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Lucas Moreno montre la voie au podcast fancophone

Fantasy.fr a interviewé Lucas Moreno, fondateur, producteur et animateur d'utopod, le podcast francophone des littératures de l'imaginaire.

Par Emmanuel Beiramar
23 juillet 2009 | Mis à jour 23 juillet 2009
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Lucas Moreno montre la voie au podcast fancophone

Fantasy.fr : Utopod a bientôt 2 ans et demi. Quel constat peux-tu faire ? Es-tu satisfait de son évolution ?

Lucas Moreno : Plutôt satisfait, oui. Au niveau quantitatif, le projet commence à prendre une dimension intéressante : 2 800 écoutes en moyenne par épisode, 32 épisodes et 3 hors série diffusés depuis le lancement, 30 auteurs audiopubliés, 12 récits inédits, des auditeurs sur les cinq continents… Au niveau qualitatif, eh bien ce n’est pas vraiment à moi d’en juger. :-) Cela dit, je reçois un retour positif de la part des auditeurs, des auteurs – qui semblent satisfaits du travail éditorial effectué sur les textes inédits – et du milieu éditorial francophone. Utopod a eu la chance d’être nominé au Grand prix de l’imaginaire, au Prix Bob Morane et au Prix Imaginales, ce qui constitue un beau signe de reconnaissance professionnelle et un encouragement à poursuivre l’expérience.

Je suis donc plutôt satisfait, comme je le disais, mais j’aimerais qu’utopod continue d’évoluer. Mes objectifs ? Des émissions plus régulières, un son toujours plus soigné, davantage d’inédits, assez de fonds récoltés pour rémunérer décemment les auteurs, les comédiens et les ingénieurs du son, une meilleure visibilité sur Internet et ailleurs, un site plus fonctionnel qui proposerait notamment un forum aux auditeurs, etc. Toutes ces améliorations sont à l’ordre du jour pour 2010 !
 

Fantasy.fr : Y a-t-il des choses que tu aurais aimé faire différemment ? Y a-t-il des objectifs qui ont changé depuis ?

Lucas Moreno : J’aurais aimé avoir des fonds depuis le début, ce qui m’aurait d’emblée permis de mettre en place un réseau de comédiens/podcasteurs expérimentés et, ainsi, d’éviter de courir dans tous les sens à chaque nouvel épisode pour trouver un lecteur adéquat. C’était (et dans une certaine mesure c’est encore) une des parties les plus difficiles de la production et de la gestion d’utopod. En même temps, s’il avait fallu se soucier de la recherche de fonds avant même de démarrer utopod, mon collègue de l’époque (Marc Tiefenauer) et moi-même y aurions sans doute perdu une énergie précieuse, énergie que nous avons pu investir dans l’aspect purement littéraire du projet.

Mes objectifs de départ n’ont pas changé : offrir un support de publication complémentaire à l’édition papier traditionnelle ; promouvoir la SFFFH d’expression francophone aux quatre coins de la planète ; soutenir la forme courte (particulièrement vitale à l’évolution des genres qui nous intéressent) ; permettre aux aveugles et aux personnes malvoyantes d’écouter plus de SFFFH (dans ces genres-là, les catalogues des collections audio et des bibliothèques sonores ne sont pas toujours très fournis) ; démontrer que l’on peut faire un travail éditorial de qualité sur Internet ; démontrer que les nouvelles technologies appliquées à l’édition littéraire ne sont pas le Diable et que le monde francophone a pas mal de retard à rattraper dans ce registre-là ; promouvoir les notions de gratuité, d’échange et de diffusion de la culture à large échelle…

 

Fantasy.fr : Le podcast littéraire est quelque chose d’encore assez confidentiel dans les pays francophones. Comment expliques-tu cela ?

Lucas Moreno : Ta question pourrait se diviser en deux parties : 1. Pourquoi le podcast ne décolle-t-il pas dans les pays francophones ? 2. Pourquoi le podcast littéraire, plus particulièrement, ne décolle-t-il pas dans les pays francophones ?

