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Barbucci et Canepa voient la vie en rose

Alenssendro Barbucci et Barbara Canepa sont venus à Japan Expo 2007 pour nous présenter leur recueil d’illustrations sur Sky Doll paru chez Soleil. L’occasion pour Fantasy.fr de leur poser quelques questions sur cette série qui fait beaucoup parler d’elle depuis quelques années, savant mélange de science-fiction, de Fantasy et de Pin-up rose bonbon.
Par Emmanuel Beiramar | Lawrence Rasson'Barbucci et Canepa voient la vie en rose
10 octobre 2007 | Mis à jour 10 octobre 2007
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Comment est née Sky Doll ?

Alenssendro : Ça a pris trois ans environ, nous avons d’abord commencé à travailler dans des magazines commerciaux édités en noir et blanc, cela pendant plusieurs années. On travaillait beaucoup. Au début, nous ne travaillions pas ensemble, elle était illustratrice et moi dessinateur de BD. Au moment de notre rencontre, le principal but était d’arriver à créer un savant mélange entre ses talents d’illustratrice et mon talent de dessinateur. C’est à ce moment que l’embryon Sky Doll a vu le jour. Je dessinais des petits strips de quelques cases et Barbara venait les mettre en couleur. Nous étions à cette époque encore pas mal en marge de ce qui se faisait en France. Nous avons essuyé de ce fait deux refus de prototype de Sky Doll. A cette époque, le marché français était comme une muraille insurmontable. Cependant, cela restait l'un des meilleurs moyens d’aborder de manière approfondie la couleur, une recherche graphique plus poussée … Sky Doll a fini par trouver un éditeur et là, nous étions enfin libre de travailler à notre guise. 

Barbara : Et encore. Au début l’œuvre n’a pas été accueillie à bras ouvert, nous avons récolté quelques critiques. La première couverture fut pas mal décriée. Elle était orange avec Noa au premier plan. Elle retranscrivait mal l’univers de Sky Doll. Nous l’avons donc changée pour celle que tout le monde connaît maintenant. Les teintes bleu vert et cette ville futuriste derrière représentaient mieux l’univers de la BD.

Pouvez-vous nous parler de Noa, personnage principal de votre BD ?

Alenssendro : Au départ, les personnages principaux devaient être les deux mecs et à côté, nous voulions introduire ce personnage féminin un peu rigolo. C’était une petite femme de ménage électronique complètement déjantée et super sexy. Nous aimions beaucoup l’idée de ce petit personnage droïde que l'on peut démonter et ranger au placard. Mais au fil du temps nous l’avons complexifiée et nous nous sommes rendu compte qu’elle avait un potentiel beaucoup plus profond que le rôle de départ. A ce moment, les thèmes bien propres à la SF nous ont poussés à travailler vraiment ce personnage de Noa . Les thématiques comme l’esprit du robot, l’âme dans la machine nous a stimulés au point que notre petite droïde prenne le rôle principal de notre histoire.

Quelles sont vos inspirations majeures pour cette BD ?

Barbara : Quand j’étais plus jeune, je lisais beaucoup de magazines italiens à la Mickey Mouse. Nous aimons également les grands classiques de la SF comme Asimov ou K. Dick dans lesquels le relationnel humain/robot est très fort. Dans Sky Doll, Noa est esclave sexuelle. Mais au fond elle est très différente de ses petites sœurs robots, plus intelligente. Elle a un caractère bien trempé et une réelle capacité de réflexion. On joue beaucoup sur le fait que quelque chose se cache en elle, quelque chose de plus compliqué que son rôle de prostituée du futur. Je suis tombé amoureuse du robot de 2001 de Kubrick : Hal 9000. Il fait des choix, c’est presque comme si il était vivant. C’est plus intéressant de travailler avec un personnage comme ça plutôt qu’avec un être humain.
Alenssendro : On aime aussi beaucoup le côté aventure, mais effectivement ce qui nous a le plus intéressés pour Noa, c’est ce côté psychologique qui revient souvent dans les œuvres de science-fiction. La réflexion sur le thème du robot est vraiment notre ligne directrice principale pour Sky Doll. Nous nous sommes également amusés à faire une relation entre Noa et ses sœurs, et la religion. Au début du premier volume, on présente un personnage que Noa appelle Dieu et qui visiblement n’est autre que le propriétaire de la maison close. J’aimais cette vision du paradis avec 70 vierges…

Vous écrivez le scénario en commun, mais pour la conception des planches, comment fonctionnez-vous ?

