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Greg Bear : écrivain jusqu'à la fin des temps

Greg Bear a commencé à écrire en 1964 à l'âge de 13 ans. Sa première nouvelle, Destroyers, est publiée en 1967. Son premier roman, Hegira, est publié en 1979. S'il est récompensé en 1983 par deux Hugo et un Nebula pour ses nouvelles Hardfought et Bloodmusic, c'est en 1985 qu'il obtient le succès public avec Éon. Éternité, publié trois ans plus tard, le consacre comme l'un des grands de la science-fiction...

Par Emmanuel Beiramar | Emmanuel Tollé
10 décembre 2008 | Mis à jour 11 décembre 2008
Greg Bear : écrivain jusqu'à la fin des temps
Greg Bear : écrivain jusqu'à la fin des temps

Votre dernier roman City at the end of time (la cité de la fin des temps) a-t-il quelque chose à voir avec La cité et les astres de Clarke ?

Greg Bear : City a certainement été inspiré par la vision d'un futur lointain qu'avait Clarke, ainsi que par la tradition dont Clarke était issu, notamment Olaf Stapledon. Le roman de Clarke a une certaine ressemblance avec Le Pays de la nuit de William Hope Hodgson, avec la dernière cité sur Terre comme cadre. Bien d'autres influences se sont fait sentir, dont naturellement H. G. Wells et sa vision apocalyptique dans La machine à explorer le temps.

Quels sont vos projets actuels après City at the end of time ?

Greg Bear : Je suis actuel dans la dernière ligne droite pour une suite de Quantico (roman paru en 2005) avec la plupart des mêmes personnages impliqués dans un suspense politique high tech – cette fois avec une composante économique. Dans Quantico j'imaginais qu'un revers économique sérieux arrivait – et maintenant on y est. Ce nouveau roman va en suivre les conséquences dans un avenir proche.

Vous avez écrit quelques livres dans des univers créés par d'autres, Star Wars, Star Trek, Fondation. Comment est-ce d'écrire dans ce genre d'univers, y a-t-il des difficultés particulières ?

Greg Bear : J'ai aimé écrire ces romans et trouvé que les gens avec qui j'ai travaillé étaient dévoué et plein d'aide. Janet Asimov en particulier fut généreuse et d'une grande aide. De plus, à ma surprise, on m'a laissé beaucoup de liberté pendant que je travaillais sur ces histoires.

Dans votre série The way (Eon, Eternité, Héritage), le futur que vous imaginez au début de l'histoire ne peut plus être puisque l'URSS a disparu. Ce genre de chose arrive assez fréquemment lorsque la science-fiction porte sur un futur proche (2001 serait un très bon exemple). N'est-il pas étrange pour un auteur de SF de voir disparaître le futur qu'il a imaginé ?

Greg Bear : La série Eon pourrait avoir droit à une petite mise à jour, non ? Mais la situation du milieu des années 1980 semble de retour en ce moment, pas tant une guerre froide qu'une lutte d'influence entre la Russie et les nations occidentales. Je crois qu'Eon sonnerait bien sans révisions majeures, juste quelques petites modifications dans la langue et la situation et quelques changements de dates.

Dans Les enfants de Darwin on peut voir une Amérique dans laquelle le danger représenté par les enfants SHEVA est utilisé comme excuse pour alimenter une paranoïa sécuritaire. Est-ce influencé par la situation des Etats-Unis post 11 septembre ?

Greg Bear : J'ai imaginé la majeure partie de l'intrigue des Enfants de Darwin avant le 11 septembre. J'ai eu depuis plusieurs occasions de voir comment le gouvernement américain travaille en étant invité à participer à des sessions préliminaires sponsorisées par le gouvernement, traitant de problèmes de sécurité inattendus. Une des premières réunions vit la participation d'un grand nombre de gens impliqués dans l'armée mais aussi la santé publique, et les informations qu'ils communiquèrent furent extrêmement utiles pour se faire une idée générale de la façon dont les Etats-Unis pourraient répondre à une crise biologique. L'angle politique était également évident, étant donné l'histoire des Etats-Unis et les nombreuses confirmations venant des gros titres sur la montée des crimes de haine et de la discrimination.