Premièrement, donc, je crois que c’est le podcast de manière générale qui n’est pas « passé dans le sang » du public francophone. Dans les annuaires en ligne, on trouve une multitude de programmes podcastés en français, certes, mais il s’agit la plupart du temps d’émissions qui existaient en amont du podcast, produites par de grosses structures (radios, télévisions, boîtes de production) et qui n’utilisent la technologie de la baladodiffusion que comme un moyen de diffusion supplémentaire. C’est très bien et j’approuve (j’en écoute beaucoup !), mais cela n’a rien à voir avec les podcasts « maison », qui permettent une totale indépendance et une créativité illimitée aussi bien du point de vue de la forme que du fond des émissions. Le podcast, ce n’est pas juste un moyen de rattraper une émission de radio ou de télévision qu’on a ratée sur les ondes et qui est stockée sur Internet (un peu comme les magnétophones qu’on programmait jadis pour enregistrer un épisode de notre feuilleton préféré), c’est bien plus que cela ! C’est une technologie qui permet d’exercer et de partager sa créativité dans tous les domaines de la culture, de l’information et de la connaissance humaines, de construire des communautés et des réseaux de compétences à échelle mondiale, de diffuser ses idées et ses créations en évitant les deux principaux écueils du domaine artistique (le problème de la dépendance financière et celui de la diffusion des productions artistiques). Ces principes-là, le public francophone ne les a pas encore totalement assimilés, et pour cause : il y a une énorme pénurie de « podcasts maison » en français, et ceci dans tous les domaines ! Ce qui me permet d’en arriver enfin à ta question : pourquoi ? Le nombre limité de podcasteurs francophones pourrait s’expliquer par la difficulté technique de l’exercice : ce n’est de loin pas aussi simple que de créer un blog-minute sur Internet, cela demande un énorme investissement d’énergie et de temps. En même temps, cette réponse ne me convainc pas vraiment, puisque le monde anglo-saxon regorge de podcasteurs indépendants et d’amateurs de podcasts… Les Anglo-Saxons seraient-ils plus entreprenants, plus survoltés, plus durs à la tâche, plus ambitieux, davantage prêts à prendre des risques lorsqu’il s’agit de casser les traditions, plus enclins à explorer les nouveaux horizons que révèle l’accès illimité aux nouvelles technologies ? Je l’ignore ; à vous de répondre. :-)

Quant au deuxième aspect de la question, il concerne directement la littérature : le podcast littéraire ne fonctionne pas bien en francophonie parce qu’il s’apparente à une façon de faire que les milieux éditoriaux francophones ont de la peine à digérer. La licence Creative Commons la plus répandue (il y en a plusieurs) permet à un auditeur de faire ce que bon lui semble avec la version audio d’un texte littéraire diffusé gratuitement sur la Toile, et ceci à condition de respecter trois règles : ne pas faire de bénéfice commercial, ne pas modifier le contenu du fichier, citer la paternité de l’œuvre (auteur, éditeur, émission). C’est un système qui bénéficie à tout le monde et qui fonctionne très bien, mais il faut savoir qu’à partir du moment qu’un fichier est diffusé sur la Toile, il échappe au contrôle de tout le monde : le producteur de l’émission, l’auteur, l’éditeur original (si le texte a déjà été publié). De plus, les podcasts étant diffusés de manière totalement gratuite, il n’y a aucune possibilité de percevoir une redevance sur chaque écoute, sur chaque téléchargement. Ainsi, on voit que la notion traditionnelle de « droit d’auteur » si chère aux éditeurs – ce concept qui regroupe à la fois le « droit d’exploitation » et la « perception de royalties » – est bousculée par le principe même de la diffusion littéraire gratuite via Internet (audio ou texte) : on ne contrôle pas l’exploitation de l’œuvre et on ne fait aucun bénéfice dessus. Mais à mon avis, les éditeurs (et les auteurs, que les éditeurs ont fini par convaincre à force d’insistance et de contrats formatés) ont tort de se méfier de ces nouveaux moyens de diffusion, et ceci pour plusieurs raisons (cf. la prochaine question).
 

