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Aouamri en quête du Temps

Mohamed Aouamri est né en Algérie en mars 1957. Il a appris à dessiner à l’école des Beaux-Arts de Douai, puis de Reims. Auteur dans un premier temps de plusieurs dessins animaliers parus dans Pilote, qui lui valent un prix à Angoulême en 1982,  il travaille dans divers secteurs : publicité, communication, jeux graphiques... Avec le scénariste Brice Tarvel, il dessine la série Sylve (Arboris) et Mortepierre (Soleil). Très inspiré par Loisel, il était un repreneur logique pour succèder à Lidwine sur le cycle d'Avant La Quête.
Par Emmanuel Beiramar | Emmanuel Beiramar et Serge Perraud. Retranscrits par Cyril Lenoble'Aouamri en quête du Temps
12 décembre 2007 | Mis à jour 12 décembre 2007
Aouamri en quête du Temps
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Aouamri en quête du Temps
Aouamri en quête du Temps
Aouamri en quête du Temps
Aouamri en quête du Temps

Comment en êtes-vous venu à participer à "La Quête de l'oiseau du temps" ?

En 2003, j'ai été invité au festival de Perros-Guirec dont le thème était le Moyen-Âge. Ils avaient demandé à chaque dessinateur d'envoyer sept pages. J'avais donc envoyé sept pages de Mortepierre, dont la première planche du dernier tome qui est assez élaborée et qui a beaucoup plu à Régis Loisel. Comme il était de passage car il connaît bien le coin, il est venu me voir, m'a dit qu'il avait vu ma planche et qu'il pensait que je pouvais assurer la continuité de la série après quelques réglages.

N'est-ce pas trop difficile de reprendre une série en cours ?

Eh bien si. Parce que non seulement il y avait Loisel et aussi Lidwine qui avait placé la barre assez haut. Ils ont créé des albums emblématiques. J'ai un côté fonceur, mais à certains moments ce n'était pas évident. J'avais l'impression que le monde entier me regardait en surveillant la moindre erreur de dessin (rire). De plus je suis assez perfectionniste, j'ai donc refait plusieurs fois certains dessins... Le début était une séance de réglage qui a duré quelques temps.

Tout comme Lidwine et vous-même, Loisel est un perfectionniste? Ce dernier vous a-t-il fait retravailler certaines planches ?

Oui. Et même sans qu'il me le demande, il y en a certaines que je démarrais et que je laissais tomber à la premier ou seconde case. La première étant souvent une grande case qui comme en musique donne le "La", elle permet de savoir si on tient la planche ou pas. Et une fois sur deux, au début, ça n'était pas ça. Cela m'est également arrivé sur Mortepierre où ce que je faisais en second lieu était parfois assez éloigné du premier jet. Et supérieur parce qu'on cogite et on laisse passer un peu de temps. De toute façon à un moment ça vient, il faut s'acharner et se faire violence. Bien sûr, certaines planches ont été plus dures que d'autres mais c'est normal. Régis m'a refait faire certaines choses, notamment au début car je suis parti, au niveau des 3 ou 4 premières planches sur des éléments éparses, sans rien qui puisse vraiment me servir de maquette... Des croquis sur des cahiers de notes et des choses en marge. Je me suis débrouillé avec ça et c'était gratifiant car j'ai prouvé que je pouvais aussi m'occuper de la mise en scène. Régis est arrivé dans la deuxième moitié du travail car il fallait accélérer pour ne pas exploser le planning !

Comment avez-vous vécu la forte pression des délais à tenir et celle de l'attente des fans de la série ?

On sait pertinemment qu'au début d'une telle aventure (ce qui ne devrait pas se reproduire pour les prochains albums), que la pression, qu'elle vienne des Internautes ou des brèves de magazines spécialisés, serait présente, les gens rongeaient leurs freins. Un ami dessinateur m'a dit que l'on se souvient plus de la qualité des dessins que des dépassements de délais. Forcément, il ne faut pas exagérer, mais quand on sent qu'on peut mieux faire, tant pis pour les délais! Le lendemain, il était prévu de commencer une autre page, eh bien non! On revoit une ou deux cases de la page du moment. C'est comme cela qu'il faut voir les choses sinon les pages s'accumulent et au final on n'est pas satisfait du résultat. Les images dont on n'est pas contents, il faut les revoir, comme ça elles nous emmènent encore plus dans l'histoire car on a travaillé un peu plus l'expression, il y a quelque chose de plus ! Dans ce genre d'aventure, il faut donner ce que les gens attendent et même au-delà.

