sait ? Les deux concepts, tant celui des vampires que celui des anges, sont incroyablement riches. Je suis bien décidé à accomplir avec les anges ce que je n’ai jamais vu un autre auteur écrire à ce sujet. Travailler sur un livre qu’on n’a jamais vu auparavant est très sain pour un romancier. Ecrire une histoire qu’on a envie de lire, mais que l’on n’a trouvée nulle part.
 

Quels sont vos projets ?

Anne Rice : Hmmm, mes prochains livres porteront sur Toby O’Dare et les anges. En revanche, l’idée de gros romans historiques me trotte dans la tête en ce moment. Quoi qu’il en soit, je reste attiré par les marginaux, les exclus, les sans-grades qui hantent les frontières de nos sociétés et l’analysent de leur point de vue si particulier. D’ailleurs, je pense que l’architecture de L’Heure de l’Ange est assez flexible pour me permettre de faire ce dont j’ai envie pendant des années.

L’intégralité du chat avec Anne Rice se trouve à cette adresse.

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