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David Camus au coeur des légendes

David Camus est né à Grasse, en 1970. Après avoir fait des études littéraires et s'être essayé aux films documentaires, il rencontre Patrice Duvic, directeur de la célèbre collection Pocket TerreurDavid Camus entre alors aux éditions Pocket comme codirecteur de collection. En 2002, il démissionne pour écrire ce qui sera son premier roman publié : Les Chevaliers du Royaume. Depuis, David Camus navigue entre la traduction et l'écriture. Il travaille actuellement sur le troisième volume de sa grande fresque, Le Roman de la Croix, qui devrait sortir courant 2010 et sera intitulé Crucifère.

Fantasy.fr l'a interviewé à l'occasion de la sortie du deuxième tome, Morgennes, publié aux éditions Robert Laffont.
Par Emmanuel Beiramar | 'David Camus au coeur des légendes
14 mars 2008 | Mis à jour 14 mars 2008
David Camus au coeur des légendes
David Camus au coeur des légendes
David Camus au coeur des légendes

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de vous lancer dans l'écriture de cette saga ?

A partir du moment où j’ai pris la décision d’écrire les 5 tomes du Roman de la Croix, je n’ai pas attendu si longtemps. La décision a été prise en mai 2001. Or, le temps de faire mon plan et de réunir ma documentation, je m’y suis attelé dès janvier 2002. Il fallait d’abord que je démissionne de mon travail de directeur de collection chez Pocket.
En revanche, la décision de sauter le pas de la publication a été plus longue à prendre. Mettons que j’avais quelques petites choses à régler, avant d’accepter d’être publié…

Vous semblez avoir eu de nombreuses influences tant littéraires que cinématographiques. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Mes influences sont en effet nombreuses et variées. Sur le plan littéraire, on peut citer Le Seigneur des Anneaux  (Tolkien), Salammbô et La légende de saint Julien L’hospitalier (Flaubert), Le Nom de la rose (Eco), Dostoïevski, Kipling, Conrad, Kessel, Stevenson, Stephen King, Philip K Dick, Lovecraft, Robert Howard, Fritz Leiber, Ursula K. Leguin, Victor Hugo, Balzac et beaucoup, beaucoup d’autres auteurs. Ça va peut-être vous paraître bizarre, mais même le Sylvie de Gérard de Nerval a été une influence majeure (rapport au temps, au rêve et à l’espace)… On peut aussi parler des auteurs du Moyen Age (Chrétien de Troyes, Rabelais, Marco Polo, Le livre du Graal, Les Mabinogions…) et de l’Antiquité (Platon, Ovide, Thucydide et Strabon), sans oublier les auteurs arabes… Désolé, mais il est impossible de tous les mentionner. 

Sur le plan cinématographique, La communauté de l’anneau (seul épisode de la trilogie à être sorti au moment où je me suis lancé dans l’écriture du tome I), Gladiator, La chair et le sang, Les VikingsLe septième sceau, Conan le barbare… Mais je n’ai jamais voulu faire « un scénario romancé ». J’ai toujours travaillé au plus près de ce qu’un livre doit être, tout en m’attachant à l’aspect visuel de mon roman. 

Enfin, cette réponse ne serait pas complète si je ne parlais pas des bandes dessinées. Hugo Pratt, Hergé et Moebius (et Jean Giraud) m’ont grandement influencé. Chaque fois, je me demandais : « Comment tel ou tel dessinateur aurait-il rendu telle scène, tel décor ? » (Exemple, l’Oasis des moniales dans Les Chevaliers du Royaume, fortement influencée par les Blueberry de Charlier et Giraud.) 

Pourquoi avoir intégré de l'imaginaire dans votre récit ? Lisez-vous de la Fantasy ? De quelle œuvre votre saga pourrait-elle se rapprocher ?

Dès l’origine, il s’agissait de parler de guerre et de religion. Or, qui dit religion, dit merveilleux, dit étrange et fantastique… Pour moi, tout cela est lié. J’aime les romans dits « réalistes ». Paradoxalement, il m’a semblé que si je voulais faire un roman réaliste se déroulant à cette époque, je ne pouvais pas ne pas tenir compte du regard que les habitants du XIIe siècle portaient sur leur monde. Je suis donc parti du postulat qu’il s’agissait de donner vie à une multiplicité de regards sur une époque et un monde, plutôt qu’à une époque ou un monde. Sans compter que j’aime effectivement les œuvres de fantasy, et que j’ai cherché avec ce cycle à retrouver l’immense bonheur que j’avais eu à 13 ans en lisant pour la première fois Le Seigneur des Anneaux.  D’une certaine façon, j’ai écrit le livre que j’aurais adoré lire à 13 ans. J’ai beaucoup lu de fantasy autrefois, mais j’ai souvent été déçu… Aujourd’hui, je n’en lis plus.  Mais je relis régulièrement Robert Howard, Fritz Leiber et Ursula K. Le Guin (ainsi que, dans un genre légèrement différent, Lovecraft et Philip K Dick). 
(Pour l’anecdote, quand je jouais aux jeux de rôles, les mondes dans lesquels je faisais jouer mes joueurs étaient tirés du Cycle des épées ou de Terremer.)

Aimeriez-vous voir votre œuvre adaptée ? Qui verriez-vous comme réalisateur, comme acteurs principaux ?

