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Pierre Dubois : Explorateur en Faerie

Fantasy.fr a interviewé l'Elficologue Pierre Dubois (Petrus Barbygère, Les Lutins, Pixies, La légende du Changeling, Le grimoire du petit peuple, Fées, elfes, dragons & autres créatures des royaumes de féerie, Les grandes encyclopédies des fées, des lutins et des elfes) à l'occasion de son passage au festival belge Trolls & Légendes.

Par Emmanuel Beiramar | Retranscription : Cyril Lenoble
3 décembre 2009 | Mis à jour 3 décembre 2009
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Pierre Dubois : Explorateur en Faerie
Pierre Dubois : Explorateur en Faerie

Fantasy.fr : Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec l'imaginaire ?

Pierre Dubois : Oui, disons que c'est même plutôt l'Ange du bizarre. J'ai déjà raconté ça mille fois, on appelle ça être gaga à la fin... Je suis né dans les Ardennes, et je crois que le lieu où tu nais, t'influence. Moi, je crois très fort à l'esprit des lieux, à une ambiance, et j'en ai été privé très tôt de cette forêt, cette forêt de légende. Mes parents ont déménagé, et je suis parti avec eux, évidemment, à Valencienne, une ville du Nord, et ça je pense que ça a été déterminant ; cette forêt, cette ambiance, a été quelque chose que j'ai eu envie de retrouver. Donc, ça a été tout de suite ça le déclencheur, la première intrusion dans le fantastique, dans l'aventure, dans l'imaginaire. Ç'a été cette solitude dans mon arrière-cuisine, qu'on appelait buanderie. Je trouve que c'est un nom magique buanderie en plus, avec les buées et tout, où la mère faisait la lessive. Tu avais cette odeur de lessive, mais en même temps tu avais le feu qui ronflait, tu avais la pluie qui venait crépiter sur les vitres, tu avais le souffle du vent dans la cheminée, et en même temps on ouvrait le dessus du poêle. On n'allumait pas tout de suite, on faisait des économies de bouts de ficelles autrefois. Mais c'est vrai, j'entendais ce ronflement de la bouilloire mais aussi du feu. Dans cette buanderie, tu retrouvais un peu la caverne, tu retrouvais une ambiance originelle. Tu avais donc tous les esprits familiers, l'air, les êtres élémentaux, de l'air, du feu, de l'eau... Tout était là, et était projetée au plafond une espèce de lanterne magique, rougeoyante, où je voyais des fées, des elfes, où je voyais des nains en train de forger des épées, des dragons qui crachaient du feu. Et ç'a été mes premiers émois.
Le Nord, je trouve, est une région effectivement propice au fantastique, ne serait-ce que dans les régions luxuriantes, où les oiseaux chantent à tue-tête, où tu as des couleurs bariolées, les papillons sont plus grands et plus beaux qu'ailleurs, où tu as beaucoup plus de fleurs, des crissements d'insectes, c'est un acquis, tu ne l'entends presque plus au bout d'un moment. Ça fait un décor, et c'est un décor bariolé, enchanteur certainement, mais en même temps qui s'essouffle très vite. Tandis que dans le Nord comme tu n'entends pas de grillons, tu as du criquet, tu es obligé de tendre l'oreille. La flore, les anémones sylvies par exemple, qu'on voit en ce moment, ou les ficaires, dans les sous-bois, tu es presque obligé de les mériter et ça te semble des fleurs extraordinaires. Je pense à Le Bris qui parle du grand dehors pour le roman d'aventure, là on peut parler du grand dedans. Tu as l'impression que tu es obligé d'aller chercher le mystère dans des choses, tu es obligé de te pencher. Et là, tu découvres. Et c'est aussi ce qui s'est passé dans mon jardin, c'est que mon jardin est devenu un jardin fantastique ! Et comme Stevenson parle de son compagnon invisible, j'ai rencontré mon grand dieu Pan, au fond des allées de pois de senteur. C'est un peu long mais bon (rires !)

Fantasy.fr : Vous disiez que vous voyiez les nains forger des épées, etc. Toutes ces images vous venaient forcément de quelque part, d'histoires...

