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Marc Caro : monomaniaque de l'imaginaire

Marc Caro est né à Nantes, comme Jules Verne. A croire qu'il s'agissait d'un signe. Il débute sa carrière artistique comme dessinateur dans le magazine mythique Métal Hurlant. Il rencontre Jean-Pierre Jeunet en 1974, au Festival international du film d'animation d'Annecy. Ils réalisent ensemble plusieurs courts-métrages d'animation, Le Bunker de la dernière rafale, Delicatessen et La cité des enfants perdus. Caro collabore ensuite avec Jan Kounen et Pitoff. Faute de budget conséquent, il est obligé d'abandonner l'adaptation du poème La Chasse au Snark de Lewis Caroll. Avec Dante 01, il fête à la fois son grand retour au long-métrage ainsi que ses premiers pas en tant que réalisateur solo...

Fantasy.fr l'a interviewé en mai dernier à l'occasion des Imaginales d'Epinal.
Par Emmanuel Beiramar | Emmanuel Beiramar et retranscrits par Cyril Lenoble'Marc Caro : monomaniaque de l'imaginaire
2 janvier 2008 | Mis à jour 2 janvier 2008
Marc Caro : monomaniaque de l'imaginaire
Marc Caro : monomaniaque de l'imaginaire
Marc Caro : monomaniaque de l'imaginaire
Marc Caro : monomaniaque de l'imaginaire
Marc Caro : monomaniaque de l'imaginaire
Marc Caro : monomaniaque de l'imaginaire

Pourriez-vous reparler de votre parcours depuis "La cité des enfants perdus"?

Depuis La cité des enfants perdus, j'ai essayé de monter plusieurs projets qui ne se sont pas faits. Et depuis 1 an et demi – 2 ans, j'ai monté Dante 01.

Vous restez relativement discret sur "Dante 01". Est-ce une volonté affirmée de votre part ?

Je n'ai jamais été très prosélyte ou prolixe sur tout ce que j'ai fait... Je viens de sortir un album de bande dessinée chez L'Association qui compile des albums que j'avais faits, je ne fais pas tellement de promo... Moi, je fais les choses puis elles vivent un peu par elles-mêmes. Je ne suis pas représentant ! Quand je fais des DVD, je ne fais pas de commentaires pour le film.
On fait tellement de ramdam avant que l'on n'a plus aucune surprise quand on voit le film. Tout le monde sait à quoi s'attendre et ça casse un petit peu le mystère. Je préfère qu'on aille voir un film ou qu'on lise un livre, frais, sans trop d'idées préconçues. C'est un parti-pris !

Il y quand même une différence d'enjeux financiers entre un livre, une BD ou un film ! "Dante 01" c'est 60 millions d'euros, non ?

Non, beaucoup moins, je ne peux pas dire les chiffres. C'est beaucoup moins que ce qui a été annoncé, c'est plutôt la moitié.

Cela reste une belle somme !

Pour faire un film de SF, les films américains ont plusieurs zéros de plus. Quand un spectateur va voir ces films-là, lui, il s'en fout, il paie le même prix ! C'est plus quelque chose qui va vers des films à la Cube.

Sans trop en parler pour garder le mystère, qu'est-ce que vous pourriez dire de votre film ? A part ce qui se sait déjà sur Internet...

Vous en savez déjà plus que moi alors ! (rires). Je suis encore en train de le faire et je n'ai pas assez de recul pour en parler. Quand les gens l'auront vu et qu'on pourra en discuter, on refera une interview et il y aura de la promo. Là, j'ai encore les mains dans le cambouis...

"Dante 01" est le premier long métrage que vous faites seul. Cela a-t-il beaucoup changé votre façon de travailler ?

Bien sûr ! Même si pour toute une partie ça n'a pas beaucoup changé. Tout le travail préparatoire d'un film, le storyboard et tout ça, c'est à peu près la même chose. Sauf que habituellement je faisais mes storyboards seul et là, c'est Fred Blanchard et Gess qui l'ont dessiné. Mais la grande différence, c'est que c'est la première fois que je me confronte aux acteurs ! Je prends en charge tout le film, c'est pour moi une première expérience très très intéressante.

