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L'ascension du Prince Genefort

Laurent Genefort est l’un des meilleurs auteurs francophones de science-fiction et de Fantasy. Avec L’Ascension du Serpent, le premier volet de sa trilogie d’heroïc fantasy qui paraît chez Bragelonne, il aborde ce genre, nouveau pour lui, de façon remarquable.
Rencontre avec un auteur qui maîtrise l’art du récit au souffle épique.

Par Serge Perraud
18 octobre 2007 | Mis à jour 8 juillet 2009
L'ascension du Prince Genefort
L'ascension du Prince Genefort
L'ascension du Prince Genefort
L'ascension du Prince Genefort

Avec Hordes, vous abordez une nouvelle trilogie de Fantasy. Vous avez déjà fait plus qu’une incursion dans le genre avec Les Aventures d’Alaet. Mais celles-ci se déroulaient sous un climat chaud et ensoleillé. Pourquoi placer cette saga dans des contrées pluvieuses, brumeuses, froides… ?

Peut-être par contraste. J’avais envie d’écrire une fantasy plus violente, plus sombre aussi. La Fantasy étant une littérature d’images, le paysage devait refléter cela. Je ne crois pas qu’il faille chercher plus loin.

Pourquoi avoir retenu pour cadre un monde médiéval et barbare ? Est-ce par convention ?

Finalement, le problème de la convention se pose-t-il en Fantasy ? C’est une vraie question, car ce que moi je recherche en Fantasy n’est pas forcément la nouveauté. J’ai retenu un monde médiéval et barbare parce que je n’avais jamais écrit d’histoire dans ce cadre-là, tout simplement.

Vous dites dans une interview : "…l’heroïc-fantasy n’a pas forcément bonne presse et cela suffit à m’intéresser !" Pouvez-vous expliciter votre pensée ?

Il y a une vingtaine d’années, lorsque j’ai commencé à écrire de la science-fiction, Fleuve Noir n’avait pas très bonne presse (même si cela s’améliorait). Moi au contraire, je tirais une certaine fierté de cette mauvaise réputation. Je me disais que le fait même qu’un genre littéraire soit méprisé permettait plus de liberté, puisqu’on n’avait pas compte à rendre à la postérité ! Bien sûr, j’avais tort. Mais j’en ai gardé une certaine attirance pour les genres un peu dépréciés.

Est-ce que la magie prend une part prépondérante dans le déroulement de l’intrigue ? Ne mettez-vous pas en avant plutôt les personnages et leur destin ?

La magie est au service de la guerre, elle en est une des facettes. Seuls les nobles et les hordes y ont recours. Cela sert la hiérarchie du pouvoir car, de la façon dont elle est répartie, cette magie contribue à maintenir l’équilibre dans la guerre. Le grain de sable dans cette mécanique bien huilée, c’est Solenn : une augure capable de changer le cours des événements à sa guise. Le résultat est évidemment catastrophique : cela revient à introduire un barracuda dans un bassin de poissons rouges ; cela détruit tout l’équilibre du système, que les intentions du barracuda soient bonnes ou non ! Mais cela peut être aussi réjouissant, quand le système en question broie des êtres humains au quotidien.

Cette fresque n’est-elle pas, en fait, un espace où vous vous "amusez" à mettre en scène la course au pouvoir ?

C’est en effet un espace : un espace de simulation. Et comme dans un jeu de simulation, le côté ludique est indéniable. L’amusement tient au fait que dans toute course au pouvoir, il y a selon moi un côté assez puéril. Le duc Coresh, malgré son évidente intelligence, a un aspect enfantin. C’est aussi pour cette raison que je décris une noblesse si acharnée à conserver son pouvoir ou à en conquérir davantage, qu’elle en oublie tout le reste.

Dans Hordes, vous croisez des parcours, vous suivez le destin d’un groupe d’individus. Mais votre histoire n’est-elle pas le reflet de l’existence humaine, à savoir, un perpétuel combat et un renouvellement des troupes ?

J’essaie aussi de montrer le côté impitoyable de cette logique. Derrière les systèmes, il y a des gens. Ici réside la limite du jeu de simulation, et la force du roman. Dans un récit romanesque, on a dépeint des êtres sensibles, non des sujets d’expérience. C’est aussi ce qui distingue une certaine idéologie d’une autre…

"L’argent était ce qui conditionnait la survie de la horde ; cela, encore davantage que les batailles." Ce besoin de ressources est très présent dans votre livre. Laissez-vous l’économie prendre une place importante dans vos fictions ?

En général oui, et plus encore dans la science-fiction. Pour moi, on ne peut pas laisser cet aspect des choses totalement dans l’ombre si l’on veut paraître un minimum réaliste. Le cinéma à la Rohmer – malgré son talent – me laissera toujours perplexe à cet égard… ;-)

Le titre du premier tome résume-t-il l’ascension de la horde du Serpent, celle d’Audric, son capitaine ou celle de Marween, ce jeune paysan épargné par Audric ?

Il y a bel et bien un double sens. "Serpent", c’est le nom de la horde, mais cela qualifie aussi les mercenaires qui la constituent. Audric est un Serpent, et Marween le devient. Cela peut donc s’appliquer aux deux.

Le serpent est plutôt un symbole de répulsion, voire de traîtrise. Pourtant vous décrivez celui-ci comme : "L’animal qui incarne la sagesse." De quelle mythologie tirez-vous cette information ?

Le serpent est un animal bénéfique en Orient, ou en tout cas une figure positive. En Chine, il est révéré pour cette qualité de sagesse. En général, je n’aime pas beaucoup ce genre d’anthropomorphisme. Alors, quand j’ai décidé de jouer ce jeu, je me suis dit qu’il fallait au moins que j’aille à l’encontre d’une idée reçue. J’ai donc pris un animal peu aimé dans nos contrées...

Bien que vous ayez, me semble-t-il, laissé de côté la faune et la flore exubérantes qui sont votre apanage, le Skambah, un arbre aux propriétés fantastiques, revient sans cesse. Avez-vous une tendresse particulière pour les arbres et leurs capacités ?

J’ai choisi un arbre massif et immense, précisément parce que c’est le symbole du pouvoir et de sa permanence dans l’imaginaire collectif. C’est pour cela que les nobles habitent – littéralement – dans leurs dépouilles. Mais il y a une chose importante avec ces arbres, c’est qu’ils sont morts. Le pouvoir qu’ils symbolisent est, lui aussi, susceptible de disparaître.

Question incontournable, mais si riche de promesses pour vos lecteurs : outre la suite de Hordes, quels sont vos projets littéraires ?

Un almanach de Fantasy va paraître avant la fin de l’année chez Bragelonne. Gudule et moi avons assuré la partie texte, tandis que Boulet s’est occupé de la partie graphique. Le résultat est d’un humour potache, à la Fluide Glacial. D’autre part, je suis engagé dans un projet de jeu vidéo qui m’excite beaucoup, car il a été initié par un des maîtres du genre ; c’est un fantasme qui se réalise ! Mais je n’abandonne pas la SF pour autant. Un roman intitulé Mémoria sortira en 2008 aux éditions du Bélial’ ; il s’agit d’un space opera appartenant à l’univers des Portes de Vangk. Et "en tâche de fond", je travaille à un roman de fiction spéculative, qui est sans doute mon ouvrage le plus ambitieux à ce jour. C’est pour cela que je prends mon temps pour l’écrire.

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