Les lecteurs de ebook, comme le Kindle d'Amazon et le Reader de Sony, ne sont plus de la SF mais une réalité. Comment voyez-vous le futur des livres, réels et virtuels ?

Greg Bear : Je crois que le futur des lecteurs électroniques est en fait très brillant. Cela fait quinze ans maintenant que j'en parle, au cours de discussions avec des bibliothécaires, des enseignants et des gens du secteur technologique à travers le monde. La transition a été un peu lente, à cause de problèmes technologiques et d'une attente faible de nombreux lecteurs qui, comme moi, aime le contact des livres. Mais la convivialité et le design de ces engins, comme le Kindle, sont très attirants et les jeunes lecteurs en particulier devrait s'adapter sans difficulté.

La SF est souvent inspirée par le présent et ce que nous espérons ou craignons pour le futur. Mais pensez-vous qu'elle peut avoir une réelle influence sur l'avenir ?

Greg Bear : Les rêves, l'aventure et l'inspiration sont cruciales pour les jeunes scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs. Beaucoup des gens les plus influents que j'ai rencontré, en fait la majorité, sont toujours des lecteurs de SF. De Jules Verne à H. G. Wells, en passant par Sir Arthur C. Clarke, le vingtième siècle fut formé par des visions exprimées pour la première fois en SF – le vol spatial, l'ère nucléaire, les révolutions médicale et biologique variées et continuelles. Bien sûr les scientifiques et les ingénieurs font le travail difficile et la plupart des tâches lourdes !

Greg Bear, Gregory Benford, Greg Egan... Le prénom Greg recèle-t-il un pouvoir spécial qui permet de devenir un bon écrivain de SF ?

Greg Bear : Cela semble tout à fait possible ! Nous avons du étendre notreclub des Killer Bs au fil des années, incluant un V, Vernor Vinge... et peut-être que nous devrions aussi introduire tous les Greg. Evidemment ne négligeons pas les George George Zebrowski, George Orwell, George Clayton Johnson, George O. Smith, ou les Z, Roger Zelazny – ou bien revenir aux R, avec Robert Silverberg. Quel jeu cela pourrait être ! Je regarde mes étagères de livres et je vois aussi une grosse concentration dans les H... Et maintenant il y a une autre Bear, Elizabeth.

En tant que lecteur, particulièrement sur vos premières lectures de SF, y a-t-il un ou plusieurs livres qui vous ait profondément marqué ; le genre d'ouvrage qui vous fait dire « voilà ce que je veux écrire» ?

Greg Bear : Au début des années 1960, quand j'avais dix ans, ma grand-mère m'a envoyé quatre livres de SF qui ont eux une grande influence sur moi. Le premier fut un roman Tarzan d' Edgar Rice Burroughs, le suivant La curée des astres d'E. E. Smith, le troisième Starship de Brian Aldiss et le dernier un roman de John Wyndham, Out of the deeps. Quelle palette impressionnante de livres ! A ce moment je lisais encore les ouvrages de Jonathan Swift, mais rapidement je commençais à lire Robert Heinlein, Isaac Asimov, Poul Anderson et un grand nombre d'autres auteurs. Au bout d'un an je lisais pratiquement tout ce qui était en rapport avec la SF. Cependant mon premier véritable roman de SF fut La planète rouge d'Heinlein – emprunté à la bibliothèque locale en 1960 ou 1961. J'ai voulu écrire (et je l'ai fait) des livres similaires à ces romans, excepté peut-être Tarzan...

Y a-t-il, parmi les livres écrit par d'autres auteurs de SF, un dont vous auriez aimé être l'auteur ?

Greg Bear : C'est comme demander s'il y a d'autres enfants dont on aimerait être la mère... En connaissant le travail dur et parfois la douleur folle qu'il y a à écrire un roman, je préfère lire le travail de quelqu'un d'autre et l'apprécier sans avoir à subir les efforts impliqués ! Il y a beaucoup de romans que j'admire et même quelques-uns que j'ai utilisé comme exemple pour mes propres livres. Tous à Zanzibar de John Brunner me vient à l'esprit, ainsi que La cité et les astres d'Arthur C. Clarke, et bien sûr Les enfants d'Icare. Mais il y a littéralement des douzaines d'autres livres qui m'ont touché au point d'inspirer mon travail.

 

L'interview de Greg Bear est disponible en VO ici.

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