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Peter V. Brett : la Fantasy dans la peau

Peter V. Brett est un auteur américain  qui a fait sensation Outre-Manche lors de la sortie de son premier ouvrage : The Painted Man. Ce titre, qui sera publié en octobre 2009 par Milady, a été vendu un peu partout dans le monde.
Lors de son passage à Paris en septembre dernier, Peter V. Brett a gentiment accepté de répondre à quelques questions…

Par Emmanuel Beiramar | Traduction : Grégory Bouet
6 mars 2009 | Mis à jour 8 mars 2009
Peter V. Brett : la Fantasy dans la peau
Peter V. Brett : la Fantasy dans la peau

Pourriez-vous vous présenter ?


Bonjour, je m’appelle Peter V. Brett. Je suis un écrivain américain et je suis très heureux d’être publié en France. Par Bragelonne/Milady. J’ai étudié le français au lycée et ma femme le parle couramment. Vous comprendrez ma joie de voir mon livre traduit en français, surtout que ça me fournit une bonne excuse pour venir en touriste.

Pourriez-vous nous décrire la nature de votre saga ?


The Painted Man est le premier livre d’une série se déroulant dans un monde où des démons sont littéralement sortis de terre pour attaquer tout ce qui se trouvait alentours, et plus particulièrement les humains, les chassant pour les tuer sans aucun scrupule. Ce sont des créatures immortelles et magiques, et les humains sont persuadés qu’ils ne peuvent rien contre elles. Ils décident donc de se cacher derrière des barrières magiques peintes sur leurs portes et fenêtres, ce qui empêche les démons de les atteindre. Les gens passent leurs nuits piégés à l’intérieur de leur maison. Ils ne peuvent pas s’éloigner à plus d’une journée d’un abri sous peine de se faire attaquer dès que le soleil se couche.
L’histoire s’articule autour de trois personnages : trois enfants dont la vie est bouleversée par les démons et qui, en grandissant, comprennent qu’ils ne peuvent se résoudre à vivre comme les autres, à se cacher toutes les nuits et à prétendre qu’il est normal que les gens succombent aux exactions des démons. Le premier livre illustre la croissance des enfants et la façon dont chacun acquiert une puissance qui lui est propre, mais aussi comment chacun essaie résoudre le problème des démons. Ils détiennent chacun un élément de la solution.  Le cycle se poursuit sur deux autres romans au moins, et de nouveaux personnages font leur apparition, sans pour autant occulter les trois premiers. On découvre alors comment les différentes factions du monde se voient obligées de coopérer pour sauver l’humanité de l’extinction.

Votre univers est à la fois classique et bourré d’idées originales. D’où tirez-vous votre inspiration ? Quelles ont été vos influences ?


J’étais à l’école primaire quand j’ai lu mon premier livre, et il n’y avait pas d’image dedans. C’était Bilbo le Hobbit de Tolkien. Je crois que c’est ce qui m’a mené sur le chemin de la Fantasy. J’ai toujours préféré ce genre à tous les autres. Plus tard, j’ai lu la série Shannara de Terry Brooks, puis je suis passé aux romans des Royaumes oubliés écrits par R.A. Salvatore, puis Piers Anthony et Celia S. Friedman et une centaine d’autre encore. En fait, je dévorais tout ce qui me tombait sous la main. J’ai aussi lu pas mal de comics en grandissant et je pense que j’ai trouvé mes idées en me nourrissant de petits morceaux à droite et à gauche dans différents médias et différentes histoires. Mais plus récemment, je crois que la lecture de la série du Trône de Fer de George R.R. Martin m’a poussé à aller au-delà de la Fantasy habituelle pour écrire quelque chose de plus complexe et original. Je ne sais pas si j’atteindrai un jour le même degré de maîtrise, mais en tout cas, je vais essayer.

Pourriez-vous nous en dire plus au sujet de la genèse de vos romans ?


J’étais inscrit à un cours d’écriture à l’université de New York. Nous avions le droit d’apporter tout ce que nous avions déjà écrit auparavant, mais nous devions aussi écrire de nouveaux matériaux. L’un de mes devoirs consistait à écrire le premier chapitre d’un roman de Fantasy. J’ai donc raconté l’histoire d’un garçon nommé Arlen qui avait soif de voyage mais ne pouvais jamais s’éloigner plus de quelques heures de sa maison, sous peine d’être tué par des démons. Mais il se demandait toujours ce qui pouvait se cacher au-delà de son paysage familier, et il n’arrêtait pas d’arpenter le « périmètre de sécurité » en se demandant ce qui se trouvait au-delà. Honnêtement, j’avais écrit cette histoire à tout vitesse, l’avais rendue, obtenu mon UV, et l’oubliais aussi sec. Puis, longtemps après, alors que je travaillais sur d’autres projets, le problème des démons d’Arlen et ce qui se cachait derrière les collines commença à me trotter sérieusement dans la tête. Et un jour, j’ai décidé de l’aider à en savoir un peu plus.

