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Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan

Juan Antonio Bayona est né en 1975 à Barcelone. Il a fait des études de cinéma à l'ESCAC (école de cinéma et d'audiovisuel de Catalogne). L'orphelinat, produit par Guillermo del Toro, est son premier long-métrage. 

Fantasy.fr l'a interviewé en compagnie de DVDAlliance et FilmsActu durant la 15e édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer où il présentait son film.
Par Emmanuel Beiramar | Emmanuel Beiramar et retranscrits par Cyril Lenoble'Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan
5 mars 2008 | Mis à jour 5 mars 2008
Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan
Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan
Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan
Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan
Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan
Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan
Juan Antonio Bayona ou le complexe de Peter Pan

Vous avez fait des courts-métrages et des vidéo clips, comment êtes-vous arrivé sur le scénario de Sergio G. Sánchez ?

J'ai assisté à la projection d'un court-métrage nommé 73-37 à un festival de cinéma et il m'a beaucoup touché. J'ai  rencontré son réalisateur et il m'a parlé de son projet de scénario pour L'orphelinat qu'il traînait depuis 8 ans et pour lequel il avait du mal à trouver des financements. Comme je connaissais une boîte de production pour laquelle je faisais des pubs ainsi que Guillermo del Toro, je lui ai demandé si je pouvais m'occuper du projet et trouver moi-même de quoi le réaliser. Il était d'accord et c'est comme cela a commencé.

On distingue 3 parties dans le film : d'abord la mise en place avec l'histoire du jeu, l'horreur avec les fantômes ensuite, et enfin l'émotion. Pourriez-vous nous expliquer vos choix ?

Lorsqu'on a discuté avec le scénariste de la façon dont on pourrait simplifier l'histoire, on a distingué 3 parties : L'enfant voit des fantômes, les personnages ne savent pas quoi faire, et la partie où la mère voit des fantômes. Ce que je voulais monter dans le film, c'est une régression de la mère vers l'enfance. A la fin on la voit même habillée en enfant. C'est un voyage qu'elle mène vers l'enfance, vers l'irresponsabilité, vers la fuite des obligations qu'entraîne la vie adulte. Pour moi, c'est ce voyage qui relie les 3 parties. Ma partie préférée est la deuxième, c'est là que l'on met l'accent sur le désenchantement et c'est ce à quoi je m'identifie.

Votre film a une approche très classique en total opposition avec les films très réalistes que l'on voit en ce moment au festival : "Cloverfield", "REC", "Diairy of the dead". Pourquoi avoir opté pour ce style très classique ? Et que pensez-vous de ces films de terreur très réalistes?

Je crois que dans le cinéma, il est question d'émotion et non pas de raison. Dans mon travail, je ne cherche pas à contredire les autres mais je cherche à l'intérieur de moi ce que j'ai envie de montrer. Il est clair que j'ai assimilé ce que j'ai pu voir dans d'autres films, chez d'autres réalisateurs, depuis que je suis tout petit. Mais je ne me sens pas en contradiction avec les autres. Je pense que la réalité n'existe pas dans le cinéma, la réalité qu'on voit dans REC est juste l'interprétation de la réalité. Ce qui m'intéresse n'est pas la réalité mais la vérité que je peux construire dans mes films.

Vous attendiez-vous à ce que les spectateurs pleurent à la fin du film ?

À la fin du film, il y a une sublimation des sentiments, il y a une exagération parce que le personnage est poussé jusqu'au bout de ses forces. On a alors besoin de beaucoup de Fantasy pour contrebalancer toutes les émotions qu'elle a éprouvées. Ce qui me rapproche de Guillermo del Toro, c'est précisément la bonté. Je suis convaincu que les personnes sont belles et bonnes. Et c'est pour cela que je ne vois pas du tout dans mon film une interprétation politique que certains ont voulu lui donner. Pour moi c'est l'histoire d'une mère très humaine qui souffre, et pour moi comme pour del Toro, l'être humain a un fond très bon et il doit faire face à un monde cruel et méchant. Mon personnage ne se comporte pas comme une héroïne mais juste comme quelqu'un qui souffre.

C'est justement ça qui nous rapproche d'elle.

On en a beaucoup parlé avec Guillermo del Toro et je lui ai dit que si j'étais grand et beau, je ne ferais certainement pas des films comme L'orphelinat... Toujours est-il que je m'identifie plus à l'erreur qu'à l'héroïsme, c'est pour ça que le personnage est comme il est.

Pourquoi avoir choisi comme lieu de l'intrigue un orphelinat pour handicapés ?

L'orphelinat représente l'état mental du personnage et c'est le lieu qui représente le bonheur de l'enfance, c'est l'endroit qui nous renvoie à tous les plaisirs que l'on avait étant petit. Laura, en plus que d'incarner le complexe de Peter Pan, de vouloir fuir les responsabilités de la vie adulte, incarne également le complexe de Wendy, une femme qui veut s'occuper de tout le monde, être une mère pour tous. Le personnage concentre les deux aspects, je trouve ça très poétique et très humain, comme une sorte de maternité irresponsable.

