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Eli Anderson : A corps et à écrits

Eli Anderson a été étudiant en médecine. Il a effectué son internat dans un service d’oncologie pédiatrique… Pour sa thèse, il a demandé à des enfants de « dessiner la maladie ». Il a depuis marié sa passion pour l'écriture et la médecine dans la série jeunesse Oscar Pill.

Par Emmanuel Beiramar
18 novembre 2009 | Mis à jour 20 novembre 2009
Eli Anderson : A corps et à écrits
Eli Anderson : A corps et à écrits

Fantasy.fr : Racontez-nous votre première rencontre avec l'imaginaire...

Eli Anderson : Elle a été très tonique : j’avais 5 ans, j’étais un « planeur »-né, toujours dans les étoiles, réfugié dans l’imaginaire et j’étais convaincu que je pouvais voler. J’ai donc pris deux feuilles d’arbre, pieds joints sur le rebord de la fenêtre, et hop… j’ai sauté. Et surtout : boum, je suis tombé. Heureusement, on était au rez-de-chaussée. J’en ai gardé deux cicatrices sur le front et le menton, mais ça n’a pas entamé pour goût pour l’imaginaire. Du coup, j’ai plongé dans les livres, ça faisait moins mal ! ;-) La véritable gifle me fut donnée vers 11 ans par le mythique, le fabuleux, l’incomparable Seigneur des Anneaux… J’aimerais tant éprouver une nouvelle fois cette même fascination !
 

Fantasy.fr : Comment est né Oscar Pill ?

Eli Anderson : J’ai toujours rêvé d’écrire un roman d’aventure qui se passerait dans un endroit mystérieux où personne n’était jamais allé : l’intérieur du corps humain. Je voulais mêler aventure, imaginaire et émotion, qui sont les axes de ma propre vie ! 
Je suis fasciné par le corps depuis toujours, j’ai des souvenirs d’enfance dans lesquels je suis un affreux chirurgien qui décortique les insectes ! J’ai alors choisi d’aller là où on m’apprendrait le maximum de choses sur le sujet : j’ai suivi des études de médecine ; logique, non ? Grosse déception… En fait, j’ai toujours été convaincu que le corps était un monde plus riche encore que celui où nous vivons, mais en médecine comme ailleurs, on s’est échiné à me dire que ce n’était qu’une machine – une formidable machine mais une machine quand même. Alors j’ai dévoré ce qu’on a bien voulu m’apprendre sur la fameuse « machine », puis j’ai tout cassé et j’ai créé ce monde intérieur foisonnant, avec des peuples, des paysages, des éléments déchaînés, des guerre et des ennemis, des amitiés indestructibles… et j’ai fait naître Oscar pour y voyager !

 

Fantasy.fr : Le cinéma semble avoir eu une forte influence sur Oscar Pill...

Eli Anderson : C’est vrai, et ça date de mon enfance : je devais avoir une dizaine d’années, et j’ai eu un véritable choc avec un film, Le voyage fantastique (je ne suis même pas certain que les acteurs soient encore vivants !). Les images sont encore gravées dans ma mémoire, pour une bonne raison : je découvrais que mon rêve était possible et qu’on pouvait entrer dans le corps humain !
Et puis il faut dire que je suis un « visuel », à 100% : les images comptent pour moi. J’ai d’ailleurs besoin de visualiser les scènes pour les écrire. C’est peut-être pour cette raison que l’on met facilement les aventures d’Oscar en images, comme on me le dit souvent…
 

Fantasy.fr : Pouvez-vous présenter la série Oscar Pill en quelques mots ?

Eli Anderson : À douze ans, la vie d’Oscar Pill bascule : il découvre qu’il est un Médicus et qu’il a hérité de son père (mort avant sa naissance et qu’il adore sans l’avoir connu) le don fabuleux de pouvoir entrer et voyager dans le corps de n’importe quel être vivant ! Il va devoir rapporter un trophée des cinq Univers du corps humain pour devenir un Médicus accompli. Il faut faire vite, parce que l’ennemi juré de l’Ordre des Médicus, Laszlo Skarsdale, Prince des pathologus, s’est échappé de prison. Le combat va bientôt reprendre…
Les aventures d’Oscar vont courir sur cinq tomes – un par univers. Mais la quête du Trophée ne sera qu’une articulation parmi d’autres dans chaque tome. Car les enjeux sont multiples pour mon Oscar : grandir et réussir sa vie d’ado, lever le voile sur les secrets qui entourent ses proches, devenir un Médicus, reprendre le flambeau de son père et assumer la terrible et noble mission de l’Ordre jusqu’à l’ultime confrontation dans le plus dangereux des univers, Cerebra, celui de la pensée.
Enfin, il n’est pas seul : les autres personnages ont leur mot à dire dans cette histoire, et au fil des livres, certains éléments des tomes précédents vont prendre un tout autre sens et s’imbriquer dans un grand puzzle.
 

Fantasy.fr : Certains lecteurs feront le parallèle avec Harry Potter : un enfant surdoué, une école un peu particulière, un seigneur noir... J.K. Rowling compte-t-elle parmi vos influences ?