Fantasy.fr : À l’heure où certains tentent de faire passer la loi Hadopi, utopod propose du contenu en ligne gratuitement, preuve qu’il existe d’autres voies pour la diffusion culturelle…

Lucas Moreno : Pour restreindre le champ de cette question, et aussi pour faire le lien avec la question précédente (hé hé), je ne parlerai ici que de la diffusion littéraire. Le principe est simple : un auteur écrit un récit, effectue un gros travail de relecture et d’édition sur le texte (par le biais d’un groupe d’écriture ou de relecture constitué de professionnels ou tout au moins de personnes hautement compétentes), distribue sa version texte ou audio gratuitement sur la Toile (via un site, un blogue, un podcast, Twitter, Facebook, etc.) puis travaille sérieusement à la promotion électronique de son œuvre. S’il fait bien son boulot, voici ce qu’il obtient : la diffusion à large échelle d’un produit littéraire de qualité. Il construit une communauté, se constitue un groupe de fans fidèles et charrie ce trésor de lecteurs et d’auditeurs avec lui pour le restant de sa carrière. Si un jour un éditeur papier lui propose d’éditer un roman ou un recueil, cet éditeur a TOUT intérêt à permettre à son nouveau poulain de poursuivre ses petites affaires sur Internet, parce que le fan club du poulain en question constitue un véritable vivier d’acheteurs potentiels.

Eh oui, l’expérience américaine le démontre : ce n’est pas parce qu’un internaute écoute ou lit une nouvelle ou un roman gratuit sur Internet qu’il ne l’achète pas plus tard en librairie ! Vous ne me croyez pas ? Posez la question à certains grands éditeurs américains (comme par exemple le géant Tor Books, pour ne citer qu’un exemple), qui acceptent volontiers que les livres qu’ils publient connaissent en parallèle une diffusion gratuite sur la Toile. Les deux démarches ne sont pas antimoniques, elles sont com-plé-men-taires. Je suis un grand consommateur de podcasts et de textes littéraires disponibles sur Internet, mais cela ne m’empêche pas, lorsque je flashe sur un auteur, d’aller acheter son travail en librairie ! Les fichiers texte et audio fonctionnent comme des teasers, ils me mettent en appétit, ils me permettent de découvrir et de propager le travail d’auteurs, ils constituent de véritables unités de contamination culturelle par voie électronique !

À celles et ceux qui me rétorquent que les artistes travaillent dur et qu’il faut bien que l’argent vienne de quelque part pour que ces artistes puissent vivre de leur production, je réponds très simplement : la diffusion gratuite d’œuvres littéraires sur la Toile ne constitue qu’UN maillon de la chaîne, elle ne remplace pas la publication rémunérée et la diffusion payante (au format papier, le plus souvent, du moins encore aujourd’hui), elle les complète. Nous sommes ici en présence d’une technique de promotion littéraire qui permet de se constituer une communauté d’acheteurs potentiels et de faire marcher le bouche à oreille à échelle mondiale, et tout ceci SANS nuire à la portée financière d’une démarche de publication traditionnelle effectuée en parallèle ou après coup. En effet, si demain le prochain Bordage, ou le prochain Mauméjean, ou le prochain Dufour, en plus d’être présenté sur les rayons des libraires, était disponible en version gratuite sur la Toile (en audio et/ou en fichier texte), et que cette présence électronique était accompagnée d’un véritable travail de promotion (les Américains sont très forts pour trouver plein de moyens marrants et efficaces de le faire), je suis convaincu que les ventes papier n’en seraient pas affectées. Au contraire, la publicité et la diffusion de masse sur Internet apporteraient une quantité importante de nouveaux acheteurs pour l’œuvre en question.

Je crois que les mentalités évoluent et qu’on n’en est plus désormais à se méfier de « tout ce qui est gratuit » et de « tout ce qu’on trouve sur Internet ». Je crois aussi que, lorsqu’on présente à des lecteurs/auditeurs exigeants des œuvres de qualité, ils sont d’accord de jouer le jeu et de soutenir financièrement l’auteur, que ce soit par le biais de dons ou en achetant les versions payantes de l’œuvre en question. La preuve ? Je reçois régulièrement des dons pour utopod, et bon nombre d’auditeurs me confient que mes émissions leur ont permis de découvrir tel ou tel autre auteur dont ils ont fini par acheter un livre en librairie. C’est une chaîne de diffusion de la culture où chacun s’y retrouve : l’auteur, l’éditeur et le lecteur/auditeur. Cela ne relève pas du simple altruisme ou de l’idéalisme aveugle, c’est un système très concret qui fonctionne à plusieurs titres (financier et artistique) parce qu’il permet de diffuser des œuvres de qualité à large échelle et de manière efficace. Bien sûr, me direz-vous, les œuvres qu’on trouve sur Internet ne sont pas toujours de qualité. Ah oui ? et ce qu’on trouve chez les libraires et les éditeurs officiels, est-ce que c’est toujours de qualité ? :-) L’habit ne fait pas le moine, le support ne fait pas l’œuvre !