Pierre Dubois : Oui ! Ça me venait notamment parce que, là encore le livre, à mon époque, était, je ne dis pas interdit mais considéré comme du bourrage de crâne. On était là, argh !, du bourrage de crâne, tu as connu ça, toi aussi ? Du bourrage de crâne, tu vas t'abîmer les yeux. Il y avait une méfiance du livre. Tu avais les mauvais livres à l'époque, les livres de sorcellerie, les mauvais livres ! Tu fais toujours l'inverse de ce qu'on te dit de faire, ce qui fait que tu avais envie, le livre devient un grimoire. Donc je n'avais pas de grimoire, pas beaucoup dans ma petite enfance et j'avais les livres de ma sœur, des livres d'Histoire et de géographie, des livres de lecture courante, CE1, etc, etc. et je ne savais pas lire, je regardais les images. Bayard sur le pont du Garigliano avec son armure, repoussant l'ennemi devenait pour moi Ivanhoé ou tout ce que j'entendais. J'imaginais déjà, là. Et ce qu'il y avait d'étonnant aussi et qui affutait notre imaginaire, c'est qu'on achetait - alors là c'était encore pire – les illustrés, parce que tu n'avais pas encore de bandes dessinées, tu n'avais pas d'album, tu avais des illustrés, L'intrépide, Hourra, etc. Tu en avais un, un jour, on t'en faisait cadeau d'un, et tu n'avais pas la suite ! Donc tu tombais sur une histoire, un bout d'histoire, un lambeau d'histoire. Et le petit résumé que tu avais était tellement succinct que tu ne pouvais pas savoir ce qui arrivait à Kid le libérateur, ou à Buffalo Bill dessiné par Giffey, ou au Capitaine Morgane, etc. Tu ne savais pas. Brusquement tu lisais 2 planches, un lambeau d'histoire et peut-être que tu n'aurais pas la suite. Donc tu ne savais pas, ton imaginaire était obligé de te raconter des histoires.

Pareil quand tu allais à l'école. Tu avais des affiches de cinéma qui étaient peintes, qui étaient dessinées et tu étais obligé de t'inventer l'histoire. Quand tu voyais Errol Flynn avec Maureen O' Hara, rapière en main, marqué « à l'abordage », derrière, tu imaginais tes scènes d'abordage dans les Tropiques... Ton imagination était toujours mise en éveil. Après c'est vrai que j'ai commencé à avoir des livres. La Bibliothèque Verte, la Bibliothèque Rouge et Or. Les premiers émois : Le capitaine Corcoran, L'île au trésor, La flèche noire. Et puis il y avait aussi dans la Voix du Nord, le journal, Sherlock Holmes qui était dessiné. C'étaient des petits strips. J'étais passionné par Sherlock Holmes. Tu avais aussi Hyde & Jeckyll... C'était l'intrusion du fantastique.

Et puis aussi ma mère m'emmenait au cinéma le jeudi, c'était donc dans les années 1950. Toute l'époque du cinéma flamboyant : Scaramouche, Ivanhoé, Les Chevaliers de la Table Ronde, Prince Vaillant, Le Prisonnier de Zenda, La Perle Noire, tous les grands westerns. On a été biberonnés à Raoul Walsh, à Hathaway et à Richard Thorpe. C'était quand même des belles jeunesses !
Évidemment, aujourd'hui, il y a un tel déballage, il a y de telles choses. Regarde autour de nous, tu as tout ce que tu veux, c'est incroyable ! À l'époque tu les avais au compte-goutte, tu étais obligé de te faire ta mythologie. Je ne dis pas que c'était mieux, mais il y avait un goût de trop peu et quand il y a un goût de trop peu, tu as envie d'en goûter davantage mais la saveur est plus intime et plus précieuse quelque part.

Fantasy.fr : Quand avez-vous su que vous vouliez vraiment raconter des histoires ?

