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Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés

Jonathan King est un réalisateur néo-zélandais... tout comme Peter Jackson. Et tout comme Peter Jackson, il débute sa carrière par un film d'horreur qui restera sans doute dans les annales. Black Sheep, dont les effets spéciaux sont signés Weta, merci Peter, lorgne à la fois du côté de Brain Dead mais également du côté de la trilogie Evil Dead de Sam Raimi.
Bref, il s'agit d'un réalisateur à surveiller de près et qui, espérons-le, suivra la trace de ses prédécesseurs.
En attendant, place à son interview, réalisée lors de son passage à Gérardmer en 2007.
Par Emmanuel Beiramar | Emmanuel Beiramar et traduits par Cyril Lenoble'Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés
19 mars 2008 | Mis à jour 19 mars 2008
Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés
Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés
Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés
Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés
Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés
Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés
Jonathan King, profession : secoueur de moutons enragés

Black Sheep est sans doute le tout premier où les moutons sont les méchants, comment vous en est venue l'idée ?

Je n'y ai pas vraiment réfléchi, elle m'est venue à l'esprit d'un coup. Et je me suis dit wouah, la Nouvelle-Zélande avec une histoire d'horreur de mouton ! Les gens du monde entier vont trouver que ça colle. Et puis l'idée était si dingue... J'ai dû y réfléchir très sérieusement avant de vraiment me lancer. C'est le jour de l'an, il a 3-4 années. Je me suis assis et j'ai dit : "je viens d'avoir une idée". Bon après il a fallu creuser. J'ai écrit le premier jet  en une semaine me semble-t-il. Je l'ai relu il y a peu de temps et presque tout était sur ce premier jet, mais il y avait évidement des manques. Les grandes lignes y étaient, mais on a bien sûr amélioré tout ça après...

Gore et Nouvelle-Zélande : vous connaissez sûrement les films de Peter Jackson...

Je connais ses films et mais je ne le connais pas personnellement. Mais c'est une source d'inspiration pour moi, j'ai adoré ses films. Le fait qu'ils aient été faits en Nouvelle-Zélande m'a aussi prouvé que cela était possible.

A-t-il été facile de faire participer Weta workshop à votre projet ?

Plutôt facile en fait. Nous avons donné le script à Richard Taylor et il a dit avoir adoré. Il a voulu être impliqué dans le projet. Ce qui était incroyable, d'autant plus qu'ils étaient sur King Kong à ce moment-là. Ç'a été vraiment généreux de sa part. Ils sont devenus plus ou moins les stars du film et cela a aidé à faire le film, ce qui génial.

Pendant le tournage aviez-vous à l'esprit de faire un film culte dans le même esprit que le "Bad taste" de Peter Jackson ? D'ailleurs dans Bad taste, il y a un mouton et dans votre film, il y en a 200...

Je ne crois pas que l'on puisse décider de faire un film culte. Si on essaie je crois que l'on a beaucoup de problèmes. On ne fait pas le choses parce qu'elles soient cultes ou autres choses. Je me suis beaucoup amusé, j'ai fait des clins d'oeil à d'autres films. Mais j'avais surtout envie de faire ce film, d'utiliser les idées que j'avais, de me mettre au service de ces idées et d'apprécier ce que nous faisions. Et si vous l'appréciez également, alors c'est fantastique.

Pourquoi avez-vous choisi de tourner en cinémascope ?

Parce que je voulais que l'on voit le paysage qui est très important... C'est sur les moutons, où ils vivent, d'où ils viennent. Je voulais avoir ce sentiment d'un grand film, et pas d'un film qui sorte directement en DVD (enfin ça, on n'y peut pas grand-chose). Et puis j'aime les films en cinémascope, ça donne un aspect génial? Je voulais donc le faire comme ça. Quand on fait son premier film on veut qu'il nous ressemble le plus possible.

Plutôt que d'utiliser des effets spéciaux numériques, vous avez utilisé des effets spéciaux classiques, pourquoi ?

Dès le départ cela a été une question de budget. On a vite réalisé que l'on ne pourrait pas s'offrir d'effets numériques, et quand on s'est rendu compte de ça, cela nous a beaucoup aidé à comprendre le type de film que nous voulions faire. C'est un film de monstres à l'ancienne, et les gens de Weta étaient très enthousiastes car ils adorent ce genre de trucs : c'est pour cela qu'ils ont eu envie de faire ce métier. Je pense que c'était ce qu'il y avait de mieux pour le film car tout ce que l'on voit passe directement de la caméra jusqu'à l'écran. Et même si l'on sait que ce n'est pas réel, on le voit vraiment se passer. Si vous arrivez à vous dire que vous y croyez dès le début du film, vous allez l'apprécier en entier. Les images générées par ordinateurs me paraissent un peu froides, et peuvent ne pas paraître réelles. Elles ne vous impliquent alors pas de la même façon.

