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Dario Argento : Confessions sanglantes

Après avoir s'être essayé au Giallo durant quelques années, Dario Argento s'attaque en 1977 au cinéma fantastique avec Suspiria. Il poursuivra sa lancée jusque dans les années 1980 en produisant des films comme Zombie de George A. Romero ou Demons et Démons 2, et en réalisant Phenomena, Inferno, Ténèbres ou encore Opera. Les années 1990 le conduisent aux Etats-Unis où il co-réalise Deux Yeux maléfiques avec George A. Romero, puis Trauma, dans lequel joue sa fille, Asia. Cette dernière le retrouve sur Le Syndrome de Stendhal, Le Fantôme de l'Opéra et le très attendu La Mère des larmes. Argento a également signé deux épisodes de Masters of Horror (Les Maîtres de l'Horreur).

Alors que Suspiria ressort dans quelques salles de cinéma, que la saison 2 de Masters of Horror est disponible en DVD et en attendant la sortie en salles de La Mère des larmes, voici une interview du maître, réalisé à l'occasion de la 25e édition du BIFFF.
Par Emmanuel Beiramar | Emmanuel Beiramar et retranscrits par Cyril Lenoble'Dario Argento : Confessions sanglantes
5 décembre 2007 | Mis à jour 5 décembre 2007
Dario Argento : Confessions sanglantes
Dario Argento : Confessions sanglantes
Dario Argento : Confessions sanglantes
Dario Argento : Confessions sanglantes

Si on vous demandait de faire un épisode de Masters of science-fiction au lieu de Masters of horror le feriez-vous?

De la science-fiction ? Non, non, la plupart des films de science-fiction sont pour les enfants !

Et pour Masters of Crime ?

J'en ai déjà fait deux [NDLR: 2 épisodes de Masters of HorrorJenifer et Pelts] . J'ai donné beaucoup de moi ! (rires) C'est trop !

Cela veut dire que Petls est votre dernière participation ?

Oui, le dernier ! C'est sûr. Après ça deviendrait comme un métier ! (rire) Chaque année faire un Masters of Horror, aller au Canada faire le film avec les acteurs... Le style reste le même... Je n'aimerais pas en faire plus. Je pense que d'autres metteurs en scène comme Carpenter ou Dante se sont aussi en allés. C'était une expérience très intéressante d'être tous ensemble, entre metteurs en scène qui s'apprécient, qui sont amis. Mais après ça c'est fini...

La trilogie des Mères, composée de Suspiria, Inferno et de La Terza Madre est achevée maintenant. Que peut-on attendre du troisième film ?

J'ai passé trois ans sur ce film. C'est difficile de parler d'un film qui est encore en production. Il n'est pas encore fini, il va sortir au mois d'octobre [l'interview a été réalisé en avril dernier]. C'est un film où la couleur a beaucoup d'importance.
La troisième mère a découvert à Rome un talisman très important et des sorcières arrivent du monde entier pour mettre Rome la ville à feu et à sang. Elles saccagent les églises et tuent tous les prêtres. Elles mettent la ville dans un désordre absolu. C'est ça l'histoire.

Comment se combine-t-il avec les deux autres?

Avec le sang ! Avec le sang naturellement !

Revenons à "Masters of horror" avec les 2 épisodes que vous avez faits : "Jenifer" et "Pelts". On dirait qu'il y a un style un peu plus réaliste dans la mise en scène et le cadrage que vous aviez abordé dans "Card players" et "Do you like Hitchcock?", quelque chose de plus posé mais toujours des angles de caméra particuliers mais plus comme à l'époque de "Suspiria". Est-ce que c'est une nouvelle maturité pour vous dans la mise en scène? Ou est-ce dû à des contraintes?

Non, parce que j'ai déjà pensé à ça. Ma carrière est divisée en cycles, Il y a eu un cycle du giallo [NDLR: équivalent de la série noire en Italie], un cycle de la magie, un cycle de l'horreur... Des cycles de trois ou quatre films à chaque fois. C'est comme un film qui découle de l'autre. Quand je finis un film, l'autre est déjà dans ma tête. À chaque fois que je finis un film et que je n'ai rien en tête, ça veut dire que le cycle est terminé. Et là, le cycle est fini car je n'ai aucune idée pour faire le prochain. C'est un peu différent avec Masters of horror, mais c'est comme s'il s'agissait d'un petit cycle que j'ai fait en Amérique. Et j'étais l'un des seuls non-Américains parmi les metteurs en scène de ces films.