Lors de l'écriture et de la réalisation de Dante 01, aviez-vous des références visuelles, musicales et littéraires ?

Non, pour moi c'est un peu un tribut à toute ma tribu. J'ai commencé par la bande dessinée dans Métal Hurlant, et on retrouvera tout un genre d'esprit comme ça dans le film. Ce n'est pas une continuité, c'est peu un retour aux sources du Bunker de la dernière rafale, tous les personnages sont rasés. J'avais besoin d'extérioriser quelque chose, maintenant c'est couché sur pellicule super 16.

Vous avez travaillé avec Jeunet, vous avez tenté des choses avec Gans, Kounen et Pitoff, y a-t-il encore des réalisateurs avec qui vous aimeriez travailler ?

Ça s'est toujours fait très naturellement car ce sont des amis. Des copains qui m'ont embringué à un moment ou à un autre sur des projets qui m'intéressaient. S'il y a d'autres personnes avec qui j'ai des affinités qui me proposaient une collaboration, pourquoi pas !

Et à l'inverse, est-ce que vous iriez chercher quelqu'un pour travailler avec lui ? Comme vous avez dû le faire pour "Dante 01" avec Pierre Bordage?

C'est des rencontres, des complicités qui s'instaurent et le plaisir de travailler et de faire quelque chose ensemble sur un projet. Ça marche toujours comme ça. Je suis open, on va voir comment ça évolue. On m'a par exemple proposé des trucs avec Satoshi Kon, il y a des affinités...

Vous avez fait de la BD, du cinéma, des clips-vidéo, de l'infographie etc. Y a-t-il encore des aspects du métier d'artiste qu'il vous plairait d'aborder ?

On ferait plus de films de monstre en France, moi j'aimerais bien jouer les monstres. J'ai une grande, grande admiration pour les acteurs comme Lon Chaney, avec tous les maquillages... J'ai fait quelques apparitions pour Jan Kounen. C'est quelque chose qui m'amuse. Mais on n'est pas vraiment dans un contexte très adéquat pour ce genre de choses.
Je suis très curieux et très avide d'expériences et d'expérimental. Si je trouve des choses qui ont un intérêt, qui m'excitent, qui excitent ma curiosité, je suis assez partant pour tenter de multiples expériences, ainsi que dans des domaines plus expérimentaux comme les jeux vidéo et les choses comme ça.

Vous avez eu un projet avec Laurent Genefort, vous avez "Dante 01" avec Pierre Bordage au scénario. Est-ce que l'écriture d'un roman de SF vous a déjà tenté ?

Le problème est que je suis certainement plus un homme d'image et de dessin que de texte. Je suis moins littéraire. En même temps, c'est moi qui écrivais les textes de mes bandes-dessinées mais c'est un travail assez différent. Je n'en sais rien, j'ai des idées mais je ne fonctionne pas exactement comme ça en me disant je vais faire un roman ou je vais faire ceci ou cela. J'ai des idées puis après je vois sur quel support je fonctionne le mieux. Si un jour, ça se traduit à travers un roman, ça sera un roman, mais ça sera peut-être un essai, on verra !

Restons dans le domaine de la littérature SF. Lisez-vous beaucoup de SF, et si oui quels sont vos auteurs favoris ?

Il y en a vraiment beaucoup et puis c'est par période. J'ai commencé par Dick, Stanislas Lem, Stapledon, Van Vogt et tout ceux-là. Dans les nouveaux, j'aime beaucoup Greg Egan, Neal Stephenson, Ian Banks et aussi des amis : Bordage, Genefort. Je suis certainement beaucoup plus SF que Fantasy.

Avec l'essor de la Fantasy, y a-t-il des écrivains que vous suivez un peu ou un ou deux titres qui vous ont vraiment plu ?

