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Interview de Mickael Moorcock

Le site Elbakin.net vient de mettre en ligne la traduction intégrale d'une interview publiée par le L.A. Times.

Par Emmanuel Beiramar
4 septembre 2009 | Mis à jour 4 septembre 2009
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Interview de Mickael Moorcock

Il y a quelques semaines, le L.A. Times avait publié une interview de Mickael Moorcock. Nous en avions fait mention dans cet article.

Le site Elbakin publie aujourd'hui la traduction intégrale de ce très long entretien dont voici quelques morceaux choisis :

L.A. Times : Etes-vous surpris qu’il ait fallu autant de temps à Hollywood pour réaliser que la saga d’Elric est parfaite pour le grand écran ?
Mickael Moorcock : Non. J’ai reçu beaucoup d’offres à partir du milieu des années 70 mais je les ai toutes déclinées. Je ne voulais pas faire d’Elric un film avant que les effets deviennent secondaires par rapport à l’histoire. Les effets du Seigneur des Anneaux ont montré que cela était enfin possible. Si quelque chose tourne mal avec le projet des frères Weitz, j’attendrai jusqu’à ce que d’autres en qui j’ai confiance arrivent. Il n’y en a jamais eu beaucoup. Je ne veux pas qu’Elric apparaisse sur le grand écran tant qu’il n’est pas entre les mains de gens intelligents.

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L.A. Times : Dans la nouvelle anthologie, une courte introduction d’une nouvelle sur Elric raconte qu’il a été créé en réponse au Conan d’Howard. Est-ce que c’est vraiment la façon dont l’un de vos personnages le plus connu a vu le jour ?
Mickael Moorcock : Pas vraiment. Quand on m’a demandé d’écrire les premières histoires – ce que j’ai accepté comme une commission de travail, comme n’importe quel boulot à l’époque – j’ai décidé d’essayer de faire quelque chose d’un peu différent, surtout des histoires de Conan, qui étaient la référence à l’époque. Il y avait peu de Fantasy - Tolkien était toujours considéré comme un peu marginal, comme Morrison ou E. R. Eddison, et je ne voulais pas écrire comme eux non plus. On retrouve une touche de Peake ici et là, mais j’étais un grand admirateur d’un personnage populaire des années 1930 appelé Zenith l’Albinos, et je travaillais sur une étude d’un roman gothique du XIXe siècle, en publiant des petits bouts dans Science Fantasy, que l’éditeur calquait consciencieusement sur Weird Tales et essayait consciencieusement de rendre aussi littéraire que possible. (J’étais le bleu, payé deux guineas (NdT : ancienne monnaie britannique) le mot tandis que Ballard et Aldiss étaient en place depuis suffisamment longtemps pour gagner deux livres, dix shillings !)
J’ai emprunté pas mal d’aspects de Zenith et je les ai mariés à des caractéristiques trouvées dans des classiques comme Melmoth the Wanderer de Charles Maturin et ainsi de suite. Des Américains comme Poul Anderson étaient mes influences contemporaines majeures. Le personnage était bourré, bien sûr, de mes angoisses existentielles d’adolescent (j’avais 19 ans quand il est venu à la vie et 21 ans quand il a été imprimé pour la première fois) et de mes propres attitudes et complexes, donc il est rapidement devenu le personnage qui l’a rendu si populaire et si influent par la suite. Une version de moi-même. Je voulais qu’il soit populaire, bien sûr, donc je n’ai pas oublié dans mon étude du personnage les aspects qui concernaient Freud et Jung (dont une partie a été publiée en tant qu’étude dans Wizardry and Wild Romance).