Alenssendro : On commence par un storyboard pour les passages d’actions, afin de mettre en place l’enchaînement des cases. Ensuite, pour les parties plus statiques, dialogues ou autre, on passe parfois par l’écriture mais c’est plus rare.
Barbara : En fait Alenssendro va plus vite à faire un dessin qu'à écrire, ce qui rend la chose pratique car on a tout de suite une idée visuelle de la chose.
Alenssendro : Par contre quand il s’agit d’écrire pour d’autres, je préfère faire un récit sous forme de texte car imposer un storyboard à un dessinateur, c’est un peu comme le priver d’une liberté de composition de l’image. Il est emprisonné par ce que le storyboard lui montre. Donner un storyboard à votre dessinateur c’est lui suggérer trop de choses.

Comment voyez-vous Sky Doll dans l’avenir ?

Les deux : Oh ça va durer longtemps !

Du fait de la popularité de la série, avez-vous pensé à décliner Sky Doll sous d’autres médias ?

Alenssendro : Pas vraiment … Il y a eu un concept de jeu vidéo que nous avions imaginé il y a quelques temps maintenant. Créer des Sky Doll interactives sur ordinateur, un peu comme certains jeux hentai japonais. Tu pouvais interagir avec ta poupée, mais le projet n’a pas vu le jour. En ce qui concerne l’animation, on n’est pas du genre à faire de la BD pour la décliner en animation, sinon on aurait fait directement un film d’animation. On aime vraiment le média bande dessinée.
Barbara : On a eu beaucoup de propositions d’adaptation il y a quelques temps. Encore hier, on nous a proposé un projet de film live, mais c’est très délicat dans le sens où nos personnages sont vraiment assez caricaturaux. De plus, nous avons assez peur du résultat que pourrait avoir une adaptation live. On a peur de perdre cet aspect cartoon qui fait le charme de nos personnages. Le choix des acteurs serait trop délicat. On nous propose aussi beaucoup de mélanges prises de vues réelles et 3D. On recommence à y réfléchir et, oui, peut être, pourquoi pas. Cependant, on désire vraiment quelque chose de bien fait, quitte à mettre le budget, plutôt que d’avoir une adaptation médiocre qui risquerait de nuire à l’image de la BD originale. Et nous n’avons pas les moyens d’une production américaine (rires) ! Si on accepte un projet, on voudrait vraiment avoir les bonnes personnes, avec qui on peut travailler correctement. On ne veut vraiment pas se tromper.
Alensendro : Un Sky Doll au cinéma risque d’être complètement différent de celui que l’on peu lire. Le public de Sky Doll aime ce que nous faisons avant tout pour notre style et un passage à la 3D, comme Shrek par exemple, ne correspondrait pas forcément à nos attentes et à cellse des lecteurs. De plus, nous n’aimons pas du tout ce style ; du coup nous recherchons quelque chose de complètement différent. On attend vraiment de trouver la bonne personne et la bonne équipe.
Barbara : On attend de croiser un producteur assez fou et plein d’argent (rires). Si c’est pour avoir un déluge d’effets spéciaux sans réelle profondeur scénaristique, cela ne nous intéresse pas. Chose que l’on voit de plus en plus dans le cinéma moderne. On voudrait vraiment quelqu’un qui ne fait pas passer le grand spectacle au détriment de la narration. Chose qui est de plus en plus rare de nos jours ! La majorité des réalisateurs fonctionnant comme cela sont mort (rire). Bon, oui, il en restent certain, c’est vrai, mais…
Alenssendro  : Le court-métrage est très intéressant et c’est ce qui nous plaît le plus à l’heure actuelle. Du coup, c’est dur de trouver une personne ayant notre vision du projet ainsi que les moyens financiers derrière. Si tu fais un mauvais film, tu vas faire du mal à ta BD et si c’est raté, tu bloques les droits pendant 10 ans et son image est ternie. Dans ce genre de situation, tu n’as qu’une chance et il ne faut pas l’utiliser inutilement. A la limite, je préfère un film bien accueilli par la critique mais plus intimiste, plutôt qu’une grosse production sans saveur qui n’apportera rien de nouveau à notre BD et au cinéma.

