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Chris Debien sur les terres de la Fantasy

Chris Debien a aiguisé ses armes scénaristiques avec le jeu de rôle (Casus Belli). Auteur des novélisations de Lanfeust, il s'intéresse aussi au thriller et la science-fiction. Avec Les Chroniques de Khëradön, il revient à ses premières amours : l'Heroic-Fantasy.

Par Emmanuel Beiramar
26 novembre 2008 | Mis à jour 26 novembre 2008
Chris Debien sur les terres de la Fantasy
Chris Debien sur les terres de la Fantasy

Comment sont nées Les Chroniques de Khëradön ?


Chris Debien : Avant tout, je tenais à vous remercier d’accorder un peu de place sur votre site à Luther Khëradön et ses Terres Tranquilles…
Comment s’est faite la naissance des Chroniques ?
Dans la douleur et après une longue gestation : rien que du classique en quelque sorte ;) !
Mais pour être plus précis (et un peu plus sérieux…), l’univers de Khëradön s’enracine avant tout dans une multitude d’influences tout à fait assumées et revendiquées : Jack Vance, Sprague de Camp, JRR Tolkien, Michael Moorcock pour la littérature mais aussi le cinéma avec Conan, La Chair et le Sang, Le Seigneur des Anneaux et enfin, évidemment, tous les univers de Fantasy développés pour le jeu de rôle. 
Les Chroniques de Khëradön sont ainsi nées d’un désir de raconter des histoires, désir qui n’a cessé de grandir au fil de mes découvertes, de mes rencontres en tant que lecteur ou que spectateur : c’est à travers leurs personnages (Elric !), leurs récits que j’ai senti le besoin d’écrire me démanger, bien longtemps avant que je ne me jette à l’eau. C’est donc avant tout d’une envie de lecteur que ce projet est né…
Ensuite ? Et bien, il y a eu la rencontre avec mon complice de toujours, Pat (Patrick Bousquet alias Patrick Bauwen) qui m’a initié aux jeux de rôles et à leurs univers foisonnants. C’est ainsi que nous avons appris à bâtir des synopsis, des scénarios qui ont d’ailleurs eu l’honneur d’être publiés dans le mythique magazine Casus Belli (merci à Didier Guiserix et Pierre Rosenthal de nous avoir fait confiance à l’époque). De là, nous sommes « entrés » chez Hachette par la « petite » porte de la novélisation et notre première expérience a été… Lanfeust de Troy ! De la Fantasy, toujours de la Fantasy !
Enfin, Khëradön s’est presque construit par hasard : en effet, à l’origine, il ne devait s’agir que d’un « petit » projet pour la jeunesse dans lequel une poignée de héros naviguaient entre un futur proche et un passé similaire à celui des Terres Tranquilles…
Et puis, petit à petit, j’ai commencé à prendre un réel plaisir à développer les récits du versant « Fantasy » : les premières créatures fantastiques ont commencé à pointer le bout de leur nez, Luther s’est rapidement imposé, phagocytant toute l’histoire. Je crois, qu’au fond de moi, je brûlais depuis longtemps de développer un univers de Fantasy « Chris Made » mais, écrasé par toutes les références qui avaient bercées mes jeunes années, je n’osais tout simplement pas. C’est donc en forgeant, que je suis devenu forgeron…

 

On sent l'influence des jeux de rôle dans L'éveil du Roi. En quoi était-il important que cela apparaisse dans votre livre ?

Chris Debien : La raison en est toute simple comme vous avez pu le voir dans ma première réponse : c’est de là que je viens en quelque sorte, c’est grâce aux jeux de rôle que j’ai appris à construire une histoire, à « croquer » des personnages, à ménager le suspense, à distiller le mystère… Bref, je ne m’imaginais pas renier mes origines !
D’autant que le milieu du jeu de rôle pâtit souvent d’une réputation sulfureuse ou d’une image de « geek » excessive alors que c’est un véritable vivier d’auteurs talentueux et d’illustrateurs fantastiques : je me demande d’ailleurs pourquoi les éditeurs ou les producteurs ne s’intéressent pas plus à ce véritable filon en or !