Au niveau Fantasy, je n'ai pas lu grand-chose. Je trouve ça limité à un gros machin très Tolkien, même si j'aime beaucoup Tolkien. Je n'ai pas vu beaucoup de variété mais c'est certainement par   méconnaissance. Je ne m'y connais pas assez, je ne suis pas rentré assez dedans.

A votre avis, pourquoi votre oeuvre est-elle aussi ancrée dans l'imaginaire?

Pourquoi? Il faudrait aller chercher dans la petite enfance...
Ce que je pense c'est qu'il y a deux grandes tendances dès le départ du cinéma, qui sont d'un côté les frères Lumière et de l'autre Méliès et que j'ai quand même choisi mon camp. Ça vient de toute une culture et je viens du cinéma d'animation. Pourquoi ? C'est une tendance naturelle, mais c'est que dans le cinéma, c'est une branche très, très marginale. En France, on a quand même beaucoup de mal à mettre ça en oeuvre parce que ça nécessite de gros moyens et que le financement vient de la télévision et qu'à 20h30, il vaut mieux diffuser un truc de tradition plus française, un peu comique, que du fantastique qui a toujours eu un peu un côté marginal. La science-fiction a quand même été ghettoïfiée depuis le début. On a une grande période très science-fiction, même si ça ne s'appelait pas comme ça avec Jules Verne. La guerre de 1914 a stoppé un peu l'aspect scientiste parce qu'on a vécu le côté obscur de ça. Et ça a basculé de l'autre côté aux Etats-Unis, et comme ils n'ont pas été marqués chez eux par ça, ça a eu le temps de se développer.

Pitoff est parti à l'étranger, Jeunet aussi, ça vous a déjà tenté de partir vers d'autres contrées pour avoir plus de liberté ou au moins, plus de budget ?

Oui mais je ne crois pas qu'on aura plus de liberté à l'étranger ! Vous allez profiter d'une infrastructure mais on ne vous attend pas pour faire vos films, vous allez faire des films de commande. On peut y trouver son compte et ça peut être très, très bien, si le projet est intéressant. On a des moyens et tout ce qui va avec.
C'est vrai que moi je suis plus attiré, par goût personnel, par l'Est que par l'Ouest. Donc dans les thèmes qui m'intéressent, je préfère la vision contemporaine de la science-fiction vue à travers les manga et les films d'animation japonais que ceux faits aux États-Unis. Encore que, il y a des tendances car je trouve qu'un film comme Sunshine est très intéressant. Mais il est vrai qu'aux  États-Unis, on a eu un peu tendance à faire des "westerns dans l'espace". Je trouve que les thématiques proprement dites, science-fictionnelles sont un petit peu moins pointues qu'à une époque.

Vous pensez déjà à l'avenir ?

Je vais déjà me reposer après Dante 01 ! Ensuite, ça va un peu dépendre des résultats. Après, j'ai des projets vraiment pas chers du tout et un ou deux trucs que j'aimerais bien faire mais qui sont plus chers ! Il n'y a rien de bien défini. J'ai des envies et après je vois ce qui est possible. C'est vrai qu'à une époque il y avait des projets qui n'ont pas été menés à bien et qui m'ont fait perdre pas mal de temps. Donc maintenant, je préfère semer différentes petites choses et voir ce qu'il est possible de faire.
Il y a aussi des envie d'aller vers d'autres choses, vers de nouveaux formats qui peuvent se présenter, de nouveaux moyens de gamberger les choses parce que dans le type de cinéma que l'on veut faire, ça commence à devenir très, très standardisé et il n'y a pas beaucoup de prise de risque. Il y a des nouveaux outils qui se présentent comme le Net et ce genre de choses-là... les films avec les téléphones... On finit, on se repose et on réfléchit un peu et on repart comme en 14 ! Je suis quand même un petit peu limité dans mes envies, dans mes goûts. Je suis un monomaniaque de l'imaginaire, de l'envie de créer des univers mais l'environnement n'est pas très favorable à ce genre de choses (rires). Mais en même je ne sais pas faire autre chose... chacun porte sa croix.
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