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Pauline Alphen ou l'éveil de l'imaginaire

Née d’un père français et d’une mère brésilienne, Pauline Alphen a vécu toute sa vie entre la France et le Brésil. Baignée dans une double culture, elle découvre avec la traduction un espace qui lui permet de créer un « entre-deux » linguistique. Après avoir entrepris des études de journalisme et d’histoire au Brésil, elle se lance dans une carrière d’auteur et de traductrice. Fantasy.fr a interviewé Pauline à l'occasion de la sortie de Salicande, premier tome de la série Les Eveilleurs.

Par Emmanuel Beiramar
18 janvier 2010 | Mis à jour 30 septembre 2010
Pauline Alphen ou l'éveil de l'imaginaire
Pauline Alphen ou l'éveil de l'imaginaire

Fantasy.fr : Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec l'imaginaire ?

Pauline Alphen : Mon premier rêve?
La première fois que j'ai pris conscience de l'espace (couchée à 6 ans dans la voiture de mon père et regardant les étoiles défiler dans le ciel) ?
Premier coup de foudre (grosse part d'imaginaire dans les coups de foudre…)?
La première lettre tracée sur une feuille?
Le premier livre lu, certainement. Une version pour enfants de l'Illiade et de l'Odyssée. Ce livre m'a happée, a déterminé ma conception de héros, de récit, de merveilleux. Achille, Ulysse, Hector, Patrocle… Ils sont à la base de mon imaginaire.
 

Fantasy.fr : Comment est né le projet des Eveilleurs ?

Pauline Alphen : Une scène s'est présentée alors que je courais sous la pluie pour attraper le bus et aller travailler, un matin glauque d'automne 2000. La deuxième scène du livre où Eben regarde Claris traverser la cours, puis pense à Jad. J'ai noté la scène qui se déroulait, debout dans le bus, dans un des carnets que je trimballe toujours avec moi. Tous les personnages principaux étaient déjà là. Je savais que je tenais quelque chose, un projet complexe et long. Je le savais parce que j'en frissonnais d'excitation et de plaisir. Pendant 7 ans, j'ai pris des notes pour ce projet. Tout en travaillant sur d'autres livres, publiés au Brésil ou pas encore publiés. En 2007, j'ai commencé à rédiger, quotidiennement, exclusivement.
 

Fantasy.fr : Quelles ont été vos influences (littéraires, musicales, cinématographiques..) durant la rédaction de votre roman ?

Pauline Alphen : L'écriture me plonge dans un état très réceptif, avide de sensations, d'informations. Tout peut avoir une incidence. Un bout d'émission écoutée à la radio en voiture sur la mémoire, une poésie que je fais réciter à ma fille, mon fils qui repousse sa mèche, le chat qui joue avec la neige, un article sur les technologies futures dans un magazine, la forme d'un nuage dans le ciel, les livres que je lis, une visite à Lascaux, le bruit des sabots des chevaux sur le chemin derrière la maison… Ce sont des coups de pouce, des inspirations, des amorces. Après, il y a les recherches. Beaucoup de recherches ! Et le travail.
 
Depuis quelques années, je lis beaucoup de science-fiction, de fantasy, de fiction en général. En ce moment, je lis une énorme biographie de Clarice Lispector (oui, l'héroïne des Eveilleurs s'appelle Claris en hommage à Lispector et aussi à ma nièce), stupéfiante écrivain brésilienne.
Pendant que je travaille, j'écoute surtout de la musique classique et  de la musique brésilienne. Mais pas tout le temps, seulement quand la  concentration peut se relâcher un peu. Sinon, ça me donne envie de  chanter et de danser…
 

Fantasy.fr : On retrouve beaucoup de vos influences dans le roman...

Pauline Alphen : Tous les livres cités dans Les Eveilleurs ne sont pas vraiment des  influences. Certains sont des hommages ou des clins d'œil aux  lecteurs. Mais oui, pour ce qui est de Virginia Woolf, Italo Calvino, Borges, Isabel Allende, ce sont des écrivains qui m'ont émerveillée et  m'ont donné envie d'écrire. Je les cite parce que j'ai envie de partager cet émerveillement. Mais il y en a tant d'autres…
 

Fantasy.fr : Les voyages semblent avoir une place importante dans votre vie. Cela semble aussi avoir influencé le roman et ses personnages, non ?

Pauline Alphen : C'est vrai. Ma double appartenance (française et brésilienne) y est sûrement pour quelque chose. Voyager c'est comme écrire: l'occasion de connaître, de créer, d'être surpris, dérouté, de courir le risque de changer… Écrire, c'est comme voyager. Ce que je préfère, c'est le parcours. Être en mouvement. Être entre.
Maya, la Nomade de l'Écriture, le sait parfaitement, elle sait combien voyager prédispose à l'écriture. Blaise le sait également, marcher l'aide à réfléchir.
 

Fantasy.fr : Entre le premier jet et sa publication, le texte a-t-il beaucoup  évolué ?

