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Les Rois maudits

Philippe Druillet est né le 28 juin 1944, à Toulouse. A 16 ans, il devient photographe. En 1963 il fait ses premiers pas dans le cinéma en tant que décorateur pour Dracula (de Boullet), un court métrage en ombres chinoises. Deux en plus tard, il découvre la bande dessinée. En 1966, il publie Lone Sloane : Le Mystère des Abîmes, le premier d'une très longue série d'albums. Son art lui permettra de toucher à d'autres métiers : cinéma, jeu vidéo, opéra... allant jusqu'à créer des meubles et faire de la décoration intérieure pour Benjamin de Rothschild...
Par Emmanuel Beiramar | 'Les Rois maudits
6 novembre 2005 | Mis à jour 6 novembre 2005
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En tant que dessinateur de SF et Fantasy on vous aurait plus vu dans l'adaptation d'un roman comme Dune, comment et pourquoi vous êtes vous retrouvé à participer à ce projet ?

C’est Josée Dayan qui a souhaité que je travaille dessus.. Elle est venue me voir en me disant qu'elle voulait que je lui fasse des décors surdimensionnés pour bien montrer, d’une façon quasi totémique, ce qu’étaient ces gens.
J’avais une vision particulière du Moyen-âge mais c’est ce qu'elle recherchait. J’ai senti qu’il y avait quelque chose de magnifique à faire et je me suis embarqué avec toute l’équipe dans ce délire. Je n’ai pas fait de l’Heroic Fantasy. J’ai déjà vu ce mot sortir dans la presse plusieurs fois. Nous avons fait du Moyen-âge surdimensionné… mais il est vrai que la frontière est un peu floue.

Maurice Druon a exploré des montagnes d'archives pour écrire les 7 romans des Rois maudits, allant jusqu'à faire traduire des documents rédigés en latin. Quelles recherches avez-vous menées pour concevoir les décors de la série ? Quelle a été votre inspiration ?

Josée Dayan sait ce qu’elle veut. Alors que je m’appelle Druillet ou Ducon je suis aux ordres et j’écoute. Elle m’a effectivement donné une masse de documents absolument prodigieuse en disant voilà ce qu’il faut. Nous sommes allés au Portugal, où il y a la plus grosse densité de châteaux moyenâgeux. Elle m’a dit : regarde tout ça, absorbe tout ça : la couleur des tissus, les tapisseries, les écus et les architectures. Mais il faut que dans l’esprit, nous fassions autre chose. C’est pour ça qu’on a construit ce plateau de 3200 m² en Roumanie et un autre de 500 ou 800.
Il y a aussi  une relation avec la peinture symboliste et des peintres fantastiques comme Monsù Desiderio, Piranèse, des peintres du XVIIIe qui ont peint des cités foudroyées, des architectures un peu folles.
J’ai créé un temple de la structure générale aux tapisseries en passant par les colonnes, le mobilier... Yann Mercier, le chef décorateur a pris mes dessins pour les mettre en phase et surtout en scénographie : créer des communications entre chaque pièce, étudier les rotations des différents décors. La mayonnaise a pris car nous nous sommes rendus compte que nous étions là dans un cadre un peu exceptionnel et qu’il y avait là une belle œuvre à faire. Il s'est produit la même chose avec les acteurs qui sont arrivés plus tard sur le plateau… du plus jeune au plus chevronné si j’ose dire. On m’a rapporté une phrase très belle de Jean-Claude Brialy qui a dit en rentrant dans la salle du berceau royal qu'il n’avait pas vu un décor comme celui-là depuis La belle et la bête de Jean Cocteau. C’est un film que je vénère et que j’adore, tout comme Yvan le terrible de (Sergei Mikhailovich) Eisenstein que nous avons évoqué avec Josée Dayan... c’était quand même quelque chose d’assez émouvant.

Quel effet cela fait de voir vos dessins prendre vie?