Avec Takashi Miike

Oui, mais sa participation n'est pas passée à la télé. J'ai fait ces histoires qui ont très bien marché car elles ont été les plus vues de ces deux saisons. J'ai discuté avec tous les producteurs. Ils étaient beaucoup ! Et ils m'ont dit "Tu es libre de faire ce que tu veux !". Je leur ai demandé "Vous savez ce que ça veut signifie de dire cela à Dario Argento". Ils m'ont répondu "Tu es libre de faire ce que tu veux.". C'est ce que j'ai fait. Il y a eu seulement deux petites coupures dans Jenifer : Une scène à la fin où elle mange le pénis du garçon que j'avais pourtant très bien tournée, et aussi une fellation en gros plan... Ils ont voulu écarter d'autres choses et je leur ai dit "si vous coupez ça, c'est fini !" Alors ils ont dit qu'ils ne couperaient rien et ils n'ont rien coupé !

A propos de censure. L'année dernière quand "Saw III" est sorti en France, il a été interdit aux moins de 18 ans, parce qu'il y avait soi-disant beaucoup de scènes violentes. Y a-t-il aussi en Italie un retour du puritanisme et de la censure ? Et si ce n'est pas le cas, qu'en pensez-vous ?

[NDRL : Dario est étonné du classement de Saw III] Non, il n'y a pas du tout de puritanisme  parce qu'en Italie, en ce moment, il y a la Gauche au pouvoir. C'est un peu plus libre. Ce sont des amis de l'art et de la culture, alors non. En France, oui, mais en Allemagne, non : on m'a dit qu'il n'y en a plus, c'est libre, c'est vraiment libre ! Et en Angleterre aussi alors qu'avant quand il y a avait Thatcher, ils m'ont coupé des films, au moins 10 minutes, parfois 15 !

La musique, qui occupe une place importante dans vos films, semble avoir elle aussi évoluée...

Oui, mais dans La Terza Madre [La troisième mère ou La mère des larmes], Pelts et Jenifer, ce sont toujours les mêmes musiciens, Goblin, Claudio Simonetti . Il a eu une évolution très belle et très importante ces dernières années. Il a fait une musique vraiment belle, puissante pour La Terza Madre.

Pourquoi autant de Rock?

Parce que c'est plus beau ! (rires) C'est aussi un style. La troisième mère c'est un film rock, vraiment.

Dans un interview, il y a quelques années, vous aviez dit que tous vos films vous venaient de certains cauchemars que vous faisiez régulièrement.

Oui, tout le monde, tous les metteurs en scène importants ont des rêves et des cauchemars qui les inspirent pour leurs films. Parce que les rêves et les cauchemars sont ton âme la plus secrète, la plus profonde. Alors quand tu veux raconter quelque chose de vrai, il faut sûrement s'inspirer de ça. Pour moi le personnage le plus important de la culture du dernier siècle c'est Freud, avec la découverte des archétypes, des phobies et toutes ces choses. Il a découvert quelque chose que l'on retrouve dans mes films et les rapports entre les personnages. On peut regarder mes films comme une séance de psychanalyse !

Avec l'émergence des nouvelles technologies : effets numériques, caméra digitale... Avez-vous changé votre façon de filmer ?

Non, mais sur mon dernier film, j'ai 188 plans à effets spéciaux, ce qui est beaucoup. J'ai pris Lee Wilson, l'Américain qui a fait les effets spéciaux numériques de Jenifer et Pelts.

Les effets spéciaux numériques repoussent-ils les limites pour les réalisateurs ?

Un peu oui ! Mais si tu fais un film seulement pour les effets spéciaux, tu fais un film américain ! (rires) Tu peux faire un film où il y a besoin des effets spéciaux. Dans le film, j'ai dû utiliser les effets spéciaux parce que c'était difficile de travailler avec un singe. J'en ai aussi utilisé pour des mouvements de la troisième mère qui fait des choses incroyables et aussi pour un tremblement de terre (rire).

Il y a une grosse attente de vos fans autour de "La troisième mère". Cela vous a-t-il mis une forte pression?

Non, j'ai eu plaisir à le faire. J'ai fait le film avec toute mon énergie. J'y ai mis les choses les plus folles que j'ai imaginées. Je pense que c'est un film, très intéressant.

Vous n'en avez pas assez de cette étiquette Maestro de l'Horreur ? Vous n'avez envie de changer de registre ?

Non, non, non, j'aime ça ! Et je ne trouve pas que ce n'est horrible d'être appelé Maître de l'horreur ! J'en suis très content !
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