Pierre Dubois : Là aussi, très tôt. Je manquais tellement de bouquins que je découpais des images et je faisais mes propres bouquins. Je découpais, je collais des livres, j'étais vraiment un fou du livre? J'avais vraiment envie de raconter des histoire,. Les jouets avaient peu d'intérêt, le livre était vraiment pour moi la grande récompense. Je les mettais les uns à côté des autres, les Rouge & Or, après il y a eu les Bob Morane, aussi.
Donc qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? Tu as envie de raconter des histoires, tu as envie d'être écrivain, tu as envie d'être journaliste, parce que tu n'imagines pas que tu puisse être écrivain, mais journaliste c'est un métier où on peut raconter. Donc je me suis dit que j'aimerais bien être ça ou j'aimerais, oui,  être écrivain. Mais c'est une chose à ne surtout pas dire aux profs, enfin à l'instit' parce que les autres veulent être ceci, joueur de foot ou être ingénieur, ou  pompier, c'est très bien mais si tu veux être écrivain, « Allez l'écrivain va au tableau, bah, c'est pas terrible, il y a encore des fautes ! » Et là tu es pris vraiment pour... J'ai passé une scolarité vraiment épouvantable où mes rédactions, alors que Bachelard dit l'imagination, c'est la vie, là c'était trop d'imagination, tac! Hors du sujet ! J'avais des bulles... Jusqu'au temps où il y a quelques profs qui, plus tard, ont dit qu'il y avait de l'idée mais ce n'était pas ce qu'on me demandait. Effectivement je profitais de « Qu'avez-vous fait de vos vacances ? » pour raconter que j'avais été au cinéma voir Les Trois Mousquetaires avec Gene Kelly et je racontais plutôt Les trois Mousquetaires.
J'ai tout de suite voulu raconter des histoires et j'ai raconté des histoires. J'ai écrit très, très vite. Mes parents étaient affolés parce qu'ils ne savaient absolument pas vers où me diriger, j'étais un très, très mauvais élève. Et moi j'en avais vraiment marre. Ils ont été voir un psychologue, ils se sont dits il est zinzin, il y a quelque chose qui ne va pas, et ce psychologue, je lui ai parlé d'Edgar Poe, de mes goûts de lecture, et tout. Il m'a acheté une de mes nouvelles, illustrée, pour prouver à mes parents que je pouvais vivre de ma plume et de l'illustration. Il est mort aujourd'hui, il s'appelait Saint Baudouin, enfin, je l'avais appelé Saint Baudouin, il s'appelait Baudouin tout simplement mais il m'avait tiré de là.
J'ai donc arrêté très, très rapidement mes études pour essayer d'écrire et de faire de l'illustration, ça a été donc extrêmement rapide. Et j'ai eu un coup de bol, c'est qu'il y a un gars, lui aussi décédé, qui s'appelait Duprier. J'allais chez un libraire, un bouquiniste, tu sais les librairies d'autrefois qui étaient un peu des boudoirs, on pouvait parler bouquins, se conseiller des livres. Il y  avait des conversations passionnelles et passionnées sur les bouquins qu'on avait lus, les films qu'on avait vus. Et un producteur de la radio a fait une interview et la réalisatrice, qui est décédée aussi, a trouvé que ce que je racontais était marrant. Et comme je parlais des contes et légendes – parce qu'entre-temps j'avais rencontré Claude Ségniole qui m'avait un peu mis le pied à l'étrier : j'avais illustré 2-3 trucs pour lui et il a fait une émission sur moi – la réalisatrice, qui conduisait cette petite interview, m'a demandé s'il était possible de faire une série, dans le Nord, sur les contes, les légendes, les croyances, ce qui reste des superstitions. C'était en 68, et je suis donc rentré en radio et en télé en 68, et j'en suis sorti il y a 5 ans à peu près, 5-6 ans, où j'écrivais des histoires, des contes, des pièces radiophoniques. Mais j'allais surtout faire du collectage chez des gens qui étaient, pratiquement, encore les contemporains des fantômes, des croyances sur les lutins, les diables etc. Ça m'a permis de récolter tout un coffre de légendes, de croyances.
Si on était au mois d'avril, je parlais de toutes les croyances autour du mois d'avril. Par exemple, tu as les haies qui commencent à blanchir, ce sont les pruneliers, et ça c'est l'hiver de l'épine noire, en mai c'est l'hiver de l'épine blanche parce que les haies quand elles sont encore blanches en début du mois, c'est que les esprits du froid, du gel, la Mère Gagache entre autres, veulent garder l'hiver à eux, veulent le conserver. Donc quand c'est encore blanc, quand les haies sont encore blanches, c'est que les loups sont encore là qu'il y a encore une menace. Et par contre à l'hiver de l'épine blanche c'est au contraire les Belles Dormantes qui se réveillent et c'est lié aux contes de fée, c'est Blanche Neige, la Belle Au Bois Dormant, Cendrillon, qui sont piquées au doigts ou mangent une pomme et meurent mais en fait elles ne meurent pas, elles sommeillent, et au printemps, moment de l'épine blanche, le prince charmant les réveille et elles se réveillent. Ça, c'est symbolisé la Nature, le cycle de la renaissance. Donc je racontais, ces histoires-là tous les jours, et là je suis en train d'écrire un « elféméride » qui serait ce que j'ai raconté pendant des années et des années et des années en bouquin.
Ce qui fait que quand je me suis mis à écrire les encyclopédies des fées, et des lutins etc., j'avais déjà emmagasiné suffisamment d'histoires, suffisamment de croyances, suffisamment de documents, pour me mettre à écrire tout ça sauf que personne n'en voulait ! À l'époque personne ne voulait des fées : il est cinglé faire des bouquins sérieux sur les fées... Et il y a Hoëbeke qui a pris quand même ce risque. J'avais recueilli suffisamment d'histoires pour écrire un recueil.