 

Dans vos remerciements, vous citez plusieurs auteurs dont deux français : Brussolo et Loevenbruck. Pourquoi ces deux écrivains en particulier ?


Chris Debien : A vrai dire, au moment de rédiger les remerciements, les noms de ces deux auteurs me sont venus spontanément (même si j’aurais pu citer aussi Xavier Mauméjean, Fabrice Colin et bien d‘autres…) car ils incarnent à mes yeux deux « rencontres » toutes particulières qui m’ont marquées en tant que lecteur : Brussolo avant tout en raison de ses univers inimitables et foisonnants, de son imaginaire hors du commun et de ses histoires où s’entremêlent merveilleux, horreur, poésie et humanisme. Brussolo représente en effet pour moi un véritable idéal littéraire.
Quant à Henri Loevenbruck, je pense que si la Fantasy « à la française » a pu atteindre un large public c’est en grande partie grâce à son splendide cycle de La Moïra… En plus, j’ai eu la chance de le croiser dans un ou deux salons littéraires et je peux vous dire que c’est un chouette type !
Mais c’est promis, dans les autres tomes des Chroniques, je n’oublierai de citer les dizaines d’auteurs de grand talent que nous comptons de ce côté-ci de l’Atlantique ! C’est vrai quoi, il n’y a pas que les anglo-saxons qui savent faire de la Fantasy !

Vous parlez également du travail primordial de vos deux éditrices. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Chris Debien : Avec grand plaisir ! Je suis vraiment content que vous me posiez cette question car en général, on évoque très peu (voire pas du tout) ces travailleuses de l’ombre… A qui on attribue, à tort, un rôle uniquement commercial !
En effet, que ce soit Charlotte Ruffault ou Caroline Guillot, ce sont elles qui ont accompagné le projet du début à la fin, elles qui ont toujours été à mes côtés dans les moments de doute, elles qui ont contribué à faire de Khëradön ce qu’il est à présent. Et pour reprendre la métaphore de la naissance et de l’accouchement que l’on attribue souvent au travail littéraire, je dirais qu’elles sont à la fois les obstétriciens et les sages-femmes de cette trilogie : le « bébé » est bien issu de mon imaginaire et de ma plume mais il a bien fallu guider ses premiers instants de vie pour que tout se passe au mieux !
Le travail de direction éditoriale est complexe, oscillant entre les encouragements et les « rappels à l’ordre », aiguillonnant sans cesse l’auteur afin qu’il reste centré sur son histoire, ses personnages... sans oublier le lecteur ! Il est en effet particulièrement difficile, lorsque l’on écrit, de disposer de suffisamment de recul sur sa propre histoire et il n’est pas rare que nous cédions à la tentation de la facilité ou du récit obscur.
Ce sont elles qui m’ont obligé à sans cesse me corriger, m’améliorer… sans aucune concession ! Et pourtant, en fin de compte, il n’y a eu qu’une seule scène censurée, une seule coupe : un passage érotique particulièrement « torride »… qui fera peut-être l’objet d’une édition spéciale !
 

Il est parfois difficile de cerner le public auquel est destiné Les Chroniques de Khëradön : l'apparence du livre ressemble à un livre jeunesse et pourtant les sujets traités à l'intérieur sont très sombres. Selon vous, à quel public s'adresse votre livre ?

Chris Debien : Avant de répondre, je vais plutôt vous retourner la question : se posait-on le problème en ces termes il y a, disons, une dizaine d’années ? Ce que je veux dire c’est qu’avant Harry Potter grosso modo, peu de gens se posaient la question de savoir si un récit de Fantasy était destiné à la « jeunesse » ou aux « adultes » ! C’est plutôt une invention marketing…
Le Seigneur des Anneaux est-il un récit « jeunesse » ou « adulte » ? Franchement, j’aurais beaucoup de difficulté à répondre tant il me paraît fondamental de faire découvrir une telle œuvre à un large public.
En ce sens, Les Chroniques de Khëradön ne se démarquent pas des récits classiques : elles abordent des thèmes universels car j’ai surtout voulu m’intéresser aux personnages avant de développer un univers.
Il y est donc question d’amour, d’amitié, de trahison, de cruauté, de sexualité et de tous les aspects plus ou moins ambivalents de la personnalité de tout un chacun : bref de tout ce qui caractérise un être humain ! D’ailleurs, lorsque Charlotte Ruffault m’a demandé de développer ce projet, son mot d’ordre a été : « Vas-y, lâche toi, écrit d’abord une histoire intéressante… ».
Bref, je pense que les Chroniques ne sont pas destinées à des enfants si c’est ce que désigne le terme « jeunesse » mais plutôt à de grands adolescents et à des adultes jeunes… et surtout à tous ceux qui aime la Fantasy !