Avez-vous vu le film "Saint Ange" ?

Non. Mais je sais que les deux films sont très semblables. En Espagne, Saint Ange s'appelle L'internat ! Lorsque je préparais L'orphelinat et que j'ai vu l'affiche de L'internat, j'ai râlé... Et je n'ai pas voulu voir ce film, ça m'a fait un peu peur... 
Pendant je préparais L'orphelinat, un film lui ressemblant sortait tous les 2-3 mois ! Un jour, j'ai vu en salle un film qui s'appelle The Dark et je me suis dit : "Tiens ! c'est le mien !" J'étais désespéré et j'en ai parlé à Guillermo del Toro qui m'a rassuré en me disant que les éléments du genre et du cinéma gothique reviennent tout le temps et que ce n'était pas nouveau. De plus dans L'orphelinat, il y a beaucoup d'émotion et l'émotion est quelque chose de vrai qu'on ne peut pas aller puiser dans un roman ou dans un autre film. C'est pour ça que je suis très fier de L'orphelinat et c'est ça qui le distingue des autres films du genre.
Ce que je reproche souvent au cinéma d'aujourd'hui, c'est son incapacité à transmettre ce qu'il veut raconter. Quand je vais au cinéma, j'ai plus l'impression de voir une bande-annnonce que de voir un film. Dans L'orphelinat, j'ai pris le temps de développer les personnages et de faire attention aux détails, de ne pas bombarder le spectateur d'informations.

C'est ça qui fait que l'on se souvient d'un film ou pas !

Il y a une leçon que j'ai tirée de mon école de cinéma, c'est que lorsque l'on filme un objet pendant longtemps, il prend vie et devient très inquiétant ! C'est pour cela que l'on n'a pas voulu avoir beaucoup de personnages : peu de personnages, une histoire simple et un seul lieu. J'ai voulu "déshabiller" le film au fur et à mesure de son avancement, de tout garder à son strict minimum. Dans mon film, il y a juste un méchant qui meurt à la moitié de l'histoire, il y a les enfants qui disparaissent mais le mystère est résolu 20 minutes avant la fin. Qaund on arrive au bout du film, elle est seule, il n'y a pas de son, pas de musique, pas de dialogue, et on a un personnage qui ne sait pas quoi faire,  qui ne sait pas où aller. C'était ma façon de traduire cette idée dont j'ai parlé, filmer un objet tellement longtemps qu'il en devient inquiétant.

Vous venez du vidéo clip, où la caméra bouge en permanence, or, vous n'avez pas peur du plan fixe dans "L'orphelinat" même s'il y a beaucoup de plans en mouvement.

J'essaie de visualiser le film dans ma tête et ce que l'on voit à l'écran, c'est ce que j'ai pu visualiser dans ma tête. J'aime bien la façon traditionnelle américaine de construire un film plan par plan. J'admire Shyamalan qui place la caméra là où il raconte l'histoire mais pas où on imagine qu'elle va aller. Mais moi, je ne sais pas travailler de façon rationnelle. Pour moi, le cinéma ce n'est que de l'émotion. Je m'identifie à Polansky dans ce qu'il dit sur les bonus des DVD : il arrive sur le tournage et il dit par-là ! par-là ! Il travaille de façon intuitive. Bien que j'admire  Shyamalan, ce n'est pas du tout ma façon de travailler. Ce qui me fait plaisir dans la réalisation d'un film c'est la planification et le tournage.

Le film a un côté intemporel, est-ce que c'était voulu ?

Oui, il y a une volonté expresse de ma part de ne pas tout raconter. Je ne voulais pas souligner la temporalité du film. Puisque le film est une régression vers l'enfance, je ne voulais pas placer le spectateur dans une époque précise. Je préfère que ce soit lui qui imagine à quelle époque l'histoire se déroule.

Dans votre film, les enfants sont malades et difformes. S'agit-il de thématiques qui vous touchent beaucoup ?

Le fait qu'il y ait des enfants handicapés ou que le fils de Laura soit atteint du SIDA met en avant la bonté du personnage et la nécessité du besoin de s'occuper de ce genre d'enfants. De plus le scénariste, lorsqu'il était enfant, a été très souvent très malade et il a fréquenté l'hôpital ; c'est ce qu'il a traduit dans son scénario. Enfant, il croyait tout le temps qu'il allait mourir, il se posait beaucoup de questions comme s'il allait mourir avant ses parents. Il avait besoin d'être aimé et ce besoin ressort ainsi que la jalousie qui en a découlé vis-à-vis de ces amis.

Quels sont vos projets ?

J'ai beaucoup de projets sur la table, un en espagnol et un en anglais mais je n'ai pas assez de temps pour m'en occuper. On parle également avec Guillermo del Toro d'un projet aux Etats-Unis.

Êtes-vous plutôt Peter Pan ou Wendy ?

Je suis définitivement Peter Pan ! Je ne me vois pas jouer la mère de qui que ce soit !
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