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David Morley : réalisateur en pleine mutation

Après s'être fait remarqué avec des courts-métrages comme Organik et Morsure, David Morley vient de réaliser Mutants, son premier long-métrage, véritable croisement entre 28 semaines plus tard et La Mouche.
Fantasy.fr a pu l'interviewer lors du Festival de Gérardmer où il était venu présenter son film.

Par Emmanuel Beiramar
15 avril 2009 | Mis à jour 23 avril 2009
David Morley : réalisateur en pleine mutation
David Morley : réalisateur en pleine mutation

Fantasy.fr : Peux-tu nous raconter ta première expérience avec le fantastique, que ce soit en cinéma, littérature ou BD ?

David Morley : Mon premier souvenir, je ne sais pas si c'est du fantastique mais un film de genre on va dire. C'est ma claque, c'est mon film préféré, c'est Jaws (Les dents de la mer) de Steven Spielberg. C'est le film qui m'a donné envie de faire ce métier, c'est mon film coup de cœur. Je le dis tout le temps mais c'est vraiment un film que je trouve extraordinaire, qui m'a motivé, et c'est peut-être le film que j'ai le plus vu au monde ! Sinon, je me souviens que la première fois c'était Alien que j'ai vu dans une salle des fêtes et j'ai juste changé trois fois de calbute à l'époque. J'ai été terrifié mais j'ai trouvé génial les sensations qu'on pouvait avoir avec un peu de son, sans rien montrer des choses et juste en stimulant l'imaginaire. J'étais assez petit d'ailleurs, je ne pense pas que j'avais le droit d'aller le voir, je pense que c'est ça mon premier souvenir de science-fiction en tout cas.

 

Fantasy.fr : Comment t'est venue l'idée de faire Mutants ?

David Morley : Mutants, c'est assez particulier puisque à l'origine c'est un film de commande. Les producteurs m'ont contacté après que mon court-métrage Organik a gagné le prix à Gérardmer en 2005. On a cherché une histoire et moi, je leur ai proposé ce film, Mutants, parce que je suis un fan des films de zombies. Pas un expert, je suis un fan, mais je voulais raconter un film de zombies mais un peu à ma manière, mettre un peu du mien. À la fois jouer avec les codes et à la fois mettre un peu de ma personnalité et un peu de mon univers là-dedans. J'ai brodé une histoire, je voulais quelque chose de très classique dans la toile de fond, parce je trouve que c'est une force des films de ce genre, il n'y a pas besoin d'exposer beaucoup vu que le spectateur connaît les codes en fait. Donc, je me suis plus intéressé du coup aux personnages, qu'à l'environnement ou au contexte. J'en voulais très peu et vraiment m'intéresser à eux. Voilà comment est né le projet. J'avais plein de choses, plein d'univers à mélanger, des films que j'aimais bien.

 

Fantasy.fr : A-t-il été facile de convaincre les acteurs ?

David Morley : Oui. Ils ont été enthousiastes tout de suite, et on a très vite accroché. On a beaucoup parlé des rôles, beaucoup parlé des choses. J'ai insisté sur le fait que ça serait très dur, surtout pour Francis (NDLR Renaud) mais pour Hélène (NDRL de Fougerolle) aussi. Comme c'est l'histoire d'un couple mutant, je voulais un peu inédit. Et ça me faisait marrer de réunir ce casting encore jamais vu, sans proposer du contre-emploi pour faire du contre-emploi, mais proposer quelque chose de différent. J'avais besoin d'une sensibilité et j'ai eu Hélène et Francis. Ils m'ont fait confiance et ils se sont éclatés, je pense, sur le film, dans les deux sens du terme d'ailleurs. Dida (NDLR Diafat) aussi : il a été juste extraordinaire. J'ai été vraiment chanceux et je n'ai pas eu de mal du tout.

 

Fantasy.fr : Puisqu'il s'agit d'un film de commande, le financement a dû être plus facile à mettre en place, non ? Même s'il s'agit d'un film de genre.

David Morley : Un budget n'est jamais facile à boucler. Mais je crois qu'on n'a pas eu trop de mal à le boucler. On avait fait le court-métrage Morsure pour ça. Il a été sélectionné l'année dernière aussi à Gérardmer. Il m'a servi à la fois pour faire des tests sur les effets spéciaux, sur ce genre de choses, commencer à créer le noyau dur de l'équipe pour Mutants, à montrer qu'on savait aussi faire des films de genre. Ça a servi à la fois de bande démo, de test, et ça a terminé de convaincre certains partenaires financiers qui nous ont suivis et épaulés. Donc je ne pense pas que le budget ait été difficile à boucler. En vérité, c'est au producteur qu'il faut demander (rires) !

 

Fantasy.fr : L'aspect du film, que ce soit au niveau de la photo, du son, de la musique, ne donne pas l'impression d'avoir à faire à un petit film de genre français. Il fait penser à 28 jours plus tard...