Eli Anderson : J’ai adoré Harry Potter… comme j’ai adoré Le Seigneur des anneaux, Cœur d’encre, Le monde de Narnia, les romans de Twain, bref, je suis nourri de toute une littérature de l’imaginaire, comme nous le sommes tous. Bien sûr, le héros doté de pouvoirs et qu’on initie n’est pas neuf, il en existait beaucoup même avant Harry, mais ce qui est intéressant, c’est que ces pouvoirs soient inédits, qu’Oscar soit attachant et particulier, et que ses aventures se déroulent dans un monde jamais exploré : le corps humain ! Cela dit, si Oscar procure autant de plaisir à ses lecteurs qu’Harry l’a fait, j’en serai très très heureux !


 

Fantasy.fr : Avec Oscar Pill, vous conjuguez plusieurs de vos passions : l'écriture et la médecine. Quels autres éléments importants de votre vie se retrouvent dans le roman ?

Eli Anderson : L’exploration et la curiosité dominent le récit et font intimement partie de ma vie (parfois trop, notamment pour la curiosité !). Si j’avais été plus téméraire et plus rebelle, j’aurais été explorateur des endroits les plus sauvages et inconnus de la terre ! Les valeurs les plus importantes de ma vie se retrouvent aussi dans le roman, à travers des détails comme des moments capitaux de l’histoire d’Oscar : l’apprentissage et la transmission, l’amitié et l’amour, enfin la fidélité, la loyauté et le respect. J’ai grandi dans ces valeurs, Oscar en fera de même – et apprendra que tout le monde n’a pas les mêmes valeurs, hélas…
 

Fantasy.fr : Pourquoi avoir choisi la littérature jeunesse pour raconter vos histoires ?

Eli Anderson : Parce que les adolescents sont infiniment plus libres que les adultes et qu’on peut aller beaucoup plus loin avec eux ! L’écriture jeunesse n’est pas facile pour autant : les jeunes lecteurs sont très exigeants, il faut construire solidement, ils ne pardonnent pas une baisse de rythme, les personnages doivent être bien campés. Mais ils ont moins de tabous que les adultes, on peut aborder des sujets que leurs aînés n’osent pas affronter ! On peut aussi repousser les limites de l’imaginaire, à condition de rester cohérent, exigeant vis-à–vis de soi-même et de ne pas s’adresser aux adolescents comme à des nourrissons de trois mois, ce que certains croient devoir faire…

 

Fantasy.fr : Pouvez-vous nous révéler votre secret pour avoir été publié par Albin Michel ?

Eli Anderson : Une chose est certaine : je n’ai pas envoyé Oscar dans le cerveau du président d’Albin pour le convaincre ! ;-)
Je crois avant tout que la passion donne des ailes : je porte en moi le projet d’Oscar depuis des années, et le réaliser fut un tel bonheur, un tel épanouissement que j’y ai sans doute mis toute mon énergie et mon enthousiasme. J’imagine que ça doit se ressentir lorsqu’on est éditeur et qu’on lit un manuscrit. Et puis mon agent, Susanna Lea, a cru très tôt en Oscar, et c’est elle qui propose un texte aux éditeurs, ici et ailleurs - et elle le fait avec beaucoup de talent et de finesse.
 

Fantasy.fr : La saga d'Oscar Pill sera une pentalogie. Pourquoi ? Aviez-vous déjà le canevas complet de l'histoire ?

Eli Anderson : Cinq Univers à l’intérieur du corps, cinq trophées à rapporter : cinq tomes. Oui, j’ai déjà dessiné la trame de la saga avant même d’avoir commencé l’écriture du premier tome. C’est capital pour que tout soit cohérent, pour que les révélations soient progressives – et crescendo -, pour que la tension monte en puissance au fil des livres, pour que les pièces d’un immense puzzle s’emboîtent correctement… Des secrets du tome 1 seront révélés dans le tome 5, et certaines choses qui semblent anodines dans ce premier tome  prendront sens plus tard… Tout cela n’est possible qu’en bâtissant très tôt la structure de la saga, du moins les grandes lignes et les fils rouges.
 

Fantasy.fr : Y aura-t-il d'autres incursions dans la littérature jeunesse ?

Eli Anderson : J’ai déjà bien à faire avec les cinq tomes d’Oscar pour envisager un autre projet, mais j’ai tant de plaisir à écrire pour la jeunesse que je ne m’interdis rien, et certainement pas de récidiver !
 

Fantasy.fr : Avez-vous d'autres projets ?

Eli Anderson : J’en ai au moins dix, de toutes sortes ! Ma seule crainte, c’est de ne pas avoir le temps de tout faire… Mais je redoute la dispersion : je ne sais pas faire plusieurs choses en même temps. Alors chaque chose en son temps, je continue à mon rythme – et sans bâcler, surtout : je m’en voudrais de n’avoir pas tout donné, y compris du temps, à cette fabuleuse aventure qu’est l’écriture d’Oscar.
 

Fantasy.fr : Question subsidiaire : Si vous pouviez explorer le corps humain, quelle partie de l'anatomie choisiriez-vous ?

Eli Anderson : sans hésiter : Cerebra, le cinquième univers, le plus mystérieux et le plus fascinant, celui de la pensée !

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