Fantasy.fr : Quel métier auriez-vous pu faire si vous n'aviez pas eu la facilité à raconter des histoires ?

Pierre Dubois : (Il est hésite) Je ne sais pas. C'est Cocteau qui avait dit un truc que j'aimais bien : « Je préférai toujours 1 sorcier des bois à 100 employés du gaz. ». Je n'ai rien contre les employés du gaz (rires) mais j'aurais bien aimé à ce moment-là être complétement sorcier ou pasteur fou dans le Dartmoor. (rires).

Fantasy.fr : Vous avez écrit des encyclopédies, des scénarii de BD, vous avez fait de la radio. Comment vous avez abordé ces différents média ? Avez-vous une façon de procéder différente ?

Pierre Dubois : Non ! C'est-à-dire qu'en fait cet univers d'elficologie, de goût du fantastique, de goût de la fantasy, du merveilleux, etc. je le traduis sous toutes les formes possibles, aussi bien en bandes dessinées, qu'en romans, qu'en nouvelles, qu'en encyclopédies, que par la radio, que par la télé. Mais quelque soit le support c'est un moyen pour moi de passer un message, de passer un émerveillement, un enchantement, un besoin de retrouver une forme d'enchantement et tous les moyens sont bons. Je ne fais pas de différence. Quand je racontais mes histoires, dans les forêt avec une caméra devant, je racontais comme j'écris tout seul dans mon coin. C'est la magie qui doit opérer. Je mets les ingrédients et puis ça marche ou ça ne marche pas.

Le tout pour la bande dessinée et pour la télé, c'est de trouver quelquefois aussi un bon partenaire, c'est-à-dire les techniciens qui sont de l'autre côté qui, eux, ne partagent peut-être pas tes trucs, qui pensent, surtout que maintenant ils sont tous syndiqué, ils travaillent de 9h30 à 11h45, ils s'endorment pendant que tu racontes ton histoire. Il n'y a que le réalisateur qui, lui, a, plus ou moins, envie que ça se passe bien... Et pour la BD c'est pareil, toi, tu imagines une histoire et tu as intérêt à t'entendre bien avec le dessinateur, surtout que quand je raconte mes histoires, par exemple avec Le Changelin, je me plonge complétement dans le White Chapel de l'époque, le Dartmoor de l'époque : je regarde des films, je vais même sur place, je lis plein de bouquins sur le sujet et ce n'est pas uniquement pour avoir des documents, c'est pour m'en imprégner totalement. J'irai donc là où j'écris mettre un tas d'objets, un tas de photos, je vais écouter des musiques, qui sont autant d'ingrédients magiques pour que l'alchimie marche. Alors évidemment quand toi, tu y crois tellement, tu le donnes au dessinateur et c'est un petit peu débrouille-toi avec ça. Et lui, il n'est peut-être pas rentré nécessairement dans le White Chapel de l'époque que tu rêves parce que toi tu as vu Oliver Twist, parce que tu en es biberonné. Lui après, il va passer à un autre style d'aventure. Donc c'est une communion de pensée, une communion pour que ça marche. Avec Fourquemin, moi, ça se passe bien mais quelquefois ça se passe moins bien.

Fantasy.fr : Tout à l'heure vous nous parliez du manque d'information que vous aviez quand vous étiez jeune, il fallait tout imaginer que cela soit à partir d'un bout d'histoire, d'une affiche, etc. Comment voyez-vous l'imaginaire évoluer à notre époque avec notre société de sur-information ?