David Morley : On a beaucoup travaillé... J'accorde une importance primordiale à la préparation, c'est peut-être bête ce que je dis mais c'est important de faire une bonne prépa et de travailler tous dans la même optique. Quand on sait qu'on fait tous le même film, là je parle des techniciens, mais que ce soit les comédiens, les réalisateurs, les producteurs, on travaille plus efficacement. Et le moindre euro, je pense qu'on le voit à l'image. On a essayé d'optimiser au maximum l'argent qu'on avait pour faire un film qui se rapproche de la vision que j'avais. En ce sens, on a travaillé avec le chef décorateur, Jérémy Streliski, avec le chef opérateur, Nicolas Massart, avec Olivier Afonso à qui j'ai confié la direction artistique, avec la costumière, avec tout le monde, dans le même sens. À savoir, les codes couleurs, ce genre de choses... C'est très important une prépa, très, très important. Pour moi, c'est presque le nerf de la guerre. On a tous mis une énergie et je pense que ça se voit.

Quant à 28 jours plus tard, c'est évidemment une référence. Je trouve que 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard, que j'ai adoré encore plus que le premier, sont des films qui ont redonné un souffle au film de zombies, qui l'ont remis sur les rails en apportant une vitalité, une façon de filmer, une espèce de réalisme. Ça a été une source d'inspiration. Quand on pense à la caméra portée, ce genre de choses... Mais pas que ça ! J'avais d'autres références, d'autres univers que je voulais mélanger.

 

Fantasy.fr : Shining peut-être ?

David Morley : Shining, non. Plutôt La Chose de Carpenter et le cinéma de Cronenberg parce que je suis un grand fan. Je pense évidemment à La mouche et à d'autres films comme The Brood (NDLR Chromosome 3)ou plein d'autres qui traitent du corps, de la dégradation, de la perte d'identité, toutes ces choses-là. Mais 28 jours plus tard, oui. Je l'ai décortiqué.

 

Fantasy.fr : Le sanatorium peut faire penser à Shining. Tout comme les rapports qui commencent à être conflictuels entre les deux personnages, les longs couloirs et même le trou dans la porte. On s'attend à voir une tête en sortir et crier Danny...

David Morley : Peut-être. Je pense que le trou dans la porte est une grande coïncidence et c'est tant mieux ! Le lieu est très important pour moi car c'est un personnage du film. C'est un bâtiment vraiment extraordinaire, très impressionnant et très bien conservé. On a eu de la chance de le trouver et de pouvoir tourner dedans. D'ailleurs j'ai dû adapter le scénario : je n'ai pas cherché à lutter contre le lieu. Il nous a inspirés plein de choses. C'était un endroit assez flippant en fait ! Perdu dans les montagnes. C'était parfait ! Quand je l'ai vu, ça offrait plein de possibilités ; on n'a pas pu d'ailleurs l'exploiter à fond. Il y a avait plein de pièces, plein de choses, plein de trucs qu'on n'a pas eu le temps ni les moyens d'exploiter. C'est un des personnages du film, je pense. En tous cas ça renforce l'atmosphère et l'ambiance du film comme c'est un huis clos.

 

Fantasy.fr : Le tournage n'a pas dû être simple pour tout le monde.

David Morley : C'était un tournage difficile, en 30 jours avec les conditions climatiques de la montagne. On ne lutte pas contre Dame Nature, un coup il y a de la neige, un coup il n'y en a plus, il y a du vent, il y a du soleil. Donc, oui, c'était un tournage éprouvant mais personne ne s'est plaint, tout le monde était motivé !

Fantasy.fr : Francis Renaud devait l'être pour tourner autant à moitié nu...

David Morley : A moitié nu avec des prothèses, des fausses dents et des lentilles. C'est vrai que ça n'arrange pas ! Mais bon je pense qu'il s'est éclaté. Il faudra lui demander (rires) !

 

 

Fantasy.fr : Tu as parlé des films de zombies. Y en a-t-il un que tu préfères vraiment ?

David Morley : Le Zombie de Romero qui se passe dans le supermarché, c'est celui que je préfère. J'ai un petit coup de cœur pour le premier, La nuit des morts-vivants, qui était ressorti en salle il y a un an ou deux. Je l'ai redécouvert en salle. Il y a quelque chose de touchant en voyant le film et le message était assez fort pour l'époque mais celui dans le supermarché reste mon préféré.

 

Fantasy.fr : Que peux-tu nous dire de tes projets ?

David Morley : J'ai plusieurs projets mais rien de concret pour l'instant. Dans des univers différents, dans d'autres genres, dans le polar, dans le film d'aventure. C'est l'histoire qui m'intéresse, donc j'aime bien tous les genres en fait. Je bosse, je planche...

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