L.A. Times : Vous mentionnez Tolkien, et le début des années 2000 a été dominé par l’énorme succès des films de Peter Jackson. Je sais que vous n’êtes pas un fan de Tolkien, mais n’a-t-il pas – ainsi que la version de Jackson de ses histoires – été extrêmement bénéfique pour le marché de la Fantasy en touchant une audience plus large ?
Mickael Moorcock : Pour être honnête, tout ce que j’ai vu c’est un film ennuyeux après l’autre. J’ai dormi pendant la plupart du truc de Tolkien (comme je l’avais fait pendant 2001, pour ceux que ça intéresse) et je n’ai pas vu grand-chose d’autre. J’ai aimé Blade Runner, Dark City et un ou deux autres films de SF. J’ai aimé La Boussole d’Or plus que bien d’autres (Pullman est l’un des rares auteurs de Fantasy que j’ai lus) ; j’ai aussi bien aimé le film de Neil Gaiman Stardust. J’ai vraiment beaucoup apprécié les films de Fantasy chinois comme Hero. Mais la Fantasy, comme je l’ai dit, a besoin de contenir certains éléments pour être commerciale et la plupart de ces éléments ne m’intéressent pas. J’aime les comédies romantiques – ce que les gens appellent des films à l’eau de rose -, les dessins animés, tous les genres de films, mais je vais rarement au cinéma pour les voir. J’ai vu très peu des séries si populaires, que ce soit sur le grand écran ou à la maison. J’ai vu le dernier film Star Trek chez un ami sur une version russe piratée. J’ai trouvé qu’il était vraiment pas mal. Mais je n’aurais pas non plus fait un détour rien que pour aller le voir. Combien de vraiment bons films de Fantasy avez-vous vu ces dernières années ?

L.A. Times : Quoi qu’il en soit, n’enviez-vous pas les avantages d’un auteur de SF/Fantasy qui débute aujourd’hui – plus de débouchés pour leur travail dans les film, à la télévision, dans les bandes dessinées ?
Mickael Moorcock : Non. J’ai souvent dit que si j’étais un enfant de nos jours, je ne penserais même pas à écrire de la SF/Fantasy. Je ne suis pas certain que je voudrais être un musicien professionnel non plus. Revenons au rock ‘n’ roll – quand vous entriez dans un studio, disons à la fin des années 1950, vous ne saviez jamais avec quoi vous alliez en ressortir. Vous aviez une heure ou deux pour produire un single, et c’était tout. De même, avec la SF et la Fantasy de ces années-là, vous vous asseyiez sans avoir d’idée précise sur ce que vous alliez obtenir à la fin de la journée, et c’était quasiment certain que des magazines achèteraient l’idée. Mais j’étais journaliste et écrivain romancier (avec un roman terminé à 18 ans que je n’ai pas pris la peine de publier) et j’aurais publié dans tous les cas. C’est juste que ça n’aurait pas été de la SF. Par contre j’aurais probablement publié quelque chose d’expérimental.

L.A. Times : Quand est-ce que le concept du Champion Eternel a vu le jour ?
Mickael Moorcock : A la même époque. Dans le magazine Science Fantasy, j’ai écrit la première version du Champion Eternel, basée pour la plupart sur mes lectures de gothique victorien, dans lesquels un personnage est condamné à ne jamais mourir, à toujours devoir intervenir dans un conflit, à se battre pour un côté ou pour l’autre afin d’atteindre l’équilibre.
Et dans les histoires d’Elric, pour le même magazine, je développais la notion d’Equilibre Cosmique, qui idéalement devait être exactement entre l’Ordre et le Chaos. Pour moi, le Chaos devait être assez horrible, tout étant dans un état de changement constant, instable, tandis que l’Ordre représente la stabilité et la justice cohérente. Toutefois, j’ai rapidement commencé à comprendre que le monde nécessite des doses égales d’Ordre et de Chaos pour survivre. Pas de vie sans mort, par d’ordre sans chaos. Le débat éternel et constant de l’artiste.
Je pense que Milton a été d’une grande influence ici. J’avais un magnifique Milton illustré par Doré, qui, avec le Pilgrim’s Progress de Bunyan, a eu une énorme influence sur moi étant enfant, surtout à cause des illustrations et parce que je supposais que tout récit devait reposer sur au moins deux histoires ! Finalement, le multivers et le champion éternel m’ont offert des façons de voir le même évènement sous différentes perspectives, ce qui m’a permis de mettre les mêmes personnages dans différents contextes.

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