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Le Prophétionnel sort de l'ombre

Dans sa nouvelle série, Pierre Grimbert met en scène un anti héros magnifique : Ulser de Brise-camail. Par sa naïveté et sa propension à gaffer, il provoque naturellement des catastrophes dans un monde de magie. L’auteur l’entraîne dans des quêtes improbables, entouré d’une superbe équipe de "bras cassés" constituée d’un couple de sorciers, d’une remarquable guerrière, d’un voleur maladroit mais chanceux et d’un ex-futur nécromancien.

Ce sont des romans à l’action débridée, à l’intrigue inventive et au ton résolument drôle ! C’est à lire ! Mais avant, pour en savoir un peu plus, rencontre avec Pierre Grimbert et à travers lui, …avec Ulser de Brise-Camail.
Mais attention, ce dernier risque de bouleverser votre vision de la Fantasy !
Par Serge Perraud | 'Le Prophétionnel sort de l'ombre
8 août 2007 | Mis à jour 8 août 2007
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Le Prophétionnel sort de l'ombre
Le Prophétionnel sort de l'ombre
Le Prophétionnel sort de l'ombre

Pour animer et faire vivre Ulser, est-il facile de garder un raisonnement qui oblige à tout prendre au pied de la lettre ?

C’est facile, et même très reposant de penser comme Ulser. Ça demande très peu d’énergie. En fait, c’est pratiquement comme ne pas penser du tout. D’ailleurs, c’était quoi la question, déjà ?

Votre héros, Ulser de Brise-Camail, le Prophétionnel, a une vision au premier degré de la vie et de la société. Pour vous, est-il plus simplet, innocent, que benêt ou idiot ?

Je n’arrive pas moi-même à le cerner, et quand je lui pose la question, il répond systématiquement de travers. J’ai l’impression qu’il sait se montrer suffisamment malin quand il s’agit d’échapper à une bataille, et au contraire totalement idiot quand il faudrait éviter une gaffe. La seule chose certaine est qu’il n’a pas une once de méchanceté. Par chance pour lui, ses compagnons de route en ont à revendre.

J’espère que vous n’avez pas trouvé, pour construire le personnage d’Ulser, des modèles dans vos connaissances. D’où vient-il ? A-t-il cependant des modèles ?

Heureusement pour tout le monde, c’est un personnage unique en son genre, fort éloigné des gens de mon entourage… même si nous avons tous au quotidien des réflexions ridicules ou honteuses, donc dignes du Prophétionnel. Quant aux modèles, je dois bien avouer être un peu le mentor du chevalier ; j’imagine donc que la personne à laquelle il ressemble le plus, c’est moi. Tout comme Roméo, Mercédès, Escar, Fimosis, et dans une moindre mesure anatomiquement parlant, Maline.

Les deux volets du Prophétionnel sont des comédies écrites avec le parti pris de l’humour. Même si dans vos précédents cycles vous glissiez des remarques et des situations amusantes, ce n’était pas l’essentiel. Qu’est-ce qui vous a motivé pour aller vers ce genre ?

L’idée de faire rire quelques personnes au moins par le seul pouvoir de l’écriture m’apparaissait très séduisante, depuis longtemps. Le Prophétionnel est d’ailleurs un projet vieux de sept ou huit ans… Si je m’y suis enfin attelé, c’était pour m’offrir une sorte de récréation après la rédaction des Enfants de Ji, à l’intrigue beaucoup plus complexe. Et également parce que ma position de co-gérant des éditions Octobre me permet de tenter les trucs les plus stupides. Même recruter le chevalier Ulser.

Pourquoi avoir doté la plupart de vos personnages de patronymes rappelant des maladies ou des pathologies : Ulser, Escar, Fimosis, Panary, …le pays de Gangrène ?

Ça a commencé avec l’idée de "Ulser", déformation d’Uther (Pendragon), et le reste a suivi naturellement. C’est là tout le pouvoir de cet homme au croisement de toutes les prophéties. Le plus petit acte qu’il accomplit a aussitôt d’énormes retombées sur le reste de l’univers. Et malheureusement, lorsque les fées se sont penchées sur son berceau, elles l’ont fait tomber.

Mercédès et Roméo, les deux sorciers qui accompagnent, malgré eux, le héros dans ses quêtes, sont un des moteurs de l’intrigue, Roméo apportant les connaissances et la capacité de décision. Mais quel rôle faites-vous jouer à Mercédès ?

À vrai dire, je n’ai que très peu d’influence sur elle… Elle a un caractère très prononcé et n’en fait qu’à sa tête, refusant souvent de suivre le script. Par chance, elle se maintient plus ou moins dans le rôle que je voulais lui donner, c’est à dire être la voix du bon sens. Celle qui va s’écrier : "Mais c’est vraiment n’importe quoi ! " Ce qui explique aussi pourquoi elle intervient si souvent.