Je sais qu’il faudra du temps et de la ténacité pour convaincre le monde francophone (éditeurs, auteurs, auditeurs, lecteurs) de tout cela, mais je suis optimiste ! En attendant, je n’ai qu’un conseil à nous donner : restons à l’écoute de la réalité éditoriale étasunienne. Les ventes des revues spécialisées et d’une certaine catégorie de romans de genre sont en train de chuter. Les librairies ont de plus en plus de peine à tourner. Les journaux déposent leur bilan à tour de bras. Les grands éditeurs commencent à s’intéresser aux méthodes de diffusion alternatives conçues et développées par toute une nouvelle génération d’auteurs/podcasteurs/blogueurs, de purs geeks dans le meilleur sens du terme. Les auteurs eux-mêmes, emportés par le mouvement, explorent à fond ces nouveaux moyens de diffusion, de peur de rester à la traîne et de céder à une concurrence toujours plus grande. Dans le domaine de la diffusion de l’information, nous vivons une véritable révolution, et je ne doute pas une seconde que les historiens de demain l’assimileront à quelque chose d’aussi puissant, voire de plus fort que l’avènement de l’imprimerie. Et pour participer à ladite révolution, à la création de nouvelles tendances, à l’exploration de chemins de traverse, à la mise en question des traditions, qui de mieux placés que les auteurs et les éditeurs d’un genre particulièrement porté sur la prospective, l’ouverture et l’innovation… la science-fiction ! ;-)

Pour conclure, et parce qu’il y a des gens qui parlent beaucoup mieux que moi de ces thématiques essentielles : abonnez-vous gratuitement à The Sofanauts, podcast hebdomadaire de Tony C. Smith, le fondateur de StarShipSofa. Dans chaque épisode, des acteurs-clés de l’édition de genre anglo-saxonne s’expriment à propos de l’évolution des nouvelles technologies, de l’avenir du livre papier/audio/électronique, des nouveaux moyens de diffusion, du futur des revues et de la forme courte… c’est absolument passionnant ! Il y a aussi I Should Be Writing, Escape Pod, Adventures in SciFi Publishing et des centaines d’autres podcasts et blogs qui traitent de ces thèmes-là.


 

Fantasy.fr : Après Stableford, Bordage, Dufour, Curval, Andrevon… Y a-t-il des auteurs que tu adorerais proposer sur utopod ?

Lucas Moreno : Il y en a des dizaines ! Mais comme il n’y a que douze mois par année, et une émission par mois, cela ne me laisse pas une énorme latitude pour audiopublier tout ce que j’aimerais. Comme je l’évoquais plus haut, j’aimerais avoir les moyens d’augmenter la cadence de parution, ce qui me permettrait de donner leur place à tous les textes et tous les auteurs que j’ai en tête. Mais ça viendra, ça viendra. Patience et longueur de temps… :-)

 

Fantasy.fr : Que nous réserve utopod pour sa troisième année ?

Lucas Moreno : Un nouveau site, un forum si tout va bien, une cadence de diffusion plus soutenue, de nouveaux comédiens-lecteurs à donner la chair de poule, des recherches de fonds maousses (et j’ai bon espoir qu’elles aboutissent !), des textes inédits ou quasi-inédits (à savoir : des textes publiés en Suisse, au Québec ou en France mais non distribués dans les deux autres pays) et plein d’autres choses !
 

Fantasy.fr : Et concernant ton actualité propre ?

Lucas Moreno : Ma nouvelle Demain les eidolies figure au sommaire du dernier numéro de la revue Bifrost, sorti tout dernièrement. Sinon… que dire d’autre, à part que je suis en train de bosser sur plusieurs projets d’écriture en même temps ? Ah oui ! je serai présent à Anticipation, la Convention mondiale de SF de Montréal qui aura lieu du 6 au 10 août prochains.
 

Fantasy.fr : Y a-t-il autre chose dont tu aimerais parler ?

Lucas Moreno : Ben tant que j’y suis, peut-être, rappeler aux auditeurs que le meilleur moyen de soutenir utopod, c’est de s’abonner gratuitement à l’émission ! Et vous pouvez aussi parler du projet autour de vous, voire même vous fendre d’un petit don via le site si le cœur vous en dit ! :-) Le soutien des auditeurs est essentiel pour utopod ! On s’abonne via iTunes ou sur le site, utopod.com.

 

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