 

Le récit, d'abord centré sur le Roi, s'intéresse rapidement à d'autres personnages. En quoi était-il important pour vous de faire évoluer plusieurs personnages en parallèle ?

Chris Debien : Pour vous répondre, je vais quitter les références littéraires pour citer deux influences majeures qui ont eu d’importantes répercussions sur ce récit : Pulp Fiction de Quentin Tarantino, tout d’abord, qui s’intéressent à plusieurs destins qui se croisent et s’entrecroisent et surtout la série Heroes dont je me suis (je l’avoue sans peine), largement inspiré.
Lorsque j’ai commencé à m’immerger dans cette série, j’ai franchement été bluffé par le travail des scénaristes : parvenir à tenir le spectateur en haleine, sans le perdre, tout en lui faisant suivre les trajectoires simultanées d’une dizaine de personnages à la fois !
Et puis, cet abord m’a permis de dynamiser le récit, de lui donner un rythme inhabituel pour ce genre de roman : je crois même que c’est en ce sens que les Chroniques se démarquent des autres produits notamment anglo-saxons.

 

Dans votre livre, il y a plusieurs illustrations, des citations diverses, des écussons en début de chapitre mais pas de carte. Pourquoi ?

Chris Debien : Argh, la question qui tue ! Euh, comment dire… Disons que j’ai pris un certain retard dans le dessin de la carte et surtout que ce satané dessinateur de Pascal Quidault, nous a pondu une dracoliche à tomber : ces deux facteurs ont fait préférer la dracoliche mais promis, dans le prochain tome, il y aura une magnifique carte… illustrée par Pascal !

 

Que pouvez-vous nous dire sur les volumes suivants de la série ?

Chris Debien : Une chose que je vous avoue du bout des lèvres : j’ignore totalement ce qui va se passer à la toute fin de la trilogie ! En effet, j’ai besoin, tout comme le lecteur, d’être surpris par mes personnages…
Mis à part cela, je peux vous révéler que le point de départ du second tome sera particulièrement noir… Alors jeunesse ou adulte ? Et bien, l’univers des contes est souvent sombre voire toujours cruel lorsqu’ils n’ont pas été expurgés mais surtout j’ai voulu explorer certains sentiments jusqu’au bout : j’en avais marre de ces héros qui traversent des centaines d’épreuves sans douter, sans être un tantinet humain…
Mais il n’y aura pas que cela : les lecteurs vont aussi être immergés dans un univers marin pour le moins déroutant, découvrir les secrets mythologiques de la lointaine région nordique de Vëlh-Lähn et assister à l’émergence d’un formidable mouvement de résistance... Il faudra bien cela pour contrer une Reine Noire alliée avec les forces impies de l’Infër… Bref, un zeste de Seigneur des Anneaux, une pincée de DragonLance, quelques touches d’Hellraiser, le tout mâtiné de Heroes et d’un poil d’Elric revisité par Hellboy… Un sacré cocktail !   

 

Avez-vous déjà d'autres projets ?

Chris Debien : Oui, oui et oui ! Deux autres romans de Fantasy qui exploiteraient des personnages secondaires laissés de côté dans les Chroniques, une série de romans policiers très noirs et aussi des envies de science-fiction, d’anticipation pour être plus exact !
Mais surtout je vais m’efforcer de figurer un jour parmi les coups de cœur et les meilleures ventes de votre site ;) !

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