Comment avez-vous fait courir le troupeau de moutons du haut de la falaise vers la mer ? Par des effets numériques ?

Oui, là il s'agit d'effets numériques. C'est la seule scène du film avec des effets numériques car on a eu l'opportunité de la faire avec des effets numériques. Tous les autres moutons sont vrais...

Il y a une scène dans laquelle vous rendez hommage au "Loup-garou de Londres"...

Tout à fait, tous les gens impliqués dans le film aiment Le loup-garou de Londres. Et je voulais une scène de transformation. Nous en avons donc parlé. Ce film a plus de 25 ans, et pour moi on n'a jamais fait mieux comme scène de transformation en loup-garou. Je trouve horribles les transformations par effets numériques. J'ai lu que cette scène avait été tournée en 5 jours, nous avons fait en moins la nôtre en moins d'un jour ! Je suis très satisfait du résultat auquel nous sommes arrivés mais l'équipe du loup-garou est toujours championne !

A-t-il été difficile de faire travailler les moutons ?

Oui ! Les dresseurs ont fait un travail formidable avec ces moutons : ils venaient quand on les appelait. Un mouton pouvait mener le troupeau, un mouton pouvait avancer et s'arrêter à une marque... c'était vraiment fantastique. Ils ont fait vraiment énormément mais pas plus qu'il n'est possible. Alors nous avons dû jouer en faisant très attention à qui faisait quoi. Nous avons fait un important travail de storyboard en expliquant s'il s'agissait de vrais moutons ou de marionnettes. Nous avons dû faire attention à tout ça et être prêts à faire des compromis tous les jours pour avoir de bonnes scènes, même si ce n'étaient pas forcément les idées originales. Parfois c'est très facile à écrire mais beaucoup moins à faire. Il y a des moments dans le film où cela fonctionne bien mais je me rends compte que nous avons été particulièrement chanceux !

Votre film utilise plusieurs degrés d'humour, l'un d'eux est équivalent à celui des films de ZAZ (Zucker, Abrahams, Zucker, les pères de "Y a-t-il un pilote dans l'avion"). Vous ont-ils influencé ?

En fait pas vraiment, car Black Sheep commence dans le vrai monde, avec des personnages réalistes, et devient de plus en plus loufoque au fur et mesure du film tout en restant toujours avec des personnages réels. Les films de ZAZ ont une loufoquerie plus profonde ; il n'en est pas de même pour mon film. Pour moi ce n'est donc pas une inspiration consciente. J'aime bien la loufoquerie mais je voulais rester dans les frontières du monde réel.

Il semble qu'il n'y ait pas de limites dans le film (la zoophilie par exemple). Vous êtiez-vous imposé des limites durant le tournage ?

Non, nous n'avons pas mis de limites. Mais les Australiens et les Britanniques se moquent tout le temps des Néo-Zélandais au sujet des moutons. Ils nous appellent les secoueurs de moutons (rires). Alors nous nous sommes dit que ça devait apparaître quelque part dans le film. Au fur et à mesure de l'écriture ça venait plus ou moins vers le début et c'était plus ou moins extrême. Mais la peur de la censure n'a pas était prise en compte ; plutôt l'aspect amusant de la chose... Je crois que quand on regarde le film maintenant on se dit : "Ils ne vont pas le faire.. non... peut-être... non... ils ne l'ont pas fait... mais si, ils l'ont fait ! ". Cest vrai qu'il y des moments extrêmes mais je ne voulais pas mettre de limites. J'ai été loin aussi que possible avec l'argent et le temps que j'avais ! Nous avons dû tourner très vite, nous n'avions pas beaucoup de temps. La grosse attaque sanglante a été tournée en une seule journée avec deux caméras. Mais nous nous sommes vraiment amusés pour cette scène : l'acteur a réellement une jambe artificielle, et il s'est vraiment pris au jeu. Nous nous sommes dit qu'il devait jeter sa fausse jambe sur les moutons. Les seules limitations sont venues du temps et de l'argent.

Du point de vue de l'étranger, Peter Jackson représente le cinéma néo-zélandais. Il a commencé comme vous avec des films gore amusants pour ensuite réaliser "Le Seigneur des Anneaux" et "King Kong". Avez-vous les mêmes attentes pour votre avenir ? Des films plus sérieux ?

Je veux continuer à faire du fantastique. Comme lui d'ailleurs : tous les films qu'il a faits contiennent des éléments de fantastique. Mais sa carrière est tellement extraordinaire que je ne crois pas qu'il avait espéré ou planifié d'avoir autant de succès. Je ne pense pas en avoir autant. L'une des choses qui m'inspire le plus chez lui, c'est qu'il a fait de gros films avec d'énormes budgets en Nouvelle-Zélande. Il ne les a pas fait à Hollywood. Je voudrais pouvoir faire ça :  réaliser les films que je veux et choisir où je les fais.
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