Nous étions comme des gamins. Nous nous sommes dit que nous venions de fabriquer un jouet  fabuleux. Il y avait entre 50 ou 60 sur place. Certains partaient vers 18h-19h et nous, l’équipe de base, restions des heures entières la nuit dans le décor. Nous avions un mal fou à nous détacher de cet univers et j’ai dû faire 20 à 30 km par jour à pied à force de déambuler et de marcher au milieu des décors.  J’étais totalement fasciné. Un rêve de gosse... pas un Disneyland mais quelque chose que nous sentions tous comme étant à part. Santiago, un chef peintre qui a dû faire une trentaine de films dans sa vie et qui a une carrière énorme dans le domaine m’a dit qu’il n’avait pas vu un truc pareil en France depuis 30 ou 40 ans.
Cela m’a profondément ému parce que contrairement au travail que j’ai fait sur la 3D pour les cédéroms de Wagner, de Salammbô ou bien la série Excalibur pour Ellipse, CanalPlus et France 2, là c’était du vrai, c’était construit, c’était solide. Dix mètres sous plafond prolongé ensuite en images de synthèse..  Nous avons pu nous rendre compte que nous avions construit quelque chose d’effarant et c’est fascinant. Si j’étais milliardaire, j'aurais aimé racheter le plateau en entier, en acquérir un autre au sud de Paris et tout reconstruire pour y habiter.

Vous avez réalisé de nombreux croquis et dessins pour la série. Tous figureront-ils dans l'ouvrage à paraître chez Albin Michel en novembre ?

Non, mais il y en aura la plus grosse partie. J’ai signé un contrat avec JLA Créations pour 60 dessins, j’en ai fait 400, donc on ne peut pas tout mettre…
Les originaux, des sculptures et du mobilier seront exposés à Paris et Genève, mais une fois encore, on ne peut pas tout mettre. J’aurais vraiment voulu montrer au public ce qui a été fait : les meubles ont été construits en dur. Ils sont en bois, patinés, c’est fabuleux !
Mon travail sur la BD m’a apporté beaucoup car j’ai fait des dessins techniques qui étaient extrêmement précis de façon à ce que les peintres, les décorateurs, les sculpteurs aient matière à travailler comme avec des dessins d’architecte.
Nous avons fait un gros bouquin, sur toutes les phases, les dessins techniques de Yann Mercier, les photos du film, les photos des décors et de l’élaboration et de la construction des décors. J’ai vraiment voulu faire quelque chose qui soit explicatif car beaucoup de gens, à part les passionnés de cinéma, ne savent pas comment cela se construit et se fait. C'est un livre vraiment important qui explique le mécanisme de construction et l'évolution jusqu’au résultat final.

Autre chose à ajouter ?

Oui. Travailler sur Les rois maudits fut une belle aventure, une belle folie, un beau délire et maintenant nous attendons le verdict. La série a déjà été diffusée en Belgique et en Suisse où nous avons de très très bons échos.
Nous avons tourné 5 films en 73 jours soit 7 à 12 min par jour ! Nous y sommes arrivés dans une forme de rapidité, de frénésie. La théorie de Josée Dayan là-dessus est très claire : il ne faut pas perdre le fil et garder cette tension importante. Nous avons donné le maximum. A la fin nous étions un peu nazes mais c’est bien que cela ait été fait dans ces conditions.
Je suis encore dedans alors que j’ai terminé il y a quelques mois. L’histoire était tellement forte que nous sommes tous encore dedans.

Concernant vos autres projets ?

La suite de Délirius (1973) avec Benjamin Legrand au scénario. Nous avons repris les textes de Jacques Lob de l’époque. Cela nous permet de parler de l’actualité, car la SF n’est pas une fuite ni un refus. L’album est basé sur l’horreur de l’intégrisme… c’est sa philosophie de base. Cela devrait me prendre un an, un an et demi.
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