Pourquoi ne mettez-vous pas Maline, la belle amazone, plus sur le devant de la scène ?

Parce qu’elle centralise déjà tous les regards. Si en plus elle se mettait à mener la conversation, les autres deviendraient vite de simples figurants… Et Maline est sans doute la plus sérieuse de tous, la plus honorable, la plus héroïque. Dans cette compagnie de bras cassés, elle n’a d’autre choix que de garder une attitude réservée.

Dans l’intrigue du Trône du dahu, vous remettez à l’honneur la chasse à cet animal fabuleux, une farce qui me semble bien usée et oubliée aujourd’hui. Pourquoi ce "retour aux sources" ?

Parce que c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe, et que la soupe au dahu, c’est très bon.

Vous vous amusez à créer, à partir d’existants bien connus sur notre planète, des éléments très utiles comme l’élixir camelénien pour s’adapter à l’environnement, les spores de jivarolle qui permettent de réduire des objets …et bien d’autres ! La Fantasy légère est-elle un genre qui se prête bien à ce type de création ?

Sans aucun doute. La Fantasy en elle-même est déjà le genre de l’inventivité par excellence, mais quand en plus on prend le parti du burlesque, il n’y a aucune limite à ce que l’on peut imaginer – à part le souci de conserver une intrigue et un univers cohérent, ce qui n’est pas si évident, quand vous dirigez des personnages qui cassent tout ce qu’ils tripotent.

Mais sous couvert d’humour, ne glissez-vous pas, dans votre intrigue, au fil des pages, des réflexions morales, par exemple quand Ulser veut sa quête quelles qu’en soient les conséquences pour l’univers ?

Peut-être, mais alors de manière inconsciente, comme dans la plupart de mes livres… Je n’ai pas la prétention de faire autre chose que de la littérature de divertissement ; surtout dans le cas du Prophétionnel. Mais s’il fallait reconnaître une noblesse à ce pauvre chevalier, ce serait bien sûr celle du cœur. Il est effectivement prêt à laisser l’univers disparaître pour satisfaire à son romantisme (ou à sa libido, selon le jugement de chacun). On peut se demander si c’est très malin. Enfin, non, la réponse s’impose d’elle-même.

En deux romans, Ulser et Maline, tous deux ignorants des pratiques, même basiques, de l’amour, se rapprochent trèèèès lentement l’un de l’autre… Combien de tomes faudra-t-il pour qu’ils sachent donner des héritiers à la baronnie ?

C’est impossible à dire, d’autant qu’il peut se passer beaucoup de choses avant d’en arriver là. L’univers où ils évoluent rentre dans une période de profondes mutations, et à part Ulser, qui songerait encore à la bagatelle à l’aube de ces années chaotiques ? Bon, Roméo, d’accord… Et Mercédès, aussi… En fait, tout ça est très compliqué, et un peu indiscret aussi, ne l’oublions pas. Il s’agit de leur vie privée, après tout. Je m’arrangerai juste pour tenir tout le monde au courant.

"Roméo laissa à peine vingt minutes pour… engloutir les dernières rondelles de poulet et se séparer définitivement de celles qu’ils avaient mangées la veille… " Ou "Les nuages qui serraient les jambes depuis le matin… " Ou "la notion de rangement se limitait aux lois de l’équilibre. " Prenez-vous un grand plaisir à multiplier ainsi des expressions et des images étonnantes et éloquentes ?

Absolument ; c’est une véritable satisfaction d’écrire soudain une réplique plus inspirée que les autres. Toutes proportions gardées, cela dit… Car d’une part, ce genre d’autosatisfaction reste rare, et d’autre part, c’est purement subjectif. Les "mots d’auteur" que j’apprécie ne sont pas forcément ceux des lecteurs ; chacun a sa propre idée de ce qui est drôle, intelligent ou complètement raté.

Aimez-vous le chiffre treize, car vous l’utilisez souvent ?

Heu, c’est-à-dire que douze, ça faisait un peu juste, mais quatorze ça aurait été trop… Alors, voilà.

Question incontournable : travaillez-vous sur de nouvelles aventures d’Ulser ou avez d’autres projets en cours ?

Je travaille bien sur une nouvelle aventure du Prophétionnel, mais pour un album BD, cette fois. Ceci dit, le projet n’en est qu’à ses débuts. Je n’ai pas encore programmé de dates pour le prochain roman avec le chevalier gaffeur. En ce moment, je prends (énormément) de notes pour mon futur troisième cycle dans L’univers de Ji, au titre des Gardiens de Ji. Je retournerai probablement à la rencontre d’Ulser et de sa clique à l’issue de cette longue rédaction, histoire de voir quelles catastrophes ils ont encore provoquées !
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