Cet album est magnifique. De quoi êtes-vous le plus fier : les personnages, la mise en scène, les ambiances, les décors ?

L'expression des personnages dans certaines images. Avant tout, les personnages. Concernant les décors, je ne suis pas un grand fignoleur sur ce point-là, Dominique Lidwine et Vincent Mallié sont assez forts dans ce domaine. Ils vont très loin dans les petits détails, comme le petit gobelet par-ci, le petit moustique par-là... Ils aiment bien dessiner tout le fatras que l'on peut trouver dans une pièce ou dans une auberge. Moi aussi, mais du moment qu'on a l'ambiance, c'est suffisant. Le vrai travail, pour moi, se fait sur les personnages.

Quel aspect vous a donné le plus de mal ?

Souvent des petits détails, par exemple la manière dont s'agencent les mèches de Bragon au début, c'est assez codifié. J'ai tendance à faire les quelques mèches sur la tête de Mara dressées sur la tête... Ce sont des petites choses toutes bêtes, les harnachements des montures, les capuchons en cuir sur les volatiles. Tous les détails qui font La Quête, l'agencement des bâtons qui vont dans tous les sens et qui dynamisent le décor.
Je me suis régalé à créer les nouveaux personnages que ce soit Kandor ou le petit Bulrog, qui a posé problème. Au début nous étions parti pour le faire pas très beau, un peu bizarre mais finalement je suis revenu là-dessus et me suis qu'il fallait qu'il soit mignon malgré sa peau bleue et ses yeux rouges, qu'il soit craquant. Tout ça pour creuser le sillon dramatique car plus tard, quand il est plus âgé, il est complètement défiguré. S'il avait été laid puis défiguré après, on se dit bof ! Alors que là il était quand même mignon. Un peu comme Angelface dans Blueberry qui était le beau gosse et finalement se retrouve défiguré : ça fait mal de voir ça, alors que si ça avait été Quasimodo, il n'aurait rien perdu au change...(rires). Il y a eu ceux-là plus toute une ribambelle de personnages comme les trois ou quatre nanas à fortes poitrines qui sont dans l'histoire, la serveuse, les deux copines qui déniaisent un Bragon certes vaillant mais un petit peu naïf et nigaud. Il se frotte à la vie et devient un homme accompli.

Régis Loisel est un dessinateur de renom et Serge Letendre a une formation de dessinateur, comment s'est passé cette collaboration avec ces deux personnes ?

Au tout début, je ne fonctionnais pas avec Internet donc j'envoyais des photocopies et je fonctionnais à l'ancienne. Mais ça n'a plus été possible car il vaut mieux envoyer trois ou quatre pages d'un coup pour qu'elles soient immédiatement corrigées et encrées. C'est le seul moyen d'avancer vite. Je voulais préserver mes crayonnés. J'en ai fait beaucoup au début avant de les soumettre mais il a fallu les retravailler et corriger. Nous avons ensuite fait des tirages bleus sur du beau papier et c'est là-dessus que j'ai encré, sur un papier vierge avec la reprise de mes crayonnés tels quels à l'échelle 1. Mais je pense que je ne ferai plus comme ça, à moins de me trouver un imprimeur qui me fasse ça très rapidement (1ou 2 jours) pour que les dessins restent frais dans la tête. Le problème de cette technique, c'est qu'elle fait revenir en arrière et on n'est plus dans l'histoire. Pour les prochains, je pense que je vais crayonner, encrer et corriger dans la foulé, page par page. Il n'y a que comme ça qu'on avance vite en fait. Mon prochain défi c'est de faire le prochain album en deux fois moins de temps, ne plus faire lambiner pendant trois ans et demi mais de le faire en moins de deux ans.
A propos de la collaboration proprement dite, ils m'ont fourni des billes pour que je puisse vraiment m'imprégner de l'univers, de l'esprit de La Quête. Après nous nous sommes vus plus souvent , Serge est passé, Régis aussi quand il était en France, on faisait le point. Après une vingtaine de pages, j'étais vraiment dedans. Ce qui était important pour moi, c'était de montrer au travers des premières pages que j'en étais capable et qu'ils avaient eu raison de me faire confiance. J'aurais été anéanti de décevoir car je n'aime pas ça. Forcément je me suis fait violence, je me suis acharné et comme je ne renonce jamais, j'ai réussi à faire ces maudites planches! On peut faire mieux, je suis loin d'être à 100% satisfait. Jamais je ne ferai d'autosatisfaction car je pense pouvoir aller encore plus loin dans certains secteurs comme les décors. Il y a des choses que je peux améliorer même au niveau des personnages.
Nous avons plus collaboré vers la fin qu'au début.

