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Fido ou la satire selon Currie

Le réalisateur canadien Andrew Currie a signé son premier court-métrage en 1993.  Après quelques autres essais, il réalise en 1998 un projet pour la télévision, Twisteeria, qui obtient 4 nominations aux Gemini Awards. Viennent ensuite son premier long-métrage Mile Zero et The delicate art of parking qu'il produit.

Fido, son dernier film, est à la fois une comédie romantique, un film de zombies et une satire sociale.

Andrew Currie s'est plié au jeu des questions réponses lors de son passage à Gérardmer, début 2007.
Par Emmanuel Beiramar | Emmanuel Beiramar et traduits par Eric Plouvin'Fido ou la satire selon Currie
25 juillet 2007 | Mis à jour 25 juillet 2007
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Pourquoi avez-vous choisi le personnage du zombie ?

Au départ quand nous avons écrit le script, Dennis (Heaton) avait cette histoire d'un gamin qui donnait de la viande crue à un zombie pour l'empêcher de manger de la chair humaine. On voulait faire une comédie qui soit une satire sociale et politique, liée à la peur et son utilisation par les gouvernements, par exemple pour justifier les budgets militaires. C'est devenu cette histoire de gosse avec son chien, sauf qu'à la place de Lassie, vous avez Billy Connolly dans le rôle d'un zombie d'1m80. Le côté politique fait référence au monde actuel, en particulier l'amérique de Bush, même si de nombreux gouvernements font de même. Etant canadien, je me souviens de la peur qui a balayé l'Amérique du nord après le 11 septembre. L'armée était omniprésente, surtout dans les aéroports. Fido débute avec un film de propagande en noir et blanc montré à des enfants de 11 ans, et M. Bottoms, le directeur, annonce que les barrières vont être renforcées, et que l'on va prendre une photo de tout le monde, pour le cas où quelqu'un se perdrait. Cela donne le ton de la satyre politique.
Le thème majeur du film est que l'amour, et non la peur, nous rend plus vivants. C'est résumé dans le personnage de Bill, le père (Dylan Baker). C'est un homme aussi terrifié par les zombies que par les relations avec les autres, avec sa famille, et l'ironie vient du fait que Fido est plus vivant sur le plan émotionnel que le père.

Vous avez réuni un beau casting pour ce film, et réussir une comédie avec un zombie n'est pas aisé.

J'aimerais dire que c'est grâce à ma personnalité avenante (rires) mais en fait nous avons passé beaucoup de temps sur le script. Les gens ont vu qu'il y avait plusieurs niveaux d'interprétation et ça les a intéressés. Heidi Levitt a été une directrice du casting formidable. Elle a des contacts avec toutes sortes d'acteurs différents. J'avais dressé une liste des acteurs que je souhaitais prendre, il s'agissait de personnes travaillant pour des productions indépendantes, comme Carrie-Anne (Moss) pour Memento. Encore une fois, les agents ont adoré le script, ce qui nous a donné les entrées nécessaires.

Est-ce vous qui avez choisi Billy Connolly ? Il faisait des numéros de cabaret comique en Angleterre, et il ne semblait pas a priori fait pour le rôle. Pourquoi l'avoir choisi ?

J'aime l'ironie (rires). En fait j'ai vu d'autres acteurs qui avaient une idée bien figée du personnage : "donc je suis un zombie et je tue des enfants. La première scène où j'apparais, je mange une vieille dame, comment pourrais-je trouver grâce après cela ?". Billy a su immédiatement trouver l'humour de la situation. Je voulais un acteur comique, pour l'aspect physique de son jeu. Quand vous le voyez sur scène, il incorpore beaucoup de subtilité et d'humour à son jeu, que nombre d'acteurs n'imagineraient même pas. Mais ce qui m'a décidé, c'est de le voir dans Mrs Brown avec Judi Dench. Billy fait passer énormément de sentiments dans le regard, ce qui me paraissait crucial pour un zombie.

Pourquoi un zombie et pas un loup-garou, par exemple ?

Pour être franc, c'est parce que l'histoire originale parle d'un enfant et de son zombie apprivoisé... Et je pense que l'on peut donner tant de significations aux zombies, car ils sont humains.  Ils sont piégés dans ce purgatoire, cette demi-vie, et on peut observer les restes d'humanités en eux. Ils sont humains mais malades, décomposés... ils nous renvoient une image de notre mortalité. Ils sont très lents, comme une créature de cauchemar qui vous attrapera tôt ou tard, mais en retirant le danger, la soif de sang, ils deviennent doux et drôles, même si le danger reste toujours présent.