Il a été très tôt question d’une adaptation cinématographique, et il en est toujours question. Aujourd’hui, Guillermo del Toro me semble le réalisateur idéal pour cette saga. Il faut quelqu’un connaissant le fantastique, l’horreur, et en même temps capable de rendre avec finesse des situations psychologiques ambigües, où violence et humour se côtoient, se mélangent même, parfois. Quant au casting, je ne sais pas. Probablement des inconnus. Quant à savoir si j’aimerais ou non voir  cette œuvre adaptée, la réponse est évidemment oui – à condition que je sois surpris. Il faudrait donc que l’adaptation s’éloigne beaucoup du livre. (De toute façon, le livre est construit de telle manière qu’un éventuel « adaptateur » ne pourrait faire autrement que de s’en éloigner.)

Pourquoi avoir décidé de revenir sur la jeunesse de Morgennes dans ce deuxième tome ?

C’est ce qui était prévu dès le début. L’action du premier tome, Le Cœur de la Croix (rebaptisé Les Chevaliers du Royaume par mon éditeur), se situe, comme son titre l’indique, au cœur d’une croix formée par 5 romans, deux se déroulant avant Les Chevaliers du Royaume, deux se déroulant après. D’une certaine façon, on pourrait dire que Morgennes est « le pied de la croix ». C’est aussi pour cela que l’action se déroule sur une période de temps beaucoup plus longue (plus de trente ans) que celle des Chevaliers du Royaume (environ 3 mois). 

L’idée, c’est de composer une mosaïque, ou d’écrire une fresque – pas une série de romans se déroulant les uns à la suite des autres. Je trouve triste d’être obligé de lire un tome I avant un tome II, un tome II avant un tome III… Je trouve triste d’avoir à « sérier », « ordonner », « hiérarchiser » les romans. Avec Le Roman de la Croix, vous êtes libre. C’est vous qui choisissez l’ordre dans lequel vous voulez lire cette œuvre, vivre cette expérience. Si je compte bien, comme ma fresque comportera 5 romans, vous aurez 120 façons de la découvrir…

Chaque tome (fragment) peut être lu indépendamment des autres.  Un lecteur pourrait très bien décider de lire Morgennes puis Les Chevaliers du Royaume. Ce n’est  pas un problème. Je veux montrer que face à une situation donnée, beaucoup d’autres paramètres existent – paramètres auxquels nous n’avons pas accès immédiatement, et qui nous échappent. Je veux  être au plus près de la vie. Or, dans la vie, quand je rencontre quelqu’un, je ne connais pas toujours son passé. Il arrive souvent que celui-ci me soit révélé plus tard. C’est le cas ici, avec Morgennes.

Pourquoi avoir choisi d'écrire cinq volumes pour le cycle du Roman de la Croix ? Avez-vous déjà en tête le synopsis des autres volumes ?

L’histoire que je veux raconter, les thèmes que je souhaite aborder, sont trop riches pour être traités en un seul volume. Surtout, cela aurait été en total contradiction avec mon projet, qui implique de donner vie à de de multiples points de vue. La « vérité » ne saurait jaillir d’un seul volume, d’une seule voix, d’un seul regard. Il y en a toujours un autre… Une autre vérité, un autre livre, une autre voix, un autre regard, qui viennent jeter un nouvel éclairage sur mon œuvre et mes personnages. Non pas pour les contredire, mais pour les nuancer. Les compléter, les enrichir… 

Le Roman de la Croix comporte effectivement 5 romans.  1 pour chaque extrémité de la croix, 1 à l’intersection (Le Cœur de la Croix – autrement dit Les Chevaliers du Royaume). Oui, j’ai déjà les grandes lignes des trois prochains romans – bien obligé, puisque j’y fais allusion dès Les Chevaliers du Royaume et Morgennes.

Devra-t-on attendre trois ans avant de découvrir le troisième volume de la saga ?

J’espère que non. Morgennes est sorti avec un an de retard sur le planning prévu. (Deux ans étaient prévus entre chaque livre – le temps d’oublier…) Mais ce sont des livres vraiment compliqués à écrire. Ils demandent énormément de documentation – et il y a de grandes différences entre l’année 1187 (année durant laquelle se passe l’histoire des Chevaliers du Royaume) et les années 1130-1170 – années durant lesquelles se déroule l’action de Morgennes. Par ailleurs, je veux vraiment connaître un maximum de choses de la vie de cette époque – tant sur le plan culturel qu’économique, spirituel que politique ou militaire… C’est vraiment énormément de travail. Je veux bien prendre des libertés avec l’Histoire – et j’en prends – mais je veux savoir précisément lesquelles.
Enfin, mes livres ne sont pas courts – sans compter que les romans publiés sont des versions raccourcies de mes manuscrits. (Raccourcies d’environ 25%.) Je retravaille beaucoup mes manuscrits, dont il existe plusieurs versions.  Je dois faire très attention aux nombreuses allusions que je fais aux autres romans de ma fresque et me demander sans arrêt : « Quelle place laisser au mystère, à l’inconnu ? » 

Chaque roman comporte de nombreux secrets, qu’un lecteur assidu (et peut-être un peu fou ?) peut mettre au jour : identité de Taqi, de Morgennes, allusions discrètes à tel ou tel auteur que j’admire (Lovecraft), phrases piquées à tel ou tel politicien contemporain (Chirac, Balladur…)… Surtout, je dois avoir à chaque fois l’ensemble des 5 livres en tête en écrivant chacun de mes tomes ; pour ne rien vous cacher, j’ai bien souvent l’impression que ma tête n’est pas assez grande pour les contenir tous. D’où mon extrême lenteur, et mes innombrables relectures… 
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