Pauline Alphen : Il n'y a pas vraiment de premier jet parce que je travaille le texte constamment. L'intrigue évolue sans arrêt, elle est vivante, pas complètement fixée dès le départ, mouvante puisqu'il s'agit d'un voyage. Et puis, ce que j'aime particulièrement, c'est le travail des mots, du rythme de la phrase, sa chanson. Et cela peut être sans cesse retravaillé. Pourtant, certains passages, les dialogues surtout, viennent parfois tout prêts. Il y a des passages inchangés depuis la genèse de cette histoire, en 2000.
 

Fantasy.fr : Comment s'est passé le travail avec votre éditrice ?

Pauline Alphen : Cécile Terouanne est vraiment la bonne fée qui s'est penchée sur le berceau des Eveilleurs. Je tiens à le dire parce que ce n'est pas si évident. Elle a flashé sur le projet alors qu'il n'y avait qu'un synopsis et les trois premiers chapitres, m'offrant la chance de travailler avec la certitude d'être publiée. Ce qui est plutôt rare. Elle m'a fait confiance et a réalisé un fabuleux travail d'accompagnement, avec à la fois un grand respect, une finesse de compréhension et une fermeté impressionnants. Elle est toujours là quand je la sollicite mais elle ne s'impose jamais. Travailler avec elle est un vrai bonheur. Une collaboration dans le meilleur sens du terme.
 

Fantasy.fr : Il y a énormément de personnages dans votre roman bien qu'il  s'adresse à la jeunesse. Pensez-vous que le jeune lectorat a sensiblement évolué ces dernières années ? Harry Potter y est-il pour quelque chose, selon vous ?

Pauline Alphen : Harry Potter marque un tournant, certainement.  Quel plus beau compliment pour un auteur que celui-ci : avec votre livre, j'ai commencé à lire, moi qui n'aimais pas ça ? Harry Potter a également fait évoluer le regard des éditeurs sur la dite "littérature jeunesse".
 Ceci dit,  j'ai un peu de mal avec ces catégories, jeunesse, vieillesse… Mon livre s'adresse à tous ceux qui voudront le lire et qui y trouveront quelque chose qui les intéresse, les amuse, les touche. Cette histoire est ainsi, elle comporte beaucoup de personnages, des univers différents. Il ne me viendrait pas à l'idée de la "simplifier" parce que l'éditeur a choisi de l'adresser à tel ou tel public. Je crois à l'intelligence, à la sensibilité, à l'imagination des lecteurs —je suis une lectrice !—. Il n'y a pas d'âge pour ça. Une fois que le lecteur a accepté l'invitation au voyage que lui font les personnages et l'histoire, il est emporté…  Non ?
 

Fantasy.fr : Vous proposez également une vision très sombre de l'avenir. Notre société, telle que nous la connaissons, est-elle amenée à disparaître  ?

Pauline Alphen : Ah, mais je ne trouve pas que ce soit une vision sombre ! N'est-ce pas une possibilité ? Nous pouvons effectivement bousiller la planète, nous pouvons tomber dans les rets d'un fou, nous pouvons continuer de creuser les inégalités sociales… Ce n'est même pas de la fiction ! Mais nous pouvons aussi réagir et faire des options différentes. Je crois que les Eveilleurs dit cela aussi. Nous pouvons choisir. Mais encore faut-il le faire.
 

Fantasy.fr : L'opinion publique semble de plus en plus sensible au problème écologique, non ?

Pauline Alphen : Oui. Ce qui serait bien, maintenant, ce serait de passer de la sensibilisation à l'action. C'est l'action qui tarde, à mon sens, la prise de décisions politiques. Voyez les pitoyables résultats de Copenhague.
 

Fantasy.fr : Sans déflorer le sujet, pouvez-vous nous dire quelques mots sur les tomes suivants ?

Pauline Alphen : Hmm… Je suis en plein dedans, alors c'est un peu difficile d'en parler. Disons que dans le deuxième volume, l'univers clos et protégé de Salicande où ont grandi les jumeaux a explosé. Les personnages  sont séparés, sur la route… Des routes parfois bien étranges… A la recherche de leur mère, Jad et Claris vont explorer des univers parallèles étonnants et très différents l'un de l'autre. On y retrouvera également les personnages secondaires (mais le sont-ils?) qui ont un rôle important à jouer puisque chaque personnage offre l'occasion de dire et de lire l'histoire sous un autre angle… Chaque personnage est une pièce du puzzle.  Ugh, Blaise, Maya seront là… Mais pas tous…
 

Fantasy.fr : Avez-vous d'autres projets ?

Pauline Alphen : Je ne travaille réellement sur aucun autre projet pour le moment. Les Eveilleurs prend tout mon temps et occupe chaque millimètre de mon cerveau. Et pas seulement ! Les rêves aussi sont bien squattés par les personnages qui viennent taper à la porte de l'inconscient quand ils trouvent que je ne vais pas assez vite. C'est une histoire complexe à construire, des personnages exigeants. Je ne sais pas faire les choses à moitié, je m'y consacre totalement.
Néanmoins, j'ai toujours des envies. J'ai traduit un petit roman, L'Odalisque et l'Eléphant, que j'ai publié au Brésil. J'aimerais bien qu'il trouve son éditeur en France et pouvoir en écrire la suite parce que c'est une histoire qui me met en joie. Un autre genre, une écriture différente… J'ai également d'autres textes dans l'infiniment patiente mémoire de l'ordi qui attendent que les Eveilleurs aient fini de m'assiéger…

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