Il se rappelle de vieilles habitudes, fumer par exemple. Un peu comme la scène du jour des morts-vivants où le docteur donne un rasoir au zombie qui essaie de se raser par habitude. Les films de Romero vous ont-ils influencé ?

Je vous vous faire une confidence : Il y a une scène coupée, car inutile, qui était un hommage au Bub de George Romero . Dans la scène originelle, Timmy est dans un parc et court jusqu'à Fido et lui dit : "Viens, il faut y aller". Ils se réfugient dans une grange où ils s'endorment, et Fido se réveille avant Timmy. Il trouve un miroir et un vieux rasoir et commence à se raser, comme Bub.

Pourquoi avez vous choisi les années 50 comme cadre pour le film ?

Je suis canadien, et pour tous les Américains du Nord, les années 50 représentent une époque idéale, après la guerre, même si certaines régions du monde étaient encore en pleine reconstruction. L'Amérique était en pleine négation de la réalité : "tout va bien, l'herbe est verte..." Il n'y avait rien à reconstruire, mais il s'agissait surtout de recouvrir le tout d'un voile et de dire : "pas de problème, tout est parfait". Je voulais situer l'action dans cette période, donner au film un aspect Technicolor. C'est une vision alternative de notre monde. Je voyais le film comme un mélodrame, et cela collait à ce cadre et renforçait la satire, dire : "tout va bien" tout en donnant un pistolet à son fils. Il y a un parallèle avec le monde moderne, où des enfants de 12 ans sont armés. C'est une des scènes qui dérangent le plus ceux qui ont vu le film, comme au Sundance Festival. Ils rient mais cela les trouble.

La scène avec les sales gosses vous a-t-elle posé un problème, alors que le film est politiquement correct ?

Les gens aiment cette scène (rire), c'est assez inédit, et ce sont vraiment des sales gamins (rire). C'est le bon côté des films, on peut parfois mettre la morale en sourdine. Comme dans Bad Santa. Mais bon, je n'ai pas entendu de mauvais commentaires sur cette scène.

Vous avez expliqué le pourquoi des zombies comme personnages de films, mais comment expliquez-vous le revival de ce genre de films, de livres ?

Je ne sais pas vraiment mais je crois que c'est lié au fait qu'ils sont les créatures les plus proches de nous et qu'ils représentent la maladie, la mort, la décrépitude. Et en ce moment, les gens ont très peur de tout cela. On a le sentiment que le monde est instable et que tout peut arriver. Le bio-terrorisme, les armes nucléaires, tout ce que l'on a du mal à cerner et que l'on ne peut contrôler. Les films de zombies sont liés à ce sentiment.

Vous voulez dire que les zombies renvoient aux risques nucléaires, ce qui n'est pas le cas pour d'autres créatures comme les loups-garous ?

Quand j'étais à Sundance, j'ai vu un documentaire appelé White light, Black Rain. C'était un documentaire assez classique mais très perturbant car il montre des images d'Hiroshima et Nagasaki  prises le lendemain des bombardements. On y voit des gens, des nourrissons, comme fondus dans les trottoirs. Et les blessés dans les hôpitaux étaient plus effrayants que des zombies. Ils ont recueilli des témoignages de rescapés, qui disaient que quand les infirmiers passaient, chacun demandait qu'on l'achève alors que les membres du personnel devaient les soigner. C'était bouleversant.

Comme les zombies, qui voudraient mourir mais ne le peuvent pas, au contraire d'autres monstres qui apprécient leur condition.

Je suis sûr qu'il y aura des films d'horreur qui traiteront plus précisément des retombées nucléaires.

Comme La colline a des yeux. Si les zombies existaient et que vous pouviez leur mettre un collier, en adopteriez-vous un ?

Euh (rires). Le problème avec les zombies c'est qu'ils se décomposent. J'avais une idée de scène pour le film de propagande du début, où il y aurait eu des tapis roulants, et l'on aurait pu y mettre les zombies pour les vernir et éviter qu'ils pourrissent et sentent mauvais. J'ai lancé un site web qui propose ce service, c'est zomcon.com, pour ZOMbie CONtainment. Beaucoup de gens pensent que c'est ZOMbie COMedy, mais c'est bien zomcon avec un N.

On peut faire un parallèle entre les zombies exploités dans votre film et un grand nombre de Mexicains présents aux Etats-Unis et surtout à Los Angeles. Y avez-vous pensé ?

Comme un signe de richesse et de statut ? Il y a des éléments subtils de changement dans le film, au début, le pouvoir est du côté des hommes, ils y a des remarques sexistes (M. Bottoms par exemple). Vers la fin on voit que le femmes ont pris un peu de pouvoir. Bien sûr ce n'est pas un retournement de situation, mais on peut sentir que le changement est en marche.
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