Avez-vous déjà écrit les autres romans ?


Pour l’instant, j’ai signé pour trois romans. Après, tout peut arriver. Le deuxième livre est aux trois quarts terminé, et j’ai déjà des notes très détaillées pour le reste. Je l’aurais fini cette année [NDLR : je rappelle que l’interview a été faite en septembre 2008]. J’ai aussi l’intrigue du troisième volet et un paquet de notes pour deux autres romans sur lesquels j’aimerais travailler. En fait, j’espère que ce cycle comptera cinq livres environ. Il y a bel et bien un début, un milieu et une fin à mon histoire, je ne veux pas d’une saga qui n’en finit pas, mais j’adorerais explorer un peu plus le monde également, et peut-être même montrer aux lecteurs ce qu’il y a au-delà des frontières de la carte mise à leur disposition dans le premier roman.

Le thème de la peur occupe une place importante dans le roman…


The Painted Man peut, de prime abord, ressembler à n’importe quel roman tournant uniquement autour de démons, de l’action et des personnages. Et c’est le cas, si on le lit de cette manière, et il n’y a pas de problème, car c’est aussi le but de cette histoire si riche en péripéties. Mais avant tout, j’ai toujours voulu écrire une histoire traitant de la peur et de la nature même de la peur. J’ai commencé à écrire ce roman juste après l’attentat du 11 septembre. Mes beaux-parents étaient dans les tours jumelles pendant l’attentat. Ils ont pu être évacués et ont survécu, mais je me rappelle de la nature débilitante de la terreur qui régnait à ce moment. Comment elle a poussé certaines personnes à fuir, et en a laissé d’autres tétanisé, sans savoir comment réagir. Mais il y avait aussi d’autres gens, comme les pompiers ou les policiers, qui se sont précipités dans les tours pour apporter de l’aide. Je me souviens comment la peur a poussé certaines personnes à agir sans réfléchir. Parfois en bien, parfois en mal. Et au cours des années qui ont suivi, tandis que je bossais sur mon roman, le sujet (la terreur) se répandait à travers le monde, avec la réaction de l’Amérique face aux attaques et la peur du terrorisme international et comment nous le gérions. Il n’y a rien dans le The Painted Man qui permette d’aboutir à une véritable explication ou d’exprimer ce que je pense vraiment de tout ça, mais je voulais quand même essayer de rendre cette complexité dans l’histoire et montrer que la peur peut, par certains côtés, être une motivation des plus puissantes ou, au contraire, nous empêcher d’agir comme on le ferait normalement. C’est en gardant cela à l’esprit que j’ai commencé mon récit, non par l’attaque des démons, mais par ses conséquences dramatiques, quand des gens qui s’étaient cachés pendant l’attaque essaient de reconstruire la civilisation. J’ai commencé le roman ainsi pour essayer de faire ressentir cette émotion aux lecteurs. Et j’espère y être arrivé.

Nombreux sont les éditeurs qui se battent à travers le monde pour obtenir les droits de votre livre. Qu’en pensez-vous ?


J’en suis surpris. Je suis très perfectionniste. J’ai tendance à ne jamais être satisfait de mon travail et à le détruire, avant de tout réécrire régulièrement en essayant de tout prévoir dedans. Ainsi, je suis continuellement étonné que les gens semblent aimer ce que je fais et stupéfait de la vitesse à laquelle mon livre s’est vendu à travers le monde. Je crois que j’ai surtout beaucoup bénéficié de la nouvelle culture du blog sur internet. Les gens ont pu se faire une idée de mon travail en visitant le mien, que j’ai la chance de pouvoir mettre à jour régulièrement, et il y a aussi un lien vers mon site. Ajoutez à cela des gens vraiment géniaux emballés par les premières versions de mon roman et qui en ont parlé sur leurs propre sites, ce qui a permis à d’autre personnes d’y jeter un coup d’œil. Je crois que ça m’a beaucoup aidé. J’ai aussi un agent fantastique sans qui je n’aurais jamais percé. Tout ce qui m’arrive est vraiment irréel, car j’ai toujours voulu devenir écrivain, et je n’aurais jamais imaginé que ça arriverait.

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