Nous sommes à Japan Expo, un salon accès sur la culture japonaise et donc le manga. Vous en inspirez-vous ?

Alensendro : Oui, c’est quelque chose qui passe très naturellement. Je ne cherche pas à recopier ou autre, mais c’est quelque chose qui nous berce depuis notre enfance et qui vient tout seul. Je lis 80% de manga pour 20% de BD, alors évidemment, ça ressort beaucoup dans mon travail (rires).
Barbara : Moi, je regarde plus que je ne lis. Je trouve que le manga se répète un peu au fil des années et quand j’en lis, j’ai l’impression de me dire "Oh mais j’ai déjà lu ça quelque part". Le manga est un média qui se renouvelle à peu près touq les 10 ans. Après, il y a en ce moment pas mal de petits artistes underground japonais, chinois ou coréens qui sont très forts, et au niveau de l’histoire je suis souvent positivement étonnée. Mais graphiquement aussi il y a des petits prodiges de l’illustration et de la couleur. Ils ont un maniement de Photoshop qui m’intéresse beaucoup. Ils sont tellement bons que j’en viens à les détester (rires). Ils sont nés avec la notion de la couleur, ils te trouvent des mélanges qui n’existent pas, et quand tu analyse leurs dessins tu restes sans voix. J’essaye un peu d’apprendre de ces gens la. Ces dernières années, le renouveau est pas mal passé du coté de la BD américaine, pas les comics mais la BD indépendante. La BD art contemporain, les designers graphiques. Pouvoir analyser et bien comprendre leurs œuvres, pour pouvoir ensuite les intégrer au format BD, nous ouvre de nombreuses  portes dans notre travail. Les jeux vidéo aussi sont très intéressants, même si je ne comprends rien quand j’y joue, j’aime beaucoup regarder.
Alensendro  : Moi, ma seule console de jeux, c’était l’Atari en 1978 (rires).
Barbara : Je me souviens de la console avec les 2 barres blanches et la balle. Et j’ai trouvé ça incroyable pour l’époque. Et à l’âge de 27 ans, quand tu vois l’évolution des jeux tels que Tomb Raider ou Doom alors que tu es restée dans les année 1980, tu ne comprends plus trop où tu en es. Il manque tout ce qui s’est passé entre les deux. Certains jeux sont maintenant plus beaux que les films. Je suis très intéressé, mais j’ai beaucoup de mal à m’y mettre, ça évolue beaucoup trop vite.
Alensendro : De plus, on n'a pas toujours le temps de jouer des après-midis entières dessus.
Barbara : Les nouveaux jeux, comme ceux de la console Wii par exemple, vont t’aspirer une journée entière. Et pendant un moment de lucidité, tu vas te rendre compte que tu fais un faux tennis avec un petit morceau de plastique devant une télévision, et tu vas te sentir complètement ridicule (rires). Je ne sais pas, j’ai peu être passé l’âge…

Quelles sont les modes de colorisation des différents sur Sky Doll ?

Barbara : Les deux premiers albums sont intégralement fait à la main. J’utilise une encre qui s’appelle l’éco line et qui est assez délicate à utiliser car elle ne laisse qu’une fine marge d’erreur. Tout ce joue dans les deux ou trois premiers passages sous peine de rater la planche.
Alensendro : Pour le troisième, on est passé à l’utilisation de la tablette graphique. D'ailleurs, si on y regarde de prêt, on voit le grain du papier sur les deux premiers alors que sur le troisième volume  tout est totalement lisse. Barbara a essayé de retrouver le style exact de ce qu’elle a fait à la main, mais au final on s’est rendu compte qu’il n’y avait plus ce hasard que pouvait donner les réalisations manuelles, ces petits accidents ou imprévus qui finalement servent en bien l’image.
Barbara : En plus, l’utilisation de l’ordinateur ça me rend folle. A la main je mets environ quatre jours pour une planche, alors que parfois sur le troisième tome, je me suis retrouvé à passer douze jours sur la même planche, juste pour retrouver le même style !
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