Soixante ans après sa publication, 1984, roman phare de George Orwell, était à l’honneur lors des Imaginales 2009 avec une conférence organisée afin de discuter de sa thématique très actuelle…
Etaient présents Ayerdhal, Grégoire Hervie et Catherine Dufour, Christophe de Jerphanion se chargeant de la tenue des débats.
Ayerdhal exprime d’entrée l’idée selon laquelle les citoyens d’aujourd’hui ont accepté d’être surveillés, fliqués en permanence. En témoigne les puces RFID, incorporées par exemple dans les cartes navigo, qui permettent de localiser leurs détenteurs.
Grégoire Hervie appuie cette remarque : tout est désormais transparent, l’intimité n’est (presque) plus à l’ordre du jour. Le danger vient non seulement de l’Etat, mais également de firmes privées qui utilisent nos données personnelles à des fins plus ou moins avouables, lesdites données étant collectées sur des sites de type Facebook ou par l’entremise de sociétés de mailings.
De nouveaux procédés de contrôle voient le jour, telles les caméras implantées dans les panneaux publicitaires dans l’enceinte des gares.
Dans certains pays (Etats-Unis, Chine), le net est partiellement censuré, empêchant les citoyens d’avoir un accès libre à l’information ou les dissidents de s’exprimer. Ainsi, en Chine, un internaute a été condamné à dix ans pour avoir dénoncé l’absence de liberté dans son pays. Le gouvernement avait demandé à Yahoo! – qui a accepté de bonne grâce – de retrouver l’auteur de ces articles pamphlétaires. Cette prise de contrôle du net est selon Ayerdhal une étape majeure.
Pour Catherine Dufour, l’anticipation est un genre littéraire particulièrement intéressant car il permet de projeter l’innovation et la technologie, de prévoir leurs avancées et d’anticiper leurs conséquences quand elles seront assez mûres pour influer sur le politique et le social. Elle souhaiterait, en réponse aux dérives de notre système, l’émergence d’une société civile, et la prise en main individuelle de chacun.
Grégoire Hervie voit dans l’évolution du langage une similitude avec les faits relaté dans 1984 et le travail autour de cette thématique : le langage s’appauvrit, le pouvoir en place use de reformulations pernicieuses pour duper les gens : par « plan de sauvegarde de l’emploi », entendez « plan de licenciement », par exemple.
Le net est également source d’inquiétude. Grégoire Hervie indique que si le contrôle social existait avant l’émergence du net, celui-ci a rendu ce contrôle quasi instantané, immédiat. Catherine Dufour est également surprise du manque de pudeur de certaines personnes vis-à-vis de leur vie privée, qui n’hésitent pas par exemple à poster des photos assez intimes. Grégoire Hervie indique que les instances de régulation sont inaptes à assurer leur mission, faute de moyens matériels et humain, devant la croissance exponentiel des contenus et données… Ainsi en va-t-il de la CNIL. Ayerdhal se montre plus radical : arguant que la CNIL, n’a aucun pouvoir et que ses décisions ne sont pas suivies, il conviendrait de la supprimer purement et simplement.
Quant aux caméras de surveillance disséminées dans les villes, l’auteur trouve qu’elle ne sont pas conformes à leur fonctions d’origine, puisque de nombreuses victimes de violences filmées n’ont pas été aidées.
Furent également abordés, entre autres, les thèmes de la loi HADOPI, de l’appel à la délation …
La conférence s’est achevée autour des livres pour une séance de dédicaces…


L'adaptation du célèbre saga de Kenneth Grahame.
Jack Sparrow cherche la jeunesse éternelle !

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