Pierre Dubois : Je suis un petit peu à la fois réjoui et inquiet. Quand tu te trouves dans un festival comme Trolls & Légendes, c'est assez extraordinaire ! Parce que tu as tout. Tu voudrais voir Brian Froud, il est là, tu rêves de voir des elfes, ils sont là, il y a des combats de chevaliers, il y a des dragons, c'est extraordinaire ! Il y a des trolls, il y a des ânes, tu peux te barbouiller le visage en puck, en petit lutin, avoir des oreilles. Tu peux t'habiller complétement comme tu veux ! Avant on ne pouvait pas jouer, là tu as l'impression qu'on peux encore jouer. L'adulte ou l'adolescent peut encore garder son jeu pendant longtemps, c'est formidable et en même temps c'est une fêlure quelque part. Ça montre aussi qu'ils sont tellement mal dans cette société qu'ils recréent ce besoin de jouer, ils essaient d'allonger au maximum leur rêve, le créer, le vivre avec une grande intensité. Par contre ce qui me fait un peu peur, c'est que l'entrée dans le monde des fées est quand même quelque chose de très mystérieux, de très intime, de très magique. Ce merveilleux est impalpable, est quelque chose d'indicible. Il y avait un film qui était quand même terrible c'est Le mystère des fées, avec Peter O'Toole qui est basé sur l'histoire des petites filles qui avaient photographié des fées à Cottingley. Et là tu vois brusquement les gens arriver à Cottingley, avec leur voiture, et ils vont faire fuir les fées. J'ai un peu peur quand même que les effets spéciaux ne remplacent la vraie magie. J'avais entendu un crétin de réalisateur américain (NDLR : Jan de Bont avec son film Hantise) dire qu'il avait recréé, enfin il avait repris l'histoire de Robert Wise, La maison du Diable, ce film en noir et blanc où tout est suggéré où les fantômes c'est genre il n'y a rien dans cette maison, peut-être, mais tu finis par les voir, les fantômes, les sentir et les pré-sentir. Et ce crétin avait dit : « Moi je vais pouvoir, grâce aux effets spéciaux, montrer ce que Robert Wise n'a pas pu monter. » Quel crétin ! Justement, lui a eu l'intelligence de ne pas le montrer ! C'est aussi Le tour d'écrou de Henry James où on ne sait pas s'il y a réellement des fantôme ou pas. C'est ça la vraie magie, c'est ça le fantastique, c'est ça le merveilleux. Donc la surenchère peut faire fuir en même temps cette espèce d'imaginaire qui brusquement se montre, se laisse deviner et là il ne faut pas ce soit l'inverse. Si tu n'a rien à raconter, ce n'est pas la peine. En ce moment les bouquins sur les fées ça me sort par les trous de nez ! Ça devient de la ragougnasse, il y en a de trop ! Tu as l'impression de voir les Poulbot à Paris, alors que Poulbot au départ c'était formidable, le dessin de Poulbot était formidable et puis après on a fait cette espèce de place du Tertre. Avec des gamins avec des grands yeux inexpressifs, qui ressemblent d'ailleurs au manga, et avec au fond la basilique. Et là tu vas avoir un lutin avec des yeux où il n'y a rien dedans ou une fée avec ses petites ailes et tu auras le château de Camelot au fond mais qui sera une image à 10 balles, à 1 euro, à ce que tu veux... Donc je ne sais pas ! En même temps ça m'émerveille et il ne faut pas perdre cette grâce qu'on nous offre.

Fantasy.fr : Vous avez des projets en cours, je suppose ?

Pierre Dubois :  En ce moment, non. Je suis un peu dans la marmelade. Je sais ce que je veux faire c'est cet « elféméride » dont je t'ai parlé. En bande dessinée, j'ai le tome 2 du Changelin (NDLR : Le croque-mitaine). On est déjà en train de travailler sur le troisième, on en est même à la moitié. J''ai aussi un projet avec Brazao qui s'appellerait Fleur de Guinness qui est une histoire de fantastique, de féerie aussi, qui se passe entre le monde d'aujourd'hui et la Faerie irlandaise. Ça se passe en Irlande. Fleur de Guinness, c'est l'histoire d'un gars qui au cours d'une cuite - il a bu trop de Guinness - se retrouve brusquement de l'autre côté, je ne te dis pas comment, ni quoi, ni pourquoi. Il y rencontre une elfe nom imprononçable. Et comme les Indiens appelaient leur squaw Perle de Rosée, etc., comme lui il l'a connue dans une torchée, il l'appelle Fleur de Guinness. (rires)

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