On peut dire que vous êtes un dessinateur qui a beaucoup de bouteille : vous avez plusieurs séries avec "Sylve", "Mortepierre".

Oui, on peut dire ça (et pas que dans ma cave, rires). J'ai fait, après la sortie des Beaux-Arts, un peu plus de 10 ans de travaux alimentaires, pubs, BD éducatives, didactiques, etc J'en vivais pas mal mais à un moment j'ai eu l'impression de ne pas progresser, de faire du surplace. Avec la pub on fait du surplace. Donc graphiquement on est obligé de revenir à ses premières amours, quitte à prendre des risques financiers au début. C'est pour cela que j'ai toujours entrecoupé mon travail sur Sylve, Mortepierre et même cet album-là car je devais répondre aux sirènes de la pub ! Quand on s'appesantit sur son travail pour le faire bien, on met plus de temps et l'argent rentre moins dans les caisses donc, de temps en temps, on fait appel à ce genre de job qui sont fait en 2-3 jours, voire une semaine. Mais si ça se répète tous les mois, la perte de temps est importante. Et on se dit qu'on a passé une partie importante de son temps à faire de l'alimentaire. J'espère que cet album-ci va me permettre de me consacrer 365 jours sur 365 uniquement à La Quête comme ça, il y en a qui vont surpris au niveau délai (Rires).

Le "Grimoire des Dieux" peut-il vous servir de tremplin ?

Oui, oui, parce que vraiment à un moment je ne pouvais plus avancer. Le banquier appelle en demandant quand il y a des rentrées au moment où je suis en train de faire des corrections. Il faudrait trouver un système pour nous protéger. Mais je ne vais pas me plaindre, c'est une situation assez exceptionnelle qui ne se reproduira plus. Je voulais quelque chose de parfait alors forcément on doute, on revient en arrière. C'était un mal pour un bien, mais la prochaine fois, fort de cette expérience, je vais travailler autrement, de manière plus classique.

A part la suite de "La Quête de l'oiseau du temps", quels sont vos autres projets ?

Je vais savoir dans les prochains jours les options qui vont être choisies. Je pense que je vais entamer dans les prochains mois un autre Quête. Les deux prochains sont faits par Vincent Mallié car c'est un seul et même épisode en 2 tomes et il était logique qu'il fasse les deux. Et moi, j'entame soit le premier du troisième cycle, soit des one-shots, des albums parallèles pour expliquer certaines choses : la vie de Mara, expliquer la fête racontée dans l'histoire, expliquer la destiné de Bulrog... On peut raconter des tas de choses. Alors en attendant pour ne pas perdre la main, je vais rester dans cet univers à me faire plaisir via l'illustration ou la couleur. En tout cas plus de pub sauf pour un travail court (une demi ou une journée), mais pas de travail alimentaire qui prendrait une semaine ou quinze jours... Pour pleinement travailler dans l'univers de La Quête, il faut vraiment très bien le connaître, en maîtriser tout l'alphabet et toute la codification. Ensuite, on joue avec cet univers, on se l'approprie et après, ce n'est que du bonheur! Il y a moins de stress et je pense que ça se verra dans le prochain.
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